Courrier des lecteurs

Posez dès maintenant vos questions à la rédaction : contact@lamaisonecologique.com

Peut on faire des fondations autrement qu’avec des parpaings ?

Bonjour, nous sommes en pleine construction de notre maison à ossature bois et isolation paille. En guise de plancher pour le rez-de-chaussée, nous effectuerons un hérisson sur lequel nous coulerons une dalle chauxchanvre. Petit hic, après avoir fait les fouilles, nous devons monter un mur pour tenir ce hérisson. La seule solution qu’on nous propose est le bloc parpaing en béton. Beurk ! Mis à part faire un mur bâti en pierre (vorace en temps et disponibilités), connaissez-vous une autre technique pour avoir des fondations solides pour notre jolie future maison paille s’il vous plaît ? Est-ce que la chaux pour béton de Saint-Astier peut répondre à la solution « béton tourron» ? Un grand merci ! À bientôt. Rachel et Hugo


Réponse de Vincent Corbard, formateur en écoconstruction
Tout bâtiment nécessite de bonnes fondations pour reprendre les descentes de charge de l’ossature bois et la charpente. Il y a plusieurs alternatives aux fondations classiques en béton et parpaing, en voici trois exemples.
– Les fondations sur pieux métalliques avec dalle en bois.
– Les fondations en parpaings à base de sable de ponce, qui leur permet d’être
isolants, mais un peu fragiles à la pose. Ils nécessitent quand même un complément
d’isolation.
– Les fondations sur radier en granulat de verre expansé fait à partir d’un verre
recyclé (photo). Ces granulats permettent une isolation parfaite sans complément.
Cette technique permet de supprimer la semelle de fondation et les rangées de soubassement, mais doit comporter une dalle radier renforcé. Le
granulat de verre fait office de hérisson et d’isolation. Pour éviter les dalles et fondation en béton pour un bâtiment en poteau-poutre et ossature bois, il faut privilégier les dalles bois ou plancher cloué sur poutres avec juste des plots en béton, limitant ainsi l’utilisation du béton.

Les toilettes sèches sont elles autorisées dans un restaurant ?

Bonjour, j’ai consulté l’arrêté du 7 septembre 2009 au sujet des toilettes sèches et n’y ai pas trouvé toutes les réponses.  Dans le cadre d’un projet de création d’un restaurant dans une ferme du XVIIIe siècle, est-il autorisé d’installer des toilettes sèches pour les clients ? Il s’agira d’un ERP (établissement recevant du public, ndlr) de 5e catégorie. L’installation de toilettes « classiques » impliquerait de lourds travaux. Dans l’attente de votre réponse, cordialement.


Réponse de Pierre L’écoleau, association ec’eau logis et entreprise GP conseil (Aude)  Oui, il est admis d’installer des toilettes sèches dans un ERP. Il n’y a pas d’exclusion de ce genre dans le texte de référence.

Néanmoins, votre question manque d’une précision importante : quel sera le nombre de places prévu dans cet établissement ? Et sera-t-il prévu pour un ou deux services par jour ? En se référant aux ratios définis pour les différents types d’établissement, on considère fréquemment pour un restaurant (uniquement) un ratio de 0,25 EH (équivalent habitant) par place ; mais attention, si votre restaurant fait deux services, on compte deux couverts par place, donc vous devez calculer votre dimensionnement avec un ratio de 0,5 EH par place.

Cette notion d’EH (paramètre de dimensionnement d’assainissement) est importante aussi dans le sens où les toilettes sèches sont réglementées notamment par l’arrêté du 7 septembre 2009 fixant les prescriptions techniques applicables aux installations d’assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5, cette dernière étant équivalente à maximum 20 EH. Donc, imaginons par le calcul les deux cas de figure suivants :

1) Votre restaurant ne fera qu’un service par jour, avec une
capacité de 50 places, 50 x 0,25 = 12,5 EH ;

2) Votre restaurant fera deux services par jour, avec une capacité
de 50 places, 50 x 0,50 = 25 EH.

Dans la 1re hypothèse, votre assainissement (et les toilettes sèches qui l’accompagneront) dépendra de l’arrêté cité ci-dessus. Mais, dans la 2nde hypothèse, il passera sous la réglementation
de l’assainissement collectif et non collectif de plus de 20 EH, soit l’arrêté du 24 août 2017 modifiant celui du 21 juillet 2015 relatif aux systèmes d’assainissement collectif et aux installations d’assainissement non collectif, à l’exception des installations d’assainissement non collectif recevant une charge brute de pollution organique inférieure ou égale à 1,2 kg/j de DBO5 au JO du 23 septembre 2017.

Votre capacité d’accueil en restauration (seule, sans hébergement) est donc déterminante pour la réglementation à considérer. Dans le cas où votre projet serait à considérer dans la 2nde hypothèse, je vous conseille de vous rapprocher de votre mairie ou de votre communauté de communes pour demander un entretien avec le responsable du Spanc local qui précisera comment évaluer la chose. Bonne continuation dans votre projet.

Comment se faire assurer en tant que professionnel travaillant avec des matériaux biosourcés ?

Bonjour, nous venons de voir le quatrième assureur et nous avons du mal à nous faire assurer pour les isolants naturels. Nous sommes une entreprise de tailleur de pierre qui a évolué du bâti ancien en restauration vers l’écoconstruction, pierre, enduit, isolation, ossature bois. Nous avons suivi le stage Pro paille il y a deux ans, donc dans les règles professionnelles. Vers quelles personnes ou assurances pouvons-nous nous orienter ? Devons-nous continuer à poser des isolants sans assurance ? En vous remerciant pour cette revue pleines de ressources.


Réponse de Gilbert Leguay, professeur honoraire en droit de construction, société Passages (assurance et conseil)

L’assurance construction, en matière de risque et de responsabilité de nature décennale (dommages-ouvrage et responsabilité décennale), est soumise à un droit spécifique partiellement dérogatoire au droit commun. La souscription des assurances du maître de l’ouvrage et des différents intervenants à l’acte de construire est soumise, à quelques exceptions près qui ne concernent pas votre cas, à une obligation légale dont le non-respect est sanctionné pénalement dans la grande majorité des cas.

Fort heureusement, l’obligation d’assurance à la charge des assujettis comporte une réciprocité à la charge des assureurs : l’obligation d’assurer, qui n’est subordonnée à aucune condition d’ordre technique. Les assureurs étant, le plus souvent, peu enclins à couvrir des risques importants ou nouveaux ou ne disposant pas de règles techniques établies de longue date, le législateur a prévu un organe administratif indépendant : le Bureau central de tarification (BCT) – section construction, dont le rôle est d’obliger les assureurs à respecter leur obligation légale d’assurer. En cas de refus d’assurance, vous pouvez donc saisir le BCT, en respectant scrupuleusement le formalisme de la réglementation le concernant.

Ces règles n’existent qu’en matière de risque et de responsabilité de nature décennale. Les assurances construction de type Tous risques chantiers et Responsabilité civile classique, particulièrement utiles, sont soumises aux seules règles du droit commun de l’assurance et sont facultatives : leur souscription ne dépend que de la bonne volonté des parties.

Il est vraisemblable que l’assureur obligé d’assurer en décennale à la suite d’une décision du BCT ne fera pas preuve de très bonne volonté pour proposer des garanties facultatives à ce client. Un grand nombre de sociétés d’assurance et en particulier les mutuelles spécialisées en matière d’assurance construction (la SMA, la CAM de Strasbourg, l’Auxiliaire de Lyon…) et celles dévolues à certaines catégories professionnelles, artisans et petites entreprises, et délivrant des garanties à de très nombreux professionnels de la construction comme la MAAF, sont en mesure d’étudier les conditions techniques, juridiques et financières pouvant permettre l’assurance de matériaux, produits et techniques mis en oeuvre aujourd’hui.

Buée et triple vitrage ?

Un menuisier vient de m’affirmer que le problème du triple vitrage était qu’il comportait le risque de se couvrir de buée (alors que ce n’est pas le cas du double vitrage que j’ai fait installer chez moi). Pouvez-vous confirmer ou infirmer ce propos ?


Réponse de Jean-Claude Mengoni, aide en menuiseries auprès des autoconstructeurs (Bas-Rhin)

La condensation est une transformation de la vapeur d’eau de l’état gazeux à l’état liquide. Ce phénomène apparaît à l’aube sur la paroi extérieure, froide, de vitrages isolants, si certaines conditions de température et d’humidité sont réunies. Et c’est plutôt rassurant. Cela prouve que les menuiseries isolent bien, que la chaleur intérieure ne s’engouffre pas vers l’extérieur. La buée disparaîtra lorsque le vitrage extérieur aura gagné quelques degrés. Un problème purement esthétique, donc, quelques débuts de matinée par an, qui n’est pas de nature à mettre en doute les nombreuses qualités des vitrages performants, qu’ils soient doubles ou triples. Je remarque que quelques artisans ou fabricants ne disposant pas de la technique permettant de fabriquer des menuiseries à triple vitrage (les épaisseurs importantes des ouvrants requièrent des machines ad-hoc) sont parfois enclins à mettre en avant des points de détail infondés ou d’importance mineure. Deux rumeurs toujours persistantes associent par exemple le triple vitrage avec le bris de vitre ou un prix exorbitant.

Quelle alternative au ciment pour renforts avant décaissement ?

Dans le cadre de la rénovation du rez de-chaussée de notre ferme en pierre, nous allons devoir renforcer deux poteaux en bois autour desquels il nous a été recommandé de poser un socle en béton afin de bien les maintenir en prévision d’un gros décaissement du sol. En effet, ces poteaux sont « porteurs » et nous ne voulons prendre aucun risque. Nous sommes ennuyés, car nous souhaiterions qu’une autre matière que le béton puisse jouer ce rôle de renfort. Savez-vous si nous pourrions poser autre chose avec les mêmes propriétés de solidité et de renfort ?


