Comment appliquer un enduit chaux sur isolant en fibre de bois ?



RésilienceEnduit chaux sur isolant, conseils de mise en œuvre…
La Maison écologique sélectionne les questions techniques de ses lecteurs les plus pertinentes à partager et propose à tous une réponse d’expert.es dans les pages du magazine, mais également sur son site web, ici.
Voici l’une des dernières en date, publiée dans notre magazine n°121, en kiosques jusque fin mars 2021 et disponible à la vente ici.

 

Bonjour. Nous souhaitons isoler notre maison par l’extérieur avec de la fibre de bois (10 cm de panneau souple et 5 cm de panneau rigide). Nous voulons une finition en enduit à la chaux. Situés en plein cœur de ville, le bardage bois n’est pas autorisé par notre PLU (plan local d’urbanisme). Si la pose des panneaux isolants nous paraît relativement simple à mener par nous-mêmes, la réalisation de l’enduit nous semble plus complexe et risquée (fissuration, aspérité, coloration non uniforme, adhérence à l’isolant…). Lire la suite

Autoconstruction : un an de travaux à budget riquiqui

Autoconstruction petit budget

Deux ans de conception pour seulement un an de travaux en autoconstruction, menés par ces deux aides-soignants du Maine-et-Loire en respectant leur budget ultra-serré. Une prouesse relevée sans pression et avec passion.

Article paru dans la rubrique Autoconstruire de notre magazine n°119 (octobre-novembre 2020) et offert avec grand plaisir aux internautes comme cadeau pour cette fin d’année si particulière…

Autoconstruction rime souvent avec tensions, exténuation, séparation. Mais pas dans le dictionnaire de Lydie et Jean-Charles Noguès. Les pièges ne manquaient pourtant pas pour ce couple d’aides-soignants qui a mené son chantier en autoconstruction quasi totale sur un an seulement, tout en gardant leurs emplois à plein temps et en élevant leurs trois premiers enfants. Sans aucun retard, ni dépassement d’un budget très serré (70000€), leur projet a plutôt rimé avec parfaite sérénité. Un exploit qui ne doit rien au hasard… Lire la suite


Construction bois : on vous décortique toutes les techniques

Schéma publié dans le hors-série n°14 sur la Construction bois

SCHÉMAS DÉTAILLÉS Les méthodes de construction bois sont nombreuses. Chacune a ses avantages et inconvénients : coût, difficulté de mise en œuvre, durée de chantier. Poteau-poutre, ossature bois, Greb, panneaux de bois massif, colombage, fuste en rondins, madriers empilés, briques de bois…

Construction bois poteau-poutre, charpente trait pour trait

Schéma publié dans le hors-série n°14 sur la Construction bois

Pour construire un bâtiment écologique, une structure à poteau-poutre fait la part belle au travail du charpentier. Assemblages traditionnels et bois massifs pour ce classique de la construction bois qui offre bien des avantages à l’autoconstruction.

Ossature bois, le bois pour tous

Dessins techniques publiés dans le hors-série n°14 sur la Construction bois

Les techniques Maison à ossature bois (MOB) et Greb (bois et paille) ont fait leurs preuves depuis une vingtaine d’années. Notamment dans le monde de l’autoconstruction. Ainsi, facilité de conception, rapidité de chantier et performances thermiques font la gloire de ces systèmes de construction bois à la portée de tous.

Le colombage à l’épreuve du temps

Dessin technique publié dans le hors-série n°14 sur la Construction bois

Technique de construction bois ancienne qui valorise le travail artisanal du bois, le colombage est surtout réservé à la rénovation de bâtiments anciens. Cependant, avec de la méthode, il est tout de même possible de l’intégrer dans un projet d’habitat neuf.

Le panneau de bois, c’est du lourd

Dessin publié dans le hors-série n°14 sur la Construction bois

Dernier né des systèmes de construction bois, le panneau lamellé-croisé (CLT) en bois massif séduit par sa rapidité de mise en œuvre. Ainsi que le potentiel architectural qu’il offre aux bâtiments.

Bois massif empilé, pour le meilleur et pour le pire

Dessin publié dans le hors-série n°14 sur la Construction bois

Enfin, dans la catégorie bois massif empilé, la fuste est la technique de référence pour l’habitat respectueux de l’environnement. En effet, à côté du madrier et de la brique de bois, le rondin apparaît plus artisanal, plus écologique et plus durable dans le temps.

