Construction paille, participez au développement

Construction paille - Up Straw 2019

Permettons aux bottes de paille de faire reconnaître leurs performances environnementales en tant que matériau de construction !

Dès 2021, une nouvelle réglementation du bâtiment va entrer en application en France. Elle remplacera la Réglementation Thermique 2012 (RT2012). L’obtention des permis de construire, notamment, est conditionnée au respect des critères de cette réglementation. Cette nouvelle réglementation se nommera la RE2021 (Réglementation Environnementale 2021).

En plus d’être légèrement plus ambitieuse que la réglementation de 2012 sur les performances thermiques des bâtiments, cette nouvelle norme introduit la notion de performance environnementale. Cela signifie, que pour être conformes, les constructions devront justifier de leurs impacts sur plusieurs paramètres environnementaux. Ces paramètres sont détaillés dans des fiches réalisées selon une norme et des processus bien définis. Il s’agit des FDES pour Fiche de Déclaration Environnementale et Sanitaire.

Vous l’avez compris, sans FDES de qualité, la botte de paille dans la construction est en péril… et la FDES “Botte de paille” arrive à échéance de validité !

Soutenez la rédaction des nouvelles FDES

 

Botte de paille pour la construction © ARPE BN
© ARPE Basse Normandie

 

La prochaine FDES concernera non seulement la botte de paille ordinaire mais aussi, la réalisation de 3 FDES complémentaires pour :

  • Les bottes de paille “fabriquées à façon”, produites en atelier
  • Les bottes produites à partir de paille en “agriculture biologique”
  • La paille hachée pour l’utilisation en vrac

Ces 4 FDES collectives, en cours de rédaction, rendront possible le recours à ces pratiques pour TOUS les acteurs.

La moitié du coût est soutenu par des fonds publics, l’autre moitié dépend des acteurs de la filière et de leurs soutiens…
Pour contribuer, rendez-vous ICI (les contributions des particuliers et des entreprises sont fiscalement déductibles)


Eau de pluie: pour que la consommer coule de source!

Vidéos épisodes 170 et 171 de L'Archi Pelle sur l'eau de pluie avec Pierre L'écoleau

VIDÉOS. Collecter, traiter et consommer l’eau de pluie légalement. Si le sujet vous intéresse, nous vous invitons à visionner ces deux vidéos. L’Archi Pelle les a publiées en juillet 2020 (épisodes 170 et 171).

Dans ces deux vidéos publiées par L’Archi Pelle, vous suivrez Pierre l’écoleau. En effet, militant de longue date pour l’eau de pluie, il est un expert reconnu de l’autonomie en eau.

Eau de pluie, un don du ciel

Ainsi, le spécialiste nous emmène sur une installation de récupération et de valorisation de l’eau de pluie. Puis il y détaille étape par étape les éléments du projet.

Des vidéos fort à propos pour compléter les articles de La Maison écologique sur le sujet. Hors-série n° 12 Cap sur l’autonomie tome 2 et n° 97 Eau de pluie, un don du ciel.


Construisez votre autonomie avec Nerzh Nevez

stages autonomie énergie avec Nerzh Nevez

Avec Nerzh Nevez, libérez les énergies pour devenir autonome

de Marie-Emmanuelle Grignon en partenariat avec le magazine Eco-Bretons (web média des transitions écologiques en Bretagne)

Adeptes du DIY et de l’autonomie, participez aux stages organisés par Nerzh Nevez. Au programme, fabrication de butaphone avec une bouteille de gaz, de Rocket Stove (réchaud à bois) ou encore d’éolienne domestique de type Pigott en chantier collectif.