Réponse de Monique Cerro, artisane, formatrice (Rhône) Il est tout à fait possible de faire la même chose avec un béton de chaux. Les mises en oeuvre sont les mêmes, seuls les matériaux changent. La première consigne dans tous les cas de figure est de ne décaisser autour des poteaux qu’à 45° (sous forme de pyramide). Ensuite, le coffrage peut aussi s’agrémenter de bambou fendu qui sera encastré comme un ferraillage d’ancrage conventionnel. La formulation est de 1 volume de sable à béton pour 1 volume de chaux NHL 5.

Quel traitement pour le sapin en usage extérieur ?

Je suis à la recherche d’un produit permettant le traitement antifongique, insectifuge, hydrofuge pour les bois extérieurs (sapin). J’ai en tête Restol, mais je viens d’apprendre qu’il contient des solvants, ce que je cherche à éviter : ma fille souffre d’une MCS (hypersensibilité chimique multiple, ndlr), donc ne supporte aucun produit chimique… Où puis-je trouver ce type de produit ?


Réponse de Hervé Boivin, animateur bois construction du réseau de professionnels Abibois (Bretagne) Le sapin n’est pas naturellement durable pour un usage en extérieur soumis aux intempéries. Hors aubier (l’aubier n’est jamais durable), le sapin pourrait prétendre à une durabilité fongique en oeuvre de 10 à 50 ans en condition d’emploi 3a (« le bois est à l’extérieur, sans contact avec le sol et soumis à une humidification fréquente sur des périodes courtes de quelques jours. Le séchage des bois est complet avant une nouvelle période d’humidification… ») et sa durabilité est incertaine (< 10 ans) en conditions plus sévères. La difficulté avec le sapin est que l’aubier n’est pas distinct du duramen. En outre, son duramen n’est pas naturellement résistant aux insectes à larves xylophages, ni aux termites. Afin d’assurer une durabilité à l’extérieur, il faut lui faire subir un traitement chimique, voire thermique, afin de lui conférer une durabilité suffisante pour la classe d’emploi 3 (le badigeonnage ne suffit pas, éventuellement un trempage). Donc, pas de solution fiable facilement accessible aux particuliers. La technologie du traitement haute température (THT)(1) s’est développée ces dernières années. Intérêt : durabilité conférée intéressante permettant de valoriser des essences non naturellement durables en extérieur, stabilité dimensionnelle, changement de teinte (et parfum « bois torréfié »), mais le revers est un bois un peu plus cassant. Pour les traitements par bains d’huile chaude, je n’ai pas de vue d’ensemble, mais il me semble qu’ils se pratiquent de moins en moins (problème de poussières adhérentes entraînant une dégradation d’aspect et le développement de champignons en surface dans pas mal de références, posant là aussi un problème d’aspect…). Les produits alternatifs tels que les huiles vont avoir un effet retardateur en limitant l’imprégnation de l’eau dans le bois. Dans tous les cas, il faut réaliser l’application après usinage ou découpe. Autre solution, si vous avez le choix, utilisez une essence naturellement durable en extérieur, si possible locale, idéalement avec aubier différencié : chêne, châtaignier, robinier, douglas, pins…

Comment valoriser des chutes et “sciure” de panneaux de laine de bois ?

Suite à de multiples découpes de panneaux semi-rigides de laine de bois, nous nous retrouvons avec une certaine quantité de « sciure ». Comment valoriser cette « sciure » pour éviter de la transformer en déchet ? Serait-elle utilisable en fraction organique pour un enduit à la chaux ? Et dans quelles proportions ? Auriez-vous des retours d’expériences sur la valorisation de cette « sciure » ? Toutes propositions sur la valorisation de ce « déchet de chantier » seront les bienvenues… 


Réponse de Pierre Foëssel, éco-artisan de la Scop Abitabio Par le passé, nous avions pas mal de déchets de panneaux de fibre de bois. Les déchets de type chute ont été brûlés par des collègues dans leur cheminée ; de mon côté je ne l’ai jamais fait pour éviter d’encrasser mon conduit et du moment qu’il y a des additifs, notamment pour les panneaux de sous-toiture, je trouvais cela assez moyen… Pour les poussières, sur chantier, nous les avons réutilisées pour rajouter une charge dans nos rebouchages de plaque de plâtre. En les mélangeant avec du MAP (mortier adhésif placoplâtre), on utilise moins de MAP, il est possible de reboucher de plus gros trous, cela permet la « valorisation » de déchets. Pour envisager de l’utiliser dans de plus grandes proportions, il faudrait du volume plus conséquent. Enfin, pour moi, ces déchets peuvent être incorporés dans des enduits terre sans problème et, si j’en avais eu sous la main en quantité, je les aurais incorporés dans mes corps d’enduit. Proportion envisageable : 1,5 vol. argile, 1 vol. sable 0-4, 1 vol. fibre de bois, 1 vol. brins de paille de 5 cm. À tester… Concernant la chaux, pourquoi pas dans un corps d’enduit, mais je ne prendrais pas le risque pour une finition, à cause des tanins du bois qui peuvent ressortir au contact de l’eau et tacher l’enduit. Dernier conseil : pour tout ce qui est nouveau, il faut procéder à des essais avant de fabriquer des enduits en quantité.

Le chaux-chanvre dispense-t-il de ventilation ?

Je trouve les questions de ventilation particulièrement sujettes à controverse et il est très difficile de trouver la bonne solution pour son projet. Pour ma part, j’ai une petite grange que je vais rénover et à laquelle j’adjoins une extension en façade sud et est. La grange est en double hauteur avec un espace mezzanine (partie ancienne : salon-salle à manger-cuisine ouverte en double hauteur, local technique, salle de bains sous mezzanine et atelier sur mezzanine ; dans l’extension : un couloir « solaire » très vitré avec distribution de deux chambres et un WC). La majorité des murs anciens et neufs sont ou vont être traités en pierre porteuse avec enduit chaux-chanvre isolant (deux épaisseurs, 8 et 20 cm). Pour la ventilation, étant donné que le chaux-chanvre est un bon régulateur hygroscopique, j’ai cru comprendre qu’il n’est pas nécessaire de confier la gestion de l’humidité à une VMC. Par contre, les polluants type COV (même si on les évite), odeurs des sanitaires, « surhumidité » de salle de bains doivent être pris en charge par un système d’évacuation pour un renouvellement de l’air. Comme le chaux-chanvre régule l’humidité, une VMC hygro ne va-t-elle pas rester « fermée » tout le temps, donc ne pas jouer son rôle de renouvellement de l’air ? Une VMP (ventilation mécanique ponctuelle) suffisamment temporisée et basée sur les activités de présence ne serait-elle pas plus adaptée avec un extracteur dans la salle de bains et un dans les WC, la hotte aspirante pouvant jouer ce rôle également pour la cuisine ? Je n’ai pas dirigé mon projet vers une VMC double flux, car l’étanchéité à l’air de la partie ancienne ne sera pas formidable et aussi pour des questions de coût. 


Réponse de Thierry Rieser et Jeremy Ceslan, pour DORéMI Tout d’abord, pourquoi ventile-t-on ? Vous avez bien noté les deux points essentiels : évacuer l’humidité excédentaire dégagée par nos activités (respiration, cuisson, douches…) et les polluants (COV, formaldéhydes, benzène, etc.). Ces derniers ne sont pas exclusivement liés à nos activités et sont donc dégagés en continu, et ce malgré les efforts que l’on peut porter au choix de revêtements ou de mobilier « écologiques » (le bois, par exemple, dégage beaucoup de COV). Il faut donc ventiler les bâtiments afin d’évacuer ces polluants en permanence et apporter de l’air neuf en conséquence, d’autant plus que l’étanchéité à l’air aura été travaillée (ce qui est par ailleurs nécessaire pour le confort et la performance énergétique). Il est généralement admis qu’une ventilation continue à hauteur de 0,6 vol/h minimum permet d’assurer une bonne qualité de l’air intérieur (QAI) lorsque l’environnement intérieur n’est pas particulièrement pollué. De ce fait, les solutions de ventilation hygro-réglable ou ponctuelle (VMR sur interrupteur, détection de présence ou d’humidité) ne sont pas adaptées à l’enjeu d’évacuer les polluants. En effet, ils permettent de ventiler en fonction de l’humidité, donc de la présence, mais pas en fonction de l’émission permanente de polluants. La régulation par l’humidité est encore plus hasardeuse lorsque les matériaux contribuent à réguler l’humidité, comme c’est effectivement le cas avec le chaux-chanvre, la terre, les biosourcés… Dès lors qu’on souhaite assurer une bonne QAI, il reste deux solutions pour ventiler à hauteur de 0,6 vol/h en continu : en simple-flux (auto-réglable) ou en double-flux. Avec une récupération de chaleur sur l’air extrait d’un rendement réel de 70 %, le gain énergétique d’une double-flux pour une maison BBC est de l’ordre de 20 kWh/m².an en termes de besoins de chauffage, ce qui est loin d’être négligeable, et relativement indépendant du niveau d’étanchéité à l’air. Nos retours d’expérience DORéMI montrent qu’il est toujours possible, même en rénovation, de concevoir une installation double flux en limitant les inconvénients (accessibilité, pose « acoustique »…) et pour un coût moyen de 5 600 € HT, travaux induits inclus. Avec des cas observés à moins de 3 000 € HT. N’hésitez pas à vous tourner vers des artisans qui ont de l’expérience en la matière. En autoconstruction, vous pouvez aussi vous appuyer sur les conseils de professionnels comme ceux de Fiabishop, qui proposent des plans et kits complets.

Comment limiter les champs électromagnétiques dans un plancher ?