Descriptifs et comparatif complet des différentes méthodes de construction bois à découvrir dans notre hors-série n°14. De surcroît, retrouvez régulièrement des reportages sur des habitations en bois dans le magazine La Maison écologique!


Vive le soleil, vive le nucléaire !

Dessin enfant soleil

Messire frère Soleil

Billet d’humeur de Thierry Salomon paru dans La Maison écologique n°119

« Vous, les écolos, vous êtes contre le nucléaire par pure idéologie ! » Des ayatollahs verts, en somme, comme vient de l’écrire un avocat devenu ministre, empêtré dans la glu d’intempestives provocations.
Contre le nucléaire, moi ? Mais non, voyons. Je suis au contraire pour augmenter très fortement sa part dans notre mix énergétique. Mais attention : pas avec n’importe quel nucléaire…

Je suis pour un nucléaire inépuisable à l’échelle humaine, totalement sans risques, distribuable sur toute la planète sans lignes à haute tension. Gérant tout seul ses déchets. Et absolument gratuit à la production.

Une verte et ayatollesque utopie ? Eh bien non. Un tel réacteur fonctionne depuis 4,5 milliards d’années et va continuer au moins autant. Il n’est pas à proximité de millions de personnes ainsi exposées à un risque industriel majeur, mais sagement situé à 150 millions de kilomètres. Il n’est pas réservé à quelques pays, mais disponible partout sur Terre. Il ne délaisse pas derrière lui des déchets hautement toxiques pour des millénaires, il les auto-consume. Et, sympa, il n’envoie pas de facture…

Le réacteur Soleil, puisqu’il s’agit bien sûr de lui, écrase donc toute concurrence. Or, curieusement, le nucléaire terrestre est toujours considéré par quelques influenceurs (supposés infaillibles puisque certains ont fait « Polytechnique ») comme LA solution à nos problèmes énergétiques. Les mêmes nous font miroiter le projet de réacteur à fusion nucléaire, ITER, qui consiste en toute modestie à « recréer le soleil sur Terre ». Pas pour demain, mais au mieux pour la fin du siècle, donc bien trop tard face à l’urgence énergétique et climatique. Et en construisant la bouilloire la plus complexe que l’homme ait jamais inventée pour, au final, produire banalement de la vapeur d’eau.

Rivaliser avec le Soleil ! L’astre doit bien se moquer de notre humaine prétention, lui dont la puissance est un million de milliards de fois supérieure à celle de toutes les centrales nucléaires existantes sur Terre. Lui qui ne met qu’une seule seconde pour produire l’équivalent de notre actuelle consommation d’énergie durant un million d’années !
Chaleureux soleil grâce à qui la température moyenne sur Terre est tempérée à 15 °C et non réfrigérée à - 18 °C. Et généreux soleil dont le rayonnement permet la photosynthèse, cette géniale alchimie, ce graal solaire assurant la croissance des plantes, des fleurs et des arbres. C’est-à-dire – excusez du peu – la permanence de toute notre alimentation et la beauté de notre planète bleue.

Le Soleil, c’est la Vie. À Assise, en Italie, un vieux sage l’avait compris qui, à la veille de sa mort, rendit au Soleil un splendide hommage :

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière : il est beau,
rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

C’était en 1224, il y a bientôt huit siècles. La parole de Saint-François fut ensuite balayée par un anthropocentrisme ravageur dont nous ne percevons qu’à présent combien il perturbe notre relation avec la Nature, jusqu’à rendre irréversibles nos atteintes au climat et à la diversité du vivant.

Nous vivons du Soleil, mais ne voyons pas qu’il est la clé d’une transition énergétique réussie. Nous l’accusons des pires sécheresses, alors que c’est nous qui modifions atmosphère et climat, et non lui, dont la formidable puissance est constante. Nous survivons grâce à ses bienfaits tout en l’ignorant avec ingratitude. Si bien que, comme le dit un proverbe arménien, « honteux de ce qu’il a vu toute la journée, le soleil rougit le soir ».

 


Coronavirus : comment les professionnel.les de l’écoconstruction s’organisent-ils pour travailler pendant le confinement ?

Coronavirus : comment les professionnel.les de l’écoconstruction s’organisent pour travailler ?

Comment faire face à l’arrêt ou à la forte diminution de son activité pendant la crise actuelle du Coronavirus ? Dans le secteur de l’écoconstruction, architectes et artisans jonglent entre chômage partiel, télétravail et reprise inquiète des chantiers.