Apprendre à fabriquer une éolienne domestique de type Pigott ? Un « Rocket Stove » (foyer à bois efficient) ? Un « butaphone » (instrument de musique à partir de bouteilles de gaz recyclées) ? C’est possible grâce à Nerzh Nevez. Cette auto-entreprise bretonne propose toute l’année des stages, dont l’objectif est « d’apprendre en faisant », explique Laurent Aubertin, le fondateur de la structure. Ce passionné d’autonomie énergétique organise ainsi de nombreuses formations dans des lieux de transitions écologiques, comme par exemple à l’Ecocentre du Tregor (22), ou encore au Bois du Barde à Mellionnec (22). Il intervient également en tant que formateur pour certaines entreprises, ou encore à la demande chez des particuliers, pour des chantiers participatifs par exemple.

 

Butaphone, éolienne Pigott et fabrication de Rocket Stove © Nerzh Nevez
Fabrication de Rocket Stove, éolienne Pigott et Butaphone  © Nerzh Nevez

 

Apprendre à devenir autonomie

En suivant un des stages proposé, chacun peut repartir avec un objet qu’il a fabriqué. Mais également apprendre, découvrir ou perfectionner des techniques qui pourront être utiles pour devenir plus autonome. C’est le cas notamment lors des sessions de maintenance d’éolienne Pigott, qui ont lieu chez des particuliers qui en possèdent une. « Cela permet aux personnes intéressées de venir sur place voir comment ça se passe, et trouver réponses à des questions sur le bruit, les relations de voisinage, l’entretien de l’éolienne… », précise Laurent Aubertin. Les sessions sont accessibles à tous, moyennant finances. Comptez par exemple 140 € pour un stage de deux jours autour du butaphone (que vous emporterez à la fin), ou encore 350 € pour quatre jours de fabrication de Rocket Stove.

« Le public qui participe est très varié. On a par exemples des parents qui font l’école à la maison et qui viennent avec leurs jeunes enfants, des artisans qui veulent se former aux énergies renouvelables, des bricoleurs qui veulent souder, des personnes intéressées par l’objet en lui-même… Et les femmes sont largement représentées ! », note Laurent.


Autoconstruire : Un an pour écoconstruire à budget riquiqui

écoconstruire en un an

Deux ans de conception pour seulement un an de travaux

Ces deux aides-soignants du Maine-et-Loire ont menés à bien leur projet tout en respectant leur budget ultra-serré. Une prouesse relevée sans pression et avec passion.

Autoconstruction rime souvent avec tensions, exténuation, séparation. Mais pas dans le dictionnaire de Lydie et Jean- Charles Noguès. Les pièges ne manquaient pourtant pas pour ce couple d’aides-soignants qui a mené son chantier en autoconstruction quasi totale sur un an seulement, tout en gardant leurs emplois à plein temps et en élevant leurs trois premiers enfants. Sans aucun retard, ni dépassement d’un budget très serré, leur projet a plutôt rimé avec parfaite sérénité. Un exploit qui ne doit rien au hasard…

« On a emménagé en 2010 après un an de travaux, incluant la maison, l’atelier et les aménagements extérieurs, mais on a d’abord consacré deux ans à la préparation du projet, réfléchir à ce qui était faisable, peaufiner, dessiner les plans, estimer la durée de chaque phase et les quantités de matériaux, planifier, etc., précise Jean-Charles. Quand on a démarré les travaux, tout était programmé, on n’avait plus qu’à dérouler le planning. Et on n’attend pas d’avoir fini de poser un matériau pour réfléchir à ce qui se passera derrière ; on enclenche ce qui a été prévu à l’avance, les commandes pour que les matériaux suivants soient prêts… »

 


Enquête : Une dernière demeure écolo

funérailles écologiques

Dans un marché funéraire juteux et peu scrupuleux, les alternatives écologiques fleurissent. Pour que l’impact de votre dernier soupir ne plombe pas celui d’une vie écoresponsable, voici la marche (funèbre) à  suivre.

Quand certains meurent, d’autres demeurent… Notre dernière demeure peut être un vrai poison pour les générations futures et la planète : pollution des sols, des nappes phréatiques, de l’air, surconsommation de matières plus ou moins naturelles et d’énergies fossiles… Mais « à toutes les étapes des funérailles, rassure Manon Moncoq, doctorante en anthropologie du funéraire et de l’environnement, il existe des alternatives écologiques applicables sans attendre que change la législation », scellée par un influent lobby.