Pour faire suite à la question sur les champs électriques du numéro 105 ; en cours de rénovation de notre maison, je réalise que je n’ai sans doute pas fait les meilleurs choix au niveau de l’installation électrique. Le tableau électrique se trouve sous la chambre de ma fille et une quantité importante de câbles et fils électriques dans des gaines non blindées passent dans le plancher sous le futur emplacement du lit (cf photo). Le plancher n’est pas encore posé et je me demande s’il existe encore un moyen de limiter les champs électromagnétiques émis par ces câbles en recouvrant les gaines avec un matériau particulier (autre que le béton cellulaire) avant de poser les lambourdes et le plancher. Est-ce qu’un grillage relié à la terre posé sur les gaines ferait l’affaire ? 


Réponse d’Alain Richard, de la Scop electromagnetique.com Un maillage inox type V4A10, raccordé à la terre, posé sur les gaines, atténuera le champ électrique émis par les gaines. Il me semble que le plancher bois est dans une chambre située à l’étage, il faudra donc aussi mettre un maillage inox sous la gaine pour limiter le champ au niveau situé en-dessous.

Comment conserver la couleur du bardage en douglas ?

Je souhaiterais utiliser du douglas pour barder ma maison. Je voudrais que la jolie couleur rose de cette essence perdure dans le temps ; que faire ? Qu’utiliser pour que le bois ne tourne pas au gris marronasse ?


Réponse de Maxime Baudrand, de l’association Atlanbois Effectivement, tout bois mis en extérieur va se patiner dans le temps et prendre une teinte grise, plus ou moins foncée en fonction de la conception du bâtiment et de l’exposition de la façade. Si votre souhait est de conserver la teinte initiale du bois, il faudra avoir recours à une finition pour empêcher l’apparition de cette patine. Je vous conseille de privilégier un saturateur incolore, celui-ci n’a pas de besoin de décapage avant une éventuelle rénovation, car il n’est pas filmogène. Il ne s’écaille pas mais se « farine », ce qui est plus pratique pour appliquer une nouvelle couche. À titre de comparaison, une lasure incolore forme une pellicule imperméable (filmogène) qui, à terme, s’écaillera, vous obligeant à décaper avant la mise en oeuvre d’une nouvelle couche. Le point faible du saturateur est sa tenue dans le temps (1 à 3 ans en fonction de l’exposition). Attention aux huiles, qui peuvent être filmogènes et qui ont une tenue dans le temps très médiocre. La composition des saturateurs varie en fonction des fabricants, voici ceux qui me donnent une « bonne impression » d’un point de vue écologique : Uula Color, Keim, Adkalis, Sikkens.

Radon : quels sont les risques et les solutions pour s’en protéger ?

Nous habitons à Moustoir-Ac, petite commune située en Morbihan, au sud-ouest de Locminé, dans une petite maison traditionnelle bretonne, semi-enterrée à l’arrière. Afin de vérifier notre exposition au radon, nous avons acheté un appareil de mesure : le AER de chez Algade. Après des mesures à différents endroits tout l’hiver, nous avons relevé des quantités quasiment toujours supérieures à 400 Bq/m3 et des pics très fréquents à 1 200-1 500 Bq/m3. Nous avons donc quelques questions. À votre connaissance, les mesures de ce type d’appareil sont-elles fiables ? Y a-t-il des risques pour notre santé ? Si oui, quelles sont les conséquences éventuelles ? Quels sont les symptômes éventuels ? Y a-t-il des aides pour d’éventuels travaux ? Que doit-on faire ?


Réponse de Patrick Debaize, coordonnateur radon pour l’association Approche Écohabitat La fiabilité des instruments électroniques est correcte. Par contre, l’interprétation des résultats des mesures doit être relative au matériel et à la durée de pose. Lorsque l’on parle de concentration, il faut avoir en tête que cette mesure doit se faire en période hivernale (de chauffe), durant au moins deux mois et dans une pièce habitée (c’est-àdire chauffée et occupée plus d’une heure par jour) en évitant la cuisine, les sanitaires, caves, etc. Le résultat, exprimé en Bq/m3, doit être issu d’une mesure de ce type afin de pouvoir le comparer ensuite, si nécessaire, après que des travaux auront été entrepris. Lorsqu’on réalise des mesures en continu (c’est le cas des appareils électroniques type AER) en dehors des périodes hivernales, nous obtenons des informations qui ne sont pas du même ordre. En effet, ce type d’appareil lisse les données soit sur dix jours, soit sur trois jours en mode glissant. Dans ce cas, on constate des pointes significatives. Pour autant, la moyenne relevée peut rester assez basse. En général, les pointes d’activité volumique sont plutôt présentes en période nocturne, du fait de plusieurs conditions : météo, peu de mouvements dans l’habitation, défauts d’aération… Donc, si l’on souhaite un bon indicateur permanent, acheter un dosimètre passif à placer l’hiver (en le gardant toujours au même endroit). Une présence significative de radon peut avoir des conséquences sur la santé, c’est vrai. Mais il y a souvent plusieurs types de polluants présents simultanément. Si le radon est un facteur de cancer du poumon, celui-ci ne se déclenche qu’après une longue période d’exposition. Pour autant, améliorer la qualité de l’air de son logement est toujours un véritable enjeu pour chacun de nous. S’il y a des travaux à mener, ils seront à prioriser à partir de la qualité du renouvellement hygiénique de l’air en ayant un air renouvelé de façon permanente dans toutes les pièces. Ensuite, il est bon de rechercher les passages des réseaux (eau, chauffage, électricité, évacuations…) ou les défauts d’étanchéité de la dalle béton susceptibles de faire pénétrer facilement le radon dans les pièces. Si le AER peut avoir une utilisation plus pertinente, ce sera celle-ci : lorsque l’étanchéité d’une gaine ou d’un raccord semble douteux, réinitialiser l’appareil et le placer à proximité immédiate du point douteux. Si la valeur devient forte, cela signifie que l’on a repéré une entrée spécifique du radon. Les aides financières spécifiques au radon transitent par les aides à la pierre de l’Agence nationale d’amélioration de l’habitat (Anah). Le radon fait partie des problématiques de l’insalubrité. Il est intégré aussi aux travaux liés à l’amélioration thermique du logement. Pour autant, ces aides sont liées aux conditions de ressources du foyer. Se renseigner en mairie afin de savoir si une Opération programmée d’amélioration de l’habitat (Opah) peut venir compléter ce dispositif.

Quelle mise en oeuvre et quel dosage pour une dalle exterieure à la chaux ?

Bonjour, J’ai lu avec beaucoup d’intérêt La Maison écologique n° 106 au sujet des dalles de chaux intérieures ; je rénove une vielle maison en pierre blanche de Chauvigny et je voulais protéger les murs en faisant une dalle pour la terrasse en chaux (donc, extérieure et non protégée). J’entends quelques contradictions au sujet de la chaux en extérieur et j’aurais aimé avoir quelques conseils de spécialistes quant à sa mise en oeuvre et son dosage. Vous est-il possible de me renseigner ?


Réponse de l’artisane Monique Cerro La chaux étant très hydrophile, elle capte l’eau et, grâce à ses qualités perspirantes, l’évapore selon l’hygrométrie ambiante. De fait, par temps pluvieux ou si l’hygrométrie ambiante est très chargée, elle la conserve. Il est donc clair que si la dalle en béton de chaux est à l’extérieur, elle est gélive et peut se dégrader facilement l’hiver. Voilà pourquoi ce type de dalle est déconseillé dans ce cas. Le dosage reste le même qu’en intérieur, à 350 kg/m3.

Comment isoler phoniquement un mur mitoyen ?

Quel choix faire pour s’isoler phoniquement un mur mitoyen entre deux maisons des années 1950 faites en moellons d’environ 45 cm d’épaisseur, hors plâtre de 4 cm ? La perméabilité actuelle du son n’est pas très flagrante, étant donnée la discrétion de notre voisine. La présence de conduits de fumée inutilisés de 20 x 20 cm peut-elle avoir une incidence que nous pourrions neutraliser en y déversant du sable ? Il y a nécessité d’un revêtement final permettant de fixer des éléments sanitaires et le limon d’un escalier ; alors Fermacell ou OSB ? Un artisan nous propose une ossature 60 x 40 mm désolidarisée du mur pour recevoir une laine de bois de 60 mm, puis des liteaux 45 x 25 mm et du Fermacell. L’option en autoconstruction serait un remplissage de copeaux de cèdre de récupération en scierie, sans lame d’air. Voyez-vous d’autres options ?


Réponse de Jean-Louis Beaumier, conseiller et formateur en acoustiques de l’écoconstruction, auteur de l’isolation phonique écologique et Isolation thermique-acoustique, solution combinées, parus aux éditions Terre vivante

Le cas d’un mur mitoyen entre deux maisons est grand classique en acoustique. Il est important de vérifier si ce mur ne présente pas de points faibles. Les conduits de cheminée indiqués sont-ils posés en surface du mur ou pris dans son épaisseur ? Dans ce dernier cas, c’est effectivement un point faible qu’il faut réduire. Le remplissage avec du sable est une solution, mais ce sera encore mieux en coulant un béton maigre. Le côté structuel – ancrage de sanitaires, limon d’escalier – échappe à mon domaine. Sur le plan acoustique, le Fermacell offre des performances supérieures à l’OSB, la masse volumique étant quasiment double (1 150 kg/m³ contre environ 600 kg/m³). La solution de l’ossature désolidarisée est pertinente. Pour le remplissage de la cavité, il est préférable de choisir un produit de densité moyenne, de 35 à 60 kg/m³. Les faibles densités (15 à 30 kg/m³) présentent des risques d’affaissement au fil du temps. Comme toujours dans des cas similaires, il faudra vérifier certains points structurels de la construction, sources possibles de transmissions cachées (transmission latérales) :

  • si la dalle est commune entre les deux logements, il y a un risque de transmission des sous par le sol, surtout si la dalle est simplement recouverte d’un carrelage collé sur chape de chaque côté? Les bruits de pas ou les vibrations d’enceintes hifi posées au sol peuvent se transmettre d’un logement à l’autre ;
  • par ailleurs, si les deux maisons sont de même hauteur et en combles perdus, il faut vérifier que le mur mitoyen montre bien jusqu’en toiture, sinon, il y a un risque de transmission sonore par les combles.

