Linky : paranormal activity !


Des appareils électriques s’allument et s’éteignent tout seuls ? Le fantôme Linky hante peut-être votre maison… Dans une récente enquête, l’UFC-Que choisir relate les dysfonctionnements observés par les particuliers après la pose du compteur communicant. Des phénomènes presque paranormaux qui soulèvent le problème de la sous-traitance.

Le petit boîtier vert pomme fait encore et toujours parler de lui. En octobre dernier, l’UFC-Que Choisir publie une nouvelle enquête sur son ennemi juré : le compteur Linky. Bien décidée à dénoncer tous les travers de son initiateur ENEDIS, l’association organise un suivi depuis 2010, bien avant que le premier compteur ne soit posé. Dernière en date dans sa revue mensuelle : « La scandaleuse impunité d’Enedis »

Y sont décrits les dysfonctionnements électriques observés par les particuliers suite à la pose. « On nous parle (…) d’ampoules qui vacillent, de volets roulants qui ne remontent plus, de boîtiers télé qui peinent, de fours qui se mettent en marche tout seuls, de sons parasites à la radio. » écrit la fédération. Des informations récoltées grâce à un questionnaire dont les 2000 réponses attestent que « 26 % des ménages, soit 1 sur 4, subissent de vrais dysfonctionnements ». En prime, quelques témoignages : « Depuis qu’on a le compteur Linky, les volets roulants fonctionnent comme ils veulent : on donne dans le paranormal. » Si certains sont sarcastiques, d’autres soulèvent des inquiétudes : « Après le changement de compteur, je n’avais plus d’eau chaude. J’ai dû mette mon cumulus en marche forcée. Cela me coûte beaucoup plus cher. » A chaque commentaire sélectionné, l’UFC-Que Choisir tente d’apporter une explication.

Témoignage dans l'UFC
Exemple de témoignage reçu par l’association de consommateurs (source : UFC-Que Choisir, octobre 2017)

Un déploiement industrialisé 

En cause : un personnel insuffisamment qualifié. L’association dénonce les poseurs « formés à la va-vite ». Des centres de formation proposent l’apprentissage basique en électricité et la pose du Linky en moins d’un mois. C’est le cas de l’Afap, Apave, Formapelec, notamment. En résulte des recrutés qui « ne sont pas aguerris aux difficultés du métier » assène l’UFC-Que Choisir. En face, le site internet dédié au compteur affiche, en première page, l’article « Linly : une pose sereine en toute sécurité ». Y est inscrit que la formation porte sur toutes les thématiques nécessaires : « la sécurité et les risques électroniques, l’accompagnement client, la pose des compteurs, le système Linky et les matériels ».

Ainsi, les poseurs,  issus de 80 entreprises partenaires, installent plus de 20 000 boîtiers par jour. Sur son site, Enedis concède : c’est « un projet industriel de grande ampleur ». Et, a un rythme effréné. « On nous demande de passer une demi-heure par compteur », témoigne un technicien dans l’UFC-Que Choisir. Pas facile lorsque les branchements s’effectuent sous tension et que certains compteurs sont triphasés, « car c’est plus complexe » poursuit-il. Débutée en 2015, l’opération de pose doit s’achever en 2021. Certes rapide, mais parfois « sans se soucier le moins du monde des particuliers. »

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