La France est un des seuls pays où le cercueil est obligatoire pour toute inhumation ou crémation, dénonce Sabine Le Gonidec, cofondatrice de la Coopérative funéraire de Nantes. Ajoutez le statut des cendres identique à celui du corps humain, ça fait des leviers juridiques à faire sauter avant d’arriver à introduire d’autres pratiques, ne serait-ce que se faire inhumer en pleine terre dans un linceul biodégradable. Le Canada utilise des cercueils de prêt réutilisables pour les crémations. »

Mon cercueil est en carton…

Le premier cercueil en carton a été homologué dès 1998. D’autres ont suivi avec les arrêtés de 2011, puis 2015. Refusés par bien des pompes funèbres et crématoriums, ils ne peuvent désormais plus être écartés s’ils sont agréés et conformes à la norme NF D80-001. Inflammation trop rapide qui ne laisserait pas le temps de fermer le four, émission de flocs qui encrasseraient les conduits…
« Des contre-publicités fallacieuses, tranche Michel Kawnik, président de l’Association française d’information funéraire (Afif). La même désinformation accablait les débuts de la crémation », qui depuis gagne inéluctablement des parts de marché, de 59 % en 2018 à 62 % en 2019(2).
« J’ai récemment mis en ligne le rapport de l’Anses concernant notre cercueil pour mettre un terme à ces rumeurs. Ça a rassuré le crématorium de Rouen », indique Brigitte Sabatier, d’ABCrémation, qui débloquait la semaine précédente celui de Limoges.

Cependant, Jo Le Lamer, vice-président de la Fédération française de crémation, assure qu’un cercueil en carton « se consume plus vite qu’un en bois, qui est un meilleur comburant. La crémation d’un corps nécessitant 1 h 30 avec un long pic à 800-850°C, il faut utiliser plus de gaz avec le carton ». Une étude des Services funéraires de la Ville de Paris(3) (SFVP) confirme que la crémation d’un cercueil en carton fabriqué en France émettrait 14 kg de CO2 de plus qu’avec un modèle en bois français (160 kg CO2).


Soutenez les Rencontres Associations et Philanthropes du 1% pour la planète

Rencontres Associations et Philanthropes

La force du collectif

Événement annuel majeur pour la communauté 1% où les associations environnementales ont l’opportunité de pitcher leur projet directement devant des mécènes, les Rencontres Associations et Philanthropes (RAP) sont un moment unique et non conventionnel de levée de fonds, de partage et d’échanges entre philanthropes et acteurs de terrain.

Pour quoi ?

En facilitant la levée de fonds des associations, nous augmentons leur impact sur le terrain. C’est aussi l’occasion pour le réseau 1% et ses pairs – d’autres acteurs clefs de la philanthropie environnementale – de se rencontrer, de débattre, d’échanger sur des thématiques qui nous concernent tous.

Comment ?

Une quarantaine d’associations dont le projet a été pré-sélectionné par un comité de sélection (équipe 1% et membres bénévoles représentant l’ensemble du collectif), le présentent à des philanthropes (fondations et entreprises) à l’aide d’un pitch de 15 minutes.
Les meilleurs projets reçoivent un financement immédiat, décidé par les entreprises et les mécènes qui se sont positionnées pour soutenir les thématiques, mais aussi par 1% for the Planet France, qui opère en amont une levée de fonds.
On double la mise
On le sait : les changements climatiques sont visibles à l’oeil nu, nos espaces naturels, nos ressources en eau et les espèces végétales comme animales sont en sursis. Mais il est difficile de savoir quelle cause soutenir en priorité.
Pour faciliter la tâche, nous avons sélectionné les 41 meilleurs projets de protection de l’environnement en France, menés par les associations agréées 1% for the Planet.

Ces 41 projets peuvent voir le jour s’ils trouvent les fonds nécessaires. Et ils seront d’autant plus efficaces s’ils les trouvent facilement et rapidement.