Quelles solutions pour ramener l’ai surchauffé de l’étage vers le rez de chaussé ?

J’ai une maison sur deux niveaux dont une partie avec un mezzanine, donc déplafonnée jusqu’au toit. Mon chauffage est au bois, via un poêle central placé dans cette partie déplafonnée et je possède une VMC double flux? Problème : les jours les plus froids, pour obtenir 18°C au rez-de-chaussée, il fait 28°C à l’étage ! Donc beaucoup trop chaud en haut et à peine suffisant en bas, sans compter la surconsommation de bois. Quelles sont les solutions pour ramener l’air surchauffé du haut vers le bas ?


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique

Effectivement, la question que vous posez n’a pas été traitée dans un article dédié. Nous avons cependant distillé quelques conseils au fil de reportages et enquêtes, notamment :

  • Capter l’air chaud en partie haute de la maison (prise d’air derrière le conduit apparent du poêle) pour le renvoyer vers le bas via une ventilation double flux ou une gaine dédiée et une centrale de distribution de chaleur (solution la plus efficace) ;
  • installer un ventilateur de plafond muni d’une position hiver pour faire descendre l’air chaud ;
  • installer un élément massique pour capter une partie de la chaleur en partie basse et la restituer lentement sous forme de rayonnement infrarouge (cloison à inertie derrière le poêle, par exemple) ;
  • il existe également des échangeurs à placer sur les conduits de fumées pour mieux répartir la chaleur dans la maison – nous avons ainsi présenté dans nos pages le système Confort+ du fabricant Poujoulat.

Revêtements de sol sur OSB

Nous allons réaliser un sol sur hourdis. Il se composera de deux couches d’OSB emprisonnant l’isolant. Sur cet OSB, nous avons choisi de poser d’un côté du parquet et, de l’autre, du carrelage. Mais deux solutions s’offrent à nous : passer les fils et câbles dans l’isolant sous l’OSB ou les passer dessus. Quelle serait la solution la plus simple pour que le niveau du carrelage et du parquet soit le même ? Car dans le premier cas, on colle le parquet sur l’OSB et de même pour le carrelage, mais on aura alors une différence de niveau due aux épaisseurs différentes de ces revêtements. Dans le deuxième cas, on met des tasseaux pour passer les câbles et le parquet se retrouve cloué sur les tasseaux, mais je ne sais alors pas quoi faire pour le carrelage ! 


Réponse de Guillaume Rouaud, du distributeur d’écomatériaux Logisain Il est très délicat de coller un carrelage sur de l’OSB et, surtout, il faut impérativement des petites surfaces. Il faut : – S’assurer que le support est parfaitement plan et colmater les joints entre plaques OSB avec un mastic ; – Appliquer un primaire, puis tramer et maroufler les jonctions de plaques (si le carrelage est pour une pièce d’eau, mettre un primaire d’étanchéité) ; – Mettre en place une colle de type « Flex » et surtout prévoir des carreaux ayant des dimensions de 30 x 30 cm maximum. Je pense qu’il serait plus judicieux de partir sur une solution Fermacell sol ou équivalent, sous laquelle vous pourriez utiliser des granules d’égalisation et y passer vos réseaux électriques. Ensuite, vous pourrez y installer un carrelage en respectant les indications du fabricant. Pour un système comme celui-ci, compter 60 mm d’épaisseur pour l’ensemble (granules + Fermacell + carrelage et colle). Pour la partie parquet, la solution lambourdes et parquet à clouer ou visser me semble plus appropriée. Vous pouvez aussi utiliser la solution précédente Fermacell sol et y coller un parquet. Une autre solution, plus simple, moins onéreuse et facile à mettre en oeuvre, consiste à mettre des sols en pose flottante et à passer vos réseaux sous l’OSB. Pour cela, il vous suffit de mettre sur votre OSB une sous-couche (fibre de bois Steico Underfloor ou autre), puis de poser votre sol flottant (sols Meister par exemple, dont certains ont une résistance renforcée, voire compatible avec les pièces humides). Cette solution présente aussi l’avantage de se passer de colle, réduisant ainsi le budget et les polluants relargués dans l’air.

Où est il le plus judicieux d’installer les radiateurs ?

Est-il judicieux de poser un radiateur sous une fenêtre ?


Réponse de Pascal Lenormand, designer énergétique, consultant, formateur, rédacteur du blog incub.net Il y a de nombreuses variantes à cette question, car les appareils de chauffage sont très divers. Entre un radiateur (diffusant principalement par rayonnement) et un convecteur (générant une circulation d’air) et tous leurs « hybrides », il y a des différences importantes. Les fenêtres sont aussi diverses : entre l’ancien châssis bois doté d’un simple vitrage et nos menuiseries récentes à double vitrage et à isolation renforcée, il y a un monde. Trois raisons peuvent être invoquées pour justifier le placement d’un chauffage sous une fenêtre. Deux sont thermiques, la dernière est fonctionnelle. Par rapport aux murs, une baie est une paroi froide, un « trou » dans l’isolation. Moins elle est performante, plus elle agit comme un « radiateur froid ». En plaçant un émetteur juste en dessous, on parvenait à compenser ce phénomène. Avec des baies performante (Uw < 1,2 m2.K/W) à faible émissivité, cet effet de paroi froide est nettement atténué et la justification se perd. Dans les bâtiments anciens, la baie était aussi le lieu des plus importants défauts d’étanchéité. Placer un émetteur en dessous créait une sorte de rideau d’air chaud (comme à l’entrée des magasins), une « barrière d’air » verticale contribuant à couper les courants d’air froid. Dans un bâtiment récent ou  correctement rénové, avec des baies ayant le bon classement AEV, ce phénomène a normalement disparu. Dans un bâtiment performant, il n’y a donc plus de raison énergétique de mettre un radiateur sous une fenêtre. Ni de raison de le proscrire. Reste la troisième raison : on plaçait là les émetteurs pour libérer ailleurs de la place pour des meubles. Cela reste valable aujourd’hui. Des concepteurs placent, par exemple, des émetteurs fins derrière les portes. Mais on discute alors d’aménagement, plus de thermique.

Peut-on recycler des fosses d’assainissement pour l’eau de pluie ?

J’ai un assainissement autonome devant ma maison. Le « tout-à l’égout » va être posé. Dans quelle mesure peut-on récupérer les fosses pour stocker l’eau de pluie ?


Réponse de « Pierre L’écoleau », de l’association ec’eau-logis et de l’entreprise GP conseil Lorsqu’il y a mise en service d’un nouveau réseau collectif d’assainissement (« tout-à-l’égout »), tous les usagers « raccordables » ont obligation de s’y raccorder dans les deux ans (sauf cas particuliers pour lesquels peuvent être accordées une dérogation ou une exonération). Dès lors que l’immeuble est raccordé à ce réseau collectif, selon l’article L1331-5 du Code de santé publique et l’article L2224-8 du Code général des collectivités territoriales, il y a obligation de mise hors service et de suppression ou obturation des fosses et autres installations individuelles. Aussi, une fosse d’assainissement est techniquement conçue pour être pleine en permanence, contrairement à une cuve de récupération d’eau de pluie. La résistance mécanique d’une telle fosse n’est donc pas prévue pour être occasionnellement vide. Il y a un risque d’implosion de cette fosse « d’occasion » ayant probablement déjà bien vécu. Par ailleurs, réhabiliter ce type de fosse, au vu de son contenu précédent, de sa vétusté et de l’état des surfaces intérieures n’est pas chose aisée ni recommandable. > Article L1331-5 du CSP : « Dès l’établissement du branchement, les fosses et autres installations de même nature sont mises hors d’état de servir ou de créer des nuisances à venir, par les soins et aux frais du propriétaire. » > Article L2224-8 du CGCT : « […] et les travaux de suppression ou d’obturation des fosses et autres installations de même nature à l’occasion du raccordement de l’immeuble » peuvent être réalisés par les communes à la demande des propriétaires.

Isolation et déphasage thermique

La maison que je m’apprête à rénover dispose à l’étage de 100 m2 de combles perdus et d’une pièce de 12 m2 (un « caisson » posé dedans et non sous rampants). Je pensais isoler cette dernière avec des panneaux de fibre de bois pour bénéficier d’un meilleur déphasage thermique et ainsi éviter les surchauffes en été. Mais mon distributeur d’écomatériaux me dit que sous nos climats (j’habite dans le nord de la Loire-Atlantique), des panneaux de laine de lin, chanvre et coton suffiraient et que la fibre de bois pourrait même induire un effet négatif : elle n’aurait pas le temps de relarguer vers l’extérieur pendant la nuit toute la chaleur emmagasinée durant la journée. Je ne sais donc plus à quel saint matériau me vouer !


Réponse de Franck Janin, du bureau d’études thermiques Héliasol. La question du déphasage revient très fréquemment. Ce phénomène existe, mais il faut relativiser son importance. De mon point de vue, vous avez raison de vous méfier d’un possible effet négatif, de ne pas arriver à évacuer la chaleur la nuit. Dès lors que l’on isole beaucoup, le flux de chaleur est très faible, entre 50 et 100 W, selon estimation (voir ci-dessous). Ceci est du même ordre que la chaleur dissipée par la personne qui est dans la pièce (80 W en général) et bien inférieur à ce qui peut rentrer comme chaleur venant d’une fenêtre (sans aucun déphasage). Donc, plutôt que de se focaliser sur le déphasage, ne vaut-il pas mieux : 1. isoler plus ; 2. protéger les fenêtres par des occultations extérieures ; 3. mettre des matériaux « lourds » comme de la terre crue, de la brique ou un enduit côté intérieur de la pièce, pour stocker en journée l’excédent de chaleur qui arrive ; 4. prévoir une ventilation nocturne naturelle pour faire ressortir la chaleur qui est forcément rentrée dans la journée ?

