Une maison écologique élevée en plein chanvre

Maison écologique en chanvre en Vendée. crédit Gwendal Le Ménahèze

Marie était enseignante, Dominique agriculteur. À l’approche de la retraite, ils ont fait construire en Vendée une maison plus adaptée à leurs nouveaux besoins. Quasi passif, le bâtiment fait la part belle à une plante produite sur l’exploitation. Toit, sol et murs sont composés de chanvre!

Devant la baie vitrée qui donne sur un étang, une longue-vue témoigne de la passion de ce couple vendéen pour les oiseaux. Leur fille et leur fils avaient quitté le nid et la retraite approchait. Il était temps de troquer leur « très grande maison » de 250 m2 pour un projet « plus fonctionnel ». Mais toujours dans le même village de Vendée. La composition de la future maison ne provoque aucun débat. « On vit dans une coque de chanvre : il est dessous, dessus et dans les murs », sourit Marie. Cette plante est présente sous forme de béton de chaux et de chanvre projeté à la machine. Mais aussi d’isolants en vrac ou en panneaux.

Chanvre à tous les étages

Dominique réplique : « Je produis du chanvre depuis onze ans. Cette plante n’a pas besoin de produits phytosanitaires. En outre, elle nettoie le sol des mauvaises herbes. Et c’est un excellent précédent pour les céréales. La tige peut atteindre 1,5 à 3 ou 4 m de hauteur. On bat toute la plante en récoltant les graines pour faire de l’huile. Ou pour l’oisellerie, la pêche et de plus en plus l’alimentation humaine. Car le chènevis est très riche. » La tige est laissée au sol pour qu’elle rouisse. « On est habitué au foin et à la paille pour lesquels il ne faut surtout pas d’eau. Pour le chanvre, au contraire, il faut de l’eau et du soleil pour un rouissage parfait. Ainsi, cela permet que la fibre se décolle du bois qui est à l’intérieur de la tige », dont on tire la chènevotte.

Un isolant stupéfiant

Président d’InterChanvre, Dominique est aussi membre du bureau de la coopérative Cavac, à laquelle il vend son chanvre. L’usine de défibrage sépare la laine de chanvre de la chènevotte. Celle-ci sert de paillage horticole, de litière pour petits animaux et chevaux… Mais aussi dans la construction de bâtiments. « Elle contient des micropores qui en font un bon isolant et lui offrent des propriétés très intéressantes pour gérer l’humidité. » Les fibres peuvent quant à elles terminer en textile ou comme isolant également. La Cavac en fait des panneaux (Biofib), en les mélangeant éventuellement avec du lin, du coton ou de la ouate de cellulose.

L’intégralité de notre reportage, photos, détails techniques et financiers dans le magazine La Maison écologique n°108.

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