52 éléments atomiques dans votre poche !!

que trouve-t-on dans un smartphone ?

Le saviez-vous ? La moitié du tableau de Mendeleïev se trouve certainement dans votre poche…

Billet d’humeur de Thierry Salomon

initialement paru dans La Maison écologique n°101

A part quelques irréductibles lecteurs résistant encore et toujours à l’empire GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple), vous avez sans doute, comme moi, un smartphone dans votre poche. Bien sûr, comme moi, vous ne pouvez plus vous en passer, trouvant formidablement pratique cette version contemporaine du couteau suisse à la fois agenda, accès Internet, GPS, réveil-matin, caméra, partenaire aux échecs (toujours bon perdant), voire sablier numérique pour œufs à la coque. Ah, j’oubliais : notre smartphone sert parfois à téléphoner, antique survivance du siècle précédent quand le phone était télé mais pas encore smart.
Mais, pour fabriquer notre doudou numérique, ce bijou de technologie dont un Terrien sur trois est déjà équipé, il a fallu utiliser un nombre considérable de substances chimiques différentes, la plupart du temps sous forme d’alliage complexe, d’encre métallique (comme le nickel sur les boîtiers) ou pour « doper » les transistors.
Une pertinente étude menée par la branche « Système extractif » de l’association Ingénieurs sans frontières a tenté de comptabiliser le nombre d’éléments atomiques figurant dans un smartphone standard. Le résultat est édifiant : nous trimbalons dans notre poche environ 52 éléments atomiques différents, soit la moitié du fameux tableau de Mendeleïev !
Or, la plupart de ces éléments se trouvent dans la nature à une teneur extrêmement faible. Pour les extraire, il faut découper, exploser, concasser, transporter et traiter des quantités considérables de sol. La teneur de l’or, par exemple, est de l’ordre d’1 à 2 g par tonne de roche aurifère.
Mais une teneur aussi faible ne décourage nullement l’avidité de l’industrie minière. Ainsi, une entreprise russo-canadienne propose de venir extraire l’or en Guyane non pas dans les alluvions des cours d’eau, mais en découpant littéralement le sol de la forêt. Ce projet nommé « La Montagne d’or » – c’est beau comme du Picsou – consiste à creuser une fosse de 2,5 km par 500 m sur… 400 m de profondeur afin d’extraire à l’explosif 400 millions (!) de m3 de roches pour, après traitement au cyanure, obtenir 85 tonnes d’or. Cela reviendrait à creuser le 3e arrondissement de Paris sur une profondeur supérieure à la hauteur de la Tour Eiffel !
Ce n’est pas tout : ce projet consommerait 20 MW d’électricité 24 h sur 24, 7 jours sur 7 et impliquerait plusieurs millions de rotations d’énormes camions entre la fosse d’extraction et l’usine de traitement, ruinant à l’évidence tout objectif sérieux de réduction des gaz à effet de serre en Guyane.
Mais, objecteront certains, il nous faut bien de l’or pour nos précieux smartphones et, plus généralement, pour les besoins de l’industrie. Eh bien c’est faux : 160 000 tonnes d’or ont déjà été extraits du sol de la Terre, dont environ 20 % végètent à l’état de lingots dans les coffres des banques centrales. Inutile de continuer à l’extraire en amputant de façon irréversible une forêt amazonienne aussi vitale à la qualité de notre atmosphère que nos poumons pour respirer.
« La Montagne d’or » est donc l’un de ces méga-projets bien plus qu’inutiles : irresponsable.
Et ce cher La Fontaine, qui ne connaissait pas la luxuriante nature guyanaise mais très bien la nature humaine, en avait écrit par avance la fable :
Il crut que dans son corps elle avait un trésor
Il la tua, l’ouvrit et la trouva semblable
à celles dont les œufs ne lui rapportaient rien
S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
(La Fontaine, La Poule aux œufs d’or)

 

Pour aller plus loin :
Pétition internationale contre le projet « Montagne d’or » : http://bit.ly/2wHfiBO
Le dossier d’Ingénieurs sans frontières : www.isf-systext.fr/node/968


Les pesticides étouffent les actions de Langouët, village pionnier de l’écologie participative

L'éco-lotissement de Langouët a été pensé pour cohabiter avec la biodiversité: exit les pesticides!

