Dossier : Humidité dans l’habitat

Humidité dans l'habitat

Humidité dans l’habitat : ne pas se laisser déborder

L’humidité est une pathologie récurrente dans les logements et qui n’est pas sans conséquence sur le bâti et la santé des occupants. Elle demeure pourtant bien souvent mal traitée…

La goutte perle sur le double vitrage embué. Tandis que le soleil d’hiver se lève, elle descend sur la traverse de l’ouvrant, le dormant, puis se faufile sous la peinture craquelée, aux allures de peau fripée par un bain trop long. Cachées derrières ces failles, quelques taches noires mouchettent le plâtre. Les mêmes qui se répandent, plus haut, à l’angle du mur qui fait la jonction avec l’étage. Votre maison est atteinte d’humidité chronique. Comme 12,6 % des logements en France.

Elle est le défaut le plus pointé par les habitants, d’après l’Insee, avant les problèmes d’isolation thermique. Car le sentiment de confort dans l’habitat dépend en grande partie du taux d’humidité dans l’air. Pour Fabien Squinazi, médecin-biologiste et membre du comité scientifique de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieure (OQAI), « le degré d’hygrométrie d’un logement doit être compris entre 40 et 60 % ». Au-delà, les personnes peuvent souffrir de gênes respiratoires, de maux de tête, etc. Et la maison en pâtit. Les enduits fissurent, les peintures s’écaillent, les murs sont fragilisés, des moisissures apparaissent…

Causes variées et mal maîtrisées

Comment en arrive-t-on là ? « L’humidité est un signe de dégradation du logement rarement exclusif », signale dans une étude le Commissariat général au développement durable (CGDD). Elle n’est pas une pathologie isolée, mais résulte d’un mélange de plusieurs défauts qui peuvent être dus au bâti ou aux activités des occupants. On peut citer en exemple une mauvaise gestion de la vapeur d’eau émise dans la cuisine ou sous la douche, une isolation dégradée, une ventilation défaillante, voire absente, des remontées capillaires ou de fortes pluies, en zone océanique surtout. Par ailleurs, les problèmes d’humidité sont différenciés dans
le bâti moderne et le bâti ancien (d’avant 1948). Le premier s’isole des apports d’eau, l’autre contient de l’eau qu’il gère selon un équilibre qu’il importe de maintenir. Preuve que l’humidité est un phénomène depuis longtemps apprivoisé.

Un problème longtemps inconsidéré

Pourtant, il est encore difficile pour nombre de professionnels de le traiter convenablement. Nicolas Charles est gérant de Treenergy, un des rares bureaux d’études à réaliser des audits humidité. Il s’est lancé il y a cinq ans, « à force de faire des études thermiques dans les bâtiments et rencontrer des problèmes d’humidité sans trouver de professionnels pour les traiter ». Samuel Courgey, référant technique spécialisé en environnement et auteur du célèbre L’Isolation thermique écologique (éd. Terre Vivante), dit alerter des problèmes d’humidité depuis près de 30 ans « sans que les services techniques du Ministère ne s’y intéressent.

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Autonomie face au Monopoly

Hors-série n°12 du magazine La Maison écologique consacré à l'autonomie en eau et en chauffage

Et si on renversait la table ? Vu de sous la nappe, le point de vue pourrait être bien différent de celui véhiculé par le vacarme ambiant. Loin d’un repli sur soi, loin d’une vie en marge de la société, loin d’un refus de l’altérité et du vivre-ensemble, loin de l’égoïsme qu’on leur prête volontiers, loin de la petite goutte insignifiante dans cet océan de torpeur, les foyers autonomes que nous avons visités et les habitant.e.s que nous avons rencontré.e.s pour alimenter ce tome 2 de notre hors-série sur l’habitat autonome nous laissent entrevoir une autonomie joyeuse.

La fierté de produire sa propre énergie renouvelable pour chauffer son habitation et d’utiliser l’eau dont la nature nous fait directement cadeau, le soulagement de faire disparaître les factures, l’émerveillement de travailler de concert avec le soleil, les arbres, la pluie, les cours d’eau et le vent pour limiter nos impacts sur la planète… Une fois la table retournée et les pages de ce magazine grand ouvertes, le paysage paraît bien moins sombre.

Qu’elle concerne nos consommations électriques et nos manières de bâtir – que détricote le tome 1 paru à l’automne dernier – ou qu’elle s’attelle au chauffage de nos logements, à nos usages de l’eau et à la gestion des déchets que nous rejetons au quotidien – qu’explore ce nouvel opus –, l’expérience de l’autonomie amène à nous réapproprier nos vies tout en les ouvrant à ce qui nous entoure ; éléments, animaux, végétaux, humains. Et à conquérir une indépendance dont les grands groupes industriels ont voulu nous persuader que nous étions incapables.