Ceci devrait suffire en Loire-Atlantique, sauf si vous êtes dans un îlot de chaleur. Calculs grossiers : si la pièce fait 12 m² = 3 m x 4 m, cela fait un périmètre de 14 m, soit environ 35 m² de mur et 12 m² de plafond, que j’arrondis à 50 m². S’il fait 10 °C de plus dehors (35 °C) par rapport à dedans (25 °C) et que l’isolation présente une résistance thermique R = 10 (U = 0,1), alors le flux est de 50 m² x 10 °C x 0,1, soit 50 W. Si R = 5, on aura U = 0,2 et Flux = 100 W. Fenêtre de 2 m² : Uw = 1,5 W/m².K, Flux = 2 x 10 x 1,5 = 30 W en conduction. Et 2 m² x 100 W/m² = 200 W pour les apports solaires diffus (fenêtre à l’ombre).

Quels avis sur la ventilation par insufflation ?

Je voudrais savoir ce que vous pensez de la ventilation par insufflation. Je n’ai pas souvenir d’avoir lu un article à ce sujet dans La Maison écologique…


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique. En France, la ventilation se fait usuellement par balayage, c’est-à-dire que l’air rentre dans les pièces à vivre et est ensuite extrait mécaniquement dans les pièces humides. Ce qui est assez malin, puisqu’on mutualise ainsi les débits de renouvellement d’air entre pièces à vivre et pièces humides ; tous les pays ne font pas comme ça. Dans le cas d’une ventilation simple flux (auto ou hygroréglable), le ventilateur d’extraction met en dépression le logement, ce qui a pour effet de faire entrer de l’air via les bouches d’entrée d’air situées dans les menuiseries des pièces à vivre, avant d’être extrait dans les pièces humides. Dans le cas d’une VMI (ventilation mécanique par insufflation), on met la maison en surpression en insufflant mécaniquement de l’air. C’est une simple flux, mais au lieu d’avoir un ventilateur d’extraction, on a un ventilateur d’insufflation et toutes les pièces doivent avoir des bouches de sortie d’air. Ce système est extrêmement rare. L’air est insufflé à un endroit et toutes les pièces doivent faire sortir l’air. On a donc des débits plus élevés qu’en VMC par extraction et beaucoup moins maîtrisés. Sans compter les risques de mauvais renouvellement par endroit, voire d’inconfort olfactif si les flux sont mal gérés. Néanmoins, tout comme une ventilation double flux, une VMI permet de filtrer l’air entrant – filtre G4 qui stoppe 80 % des pollens et filtre G7 qui se justifie surtout en milieu extérieur très pollué (noter que les particules fines type PM 10 et PM 25 ne sont stoppées par aucun filtre). La mise en surpression peut également être intéressante dans les zones où le gaz radon est présent (LME n° 92, avril-mai 2016). Cela évite d’aspirer le gaz dans le vide sanitaire ou le sol. La VMI nécessite par contre un préchauffage de l’air, soit par batterie électrique (environ 1 000 W quand même !), soit via un puits canadien (réseau de gaines enterrées dans le sol à au moins 1 m de profondeur). Concrètement, la ventilation par insufflation consomme plus d’énergie qu’une VMC simple flux classique et assure difficilement un balayage optimal du logement. À chaque fois qu’elle présente un intérêt (se protéger des pollens, de la pollution, du radon), le passage en VMC double flux semble plus pertinent. Des experts des bâtiments performants conseillent la la VMI en salles blanches pour l’industrie, mais pas pour les logements.

Quel devenir pour un enduit chaux-chanvre

Nous nous interrogeons actuellement sur le choix du revêtement intérieur des murs de la maison que nous rénovons (base pierre + plâtre). Nous trouvons que les enduits de finition à la chaux, type chaux-chanvre, ont un beau rendu. Mais qu’en est-il si, dans quelques années, nous changeons d’avis ou si un nouvel habitant souhaite changer ce revêtement pour de la peinture ou du papier ? Peut-on peindre par-dessus ? Le retirer facilement ? 


Réponse de Bruno Gouttry, artisan et auteur pour La Maison écologique et les éditions Terre vivante, notamment de Peintures et enduits bio. Tout d’abord, il faut savoir que l’enduit chaux-chanvre est, comme son nom l’indique, à base de chaux et que celle-ci est déconseillée sur un support en plâtre (déshydratation trop rapide de la chaux due à la forte porosité du plâtre). D’autre part, l’enduit chaux-chanvre est utilisé pour améliorer le confort thermique des murs et donc appliqué sur plusieurs centimètres d’épaisseur. Il aura donc du mal à s’accrocher sur un support lisse comme le plâtre. Il faut dans ce cas enlever le plâtre pour travailler directement sur la pierre. Pour ce qui est d’un futur changement de finition, là aussi, ce n’est pas si simple avec la chaux, car autant elle accepte facilement d’être recouverte par elle-même (badigeon de chaux, nouvel enduit, etc.), autant il faudra dans la plupart des autres cas appliquer une sous-couche spéciale avant les nouveaux travaux. Pour ce qui est de la retirer pour changer de finition, c’est possible, mais cela nécessite de casser l’enduit pour le décrocher du support. Pour conclure, l’enduit chaux-chanvre est plutôt utilisé comme correcteur thermique que comme simple enduit de finition.

Quels matériaux contre les champs électriques ?

J’ai lu ici ou là que le béton cellulaire réduisait les champs électriques de basse fréquence. Est-ce vrai ? Étant électrosensible, je pensais, à l’occasion de la réalisation d’une isolation par l’intérieur de notre maison en pierres, utiliser des blocs de béton cellulaire en plinthes, pour ré- duire les rayonnements des câbles électriques posés derrière le béton cellulaire. Cela me permettrait d’éviter l’achat de câbles blindés. Serait-ce efficace ? En fin de compte, ma question porterait aussi sur d’autres matériaux. Le chaux-chanvre réduit-il, comme on l’entend souvent, les champs électro- magnétiques ? Et quelles fréquences seraient concernées (hautes et basses fréquences) ? Existe-t-il, mise à part la terre crue, connue également pour absorber les ondes, d’autres matériaux protecteurs ?


Réponse d’Alain Richard, de la Scop electromagnetique.com
Le mieux serait d’encastrer les gaines dans le mur en pierres ou, au moins, de les fixer sur ce mur, puis mettre l’isolation en béton cellulaire. Concernant le chaux-chanvre, s’il est projeté sur un mur en pierre et que les gaines sont fixées sur le mur en pierre, il y aura une atténuation du champs électrique basse fréquence. S’il est banché dans une structure bois, il n’y aura pas d’atténuation. En haute fréquence (HF), l’atténuation est très faible (division par 3 avec 20 cm d’épaisseur). Les matériaux minéraux (terre crue, pierre, brique…), moyennant une certaine épaisseur, apportent une atténuation notable. Un enduit terre de finition n’apporte pas d’atténuation de par sa faible épaisseur. Ce qui apporte le plus d’atténuation des HF est le métal, via des toiles de type « moustiquaire ». Par ailleurs, les points d’entrée des ondes HF sont les ouvertures et le toit (dans le cas d’une couverture en tuile ou en ardoise).

Ouate de cellulose en enduit ?

En 2013, votre collaboratrice Carole Testa décrivait un essai personnel d’enduit chaux fibré à la ouate (LME n°74). Je vais isoler mon logement par l’extérieur et souhaite juste supprimer la sensation de paroi froide des murs en parpaing existants côté intérieur. C’est dire si cette technique conviendrait bien. Pourrais-je savoir si, avec le recul, Carole valide toujours sa re- cette ou si elle propose des modifications ? Pour rappel, le mélange était le suivant : 4 seaux de ouate pour 2 seaux de chaux (3/4 aérienne CL 90, 1/4 hydraulique NHL 5) et 1 seau de sable fin (ta- mis n°8 ou silisable n°2) après treillis fibre de verre 150 g/m2, maille 10 x 10 mm.


Réponse de Carole Testa, journaliste pour La Maison écologique et autoconstructrice d’une petite maison en terre crue
Nous sommes toujours très contents de cet enduit chaux et ouate de cellulose. Depuis 2013, il n’a pas bougé esthétiquement, il ne s’est pas terni non plus et il n’a pas fissuré. Même au plafond, il n’a pas subi de dégradation particulière. Pour tout vous dire, nous allons refaire des enduits dans notre future maison et nous comptons bien reprendre la même recette.

Panneaux OSB, côté intérieur ou extérieur ?

Nous sommes actuellement en train de réfléchir à l’extension de notre résidence principale. Pour cette extension, nous réfléchissons à la création de murs à ossature bois. La question, après lecture de certains articles, concerne l’emplacement du contreventement que nous pensons faire en OSB3 : intérieur ou extérieur ? Nous voyons donc la composition du mur de la façon suivante, de l’intérieur vers l’extérieur : plaque de parement en plâtre, espace vide technique, OSB3, laine de bois 160 mm entre montants, laine de bois rigide, parement extérieur (crépi ou bardage). Nous souhaitons savoir si cette composition peut poser sur le long terme des problèmes, notamment de transfert de vapeur d’eau. 


Réponse de Julien Vye, concepteur de maisons passives, expert en enveloppe du bâtiment
Si vous voulez garder le contreventement en panneau OSB, son bon positionnement est bien à l’intérieur. Votre solution est donc la bonne. Quelques pistes d’amélioration, cependant. Si votre espace technique le permet, vous pourriez y intercaler un complément d’isolant dans la limite d’un tiers de la résistance thermique totale du mur – un quart si votre chantier est à une altitude supérieure à 600 m. De plus, sous réserve que votre OSB soit suffisamment épais (au moins 12 mm) et non réhumidifié en phase chantier, vous pouvez également vous en servir pour assurer l’étanchéité à l’air. Il faudra alors bien rendre étanche chaque raccord à l’aide d’adhésifs spécifiques (même si votre OSB est bouveté). Enfin, veillez bien à ce que votre enduit extérieur soit perméable à la vapeur d’eau et que votre bâtiment soit correctement ventilé.