Une pétition a été lancée en soutien au maire de Langouët, sous le feu de la préfecture à cause de sa volonté d’interdire l’utilisation de pesticides à moins de 150 m d’une habitation, par principe de précaution. Ce village breton n’en est pourtant pas à son coup d’essai en matière d’environnement. Reportage à la rencontre de ces pionniers de l’écologie participative.

Langouët est un petit village de 602 habitants, au nord de Rennes (Ille-et-Vilaine). Daniel Cueff en est le maire depuis 1999. Il a fait de cette commune un laboratoire d’initiatives écologiques et sociales. « Cela fait 20 ans que nous sommes engagés dans le développement durable. Nous essayons d’être le moins impactant possible sur l’environnement et la santé », explique-t-il. Pari réussi pour cette commune qui a reçu la visite de plus de 1 000 élus via Bruded, réseau breton d’échange d’expériences de développement durable entre collectivités, créé en 2005 à Langouët. Ce qui n’est pas vraiment un hasard.

Une pétition face aux pesticides

Pourtant, le maire est aujourd’hui sous le feu de la préfecture à cause de sa volonté d’interdire l’utilisation de pesticides à moins de 150 m d’une habitation sur le territoire de la commune, par principe de précaution. “Or la préfecture de Bretagne souhaite casser cette décision sous prétexte que celle-ci doit être prise par le ministère de l’agriculture et demande à la commune de retirer l’arrêté, indique la pétition lancée en soutien au maire de Langouët, qui a déjà recueilli près de 80 000 signatures. Au vue de l’inaction du ministère de l’agriculture dans le combat contre les dangers des pesticides, soutenons Langouët et son maire !”

Daniel Cueff, le maire de Langouët, en lutte contre les pesticides.

Daniel Cueff, le maire de Langouët, en lutte contre les pesticides.

Dès son premier mandat, le maire prohibe les produits phytosanitaires dans les espaces publics. Une interdiction qui ne sera imposée aux collectivités territoriales qu’avec la loi Labbé, effective depuis le 1er janvier 2017 seulement. Il s’attaque ensuite à la cantine de la petite école publique, qui devient 100 % bio et local en 2004. Une des raisons qui ont poussé Luc Rambaldi à s’installer à Langouët avec sa famille, il y a six ans. « On rêvait de vivre dans une commune comme celle-là », explique celui qui est aujourd’hui membre du conseil municipal et vice-président de Bruded. Les prix n’ont pas flambé pour autant. Ils sont même moins élevés que dans certaines communes voisines : 3,50 € le repas, 1,75 € en tarif réduit.

Démocratie coopérative

Cette transition progressive a été facilitée par la mise en place d’ateliers citoyens. Les Langouëtiens pouvant ainsi proposer des solutions pour rendre possible chaque nouveau projet. Daniel Cueff parle de démocratie coopérative. Concernant la cantine, « nous avons imposé un cadre, c’est-à-dire servir aux enfants des repas bio et avec des ingrédients locaux. Ce sont ensuite les citoyens qui ont proposé des idées pour y arriver », illustre le maire.

Linda, Luc et Sandrine font partie du collectif Nous voulons des coquelicots.

Linda, Luc et Sandrine font partie du collectif Nous voulons des coquelicots.

D’autres projets sont en cours avec cette méthode. Les architectes Julie Poutas et Sarah Fruit travaillent avec les Langouëtiens sur l’extension du lotissement écologique la Prairie madame (initié en 2005) pour en faire un écohameau, en matérialisant les futurs espaces avec des Légo. « On fait réfléchir les habitants sur ce qu’ils souhaitent retrouver dans les espaces communs. Les choix se portent sur des jardins partagés, des ruches. Après, notre rôle est de rendre tout cela possible », indique Julie Poutas. La future parcelle accueillera sept logements bioclimatiques en locatif et en accession pour des personnes à revenus modestes. Grâce à l’association Bati récup, que les deux architectes ont créée à Langouët, des matériaux de récupération dénichés sur d’autres chantiers locaux seront réutilisés dans ce projet.