Enquête de Nolwenn Weiler – 14 avril 2020

Au cours des premières semaines de confinement dû au Coronavirus, la quasi-totalité des chantiers de construction se sont arrêtés. Avant de reprendre (timidement) suite à la publication d’un « guide de bonnes pratiques ». Ce dernier liste les conditions requises pour pouvoir relancer un chantier*. Mais, sur le terrain, la situation reste confuse tant la théorie semble éloignée de la pratique. Premier exemple : le convoyage des ouvriers sur les chantiers, censé respecter les fameux « un mètre de distance minimale » entre salariés. Problème : les véhicules de chantier ne contiennent souvent qu’un, voire deux rangs… Certaines entreprises ont décidé de multiplier le nombre de véhicules, afin que chaque salarié soit seul au volant. Sans garantie, à ce stade, que les surcoûts engagés leur seront un jour remboursés.

* En savoir plus sur le Guide des bonnes pratiques à destination des professionnels du bâtiment : Lire l’analyse de deux avocates et l’avis du conseil des architectes.

Des tests pour garantir la santé des salariés face au Coronavirus

Autre souci : les conditions de travail sur chantier. « Comment fait-on pour tousser dans son coude quand on porte une charge lourde ? », interroge Sara Grégoire, architecte, actuellement en télétravail. « À part les plombiers et électriciens qui peuvent travailler dans leur coin, on a toujours besoin de travailler en équipe, ajoute Fabrice Hilaire, qui dirige Mélèze, entreprise de fabrication et de pose de poêles de masse. Quand on livre un poêle chez un client, on est collés l’un à l’autre pour tirer dessus. Et on a intérêt, sinon on n’a pas assez de force pour qu’il avance ! »

Pour le moment, ses huit salariés sont au chômage technique. « J’attends des dirigeants politiques qu’ils nous donnent des instructions claires, précise Fabrice Hilaire. Là, cela reste très contradictoire. Par exemple, si vous ne pouvez pas travailler à plus d’un mètre de distance, il faut que vous mettiez un masque. Par contre, ils ne nous disent pas où on le trouve, ce masque. »

Aucune information, non plus, sur d’éventuelles aides à l’achat de masques pour faire face au Coronavirus. « Je pourrai garantir la santé de mes salariés, dont je suis responsable, uniquement si je dispose de tests », ajoute l’entrepreneur. Pour le moment, seules les personnes qui présentent des symptômes de la maladie vont être testées. C’est ce qu’a annoncé le président de la République lors de son allocution du 13 avril 2020.

Les mois à venir encore plus incertains

Plusieurs professionnels s’accordent pour dire que les mois de mars et avril ne seront pas les pires, côté comptabilité. « Ça va aller, puisque nous avons le paiement des factures des mois précédents qui vont tomber, explique Sara Grégoire. Le problème sera pour après. En mai, juin et juillet, le contrecoup risque d’être rude. » D’autant que pour les indépendants comme Sara, aucun revenu n’est garanti en cas de baisse d’activité pour garde d’enfants causée par la pandémie de Coronavirus. L’architecte est maman de deux enfants qui sont à la maison 24h/24 depuis un mois et dont elle s’occupe seule. « C’est une période pendant laquelle on n’est pas très efficace, constate-t-elle. À la fin de la troisième semaine, j’ai calculé que j’avais fait le travail de deux jours en temps habituel ! C’est un peu déprimant. »

Fabrice Hilaire confirme que les vraies difficultés arriveront avec l’été. « Commercialement, cela ne s’est pas complètement arrêté, détaille-t-il. On a une grosse baisse du côté des nouveaux dossiers, mais ce qui était lancé continue. On peut faire face à la période, d’autant que les banques ont repoussé le remboursement de nos prêts. Et que le chômage partiel permet de continuer à payer les gars. Mais la question est : comment va-t-on ressortir de tout ça ? Je ne vois pas pourquoi on ne serait pas impactés par l’effondrement de pans entiers de l’économie. »

Des banques pas toujours coopératives

Pour certains travailleurs indépendants, la chute de revenus est déjà là. Michelle Delorme, spécialiste en peintures naturelles, est habituée à sillonner le pays pour travailler. « Je n’ai pas d’endroit où me loger pour effectuer mes chantiers, déplore-t-elle. Tous les logements, hôtels ou chambres chez l’habitant sont à l’arrêt, ou réservé.es au personnel soignant. » Auto-entrepreneuse, Michelle Delorme a signé un prêt personnel pour s’équiper en matériel. Elle n’a donc droit à aucun coup de pouce de la part de sa banque. « Elle m’a proposé de repousser mes remboursements de trois mois, avec une pénalité de 4 % d’intérêt pour chaque mois non payé ! Je trouve ça honteux ! »