Les sirènes de la surconsommation et du capitalisme débridé semblent alors bien dérisoires face à la douceur de vivre. Simplement.

Le gros lot ne se gagne pas en jouant au Loto, mais à l’autonomie.

Éditorial publié dans le hors-série n°12 du magazine La Maison écologique, “Cap sur l’autonomie – Tome 2”.


52 éléments atomiques dans votre poche !!

que trouve-t-on dans un smartphone ?

Le saviez-vous ? La moitié du tableau de Mendeleïev se trouve certainement dans votre poche…

Billet d’humeur de Thierry Salomon

initialement paru dans La Maison écologique n°101

A part quelques irréductibles lecteurs résistant encore et toujours à l’empire GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple), vous avez sans doute, comme moi, un smartphone dans votre poche. Bien sûr, comme moi, vous ne pouvez plus vous en passer, trouvant formidablement pratique cette version contemporaine du couteau suisse à la fois agenda, accès Internet, GPS, réveil-matin, caméra, partenaire aux échecs (toujours bon perdant), voire sablier numérique pour œufs à la coque. Ah, j’oubliais : notre smartphone sert parfois à téléphoner, antique survivance du siècle précédent quand le phone était télé mais pas encore smart.
Mais, pour fabriquer notre doudou numérique, ce bijou de technologie dont un Terrien sur trois est déjà équipé, il a fallu utiliser un nombre considérable de substances chimiques différentes, la plupart du temps sous forme d’alliage complexe, d’encre métallique (comme le nickel sur les boîtiers) ou pour « doper » les transistors.
Une pertinente étude menée par la branche « Système extractif » de l’association Ingénieurs sans frontières a tenté de comptabiliser le nombre d’éléments atomiques figurant dans un smartphone standard. Le résultat est édifiant : nous trimbalons dans notre poche environ 52 éléments atomiques différents, soit la moitié du fameux tableau de Mendeleïev !
Or, la plupart de ces éléments se trouvent dans la nature à une teneur extrêmement faible. Pour les extraire, il faut découper, exploser, concasser, transporter et traiter des quantités considérables de sol. La teneur de l’or, par exemple, est de l’ordre d’1 à 2 g par tonne de roche aurifère.
Mais une teneur aussi faible ne décourage nullement l’avidité de l’industrie minière. Ainsi, une entreprise russo-canadienne propose de venir extraire l’or en Guyane non pas dans les alluvions des cours d’eau, mais en découpant littéralement le sol de la forêt. Ce projet nommé « La Montagne d’or » – c’est beau comme du Picsou – consiste à creuser une fosse de 2,5 km par 500 m sur… 400 m de profondeur afin d’extraire à l’explosif 400 millions (!) de m3 de roches pour, après traitement au cyanure, obtenir 85 tonnes d’or. Cela reviendrait à creuser le 3e arrondissement de Paris sur une profondeur supérieure à la hauteur de la Tour Eiffel !
Ce n’est pas tout : ce projet consommerait 20 MW d’électricité 24 h sur 24, 7 jours sur 7 et impliquerait plusieurs millions de rotations d’énormes camions entre la fosse d’extraction et l’usine de traitement, ruinant à l’évidence tout objectif sérieux de réduction des gaz à effet de serre en Guyane.
Mais, objecteront certains, il nous faut bien de l’or pour nos précieux smartphones et, plus généralement, pour les besoins de l’industrie. Eh bien c’est faux : 160 000 tonnes d’or ont déjà été extraits du sol de la Terre, dont environ 20 % végètent à l’état de lingots dans les coffres des banques centrales. Inutile de continuer à l’extraire en amputant de façon irréversible une forêt amazonienne aussi vitale à la qualité de notre atmosphère que nos poumons pour respirer.
« La Montagne d’or » est donc l’un de ces méga-projets bien plus qu’inutiles : irresponsable.
Et ce cher La Fontaine, qui ne connaissait pas la luxuriante nature guyanaise mais très bien la nature humaine, en avait écrit par avance la fable :
Il crut que dans son corps elle avait un trésor
Il la tua, l’ouvrit et la trouva semblable
à celles dont les œufs ne lui rapportaient rien
S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien.
(La Fontaine, La Poule aux œufs d’or)

 

Pour aller plus loin :
Pétition internationale contre le projet « Montagne d’or » : http://bit.ly/2wHfiBO
Le dossier d’Ingénieurs sans frontières : www.isf-systext.fr/node/968


Impression 3D : une maison biosourcée sort de terre

maison écologique en impression 3D crédit WASP

INNOVATION. Les maisons imprimées en 3D, on connaissait. Mais avec des matériaux écologiques comme la terre et le riz, c’est une première!