« L’écologie pour tous »

« Notre politique est de faire de l’écologie sociétale, précise le maire. De l’écologie pour tous. » Vingt-et-un logements écologiques sont en locatif social. « Le chauffage, c’est entre 120 et 150 € par an. » En plus de l’extension de la Prairie madame, un autre écolotissement de sept maisons doit se construire cette année. Là aussi pour des foyers modestes.

Tous les bâtiments communaux, comme la bibliothèque écorénovée, récupèrent l'eau de pluie pour les sanitaires.. Crédit Emilie Veyssié

Tous les bâtiments communaux, comme la bibliothèque écorénovée, récupèrent l’eau de pluie pour les sanitaires.

En outre, la totalité de l’électricité des bâtiments publics (école, salle polyvalente, mairie, pôle enfance, bibliothèque) provient des panneaux photovoltaïques implantés sur la commune. La centrale photovoltaïque fournit la majorité de la production avec plus de 27 000 kWh produits en 2016. Le reste provient des autres bâtiments.

Autonomie énergétique

Au total, la commune produit presque 38 000 kWh. L’ambition est d’alimenter tout le village avec cette électricité verte pour être autonome. Pour l’instant, l’énergie est vendue à EDF 46 c€/kWh, mais le maire voudrait réutiliser directement l’électricité produite localement. D’autre part, les bâtiments publics ont été entièrement rénovés : bardage bois, isolation en chanvre et chauffage au bois.
Mais seul bémol, le territoire reste l’un des bastions de l’agriculture intensive et la cohabitation avec les riverains est parfois difficile.

Les habitants ont voté en majorité pour intégrer le mouvement Nous voulons des coquelicots. « On se réunit tous les premiers vendredis du mois et on organise des ateliers pour sensibiliser à la toxicité des pesticides et proposer des alternatives », détaille Sandrine Maguet Delouermel, cofondratrice du collectif. « Ça permet de tisser des liens avec les habitants », poursuit sa femme, Linda. C’est ainsi qu’elles ont appris à connaître Luc Rambaldi, aussi membre du collectif. Sandrine s’enthousiasme : « On ne voudrait pas vivre ailleurs. »

Reportage et photos d’Emilie Veyssié, publiés dans le magazine La Maison écologique n°110.


Les escroqueries font de l’ombre au solaire photovoltaïque

Le secteur du solaire photovoltaïque fait face à des escroqueries en quasi impunité. ©GPPEP

Halte aux escroqueries qui assombrissent l’image des panneaux solaires photovoltaïques ! Les preuves d’arnaques dans le secteur s’accumulent. Notamment lors de ventes sur les foires et salons, dans lesquels le délai de rétractation ne s’applique pas. Tandis que la Foire de Paris se tient jusqu’au 8 mai, la vigilance est de mise.

Le principal frein au développement des énergies renouvelables, et plus particulièrement du photovoltaïque, dans le résidentiel est dû aux agissements d’une minorité de sociétés “éco-délinquantes”. En quasi impunité, elles profitent de l’engouement des Français pour le développement de ce type d’énergie pour monter des escroqueries. Selon l’association GPPEP (Groupement des particuliers producteurs d’électricité photovoltaïque): “les agissements délictueux de ces sociétés sont nombreux dans les foires (260 pour l’année 2018, plus de 63 rien que pour les 4 premiers mois de 2019). Et l’article de 60 Millions de consommateurs du 25 avril 2019 en est la preuve flagrante”.

Le GPPEP pointe notamment quelques chiffres qui lui paraissent inacceptables concernant ces escroqueries :

“72% des stands n’appliquent pas la loi concernant l’affichage de l’absence de délais de rétractation” et “des marges de 1000 %.”

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RE 2020 : biosourcés, les grands oubliés ?

Les matériaux biosourcés et la réglementation environnementale RE 2020 - photo Technichanvre

La réglementation environnementale RE 2020 doit succéder à la Réglementation thermique RT 2012. Le label E+C- en constitue les prémices. Pour la première fois, les textes s’intéressent à l’impact carbone du bâtiment. En l’état actuel des débats, les matériaux biosourcés semblent hélas ne pas y être bien valorisés. La Maison écologique est allée à la rencontre d’experts au cœur des débats. Immersion dans les coulisses de la fabrique des futures obligations de la construction.