Pour pallier cette absence de revenus, Michelle propose des livraisons de peinture à domicile. Et des conseils en décoration par téléphone. « Les gens m’envoient des photos, je les rappelle. Ils me paient en ligne. »

« Les professionnels de l’écoconstruction auront peut-être plus leurs chances au sortir de cette période de confinement, termine Sara Grégoire. L’écologie apparaît comme une question centrale. Et l’importance d’être bien chez soi, aussi. »

 

A noter : la rédaction de La Maison écologique poursuit cette enquête et publiera dans son édition n°118, à paraître fin juillet, un article complet sur la situation de la filière écoconstruction en France face à la crise sanitaire.

 


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Articles en accès libre – Confinement utile

reportages maisons et appartement écoconstruits ou écorénovés

Pour rendre le confinement et sa sortie plus vertueux, ouvrir les possibles, vous inspirer et vous évader hors de vos quatre murs, La Maison écologique publie en accès libre quelques uns de ses articles. Une grande enquête sur l’habitat face à l’effondrement (c’est de saison, non ?), mais aussi des reportages dans des maisons et appartement écoconstruits ou écorénovés… N’hésitez pas à partager avec vos proches pour leur donner de bonnes idées pour l’Après !

L’habitat face à l’effondrement

La notion d’habiter face à la théorie de l’effondrement ou des effondrements (collapsologie) dépasse la simple construction d’un abri. Elle questionne un mode d’occupation de la terre et la relation à autrui. Vous y découvrirez également comment un ancien Ministre a organisé son logis pour survivre à l’Effondrement…

Découvrez en accès libre cette enquête parue début février 2020 dans notre magazine La Maison écologique n°115.

 

Maison bois passive ambiance habitat mobile et container

Dans un quartier de Saint-Avé (Morbihan), Mélanie et Haroun ont su marier amour pour l’habitat mobile et les squats de friches industrielles avec une maison en bois passive. Haroun s’était promis de ne jamais vivre dans une maison. Nous le rencontrons pourtant avec Mélanie et leur bébé dans un bâtiment flambant neuf, dans un quartier résidentiel près de Vannes. Mais derrière ses apparences on ne peut plus sédentaires, cette maison perchée recèle bien des aspirations vagabondes…

Article paru dans notre magazine La Maison écologique n°112.

Sphère de bois pour maison cocon

Vous ne tomberez pas par hasard sur cette maison aux formes sphériques atypiques. Bien cachée au cœur des Cévennes, elle abrite un jeune couple et ses deux enfants. Au beau milieu d’un ancien aérium, cette sphère de bois s’intègre dans un projet d’habitat collectif. Construite avec 70 000 €, elle offre 70 m2 de surface au sol (mezzanine comprise), astucieusement aménagés et entièrement construits avec des matériaux naturels.

Lire l’article initialement paru dans notre magazine La Maison écologique n°86.

 

L’appartement s’agrandit, la facture de chauffage rétrécit

Dans un immeuble du centre-ville de Lyon, l’appartement vieillissant d’Anne, Étienne et leurs trois enfants s’est mué en un duplex contemporain. De même, la passoire thermique est devenue logement basse consommation. Au menu : réorganisation des pièces, réemploi, isolation laine de bois, changement de vitrages et ventilation.

Lire l’article initialement paru dans notre magazine La Maison écologique n°104.

 


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L’habitat face à l’effondrement

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Coronavirus : comment continuer à s’approvisionner en écomatériaux ?

Coronavirus : comment s'approvisionner en écomatériaux ?

Secteur « non essentiel », les magasins qui fournissent des matériaux de construction sont, pour la plupart, fermés au public à cause du coronavirus Covid-19. Il reste néanmoins possible de s’approvisionner en ayant recours aux livraisons, ou au « drive ».

Enquête de Nolwenn Weiler – 7 avril 2020

Avec l’épidémie de coronavirus, la plupart des distributeurs d’écomatériaux ont fermé boutique. Au cours des premières semaines de confinement, seuls les professionnels avaient le droit de venir retirer des marchandises en magasins. Toutefois, les particuliers pouvaient se faire livrer. Cependant, la donne a un peu changé le 24 mars dernier, avec la publication d’un décret qui autorise les magasins de bricolage à rester ouverts. Mais, dans la pratique, la plupart des enseignes préfèrent éviter d’ouvrir, pour mieux protéger leurs salariés et leurs clients.