Hourdis béton ou armature en bois pour la rénovation d’une bâtisse humide ?

Je possède une grange en pierre granitique posée sur un sol granitique. Cette grange est semi-enterrée (environ 1,2 m sous le niveau du sol). Pour la réhabiliter, j’aimerais faire une seule grande pièce qui donnerait sur le terrain. Il y aurait donc un vide sanitaire d’environ 1 m sous mon plancher. Pour créer ce plancher j’ai deux solutions : – Faire l’armature en bois (cadre intérieur le long des murs, poutres et OSB, en simplifiant) – Passer par des hourdis béton Et c’est là que les artisans ne sont pas d’accord ! Certains me disent qu’utiliser du bois dans une grange semi-enterrée n’est pas bien car il y a trop de risque d’humidité pour le bois. Alors que d’autres me déconseillent d’utiliser des hourdis béton dans une vieille bâtisse, qui va nécessairement « bouger », mais pas les hourdis béton. Il y aurait donc un risque de fragiliser l’habitation (contrairement au hourdis bois qui bouge avec la maison). Je suis d’accord avec les deux avis, mais il va bien falloir que je choisisse ! Qu’en pensez-vous ?


Réponse de Georges Lemoine, responsable projets de l’association Tiez Breiz, Maisons et Paysages de Bretagne (www.tiez-breiz.org) En effet, ni l’une, ni l’autre de ces solutions n’est totalement satisfaisante. Dans un cas, c’est un risque de pathologies humides ; dans l’autre, un risque de pathologies structurelles. Ma préférence irait instinctivement vers un solivage bois, mais avec quelques précautions : essence adaptée (type châtaignier), ventilation forcée de la cave, protection des parois de la cave selon leur état (enduit chaux sable ou pouzzolanique). Cependant, dans le cas de remontées capillaires et d’infiltrations trop importantes et ne pouvant être résolues par d’autres moyens (drainage, enduits pouzzolaniques, gestion des eaux pluviales, etc.), il faudra en passer par des hourdis ciment malgré les risques que cela comporte. J’avoue n’adhérer à cette solution que dans le cas où il n’y a pas d’autre recours, ce qui est très rare. Par ailleurs, il y a une solution que vous n’avez pas évoquée, c’est la pose d’une dalle en béton de chaux sur un hérisson ventilé (certes très épais). Selon la configuration du chantier, ce serait peut-être la solution qui permettrait de garantir le complexe de sol le plus pérenne pour un coût raisonnable.

Fibragglo et contreventement

J’ai lu un article sur le Fibragglo® dans le n° 26 de La Maison écologique d’avril 2005. Je n’arrive pas à trouver du Fibragglo ® sans ciment, savez-vous qui en commercialise ? Pouvez-vous me dire si ça peut convenir en contreventement pour une ossature bois, à la place de l’OSB trop étanche à l’air et plus compliqué pour les finitions intérieures ?


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique. Les panneaux de type Fibragglo® sont composés de longues fibres de bois compressées et agglomérées au ciment. À notre connaissance, le Fibragglo® sans ciment n’est plus commercialisé aujourd’hui. Néanmoins, sachez qu’il est possible d’avoir une paroi « perspirante » en utilisant des panneaux OSB (Oriented Strand Board = lamelles orientées de bois résineux) en contreventement intérieur. Ces panneaux sont également capables d’assurer le rôle de frein-vapeur à la condition qu’ils soient correctement assemblés avec des adhésifs et des colles étanches. Leur résistance à la diffusion de vapeur d’eau, appelée coefficient Sd, est relativement faible : 1,3 à 2,2 m pour les panneaux Swiss Krono OSB 3, par exemple. À titre de comparaison, le frein-vapeur hygrovariable Intello a un Sd variant de 0,25 à 25 m. Il faudra bien sûr que les matériaux composant le reste de la paroi soient de plus en plus ouverts au passage de la vapeur d’eau au fur et à mesure de leur rapprochement du côté extérieur.

Comment ventiler le bâti ancien si la VMC est à proscrire ?

Le guide de recommandations du DPE [diagnostic de performance énergétique] indique que « la VMC est à proscrire dans les constructions anciennes en général, car l’activation de la VMC met le volume intérieur en dépression et contrevient à la bonne gestion de la vapeur d’eau du sol vers les murs et l’air. Le point de rosée peut être déplacé vers l’intérieur et créer des problèmes d’humidité et des contre-performances thermiques des maçonneries ». Je souhaitais avoir l’avis d’un expert concernant cet énoncé, qui me semble être en contradiction avec l’ambition d’étanchéité à l’air d’une rénovation ambitieuse.


Réponse d’Olivier Sidler, ingénieur thermicien spécialiste de la rénovation énergétique et fondateur du bureau d’études Enertech.
Cette phrase, extraite du Guide de recommandations du DPE de mars 2009 (ministère du Logement), est très surprenante, surtout venant d’un ministère… La vapeur d’eau est produite à l’intérieur d’un logement essentiellement par les occupants (respiration, transpiration, cuisine, toilettes, etc.) à raison d’environ 2,5 l d’eau/j/pers. Mais elle peut arriver par remontée capillaire dans les murs. En hiver, du fait notamment de la température extérieure plus faible qu’à l’intérieur, cette vapeur n’a qu’une idée en tête : sortir du logement. Elle le fait majoritairement en traversant les murs (grâce à la pression partielle de vapeur plus importante à l’intérieur qu’à l’extérieur*). Mais, au cours de cette traversée périlleuse, sa température s’abaisse (puisque le mur est plus froid) et le risque est alors d’atteindre la température de rosée (à laquelle cette vapeur va se condenser). Si c’est le cas, de l’eau se dépose dans le mur. Tant que le phénomène est ponctuel (quelques jours par an), ce n’est pas grave, car l’eau finira par partir. Mais lorsqu’il est permanent, cela crée de graves pathologies. Tout doit donc être fait dans les logements pour limiter ce risque. On cherche pour cela à évacuer la vapeur par… une bonne ventilation. C’est le moyen le plus simple et le plus efficace de mettre la vapeur dehors (80 % de la vapeur présente peut ainsi être évacuée). Ce qui reste à l’intérieur du logement va donc « migrer » à travers les murs. Mais le moteur de cette migration – la différence de pression partielle de vapeur entre intérieur et extérieur – n’est en rien affecté par la mise en légère dépression du logement par une ventilation mécanique, contrairement à ce que laisse entendre le texte de recommandations du DPE. Je m’inscris donc totalement en faux contre ce texte et j’affirme au contraire que chaque fois que c’est possible, il faut mettre en place correctement une ventilation dans les logements anciens afin d’évacuer la majeure partie de la vapeur d’eau, ce qui évitera la plupart du temps les risques de pathologies par condensation en surface ou dans les parois.

* la pression partielle de vapeur dans un local (situé à 100 m d’altitude) à 20 °C et 35 % d’hygrométrie est de 819 Pa. Si l’air extérieur est à 0 °C et 85 % d’hygrométrie, la pression partielle de vapeur y est de 520 Pa. C’est cette différence qui est le moteur de la migration de vapeur. Mais il n’y a aucun mouvement d’air à travers le mur, seulement un déplacement de la vapeur.

RÉCUPÉRER L’ÉNERGIE AUX ROBINETS EST-CE POSSIBLE ?

Mon fils Henri, qui va bientôt avoir cinq ans, m’expliquait une machine de son invention. Il imaginait une machine qui utiliserait l’eau sortant des éviers pour faire tourner une dynamo qui produirait de l’électricité. J’ai trouvé son idée très intéressante et, quand je vois qu’on cherche maintenant à récupérer la chaleur de nos eaux de douche, je me dis qu’il peut être intéressant d’utiliser les différents circuits d’eau de nos maisons pour produire un peu d’électricité. Soit par les trois bars que le réseau nous fournit, soit par des descentes de gouttières ingénieusement dynamométriques… Je lance donc cette idée pour des inventeurs intéressés qui pourront vérifier si cette idée est concrètement pertinente.


Réponse de Pascal Lenormand, designer énergétique, formateur, rédacteur du blog www.incub.net Je dois d’abord dire mon admiration : Henri a 5 ans et il a imaginé un système impensable pour beaucoup d’adultes.

Son raisonnement contient un design énergétique complet :
• il a identifié une ressource primaire, l’écoulement de l’eau ;
• il a perçu qu’on pouvait récupérer une partie de cette énergie ;
• il a imaginé une machine pour le faire.

Et Henri a inventé tout cela ! Cette machine, appelons-la « Henrigène », peut-elle participer à la Transition énergétique française ? Estimons rapidement le potentiel énergétique d’une Henrigène. Un robinet économe a un débit de 6 l/mn et l’eau chute d’environ 20 cm. Si on pouvait récupérer toute cette énergie potentielle, cela représenterait P = 0,2 W (on multiplie la masse écoulée en une seconde par la hauteur et par l’accélération de la gravité). C’est un dixième de ce qu’il faut pour allumer une petite ampoule LED. Par ailleurs, aucune conversion n’a un rendement de 100 %. La puissance récupérée serait donc forcément très faible.

De plus, la famille d’Henri fait attention à la consommation d’eau, le robinet coule donc très peu souvent. Conclusion : le gisement énergétique est extrêmement faible. La Henrigène soulève aussi d’autres problèmes techniques : l’eau et l’électricité ne s’aiment pas beaucoup, il faut raccorder tout cela au réseau, etc.