Pour accélérer l’impact de ces projets, nous vous proposons de leur donner, et nous doublons la mise.

Le principe est simple : lorsqu’un donateur fait par exemple un don de 10€ pour un projet parmi les 40 sélectionnés, 1% pour la planète donne également 10€ à ce même projet, doublant ainsi la mise.

C’est un formidable effet de levier : des études montrent que les collectes, avec doublement des dons, atteignent deux fois plus leur objectif que celles sans doublement. Et que les dons sont plus élevés. C’est çela, la force du collectif.

Jusqu’au 5 octobre, choisissez de donner, et votre don est doublé.

En savoir plus sur le mouvement 1%fortheplanet


Leur maison écologique voit la vie en roseau !

Construire une maison saine et naturelle grâce au roseau. © Gwendal Le Ménahèze

Surplombant les roselières de la Brière du Brossais (Loire-Atlantique), la maison de Clémence et Cédric est habillée de roseau. Isolant murs et toiture, ce végétal revêt aussi les façades. Une technique contemporaine qui plie la tradition mais ne la rompt pas.

La large baie vitrée de Clémence et Cédric domine les marais de la Brière du Brossais, parsemés de roseaux. « Quand j’ai découvert la paroi en bois et roseau de la société RizHome, ça a tout de suite fait sens », se souvient Clémence Cazenave, architecte et propriétaire de cette maison de Savenay (Loire-Atlantique) avec Cédric Bassaget, informaticien. « La pose de bottes de roseau en vêture extérieure est pratiquée depuis des années aux Pays-Bas, Suède et Norvège, décrit Mireille Avril, de RizHome. Ils ont une assurabilité et annoncent 80 ans de durée de vie. »

Clémence apprécie ce « bardage naturel qui sert d’isolant, protège de la pluie, offre une finition esthétique et des bienfaits acoustiques ». L’experte promeut l’utilisation du roseau en construction dans une « démarche d’économie circulaire à impacts positifs. En plus de l’intérêt pour le bâti, c’est une boucle vertueuse qui valorise cette biomasse tout en entretenant les roselières qui jouent un rôle important pour l’épuration des eaux rendues à la mer. Ce débouché offre aussi une évolution au savoir-faire local des chaumiers ». Coupé sec sur pied, le roseau ne nécessite aucune transformation avant utilisation.

Une filière pour les roselières

Sans intrants ni irrigation, ce végétal pousse naturellement sur terrain humide, pouvant même devenir envahissant. Il ne fait pas l’objet d’une exploitation, mais d’un simple entretien des parcelles. « Si la roselière n’est pas entretenue, la matière sèche tombe au sol. Donc en modifie la structure. Le roseau peut finir par ne plus être à l’aise et d’autres espèces prennent le dessus. Dont des invasives comme le baccharis. » Des marchés publics d’entretien visent à ce que le roseau soit coupé et évacué.

Non entretenus, les roseaux poussent en tous sens. Ils peuvent alors être broyés pour isoler des caissons comme ceux des murs et du toit de Cédric et Clémence. Mais de tels roseaux en vêture extérieure auraient une esthétique aléatoire. Et une mise en œuvre plus complexe, donc plus coûteuse. « Pour obtenir une tige fine, droite et homogène, il faut six à huit ans d’entretien de la roselière. » En Bretagne, la coupe d’entretien est très peu valorisée. Structurer une filière y est donc compliqué. Mais RizHome se démène pour y parvenir. En attendant, les 1 400 bottes de ce chantier ont été acheminées de Camargue. Contrairement au roseau broyé des caissons, qui vient de Bretagne.

Plus d’infos dans le reportage complet sur cette maison dans le magazine La Maison écologique n°118. En kiosques jusqu’à fin septembre 2020 ou sur commande en cliquant ici.


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Lettre ouverte au Premier ministre

IllustrationDPE

Réforme de la RE2020, du DPE et du label BBC

18 organisations appellent le Premier ministre à mettre en cohérence la politique énergétique française dans le bâtiment avec les objectifs poursuivis.