« Les professionnels peuvent venir retirer les marchandises en prenant rendez-vous, explique Guillaume Rouaud, du magasin Logisain (Loire-Atlantique). Les devis et questions se font par téléphone ou par mail. Pour les particuliers, la livraison est obligatoire. » Yanic Noël, du réseau Ecobâti, ajoute: « Nous organisons des livraisons en France et en Belgique via tous nos magasins. Uniquement en livraison pour les particuliers. En livraison et retrait sur place pour les professionnels. »

Des conditions de livraison très strictes

Avant d’être livré, il faut s’assurer que les conditions sont réunies pour que cela se fasse sans danger face au risque de transmission du coronavirus. Ainsi, Jean-François Bébin, de la société Eko etik (Ille-et-Vilaine) y est particulièrement attentif. « La semaine dernière, j’ai livré des plaques de Fermacell à Hirel, non loin du Mont-Saint-Michel. J’ai demandé au client de me déposer une palette à l’extérieur et de ne pas être présent. J’ai tout déchargé tout seul, puis je suis reparti. » Jean-François Bébin prend ces mêmes précautions anti-coronavirus quand il confie les livraisons à un transporteur. « Je vérifie que le livreur va réellement pouvoir décharger seul, pour éviter les contacts avec les clients. Est-ce que l’accès le permet ? Est-ce qu’il pourra se servir de son chariot élévateur ? Je cadre ça très clairement avec les gens. »

« Il est très important de nous confier uniquement les commandes pour lesquelles les gens ont l’assurance qu’elles peuvent être réceptionnées. Toutes les marchandises ne pouvant être livrées nous seront automatiquement retournées », avertit de son côté Marie Cargueray, du Pôle habitat écologique, situé à Baud (Morbihan). « Les livraisons peuvent avoir un léger retard par rapport à d’habitude et le changement, c’est l’impossibilité de choisir la livraison en point relais », précise Manon Clabaut, du réseau Kenzaï. Côté transporteurs, « des frais supplémentaires s’appliquent en raison du manque de personnel ». Quand ce sont les distributeurs qui assurent eux-mêmes les livraisons, un système de forfait kilométrique est proposé, avec parfois des tarifs dégressifs selon la quantité de marchandises commandées. Il arrive aussi que les distributeurs passent directement par les services de livraison des fabricants de matériaux.

Le drive se généralise face au coronavirus

Autre option : le « drive ». Il permet de venir récupérer son matériel préalablement préparé en magasin. Ainsi, « il est possible de venir chercher sa commande en “retrait” en ayant au préalable passé commande sur le site Internet, explique Manon Clabaut, du réseau Kenzaï. Nous appelons le client quand la commande est prête, avec une date de rendez-vous. Lorsqu’il vient la chercher, la commande est isolée. De cette façon, le client est seul pour charger dans son véhicule (aucun contact avec le personnel). Toutefois, si besoin, notre préparateur (équipé d’un masque) peut aider à charger avec le chariot ». « Nous déposons les matériaux façon drive à l’extérieur du magasin, en respectant une zone de sécurité stricte », expliquent les gérants du magasin parisien Bien être et matériaux. Comme l’arrêté du 24 mars autorise l’ouverture des magasins de bricolage, il faut cocher la case ” achat de produits de première nécessité ” sur l’attestation de déplacement dérogatoire.

Autre option, le groupement d’achat

Enfin, à noter : l’organisation toute récente de groupes d’achats spécialisés en écoconstruction par le réseau Twiza (pour l’instant plutôt orientés photovoltaïque, chauffe-eau solaire et poêle de masse – pas d’isolant). Ce dernier propose en temps « normal » des informations diverses pour les autoconstructeurs et une mise en relation avec des volontaires aux chantiers participatifs. Du côté des grandes enseignes de bricolage, la situation est assez inégale face au coronavirus. Certaines – pour le moment peu nombreuses – ont décidé d’ouvrir. Mais d’autres se concentrent sur le système du « drive » et la livraison à domicile. Toutes espèrent que le décret du 24 mars va permettre de relancer une activité en berne depuis le début du confinement.

« Certaines personnes sont réellement impatientes d’avoir des matériaux, termine Jean-François Bébin. Mais la plupart des gens sont plutôt compréhensifs. En général, ils acceptent de faire une pause dans leurs chantiers et se disent qu’ils décaleront, c’est tout. Un chantier, très objectivement, c’est rarement vital. Et si on a deux ou quatre mois de retard à l’échelle d’une vie, c’est quand même faible, non ? »

 


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