En ville, des urinoirs fleuris

Uritrottoir

Fini les pipis sauvages, place aux pipis fleuris. Dans des bacs fonctionnant comme des toilettes sèches mais ornés de plantes, de nouveaux urinoirs s’érigent dans nos rues. 

On peut les voir dans le coin de rue nantaises ou parisiennes. Ils ressemblent à de hauts bacs à fleurs gris et blancs, ou rouges c’est selon, doté d’une “cuvette”. Car il s’agit bien là d’urinoirs publics, les Uritrottoir, marque déposée par les designers nantais de l’agence Faltazi. Le but : lutter contre les pipis sauvages qui dégradent nos villes et nécessitent une grande quantité d’eau pour leur nettoyage, le tout en profitant de l’incroyable ressource offerte par nos mictions !

Écolos et design, ils se constituent en deux bacs superposés. Le premier, en dessous, contient des copeaux de sciure ou de la paille, dans lesquels vient se confondre l’urine. Le second, au dessus, accueille les fleurs dans une terre enrichie de compost, alimentée par ces mêmes pipis après transformation. En effet, le bac à sciure est régulièrement relevé puis envoyé en centre de compostage, pour revenir nourrir le terreau des ornements horticoles de la ville.

 

Descritpion uritrottoirs
Schéma de fonctionnement des Uritrottoirs (source : Uritrottoir®)

 

« Pour que nos Uritrottoirs® soient acceptés des riverains, il fallait imaginer un équipement qui ne ressemble pas à un urinoir, explique Victor Massip, l’un des designers à l’origine du projet. « Nous avons d’ailleurs ajouter une signalétique pour que les gens comprennent bien ce qu’on leur propose de faire là ». A 4000 € pièce, ils sont faciles à installer car non raccordés aux réseaux d’eau et d’égout, et rendent service aux agents de nettoyage municipaux. Mais aussi, aux narines des badauds.

De bonnes récoltes et de nouvelles semences

Les urinoirs sont également équipés d’un capteur alertant du niveau de remplissage du bac. Les plus grands peuvent recevoir 250 pipis contre 160 pour les plus petits. A Nantes, où les trois premiers de l’espèce sont nés, 15 000 pipis ont été collectés en six mois, soit environ 6000 litres qui n’auront pas souillés les pavés. Le concept fait aussi des émules à Paris où cinq Uritrottoirs sont installés. Les différents modèles s’adaptent à la taille des lieux souhaités. Et on se l’arrache jusqu’en Suisse ! De quoi éviter les amendes pour incivisme d’un pipi public, d’un montant de 68€, selon Le ParisienUne version rurale a même vu le jour :  l’Uritonnoir®. Il consiste à insérer une sorte de grand entonnoir dans une botte de paille. Reste aux femmes à se familiariser avec les « pisse debout »…

Uritonnoir au Hellfest
Au Hellfest, même les filles s’essaient à l’Uritonnoir (source : Uritonnoir®)

 

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