Nos lecteurs : nos murs porteurs

Du 22 mars au 5 mai 2016, notre (votre) magazine La Maison écologique lançait une grande campagne de financement participatif. L’engouement durant ces 45 jours a été intense et grâce à la forte mobilisation de nos lecteurs, nous pouvons désormais mettre en place plusieurs projets pour consolider la situation financière de la Scop La Maison écologique, éditrice de LME (pour les curieux, les infos sur nos projets de développement se trouvent ici, rubrique A quoi servira la collecte ?)

 

Un immense merci aux 979 contributeurs ayant ainsi renforcé les fondations de La Maison écologique.

 

Quelque 300 d’entre eux ont choisi une contrepartie qui comprenait, entre autres, la parution de leurs nom et photo sur notre site web. Voici donc les trombines de ceux qui nous ont renvoyés leur photo, qu’ils soient ici à nouveau chaleureusement remerciés.

 

Sachez que nous sommes vraiment fiers d’avoir des lecteurs
aussi fidèles, intéressés, engagés, attentifs, réactifs…
MERCI à vous !

 

Les lecteurs porteurs de La Maison écologique

En contrepartie de leur soutien lors de la campagne de financement participatif de La Maison écologique, certains lecteurs ont choisi d’être interviewés par l’un de nos journalistes au sujet de leurs liens avec le magazine. Voici donc les entretiens, parus dans nos magazines n°94, 95 et 96.

  • David Trebosc, développeur de la base de données photovoltaïque BDPV

J’ai découvert la revue il y a longtemps, malheureusement après avoir construit ma maison ! Petit à petit, j’essaie de l’améliorer : chauffe-eau solaire, photovoltaïque en vente totale, puits canadien, photovoltaïque en autoconsommation sans stockage, mais aussi domotique pour gérer nos consommations de chauffage, ventilation… J’achète l’électricité manquante à Enercoop, fournisseur d’électricité réellement durable. Dans La Maison écologique, je lis en priorité les sujets relatifs au photovoltaïque, à l’autoconsommation, mais aussi à l’isolation extérieure. Un futur projet pour ma maison… Comme il a été compliqué pour moi de trouver de l’information sur le photovoltaïque sur Internet, j’ai créé en 2006 le Forum photovoltaïque, qui existe toujours aujourd’hui et qui est largement suivi, notamment par des pros. Il permet de confronter des devis, recueillir des avis sur tel ou tel matériel… Informaticien de métier, j’ai également pu développer en 2008 le site BDPV. C’est une base de données renseignée par les producteurs qui permet de constater la réalité de la production à côté de chez soi. ça évite de se faire avoir par des commerciaux trop ambitieux sur la production annoncée et ça aide les producteurs à repérer si leur installation est défectueuse. Nous avons officiellement créé l’association BDPV en 2016, pour faciliter la reconnaissance de notre travail bénévole. Je suis heureux que votre campagne de financement ait été un succès. Votre travail admirable mérite de continuer encore longtemps !

L’habitat a toujours été une passion. J’ai découvert La Maison écologique quand je me suis intéressée à l’écoconstruction. J’ai rencontré des associations, acheté beaucoup de livres, suivi des stages sur la technique du Greb, les peintures, enduits terre… et je me suis abonnée au magazine. J’aime lire les actualités et les reportages et témoignages permettent de comparer les rendus, les choix des personnes, comment elles perçoivent leur habitat. J’y pioche des astuces, des techniques, je prends des notes. Il est agréable à lire, présente pas mal d’infos, les approfondit sur le terrain. Les articles sont fouillés sans qu’on ait besoin d’y passer trois heures. Il nous a accompagnés aussi bien dans la conception que dans la réalisation de notre maison ossature bois et bottes de paille. Gros œuvre, électricité et plomberie nous semblaient trop risqués, mais nous avons fait nos plans, le bardage en cèdre, les cloisons, la pose du Fermacell®, des enduits terre, peintures écologiques, du parquet, l’aménagement… Je me suis servie des comparatifs du magazine pour choisir de l’électroménager qui consomme peu et des LED. à titre professionnel, il me permet de découvrir des choses que je n’aurais pas découvert seule. J’ai créé mon entreprise dans le Morbihan pour accompagner des personnes dans la conception, l’aménagement et la déco intérieurs en intégrant à ma démarche le feng shui, la géobiologie… Ce qui m’intéresse, ce sont les interactions entre environnement, bâtiment et habitants.