Techniquement compliquée, production faible : cela suffit, à mon sens, à condamner son avenir industriel. Mais la « pertinence » d’un système ne se juge pas que sur le rendement énergétique. Ainsi, je crois très important de construire ce prototype imaginé par Henri. Un enfant de 5 ans a beaucoup plus besoin d’expérimenter que de raisonner. Allons papa ! En route pour un petit moulin couplé à une petite dynamo qui allume une ampoule et Henri « verra » l’énergie. C’est d’une extrême valeur. L’énergie sert avant tout à rendre heureux (normalement). Ce qu’a inventé Henri et qu’il va réaliser avec son papa, c’est une machine à convertir l’écoulement d’eau en sourire d’enfant. Chacun est libre, ensuite, d’en évaluer la pertinence.

QUELLE DALLE EN RENOVATION ?

Nous rénovons une maison en pierre d’avant 1900, en Isère. La maison est divisée en deux parties au niveau du sol. Sous une moitié, il y a une cave voûtée en brique et pierre noire, en bon état. Au-dessus, une dalle béton coulée sur deux hauteurs différentes. Sous l’autre moitié de la maison, des solives directement sur la terre. À la base, nous ne pensions pas qu’il y avait du béton en dessous des sols. Nous pensions faire une dalle en béton de chanvre. Dans l’idéal, nous aimerions enlever les différentes dalles et refaire une dalle uniforme. Pensez- vous qu’il soit possible d’enlever la dalle béton au dessus de la voûte ? Vaut-il mieux laisser les dalles béton et faire une dalle uniquement sur la partie terre ? Dans ce cas, doit-on couler une dalle béton ou peuton faire un autre type de dalle ?


Réponse d’Olivier Galand, maçon spécialisé dans le bâti ancien (22).Je réponds sans avoir vu votre maison, que j’imagine donc sans désordre structurel.

Vous pouvez déposer la dalle sur la voûte de votre cave, car la voûte est un ouvrage conçu pour s’auto-porter. Avant de démolir, il est conseillé de faire vérifier cette voûte par un homme de l’art. Il vous dira si elle est capable de supporter les vibrations d’un marteau piqueur.

Pour isoler ce sol, vous pouvez bien sûr utiliser du béton de chanvre. Par contre, ce béton n’est pas garanti sur terre plein, à cause des risques d’humidité qui provoquerait la dégradation de la fibre. Pour réaliser un sol uniforme et isolé, je vous propose d’utiliser un hérisson de verre cellulaire (sous forme de granulat 10/75 mm). En effet, ce matériau issu du verre recyclé a un pouvoir isolant réel (lambda de 0,080 W/m.K). Il est très léger (150 kg/m3) et conserve quasiment ses propriétés thermiques dans l’humidité (lire Cahier pratique p.58).

Un hérisson de 20 cm vous assurera une résistance thermique de 2,5 m2.K/W, que vous pouvez aussi compléter par des plaques de liège. Enfin, sur ce hérisson compacté, vous pourrez couler une dalle en béton de chaux. Ses avantages sont ses capacités hydriques, qui laissent migrer l’humidité, sa densité plus faible et son effusivité plus intéressante que celles du ciment.

TOITURE EN ARDOISE, COMMENT ELIMINER LES MOUSSES ?

Ma maison est couverte d’ardoises qui commencent à se couvrir d’une pellicule noire au nord et de quelques mousses. Comment la nettoyer de manière écologique ? Que faut-il penser des résines proposées pour limiter l’entretien de la couverture ?


Réponse de Christopher Staines, administrateur de l’association Tiez Breiz (protection du bâti ancien breton) et ancien couvreur, retraité. www.tiez-breiz.bzh Sur une couverture en ardoises exposée nord, il est fréquent de trouver du lichen, surtout en milieu rural où il y a peu de pollution, donc pas de pluies acides. Plusieurs solutions pour y remédier :

1. Asperger le toit avec un produit de démoussage avec un pulvérisateur et une lance télescopique. Simple et rapide. Par contre, l’eau qui s’évacue avec les résidus est néfaste pour l’environnement, même si le produit utilisé est étiqueté « respect de l’environnement ». Si un produit écologique existe, le résultat ne sera pas durable. Les produits vendus en commerce « garanti 8 ans » ne tuent la mousse qu’une fois et vous serez obligé de répéter le traitement tous les deux ou trois ans.

2. Monter sur le toit avec un nettoyeur à eau à haute pression. Mais attention, le jet risque de casser les ardoises et il faut bien faire attention à le diriger dans le bon sens !

3. Racler et brosser le toit. C’est un travail de couvreur mais, avec un outil à manche long, vous pouvez faire le gros depuis l’égout, sans monter sur le toit.
En général, une couche de poussière et de lichens ne nuit pas à l’étanchéité ni à la durée de vie de la couverture. Cependant, il peut y avoir un risque pour la couverture s’il y a présence de touffes de mousse verte. Celle-ci se trouve normalement en sous-bois et sur les talus, mais on la voit assez souvent accrochée à une couverture en ardoise artificielle ou en plaque fibro-ciment, côté exposé à l’humidité. Son effet d’éponge retient l’eau et risque d’accélérer la rouille des crochets galvanisés et les fuites par action capillaire. Il vaut mieux s’en débarrasser.

Le zinc a une légère action répulsive sur les mousses et les lichens. Le cuivre a une action encore plus « antiseptique » qui s’avérera permanente dans le cas d’une pose des ardoises au crochet de cuivre. S’il y a des gouttières, elles devront être en cuivre aussi car le zinc serait détérioré par la corrosion galvanique. Cette méthode est donc relativement onéreuse.

Une solution intermédiaire et plus économique consiste à poser, au niveau du faîtage, un fil ou une bande de cuivre. Mais cela ne permet pas pour autant de régler aussi bien les problèmes. Concernant les résines commercialisées pour limiter l’entretien de la couverture, nous ne les préconisons pas. En plus d’être nocives pour l’environnement, elles ne respectent pas les qualités architecturales et les matériaux naturels tels que l’ardoise. Parfois, c’est désolant de voir son toit tout neuf accumuler des « saletés » après quelques années. Mais on peut aussi considérer que l’apparition de lichens de couleurs variées donne à la maison un aspect naturel. On peut rester simple et ne rien faire…

Quel traitement pour mes vieux meubles en bois ?

Ma grand-mère cherche un produit de traitement pour protéger des vieux meubles en bois des petites bêtes telles que le cosson. Auriez-vous un conseil de produit écologique ?


Réponse de Bruno Gouttry, artisan peintre et auteur pour La Maison écologique et Terre vivante, dont l’ouvrage J’entretiens mes boiseries, paru en 2012.
C’est un taux d’humidité élevé contenue dans le bois qui le rend vulnérable. À moins de 15 %, il n’est pas intéressant pour les insectes xylophages, donc aucun traitement n’est nécessaire. Si les meubles sont vieux et déjà habités, c’est très certainement parce qu’ils ont été exposés à l’humidité. Dans ce cas, il faut les faire sécher par chauffage. Mais cette solution n’est pas toujours commode. L’autre solution, plus simple et tout aussi saine, est l’utilisation d’un produit de traitement du type « Wood Bliss », qui va durcir les parties tendres du bois. Ainsi, les occupants s’y casseront les dents. Le traitement se fait soit par trempage, soit par injection.

Maison autonome et consuel ?

Je souhaite réaliser une maison autonome neuve, non raccordée au réseau Enedis (ex ERDF). Pensez-vous que la réglementation électrique NFC 15-100 doive être respectée ? Vu que je n’ai pas besoin d’attestation de conformité pour une telle installation, il ne devrait pas y avoir de visite du Consuel. Est-ce que, à votre avis, j’ai réellement une obligation à respecter cette norme ? Bien sûr, je respecterais les normes de sécurité électrique en vigueur, mais je souhaite éviter quelques points obligatoires « de confort » : boîtier de communication, moins de prises, etc. 


Réponse de Valéry Borraz, artisan spécialiste de l’électrification des sites isolés http://valeryborraz.fr/
Vous avez raison, les maisons non-raccordées au réseau n’ont pas besoin d’être vérifiées par le Consuel. De ce fait, vous n’êtes pas tenu de respecter le nombre de prises par pièces ni les équipements accessoires (communication, prise télé…). En revanche, comme vous le soulignez, vous devez respecter les normes de sécurité contenues dans cette norme.

Le triple vitrage est-il fragile ?

Voici une photo à propos d’un problème sur un triple vitrage d’une baie vitrée de notre maison. Il semble que la casse soit due à un choc thermique. Phénomène a priori courant, je n’en avait jamais entendu parler avant ! La fissure apparaît a 90° du bord de la vitre, puis se propage chaque jour un peu plus. Le changement du verre va coûter 900 €, pris en charge en partie par mon assurance avec une franchise de 140 €. Je vais être obligé de mettre une protection avant l’été prochain, la baie étant exposée à l’ouest, mais dans une cour à l’ombre et froide l’hiver. Si cette malheureuse expérience peut ouvrir une information de votre part et être utile dans l’avenir, j’en serai ravi.


Réponse de Jean-Claude Mengoni, « courtier » en menuiseries performantes pour les autoconstructeurs www.menuiseries-pour-autoconstructeurs.com.
Il faudrait se rendre sur place pour vérifier que le problème ne soit pas la conséquence d’un défaut de pose, mais voici toutefois quelques éléments de réponse. Les vitrages triples ont subi quelques casses au début des années 2000. C’était toutefois très souvent lié à une certaine incompétence face à cette nouvelle technologie. Comme souvent dans notre bon pays, la rumeur, parfois largement entretenue, a gonflé… Et, dix ans plus tard, elle est toujours vivante ! La volonté d’ouvrir largement nos logements vers l’extérieur et les règles de la RT 2012 entraînent des vitrages aux dimensions que nous ne connaissions que rarement il y a dix ans. Le poids des menuiseries augmente en conséquence, les phénomènes physiques s’amplifient et demandent d’examiner le chantier avec précaution. Un exemple : les vitrages doivent être adaptés à l’altitude du chantier. Pour ma part, je demande automatiquement la régulation de pression inter-vitrages au-delà de 450 m d’altitude. À partir de 750 m, je consulte le bureau d’études du fabricant de vitrages, qui conseille dans certains cas de remplacer le verre standard par du verre trempé. Cela concerne tant les triples que les doubles et tant les vitrages larges que les plus petits. Je remarque également parfois des problèmes de pose, notamment chez les autoconstructeurs. Des règles simples permettent d’éviter casses et déformations. Un exemple encore. Les menuiseries ne doivent pas être posées directement sur le rejingot ou sur la lisse basse. On prévoit des petites cales en plastique dur ou en bois très dense au droit des dormants et des meneaux verticaux. Cela permet un bon transfert des charges. Et, en corollaire, cela évite d’écraser le joint d’étanchéité, qui garde dès lors toute son efficacité. D’où l’importance d’un accompagnement sérieux et pas seulement d’un achat d’équipement sans conseils adaptés à sa situation

Faire du biogaz à la maison ?

