Flouze, biffeton, oseille, pèze…

Dessin Sanaga édito 120

éditorial La Maison écologique #120
par Julie Barbeillon

Flouze, biffeton, oseille, pèze, fric, pépètes, ronds, blé, monnaie ; puisque le dieu Argent semble le seul encore capable de murmurer à l’oreille des puissants, les lanceurs d’alerte au dérèglement climatique tentent désormais de parler « pognon ».
Après l’étude de l’ONG britannique Christian Aid montrant qu’en 2019, quinze catastrophes naturelles ont coûté plus d’un milliard de dollars chacune et même plus de dix milliards de dollars pour sept d’entre elles (inondations en Inde, en Chine, aux états-Unis, typhons Lekima en Chine et Hagibis au Japon, ouragan Dorian en Amérique du Nord et feux de forêt en Californie), de courageux chercheurs chinois, américains et suédois ont fait chauffer leurs calculettes. Ils ont publié dans la revue Nature Communications une étude sur le coût pour les 20 pays les plus riches de la planète (le G20, responsable de 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre) des mesures à prendre pour respecter les Accords de Paris. Ils l’ont comparé aux sommes qu’il faudra dépenser pour faire face aux conséquences du changement climatique si l’on continue sur le chemin actuel de l’immobilisme.

Résultat sans appel :
ne rien faire reviendrait économiquement à débourser chaque année ce que coûte d’ores et déjà le Covid-19, et ce jusqu’en 2100 !

 

Soit 1 900 à 10 000 milliards de dollars par an (2 à 12 % du PNB mondial). Pour résumer : la faillite générale assurée. Alors que prendre dès aujourd’hui des mesures fortes pour endiguer la hausse des températures sur le globe coûterait 200 à 1 287 milliards de dollars par an. Des sommes qui semblent plus à notre portée au regard de ce que les seuls états-Unis ont récemment annoncé débourser pour gérer la crise sanitaire due au coronavirus : 2 500 milliards de dollars.
Gageons (pour ne pas dire prions) que les chiffres annonciateurs d’une monumentale et insoutenable crise économique mondiale résonnent plus que les discours de la jeunesse effrayée par son avenir, que les pleurs des migrants, que les ventres creux des affamés, que la disparition de milliers d’espèces animales et végétales, que les poumons qui peinent à respirer dans les mégalopoles ultrapolluées…


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La Maison écologique est un magazine indépendant qui, depuis 2001,
s’attelle à transmettre avec passion des informations pratiques et concrètes sur l’habitat écologique et les énergies renouvelables. Son ambition : rendre l’écohabitat accessible à tous ! LME est gérée sous statut coopératif (Scop) et alimentée en électricité 100 % renouvelable par une autre coopérative, Enercoop.

 

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