  • Vivien Gitton, auto-écorénovateur

Quand nous avons débuté, en 2012, la rénovation d’une ancienne ferme de 1820 en Haute-Savoie avec ma femme et nos deux filles, j’ai adhéré à l’association Maisons paysannes de France car leurs formations alliaient théorie et pratique. J’ai retrouvé cette alliance dans La Maison écologique, avec des conseils concrets, des adresses… Nous sommes tous les deux infirmiers, sans formation manuelle, on avait besoin de se rendre compte de ce qu’était un chantier et le tester par nous-mêmes. Je lis avec attention les rubriques Faites-le vous-même et Main à la pâte, qui permettent à tout un chacun de s’essayer à certaines techniques. J’aime aussi les dossiers de fond et les témoignages qui montrent les projets d’autres personnes qui se sont lancées dans l’écorénovation. ça montre qu’on n’est pas les seuls à parler le même langage ! Pour notre chantier, j’ai acheté d’anciens numéros pour me documenter sur le chanvre et la chaux, que nous avons utilisés en enduits. à part l’électricité et le chauffage, nous avons tout fait nous-mêmes. On a une grande surface de toiture, mais on n’avait jamais pensé à l’utiliser pour récupérer l’eau de pluie. Plusieurs articles dans La Maison écologique nous ont amenés à mettre en place un système de récupération. Je commence aussi à envisager des toilettes sèches. Nous avons emménagé en 2014 et nous allons bientôt aménager les combles pour gagner de nouvelles chambres. On ne manque jamais de projets !

Les fondateurs et fondatrices de l’association Botmobil se sont rencontrés sur des chantiers d’autoconstructeurs. C’est lors de ces échanges que nous avons pu feuilleter pour la première fois le magazine La Maison écologique. Pouvoir lire et diffuser ensuite des articles de presse sur nos sujets favoris, la paille et la terre dans le bâtiment, était pour nous un gage de sérieux. On ne nous prenait alors  » presque  » plus – c’était au début des années 2000 – pour des fous ou des illuminés ! L’association Botmobil a été créée officiellement au printemps 2006 dans le but d’accompagner les autoconstructeurs dans leur projet de construction ou de rénovation avec les matériaux paille et terre. Botte de paille, mais aussi terre-paille allégé, torchis, enduits terre, etc., sont les spécialités que nous apprécions transmettre à nos interlocuteurs dans le cadre de chantiers participatifs, ou de chantiers menés seulement avec les autoconstructeurs. Les articles de La Maison écologique peuvent nous servir de support d’échange pour discuter des divers techniques et matériaux. Le magazine est un vecteur important pour démocratiser les pratiques de l’écoconstruction. On lit en premier les pages d’actualité pour nous tenir informés, puis les cahiers pratiques, les dossiers et enquêtes… Notre petite structure du début est désormais reconnue et compte sept professionnels capables d’intervenir sur tout le territoire métropolitain. N’hésitez pas à venir vous former avec nous !

  • Franck Guilbert, en projet de construction

Je suis un tout nouveau lecteur. J’ai découvert l’existence de votre magazine grâce à votre campagne de financement participatif. Un collègue m’a fait suivre votre appel et j’ai tout de suite eu envie de soutenir votre projet. J’étais excité à l’idée de savoir qu’un magazine sur l’écoconstruction existait dans notre pays. Je commençais mon projet de construction en Picardie et les articles allaient pouvoir répondre à bon nombre de mes questions. Je me suis dit :  » Enfin, un magazine qui va nous intéresser !  »
Je trouve La Maison écologique en kiosques et pour l’instant, vu l’avancement de notre projet en biobrique (gros œuvre achevé), je m’intéresse plutôt aux sujets qui concernent les finitions de sols, de murs, les peintures, le mobilier… Nous ne voulons pas de plastique dans notre maison, toutes les tuyauteries d’eau sont en cuivre. Je suis allergique à pas mal de produits chimiques et je fais donc très attention à nos choix. Il y a quelques années, suite à des problèmes d’allergie au calcaire chez ma femme et l’un de nos enfants, j’ai dû trouver une solution naturelle pour adoucir l’eau du robinet. J’ai acheté un revitaliseur d’eau et, quelques jours après l’installation, les soucis de santé se sont estompés. Je me suis passionné pour ce sujet et j’ai fait divers tests (germination de graines, par exemple), j’ai lu beaucoup sur la physique quantique… Convaincu de l’efficacité du procédé de revitalisation, je me suis lancé dans une activité professionnelle secondaire en distribuant en France le système WLWS fabriqué au Canada que j’avais acheté.