Le 26 février dernier la Commission Européenne a signifié à la France qu’elle devait aller plus loin si elle voulait baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 40 % en 2030. De son côté,le Haut Conseil pour le Climat mis en place par le Président de la République, rappelle que la France « n’est pas sur la bonne trajectoire » pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Face à ces constats, les mesures proposées par le gouvernement pour le bâtiment conduisent à une électrification massive des usages thermiques sans chercher forcément à réduire significativement les niveaux de consommation lors des rénovations, ni à recourir abondamment à la chaleur renouvelable. Cette stratégie risque de s’accompagner d’une augmentation de la précarité des ménages par la hausse des factures de chauffage, d’une disparition importante d’emplois, et de l’abandon d’un mix énergétique diversifié conduisant de manière équilibrée à une décarbonation beaucoup plus résiliente aux aléas futurs inévitables.

Dans une lettre ouverte au Premier ministre publiée le 9 juin, 18 organisations appellent les pouvoirs publics à revoir d’urgence cette stratégie aux conséquences graves et irréversibles, en revenant sur les arbitrages de cette réforme qu’elles jugent dangereuse et inappropriée au regard des objectifs environnementaux que la France doit atteindre. Elles souhaitent qu’une réelle concertation soit mise en place et proposent dans ce cadre la réalisation, en substitution de cette réforme, d’un grand programme de rénovation à très haute efficacité recourant massivement aux sources de chaleur renouvelables et aux pompes à chaleur performantes.

La lettre est ouverte à des signatures complémentaires sur cette plateforme en ligne.

Lettre ouverte au Premier ministre, 9 juin 2020

Monsieur le Premier ministre,

Les signataires de la présente lettre déclarent leur totale adhésion aux objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour la croissance verte et la loi énergie climat :

  • la neutralité carbone en 2050 avec réduction d’ici 2030 de 20 % de la consommation d’énergie finale (tous secteurs), et de 40 % de l’énergie fossile, avec 32 % d’ENR,
  • la rénovation d’ici 2028 de tous les logements à consommation excessive (classes F et G, de l’actuel Diagnostic de Performance Energétique – DPE), et de l’ensemble du parc bâti au niveau Bâtiment Basse Consommation (BBC) d’ici 2050.

Ils rappellent les options de trajectoire envisagées par la stratégie nationale bas carbone pour 2050 : part limitée du chauffage par effet Joule (5 TWh), contribution essentielle de la chaleur renouvelable individuelle et collective (biomasse, énergie solaire, géothermie, biogaz) et rôle majeur des pompes à chaleur, biogaz et électriques.

Ils attirent l’attention des pouvoirs publics sur l’accélération nécessaire du rythme de rénovations BBC dans le respect de la programmation pluriannuelle de l’énergie qui en prévoit 370 000 par an de 2015 à 2030 ce qui impose, compte tenu de l’historique, d’en faire 540 000 par an entre 2020 et 2030.

La réforme prévue, qui impacte la réglementation environnementale (RE2020), le DPE et le label BBC, vise à modifier le contenu carbone du kWh chauffage et le coefficient d’énergie primaire relatifs à l’électricité, à exprimer le DPE en énergie finale, à placer le label BBC à 60 kWhEF/m²/an, seuil futur entre classes B et C. Les signataires jugent ces dispositions, pour certaines non conformes aux directives européennes, contraires aux lois de la physique et contreproductives au regard des objectifs de la stratégie nationale bas carbone.

Ces mesures vont déstructurer le secteur énergétique, maintenir une piètre qualité des enveloppes bâties, contraindre les maîtres d’ouvrage à des choix de court terme peu efficaces et peu pertinents, accroître le nombre de ménages en précarité énergétique en renchérissant la facture de chauffage.