La maison construite grâce à l’ impression 3D existait déjà (voir dans La Maison écologique n° 105). Mais pas encore à partir de matériaux écologiques. C’est à présent chose faite, avec le projet Gaïa, mené par deux entreprises italiennes. Wasp, tournée vers l’impression 3D, en collaboration avec la start-up RiceHouse, spécialiste du bâtiment écologique.

Pour les murs de cette maisonnette bioclimatique expérimentale de 20 m2, bâtie en seulement quelques semaines, les concepteurs se sont inspirés de la structure des nids de guêpes. Ils ont utilisé un mélange de matériaux locaux : 25 % de terre extraite du site (30 % d’argile, 40 % de limon et 30 % de sable), 40 % de paille de riz, 25 % de balle de riz et 10 % de chaux hydraulique. L’isolation atteint un très haut niveau de performance, qui permet de se passer de chauffage et de climatisation. La toiture est en bois local.

Seules les fondations, en béton, alourdissent (un peu) l’excellent bilan carbone de cette réalisation. Et tout cela au prix imbattable de 900 € hors main d’œuvre. Reste à trouver des partenaires pour développer le projet.

crédit photo: WASP


Accessibilité: “L’écologie ne saurait ignorer la diversité humaine”

accessibilité et handicap dans la construction de logement, habitat adapté, dans La Maison écologioque n°109 - dessin Nicolas Haverland

Fondateur et rédacteur en chef de Yanous.com, magazine des personnes en situation de handicap, Laurent Lejard défend l’idée d’une accessibilité universelle, utile à tous les citoyens.

Pourquoi faudrait-il, selon vous, une accessibilité à 100 % pour le logement ?
Quel qu’il soit, un logement n’est pas seulement occupé par ses habitants. Il est visité par la famille, les amis. Et il va un jour changer d’occupants. L’accessibilité, c’est quelque chose qu’il faudrait avoir à l’esprit si on veut que les logements soient durables? Non seulement quand on construit des appartements, mais aussi quand on construit sa propre maison ou quand on rénove un bâtiment pour y habiter. Avec l’accessibilité universelle, vous avez un appartement ou une maison adaptée à des gens qui ont des enfants, qui vont vieillir, connaître des problèmes de santé, être victimes d’un accident… Ils ne seront pas contraints de déménager, dans un contexte déjà difficile. Ils pourront rester chez eux, recevoir qui ils veulent et vivre comme ils veulent.

La notion de personne à mobilité réduite dépasse largement celle du handicap. Dans le métro parisien, les personnes qui sont les plus handicapées sont les familles avec poussette et les nounous. En ayant rétréci le débat de l’accessibilité aux personnes handicapées, les pouvoirs publics ont pu mettre en place des politiques discriminatoires. Comme la politique de quotas dans le logement. L’idée d’accessibilité universelle n’existe plus aujourd’hui dans les politiques publiques. Elle est proclamée, mais la réalité est tout autre.

[…] L’habitat écologique n’est-il pas perçu comme un luxe par les personnes handicapées ?
Si l’écologie est la place de l’humain dans l’environnement, un habitat qui se veut écologique doit prendre en compte la diversité humaine. Donc la question de l’adaptation ne se pose pas, elle est contenue dans le concept. […]

L’intégralité de notre interview dans le magazine La Maison écologique n°109, disponible en kiosques ou sur commande en cliquant ici.

 


Autonomie énergétique grandeur nature

Maison en autonomie énergétique en Bretagne. Crédit Michel Ogier

[VIDEO] Caroline et Hubert vous invitent à pousser les portes de leur maison autonome en Bretagne. Elle a été autoconstruite avec des matériaux biosourcés, voire de cueillette. En outre, elle leur a permis d’atteindre l’autonomie en électricité, en chauffage et en eau.

« En concevant cette maison autonome, notre priorité était de limiter au maximum notre impact environnemental et de vivre avec le minimum de compromis vis-à-vis de cette société de consommation », résument Caroline et Hubert. Finalement, pari réussi avec cette maison de 88 m2 autoconstruite en Bretagne en bois, terre, paille et autres matériaux écologiques et locaux. Ainsi, pour eux et leurs deux enfants, depuis quatre ans, l’autonomie énergétique n’est pas qu’une utopie!

Reportage complet, photos et détails techniques dans le hors-série n°10 de La Maison écologique. En kiosques depuis fin octobre 2018 ou sur commande en cliquant ici.


Habitat insolite : À six dans l’bus

Bus aménagé

[VIDEO] Un bus scolaire comme maison itinérante pour toute la famille.