Dans nos locaux, il y a toujours un exemplaire de La Maison écologique qui circule, acheté par tel ou tel collègue qui le prête aux autres. On l’apprécie beaucoup car il aborde des thèmes, des matériaux et des techniques variés. Quand nous avons eu connaissance de votre crowdfunding, il nous a paru indispensable de vous soutenir. D’autant que nous apprécions l’idée que vous développiez les articles à l’étranger, pour nous sortir de nos frontières et voir ce qui se fait ailleurs. LME nous amène à réfléchir, un professeur voit comment d’autres travaillent les enduits terre, cela peut l’amener à changer ses propres pratiques, à contacter un artisan cité… Ce magazine donne des idées, alimente notre culture. C’est important de savoir qu’on n’est pas seuls à travailler dans cette démarche. L’école européenne de l’art et des matières a été montée par des scientifiques, des plasticiens, des artisans, autour des matériaux premiers et recyclés, pour travailler notamment sur les finitions des murs et sols dans l’écohabitat. On forme ou on perfectionne les gens, pendant une semaine ou un an, en faisant le lien entre techniques ancestrales et innovations du 21e siècle, en intégrant son, lumière, numérique, etc., toujours dans une volonté de développement durable. Notre biennale a lieu les 7, 8 et 9 octobre autour du thème « Terre, design et habitat ». Il y aura des ateliers, des conférences, des performances…

J’ai découvert La Maison écologique sur le salon Energaïa à Montpellier, il y a trois ans environ. Depuis, je l’achète en kiosque au gré des sujets traités. Je suis régulièrement informé de ce qui s’y raconte via les nombreux adhérents de l’association que je préside, le Groupement des particuliers producteurs d’électricité photovoltaïque, le GPPEP. J’ai même été interviewé dans le magazine ! Intéressé par l’installation de panneaux solaires chez moi en 2008, j’ai rencontré divers acteurs passionnants sur le forum photovoltaïque. On a eu envie de créer une structure associative pour conseiller les porteurs de projets, défendre les consommateurs devant les instances dirigeantes et contre les arnaques de professionnels peu scrupuleux. Aujourd’hui, nous sommes 6 000 adhérents ! C’est le photovoltaïque qui m’a amené à me poser des questions sur notre mode de consommation énergétique (et je suis loin d’être le dernier au GPPEP dans ce cas). Je me suis rendu compte que ce n’était pas si simple de produire de l’énergie et qu’il était important de l’économiser. L’énergie la moins polluante est bien celle que l’on ne consomme pas. Avec mon parcours d’ancien pilote de chasse, à engloutir jusqu’à deux tonnes de pétrole en une dizaine de minutes (!), je n’étais pas sensibilisé à tout cela. Alors, aujourd’hui, grâce à la vente des électrons verts que je produis, j’ai pu investir dans l’isolation des combles de ma maison, de nouvelles menuiseries plus performantes, l’isolation extérieure des murs, une pompe à chaleur…

Je connais La Maison écologique depuis le début, j’y ai été abonné et j’en ai même vendu des milliers d’exemplaires dans les foires et salons, jusqu’à ce que le magazine se développe dans les kiosques et que l’équipe aille elle-même sur les salons. J’ai participé à son développement donc quand j’ai vu que vous souhaitiez le faire évoluer et développer sa diffusion, j’y ai été sensible car il a une utilité sur le marché, même si, à titre personnel, je ne le lis plus beaucoup car je travaille dans la partie. J’ai créé il y a 13 ans une entreprise d’assainissement par filtres roseaux plantés et de rénovation écologique à Bourges (18). Il m’arrive tout de même de le lire occasionnellement et d’offrir un abonnement à des amis. Le 1er et le 2e numéros parlaient d’assainissement, avec l’association Eau vivante dont j’étais adhérent. J’aimais en particulier les sujets sur l’isolation, les enduits, un article m’a fait découvrir les puits de lumière. J’ai vécu dans une maison que j’ai restaurée avec du chanvre pour isoler la toiture, du chaux-chanvre pour le sol et les murs, un poêle à granulé pour le chauffage… Je pense désormais orienter mon activité vers la formation. En 2017, je pense aussi créer une entreprise de construction de maisons en bois passives et écologiques avec mes enfants. Si j’ai des locaux pour accueillir les prospects, je reprendrai peut-être un abonnement pour qu’ils puissent découvrir La Maison écologique dans la salle d’attente.