Et si le monde de la construction changeait d’ère ? C’est peut-être ce qui s’annonce avec la nouvelle réglementation RE 2020. Celle-ci devrait être applicable en milieu d’année 2020. La réglementation thermique actuelle (RT 2012) fixe une limite maximale de consommation d’énergie dans les bâtiments neufs. Cinq usages dits « réglementaires » sont pris en compte dans son calcul. Le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, le refroidissement, l’éclairage et les auxiliaires (ventilateurs, pompes). Ainsi, les usages mobiliers, liés aux habitudes de vie des occupants (électroménager, hifi-TV, informatique…), n’intègrent pas le calcul. Alors qu’ils sont tout aussi impactants. Au terme de ces exigences, un bâtiment RT 2012 ne doit officiellement pas dépasser 40 à
65 kWhEP/m2.an, variable selon les régions.

Dès 2020 entrera en vigueur une nouvelle réglementation RE 2020, plus ambitieuse. En effet, elle devrait non seulement accroître les exigences en matière de consommation énergétique, mais aussi intégrer au calcul ces fameux usages mobiliers. Ce n’est pas tout, la réglementation 2020 sera « environnementale » et non plus « thermique ». Une manière de souligner que, pour la première fois, sera également pris en considération l’impact carbone du bâtiment pendant toute sa durée de vie (période d’étude fixée à 50 ans). De la phase chantier à la gestion de sa fin de vie.

Des niveaux d’exigences à définir

« On regarde les impacts environnementaux liés aux consommations d’énergie et de matière sur le chantier, aux matériaux de construction et aux équipements choisis (isolation, fenêtres, chaudière, etc., ndlr), la consommation d’eau potable et l’assainissement, ainsi que la consommation d’énergie », énumère Eduardo Serodio, ingénieur énergéticien chez Izuba énergies, Scop d’optimisation énergétique et environnementale du bâtiment. Comment ? En s’appuyant sur les données des fiches de déclaration environnementale et sanitaire (FDES), produites par les fabricants des produits de construction(1). Lire la suite


Impression 3D : une maison biosourcée sort de terre

maison écologique en impression 3D crédit WASP

INNOVATION. Les maisons imprimées en 3D, on connaissait. Mais avec des matériaux écologiques comme la terre et le riz, c’est une première!

La maison construite grâce à l’ impression 3D existait déjà (voir dans La Maison écologique n° 105). Mais pas encore à partir de matériaux écologiques. C’est à présent chose faite, avec le projet Gaïa, mené par deux entreprises italiennes. Wasp, tournée vers l’impression 3D, en collaboration avec la start-up RiceHouse, spécialiste du bâtiment écologique.

Pour les murs de cette maisonnette bioclimatique expérimentale de 20 m2, bâtie en seulement quelques semaines, les concepteurs se sont inspirés de la structure des nids de guêpes. Ils ont utilisé un mélange de matériaux locaux : 25 % de terre extraite du site (30 % d’argile, 40 % de limon et 30 % de sable), 40 % de paille de riz, 25 % de balle de riz et 10 % de chaux hydraulique. L’isolation atteint un très haut niveau de performance, qui permet de se passer de chauffage et de climatisation. La toiture est en bois local.

Seules les fondations, en béton, alourdissent (un peu) l’excellent bilan carbone de cette réalisation. Et tout cela au prix imbattable de 900 € hors main d’œuvre. Reste à trouver des partenaires pour développer le projet.

crédit photo: WASP


Améliorons nos comportements avant notre isolation !

Dessin d'ADENE pour le Numéro Spécial "Tout savoir sur l' isolation écologique"

EDITO. Mise en lumière de nos incohérences quand on se gargarise d’avoir amélioré le comportement thermique de son logement… sans avoir remis en question ses propres comportements. Edito publié dans le Numéro Spécial du magazine la Maison écologique “Tout savoir sur l’isolation écologique”.

Mon logement a de nombreux défauts d’étanchéité et d’isolation. Il faut bien entendu les corriger d’urgence. Mais suis-je moi-même dispensé d’une sérieuse remise en question ? Améliorer l’isolation de ma maison. Viser la plus haute performance thermique pour économiser le chauffage et gagner en confort. Investir dans des équipements high-tech pour optimiser la répartition de la chaleur. Choisir des matériaux naturels et sains pour réduire mon empreinte carbone et prendre soin de la qualité de l’air que je respire. Ne pas lésiner sur la marchandise… Pareille démarche n’est pas d’une grande utilité si elle ne s’appuie sur un questionnement préalable.