La maison de Stéphanie, Arnaud et leurs quatre enfants a jadis arpenté les routes. Du Calvados à la Vendée, elle effectuait  le ramassage scolaire. Jusqu’à ce que les nouvelles normes interdisent à ce bus de 1998 de circuler. En 2016, ils le débusquent sur un site d’enchères des services publics. “Il est arrivé avec tous ses sièges, toutes ses bagagères et toutes ses fuites d’huile”, sourient Arnaud et Stéphanie. Ils l’ont rénové pour en faire leur habitat avec des matériaux sains, naturels et une bonne dose de récup’.

Quelques années après avoir acheté en Touraine une maison de 150 m2, où ils ont “changé la chaudière pour faire des économies, se souvient Stéphanie. Mais le prix du gaz ayant augmenté, aucun changement sur la facture. On a refusé de continuer à vivre en devant sortir toujours plus d’argent. C’est là qu’est né notre désir d’autonomie énergétique et de nomadisme”. Aujourd’hui, les six membres de la famille se partagent 30m2. Et “on est bien plus vite passé du lit au petit-déjeuner”, rigole la jeune maman.

Reportage complet sur cet habitat insolite dans le magazine La Maison écologique n°106. En kiosques jusqu’à fin mai 2018 ou sur commande ici

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Surélévation écologique pour l’amour du bois

surélévation écologique en bois à Rennes en Bretagne. crédit 10i2LA

[VIDEO] Inconditionnels du matériau bois, Dominique et Jean-Yves l’ont sublimé dans leur surélévation à Rennes, en Ille-et-Vilaine. En n’occultant surtout pas les traces de la matière et de son histoire.

« Je me méfie de l’écologie politique, même si je l’ai fréquentée de près. Car elle donne parfois des choses très étonnantes, récupérée par les lobbies technologiques… Mais de manière pratique, il y a des choses à faire », revendique Jean-Yves Cairon, adepte de très longue date de l’écologie pratique. Alors quoi de plus concret que de transformer une maisonnette construite à la va-vite juste après-guerre en une habitation deux fois plus haute, moderne, économe en énergie et constituée de matériaux biosourcés ? « Eh oui, les vieux ont encore des projets ! », rigolent Jean-Yves Cairon, 69 ans, et Dominique Beyot, 60 ans. En outre, ces anciens infirmiers en psychiatrie ont réalisé une grande partie des travaux de surélévation eux-mêmes. Après le montage de la structure isolée préfabriquée en atelier. Cette surélévation a été conçue par les architectes locaux de 10i2LA.

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Cabane boule en bois tressé, la magie de l’habitat léger

cabane en bois tressé - vannerie habitat léger

Tresser sa cabane sans perdre la boule ?!

La cabane en bois de Robinson, tous les enfants en ont rêvé, Alain Auguste l’a réinventée. Sa démarche invite à la réaliser par soi-même avec quelques morceaux de bois glanés et de la ficelle…

L’éco-lieu Artimbal se cache au cœur des Cévennes, à Roquedur (Gard). Il faut se garer et grimper jusqu’au lieu de vie en forêt pour découvrir les créations d’Alain Auguste, disséminées dans ce bel échantillon de la générosité du milieu naturel cévenol. Si le cœur vous en dit, des stages « Cabanes vannées et yourtes vivaces » sont organisés tout au long de l’année. Lors de ces stages de quelques jours, Alain partage sa technique de « cabane boule » en animant des chantiers participatifs. Ce Robinson des temps modernes utilise les matériaux présents autour de lui et tente de créer des habitats légers avec un outillage minimal.

Sacré châtaignier

« J’utilise du fil de fer, de la ficelle et des vis. Et pour l’outillage, une scie, une tenaille, une perceuse et une visseuse. Il faut également une tronçonneuse si on veut se lancer dans la construction d’une mezzanine. Pour débuter, je conseille de réaliser une petite boule », résume Alain en préambule.

Pour lire la suite de cet article, consultez notre magazine La Maison écologique n°103.  Retrouvez le en kiosques jusqu’au 28 mars ou sur notre boutique en ligne ici.


Finition : un enduit de finition à l’argile

un enduit de finition à l'argile

Un enduit de finition à l’argile.

Il existe plusieurs types d’enduits à l’argile (ou terre). Les « faits maison », comme celui proposé dans cet article, et les « prêts à l’emploi ». Ces derniers ont été élaborés et testés avant d’être commercialisés. Il ne vous reste plus qu’à choisir la couleur et suivre les indications. Mais dans tous les cas, préfabriqué ou pas, l’enduit s’applique de la même manière. Depuis le haut du mur jusqu’en bas. Quant à la pose du mortier (enduit à l’état liquide), elle s’effectue dans un mouvement de bas en haut, suivi d’un léger lissage vers le bas pour corriger l’épaisseur