Je suis un lecteur de longue date… Je suis abonné à La Maison écologique depuis 8 à 10 ans environ. à l’époque, je faisais des recherches pour une reconversion professionnelle. Attiré par l’écoconstruction et sa mise en pratique sur le terrain, je suis «  tombé  », sûrement lors d’un salon, sur votre magazine ! Depuis, je le lis entièrement ou le picore par petits morceaux selon mes disponibilités. J’aime bien regarder les cahiers pratiques comme les Main à la pâte, les enquêtes techniques, les reportages sur les rénovations et les actualités. En tant que professionnel, LME me sert aussi à rester informé des nouveaux matériaux, de l’évolution des dispositifs de soutien financier, des formations… Parfois, j’emmène quelques exemplaires pour montrer à mes clients ce que l’on peut faire avec les matériaux naturels. Dans ma région, la Lorraine, j’aimerais bien qu’une dynamique associative voie le jour pour promouvoir l’écoconstruction, mais aussi pour que pros et autoconstructeurs puissent échanger sur leurs pratiques, se donner des conseils, organiser des formations, se prêter des bouquins… Pour me former, j’ai dû aller jusqu’en Rhône-Alpes ! Il suffirait qu’une collectivité locale, une communauté de communes ou même des privés soient disposés à prêter un lieu à rénover et on pourrait organiser des rencontres, des ciné-débats, des chantiers écoles… Bref, faire bouger un peu les Lorrains en leur proposant un lieu collectif vivant, bien identifié, pour qu’ils appréhendent mieux les écomatériaux et qu’ils puissent avoir accès plus facilement aux acteurs ressources locaux. Lorrains, Lorraines et élus de la région, si vous êtes intéressés pour participer à cette dynamique, écrivez sans plus attendre à étienne via son courriel : obboyatprozik@yahoo.fr

Quand nous avons voulu faire construire une maison dans le vignoble nantais il y a une dizaine d’années, nous nous sommes renseignés sur le sujet et nous avons découvert La Maison écologique dans un magasin de presse. Nous avons finalement préféré la construction en brique monomur plutôt qu’en parpaing ! Nous avons fait faire le gros œuvre, la pose des huisseries, le carrelage en terre cuite, l’enduit extérieur et le poêle de masse et nous avons fait tout le reste : cloisons, électricité, plomberie, pose des sanitaires, enduits intérieurs à la terre du jardin… Mon mari est informaticien, je suis gérante d’une boutique en ligne de produits intimes féminins écologiques et réutilisables (www.ma-feminite-nature.com). Nous avons emménagé en 2008 mais il nous reste encore des travaux à réaliser, surtout à l’étage : enduits sur briques, électricité, isolation phonique du plancher, parquet… Nous gardons toujours le stock de magazines LME que nous avons achetés pour s’y référer si besoin. Y lire les expériences des uns et des autres, ça a changé nos habitudes. On éteint les lumières quand on quitte une pièce, on n’achète que de l’électroménager basse consommation, on limite nos déchets en évitant les produits trop emballés et en privilégiant le vrac, on fait attention à l’eau chaude… Nous n’avons pas pu installer de chauffe-eau solaire dès la construction de la maison à cause du budget, mais nous en avons installé un il y a quelques années, ça a fait chuter notre consommation d’électricité ! Nous tenions à participer à cette campagne de financement participatif car ce magazine nous a bien aidés dans nos projets, c’était à notre tour de l’aider.

Le bâtiment n’est pas un sujet qui passionne mais vous avez mobilisé largement autour de La Maison écologique lors de cette campagne de financement participatif, bravo ! Y participer ? La question ne se posait pas, c’était naturel d’aider le magazine à franchir un cap. Je l’ai découvert en 2007 grâce à des amis, je m’ouvrais tout juste à l’écologie. Je décrouvrais un nouveau monde, je me posais beaucoup de questions, LME m’a apporté des réponses. Je m’y suis abonné et le suis toujours resté. Même si je suis en location, j’ai des toilettes sèches et j’ai hâte d’habiter une maison qui me corresponde, une rénovation car on a énormément de patrimoine bâti à remettre en état plutôt que de prendre encore du terrain sur la nature. LME a su trouver l’équilibre entre projets nécessitant des moyens et accessibilité à chacun par l’autoconstruction, des rubriques pour faire soi-même… J’ai une entreprise (Construisons logique) de menuiserie, charpente, construction bois, paille – je suis coprésident du Réseau français de la construction paille – et je développe l’accompagnement des autoconstructeurs, dans la conception comme dans mes prestations d’artisan si le client veut faire avec moi pour apprendre. J’aime pratiquer ce lien proche avec le maître d’ouvrage, un lien que je retrouve dans LME. Les autoconstructeurs s’investissent énormément dans leur projet et finissent par en connaître autant que des pros dans plein de domaines. Faire sa maison soi-même apporte des réponses aux lacunes de nos sociétés : système scolaire qui pousse vers des voies qui nous coupent de la matière et du travail de nos mains, rapport au travail rémunéré conventionnel – beaucoup prennent un congé le temps du chantier ou se réorientent carrément, des bénévoles donnent un coup de main –, rapport à l’argent – l’autoconstruction permet parfois de se passer des banques. C’est aussi un retour à l’essentiel, réapprendre à prendre du temps pour soi, pour sa famille, pour ses projets. C’est retrouver une maîtrise de ses choix, être acteur alors qu’on a de plus en plus le sentiment de ne plus avoir d’emprise sur nos vies.