Il apparaît en effet que :

  • Le seuil du label BBC, objectif du parc, baisse d’un tiers pour les combustibles, de deux tiers pour le bois, mais augmente d’un facteur 3 pour l’électricité, éliminant ainsi le bois, voire tous les autres combustibles, par des travaux de rénovation rendus plus chers que dans les logements chauffés par effet Joule.
  • Les incertitudes du futur supposent une faculté d’adaptation qu’interdira l’irréversibilité du choix de l’effet Joule et qu’à l’inverse, la distribution d’eau chaude permettrait.
  • Pratiquement tous les propriétaires rénoveront en adoptant l’effet Joule en raison de coûts de travaux et de contraintes réglementaires plus faibles que pour toute autre solution. Passer de convecteurs aux granulés devient impossible au regard des contraintes d’isolation imposées. Le bois est pourtant une chaleur renouvelable dont la Ministre de la Transition écologique et solidaire a déclaré le 3 avril 2020 qu’elle voulait en faire « un des vecteurs de la reprise économique ».
  • En construction neuve et en rénovation, l’ambition de performance est abandonnée et laisse place à des passe-droits rendus peu légitimes par l’existence de pompes à chaleur très efficaces fonctionnant aussi bien au biogaz, à l’électricité ou de manière hybride. Une stratégie d’autant moins compréhensible que la stratégie nationale bas carbone elle-même avait abondamment recours aux pompes à chaleur. Cela va fragiliser la sécurité d’approvisionnement en 2030 en augmentant la pointe hivernale de 10 GWe et la consommation électrique de 22 TWh, alors que 14 réacteurs nucléaires seront en fin de vie d’ici 2035. L’électricité, déjà très carbonée en hiver, le sera davantage par la hausse des importations d’électricité à fort contenu carbone.
  • La nouvelle étiquette induira en erreur les usagers pour qui la croissance des classes énergétiques rime avec celle des coûts : désormais des logements de même classe auront la même consommation d’énergie finale mais des coûts de chauffage du simple au triple. Cette réforme aura pour effet visible l’explosion des factures de chauffage et l’accroissement de la précarité énergétique.
  • Ce nouvel étiquetage conduira, de manière inacceptable et sans faire de travaux, à sortir des classes F et G (devant être rénovées avant 2028) environ 3 millions de logements chauffés à l’électricité, et à y faire entrer environ 6 millions de logements chauffés par combustibles. Rénover ces logements chauffés par combustibles est une évidence, éviter la rénovation de ceux chauffés à l’électricité est incompréhensible et contraire à la directive européenne bâtiments.

Ce projet de réforme donne le sentiment que pour les pouvoirs publics, décarboner se résume à électrifier les usages thermiques du bâtiment sans même chercher à réduire les besoins. Ce qui a seulement pour effet de déplacer le problème sans pour autant faire décoller un plan de rénovation attendu par tous et aujourd’hui moribond.

Les signataires demandent expressément que soit plutôt mis en place un plan de relance qui fait suite à la crise sanitaire construit autour des cinq axes suivants :

1 – Redonner aux réformes sur le bâti neuf (RE2020), leur ambition initiale, et ne pas modifier les règles du DPE et du label BBC
L’efficacité énergétique et la décarbonation sont les piliers qui doivent guider la décision dans le secteur du bâtiment. La robustesse d’une réponse résidera dans la variété des composantes décarbonées du panier énergétique auquel elle conduira. Les pompes à chaleur permettent déjà à l’électricité de se placer très efficacement dans le bâtiment sans recours à des artifices discutables et illégitimes. Quant à l’énergie finale, elle ne reflète pas le coût pour l’usager, pas plus qu’elle ne lui permet un rapprochement avec ses différents compteurs. La substituer à l’énergie primaire ne conduira qu’à une vaste tromperie. Nous demandons le retour à un coefficient d’énergie primaire et à un contenu CO2 de l’électricité conformes à la situation française actuelle et la permanence de l’énergie primaire dans les bilans.