N’y a-t-il rien que je puisse changer dans mon comportement pour réduire de manière significative mes consommations, afin d’optimiser ensuite mon isolation ? Limiter la température des pièces à vivre à 19 °C, pour commencer. Abaisser celle des pièces peu occupées et des chambres.

M’équiper en édredons et en pulls confortables pour affronter la saison froide au lieu de pousser le chauffage. Baisser le thermostat si je suis absent une bonne partie de la journée. Surveiller toutes mes dépenses énergétiques et pas seulement le chauffage…

En quête de sobriété

En outre, que je me lance dans une rénovation d’ampleur ou dans l’isolation ultra performante d’une maison neuve, il serait illusoire que je me rêve en champion du climat si les économies réalisées étaient aussitôt anéanties par l’acquisition d’équipements dispensables ou d’une plus grosse voiture. Par une croisière aux antipodes ou par 2 °C supplémentaires dans le salon sous prétexte qu’un tel niveau de performance pardonnera bien ces tout petits écarts. En d’autres mots, pas d’isolation efficace sans travaux adaptés, sans projet raisonné. Sans une recherche de sobriété capable d’en garantir durablement les effets. Et, si possible, de les amplifier.

Stephan Ferry, rédacteur en chef du magazine La Maison écologique.

Découvrez le Numéro Spécial “Tout savoir sur l’isolation écologique”


Accessibilité: “L’écologie ne saurait ignorer la diversité humaine”

accessibilité et handicap dans la construction de logement, habitat adapté, dans La Maison écologioque n°109 - dessin Nicolas Haverland

Fondateur et rédacteur en chef de Yanous.com, magazine des personnes en situation de handicap, Laurent Lejard défend l’idée d’une accessibilité universelle, utile à tous les citoyens.

Pourquoi faudrait-il, selon vous, une accessibilité à 100 % pour le logement ?
Quel qu’il soit, un logement n’est pas seulement occupé par ses habitants. Il est visité par la famille, les amis. Et il va un jour changer d’occupants. L’accessibilité, c’est quelque chose qu’il faudrait avoir à l’esprit si on veut que les logements soient durables? Non seulement quand on construit des appartements, mais aussi quand on construit sa propre maison ou quand on rénove un bâtiment pour y habiter. Avec l’accessibilité universelle, vous avez un appartement ou une maison adaptée à des gens qui ont des enfants, qui vont vieillir, connaître des problèmes de santé, être victimes d’un accident… Ils ne seront pas contraints de déménager, dans un contexte déjà difficile. Ils pourront rester chez eux, recevoir qui ils veulent et vivre comme ils veulent.

La notion de personne à mobilité réduite dépasse largement celle du handicap. Dans le métro parisien, les personnes qui sont les plus handicapées sont les familles avec poussette et les nounous. En ayant rétréci le débat de l’accessibilité aux personnes handicapées, les pouvoirs publics ont pu mettre en place des politiques discriminatoires. Comme la politique de quotas dans le logement. L’idée d’accessibilité universelle n’existe plus aujourd’hui dans les politiques publiques. Elle est proclamée, mais la réalité est tout autre.

[…] L’habitat écologique n’est-il pas perçu comme un luxe par les personnes handicapées ?
Si l’écologie est la place de l’humain dans l’environnement, un habitat qui se veut écologique doit prendre en compte la diversité humaine. Donc la question de l’adaptation ne se pose pas, elle est contenue dans le concept. […]

L’intégralité de notre interview dans le magazine La Maison écologique n°109, disponible en kiosques ou sur commande en cliquant ici.

 


La presse libre et indépendante contre la cacophonie médiatique

édito presse indépendante La Maison écologique n°109 dessin Anne Derene

Face à la cacophonie médiatique, nous devons nous appuyer sur une presse libre et indépendante pour ne plus être les marionnettes de ce jeu de dupes.

PRESSE. En ces temps où l’hyperconnexion est la norme, l’information 2.0 fait irruption à tout moment dans nos vies, nous maintenant dans l’attente fébrile et incessante de nouveaux développements dans le fil intarissable de l’actualité globalisée. Mais s’agit-il toujours de nous informer ? Rumeurs, théories du complot, approximations politiciennes, greenwashing, canulars, insinuations climatosceptiques, falsifications prétenduement scientifiques, bidonnages journalistiques, publicités déguisées, prêches apocalyptiques… Difficile de trouver des repères fiables dans cette cacophonie.

N’importe qui aujourd’hui peut nous adresser « du contenu », sans le moindre filtre ou presque. L’information est ainsi devenue pour certains un matériau ductile, façonnable à l’envi par la magie de la post-vérité, du buzz ou de la pseudo déconnade. L’enjeu étant pour ces manipulateurs de tous poils de capter notre attention et d’emporter notre adhésion – en jouant le plus souvent avec nos émotions. Ou de susciter le soupçon en semant dans notre esprit les germes du doute… La course à l’audience et au profit conduit chacun à publier tout et n’importe quoi.

L’état de notre planète et celui de notre société, qui se dégradent rapidement, nous invitent pourtant à procéder à des choix éclairés. Pour cela, nous devons faire preuve de vigilance vis-à-vis des messages qui nous sont envoyés. D’où qu’ils proviennent et aussi fascinants qu’ils puissent paraître. Il nous faut prendre le temps de la réflexion et de l’analyse critique, du débat aussi, toujours fécond. Nous garder de diffuser à notre tour des nouvelles dont nous n’avons vérifié ni l’origine, ni la véracité. Nous appuyer, enfin, sur des médias bien identifiés, de qualité et indépendants des enjeux de pouvoir et d’argent… Pour ne plus être les marionnettes de ce jeu de dupes.

Vous lisez La Maison écologique, c’est un très bon début.

Editorial de Stephan Ferry, rédacteur en chef, publié dans le magazine La Maison écologique n°109.


Éditorial : Notre-Dame-des-Landes, utopie en miettes ?

dessin Notre-Dame-des-Landes, LME n°106

Il flottait naguère comme un parfum d’utopie sur Notre-Dame-des-Landes, aujourd’hui chassé par celui, bien moins grisant, des gaz lacrymogènes. Face à des « décideurs » murés dans leurs certitudes étroites et fascinés par les chimères d’un autre temps – argent, pouvoir, croissance, vitesse, etc. –, des hommes et des femmes s’étaient levés, armés le plus souvent de leurs seuls idéaux.

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Climatiseur: sommes-nous accros ?

Climatiseurs aux fenêtres de Marseille.

Et s’il faisait encore plus chaud avec la clim’ ? Derrière son effet rafraîchissant, le climatiseur est en réalité une des raisons du réchauffement climatique par sa consommation d’électricité, ses rejets de gaz à effet de serre, sa contribution aux îlots de chaleur… L’Homo climatisis serait-il accro?

 

Billet d’humeur de Thierry Salomon
Article initialement paru dans La Maison écologique n°106
Retrouvez ses brefs « tweets d’humeur » sur @ThierrySalomon

Chaque matin, pour aller au bureau, Homo climatisis prend sa voiture. Il est assez fier de sa très classieuse couleur noire et du vitrage panoramique du toit. Le noir absorbe la chaleur et le toit vitré laisse généreusement entrer les rayons du soleil. Mais qu’importe, la clim’ tourne en permanence.

Homo climatisis travaille toute la journée au siège climatisé de son entreprise. Immenses baies vitrées symbolisant la transparence de sa société où il travaille en chemise longue, veste et cravate en toute saison.

Le soir, Homo climatisis retrouve sa voiture. Une demi-heure pare-chocs contre pare-chocs, la clim’ à fond. Avec juste un arrêt dans un supermarché au rayon des produits exotiques arrivés par transports réfrigérés de l’autre bout du monde.

Le biotope où habite Homo climatisis est une villa climatisée. La grande véranda plein sud laisse abondamment entrer le soleil mais la clim’ veille, compensant toute surchauffe. Le bonheur, c’est simple comme quelques degrés en moins. Pourquoi s’en priver ?

Un climatiseur pour deux Terriens

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