2 – Prioriser la rénovation globale et performante et réfléchir à l’efficacité de l’incitation
Pour minimiser les coûts et maximiser les économies, il faut, notamment lors des mutations, favoriser les rénovations globales et performantes qui coûtent moins cher. Dans un premier temps on pourra toutefois mettre en œuvre des rénovations par étape à condition d’en améliorer simultanément la planification et les performances pour qu’elles atteignent effectivement à terme le niveau BBC.

L’incitation a montré ses limites partout en Europe. Aller vers une obligation, en commençant lors des mutations par les logements les moins performants, doit être exploré avant d’élargir progressivement le périmètre des contraintes.

3 – Axer les efforts sur la réalisation d’enveloppes très performantes
Contrairement aux systèmes qui seront renouvelés, l’enveloppe est là pour la durée de vie du bâtiment. Dès lors qu’une rénovation de l’enveloppe est entreprise, il faut donc viser le plus haut niveau d’exigences, comme le souligne la directive européenne bâtiments. Ceci conduit également à plus de confort et à une meilleure qualité sanitaire des logements.

4 – Fournir aux acteurs de terrain les outils assurant la pleine efficience des rénovations énergétiques
Il serait plus efficient de mettre à disposition des acteurs de terrain, des combinaisons de solutions garantissant la performance finale des rénovations et rendant la définition des mesures à prendre plus fiable, plus rapide et plus simple.

Le financement doit cesser d’être le repoussoir à l’action qu’il est aujourd’hui. Une piste à étudier serait de substituer aux aides en vigueur dont l’efficacité n’est pas avérée, un vaste prêt à taux zéro de durée ajustable assurant à chaque ménage le financement des travaux de rénovation et l’équilibre en trésorerie par les gains générés.

5 – Développer une filière française d’excellence de la chaleur renouvelable et des pompes à chaleur (hybrides, électriques et biogaz)
Les solutions individuelles ou collectives de chaleur renouvelable et de récupération (bois, chauffage solaire, géothermie, gaz renouvelables, énergies fatales) distribuée entre autres par réseaux de chaleur méritent d’être davantage encouragées car ce sont des ressources créant localement de l’emploi, indispensables pour atteindre les objectifs de décarbonation et réduire la facture d’énergie des ménages.

La pompe à chaleur est un des dispositifs les plus efficaces pour le chauffage des locaux, voire leur rafraîchissement en été. Les modèles performants, associés à des boucles hydrauliques, qu’ils fonctionnent au biogaz, à l’électricité ou de manière hybride, minimisent fortement la consommation tout en ne dégradant pas la pointe électrique. Ils doivent donc jouer un rôle important dans la politique énergétique. Pour cela, il faut développer une filière d’excellence en France et nous appelons à travailler sur l’amélioration de la performance intrinsèque des appareils et de leurs conditions de fonctionnement, sur la relocalisation de leur production ainsi que sur la qualité de leur mise en œuvre et de leur maintenance.

Les signataires rappellent que le 26 février 2020, la Commission Européenne a incité la France a « des efforts supplémentaires pour accélérer la rénovation énergétique des bâtiments ». Le plan de relance proposé constitue donc une véritable opportunité.

Vous remerciant d’accueillir favorablement nos propositions, veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre haute considération.

Lettre ouverte RE2020-DPE-BBC

Avis d’expert : Prêt bancaire et autoconstruction

Prêt bancaire et autoconstruction

Prêt bancaire et autoconstruction, utopique ?

Le prêt bancaire est un sésame difficile à décrocher pour les autoconstructeurs. Tour d’horizon des conditions à réunir et conseils pour mettre toutes les chances d’obtention de son côté.

À peine le verbe « autoconstruire » prononcé que les yeux du banquier s’écarquillent sous un froncement de sourcil. De l’autre côté du bureau, le regard du couple venu présenter fièrement son projet de maison perd soudain sa sérénité. Le costard de la finance entrevoit déjà les fissures aux murs, le cash supplémentaire pour réparer les dégâts d’un chantier solitaire, sans assurance ni garantie, et qui n’en finira peut-être jamais… Demande de prêt rejetée.