Bonjour. En tant qu’ancien dirigeant d’un bureau d’études spécialisé dans le biogaz, j’ai regardé en détails ce fabuleux petit système [actualité p. 7, La Maison écologique n° 96 – système SCTD Industries] qui prétend produire de l’électricité à partir de 700 g de déchets par jour… Mon simulateur m’indique que, en prenant 700 g par jour, soit 255 kg/an, et même en considérant une matière très méthanogène telle que le maïs, on arrive à une production en énergie primaire (CH4) de 210 kWh. Convertie en énergie électrique avec un rendement de 25 % au mieux pour les petits groupes, on arrive à 50 kWh. Soit une puissance, si on moyenne sur l’année , inférieure à 6 W ! Et ça en supposant une méthanisation complète, donc avec un méthaniseur chauffé à 37 °C tout l’année… Sachant aussi qu’il n’existe pas de groupe électrogène fonctionnant au biogaz pour des puissances inférieures à 30 kW, le groupe électrogène proposé fonctionne forcément au gaz. Importé de Chine, il coûte sans doute 1 000 €, mais ne durerait qu’un an à pleine puissance, rongé qu’il serait pas le biogaz (H2S, CO2 en milieu humide). En méthanisation, comme ailleurs, se méfier des solutions magiques… Je vous recommande de vous rapprocher de l’association AILE, en Bretagne, pour valider ce que je vous écris.


Réponse de Jeanne Lencauchez, chargée d’études biogaz à l’AILE de Rennes (35) – www.aile.asso.fr. L’ensemble des remarques techniques et économiques faites ci-dessus semblent pertinentes. J’ajouterais à cela que des contraintes réglementaires s’appliquent malgré la petite taille de ces projets : ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement, avec des règles de sécurité, de contrôle…), agrément sanitaire (règlement sous-produits animaux), potentiellement aussi permis de construire (selon le modèle et la taille de construction.

Quel enduit sur une isolation écologique extérieure ?

Je souhaite isoler par l’extérieur avec des isolants écologiques revêtus d’enduit. Ceci dans la cadre d’un projet complet d’isolation, avec, si tout se passe comme prévu, l’obtention d’un label BBC Rénovation. Le bureau d’études thermiques me conseille d’utiliser le Steico Protect Dry (fibre de bois haute densité) en 16 cm d’épaisseur. Cette isolation se fera au rez-de-chaussée mais ne couvrira pas les murs du sous-sol semi-enterré ; celui-ci n’est pas chauffé. Cela obligerait aussi à retirer le parement en pierre du soubassement, ce qui changerait l’esthétique de la maison. L’isolant sera donc à 1,5 m au-dessus du sol, sauf pour la terrasse au sud qui est au niveau du rez-de-chaussée. Pour éviter que la fibre de bois ne soit en contact avec la terrasse et éviter les remontées capillaires, j’ai demandé à mettre 30 cm de liège en bas du mur côté terrasse. Or, l’entreprise consultée me dit que pour obtenir une garantie décennale, il lui est interdit d’utiliser deux isolants différents. Cela pourrait causer une fissuration de l’enduit. Le professionnel me propose de démarrer l’isolation 5 cm au-dessus de la terrasse pour éviter les remontées d’humidité par capillarité. Mais cela ferait un pont thermique de plus et ne protégerait pas des éclaboussures en cas de forte pluie. Auriez-vous une solution pour utiliser du liège en bas du mur et de la fibre de bois au-dessus, tout en bénéficiant d’une garantie décennale ?


Réponse de Julien Vye, concepteur de maisons passives, expert en enveloppe du bâtiment. Il est effectivement « interdit » (ce n’est pas interdit expressément, mais l’assurance décennale ne peut pas être appliquée dans ce cas) d’utiliser deux isolants différents pour la raison évoquée : cela pourrait causer une fissuration de l’enduit extérieur du fait des coefficients de dilatation différents des deux matériaux. Généralement, l’isolant du haut est posé à la distance du sol préconisée par l’avis technique (15 à 20 cm du sol, mais moins quand on est au-dessus d’une terrasse avec une pente), sur un profilé spécifique [Steico le mentionne dans sa documentation technique à retrouver via ce lien http://bit.ly/2rUTosn, ndlr]. Lorsqu’on pose un autre isolant en dessous et au contact du sol, voire même enterré (type polystyrène ou plaque de liège), il est généralement d’une épaisseur moindre pour permettre de garder la goutte d’eau du rail de départ [profilé sur lequel la première rangée d’isolant en fibre de bois est posée, ndlr]. On ne réalise jamais une continuité d’enduit entre deux isolants différents et en contact avec le sol. Par-dessus le liège, il est possible de ré-enduire, mais il faut qu’il y ait une rupture entre les deux enduits, ce qui sera le cas avec le rail de départ et la différence d’épaisseur.

Comment éclaircir des poutres de plafond ?

J’ai des poutres au plafond lasurées couleur chêne qui assombrissent mon salon. Je voudrais les éclaircir en blanc ou beige tout en conservant le veinage du bois et sans ponçage de préférence (l’espace en dessous est meublé par de lourds mobiliers et le travail en hauteur m’est plutôt pénible. Quelle(s) méthode(s) me conseillez-vous ?


Réponse de Bruno Gouttry, artisan peintre et auteur pour La Maison écologique. Pour qu’une peinture tienne sur une ancienne finition, il lui faut une accroche. Sans ponçage, elle risque de ne pas adhérer au support. Il va donc être difficile d’obtenir un bon résultat sans effectuer un minimum de préparation : un ponçage avec du papier de verre taille 120 pour mater l’ancienne finition, idéalement après avoir lessivé le support. Le ponçage doit être léger et fin, il n’est pas nécessaire de poncer jusqu’au bois, mais uniquement de rayer finement la surface. Puis, après avoir bien dépoussiéré, appliquer à la brosse et dans le sens des fibres du bois une à deux couches de lasure blanche. La lasure blanche va éclaircir les poutres tout en conservant le veinage du bois par transparence.

Laine minérale et humidité font-elles bon ménage ?

Je cherche un document appuyant le fait qu’il ne faille pas laisser les laines minérales prendre la pluie sur chantier. On m’y oppose sans cesse que, d’après la Filmm, elles n’absorbent pas l’eau et qu’il suffit de les laisser sécher pour qu’elles retrouvent leurs caractéristiques thermiques. J’aimerais trouver des tests techniques sans ambiguïté qui confirment (ou non) ces dires et qui statuent sur le fait qu’un bardage ventilé permet (ou non) le séchage d’un isolant posé mouillé…


Réponse de Samuel Courgey, formateur et auteur d’ouvrages de référence. Expert Bâtiment et Environnement, spécialiste des éco-matériaux et de la rénovation, particulièrement du bâti ancien. Les laines minérales sont effectivement imputrescibles et non hydrophiles, ce qui les rend peu sensibles à l’eau. Elles sont par ailleurs non capillaires, ce qui, dans certains cas, est également un avantage. En revanche, excepté les produits très denses, elles se tassent lorsqu’elles prennent réellement l’eau et, vu qu’elles ne retrouvent pas leur volume originel (elles sont dites non résilientes), elles perdent de leur pouvoir isolant. Par exemple, 20 cm de laine de verre tassée de moitié isoleront comme 10 cm d’une laine de verre, par ailleurs devenue moins isolante au cm. C’est donc au final une isolation divisée par plus de deux. C’est le cas, par exemple, lors d’un dégât des eaux ou lorsque, non protégées, elles prennent une forte pluie. S’il existe des données qui renseignent les caractéristiques mentionnées ci-dessus (imputrescibilité…), la fragilité repérée ici ne fait pas, à ma connaissance, l’objet de publication spécifique. J’ai souvent posé la question et on me répond généralement par un « Circulez y’a rien à voir ! ». Il faut également savoir que mettre en oeuvre des isolants humides fait courir un risque de dégradation aux matériaux contiguës et ils sont nombreux à être sensibles à l’eau. L’ensemble de ces éléments explique pourquoi, dans les règles de mise en oeuvre (norme, DTU, CPT…), il est régulièrement rappelé le besoin d’avoir des matériaux secs avec, entre autres préoccupations, de les protéger de la pluie lors de leur stockage. Ce point vient par exemple d’être cité dans un document de l’Agence Qualité Construction, organisme qui travaille à limiter les sinistres dans le bâtiment (www. qualiteconstruction.com/observation/rexbatimentsperformants- risques.html). Dernier élément : la laine minérale, bien que non putrescible, peut, comme la quasi totalité des matériaux, être support de moisissure. C’est un élément complémentaire qui invite à la prudence.

Dalle béton, quelle isolation pour mes murs anciens ?

J’habite une maison lorraine que nous avons faite rénover en y construisant à l’étage une maison à ossature bois complètement désolidarisée de l’existant. Mais ma question est relative au rez-de-chaussée dans « l’ancien ». Un plancher en bois pourri sur terre battue y a été retiré. À la place, de bas en haut, ont été placés un ragréage en caillou calcaire, un panneau isolant en mousse de polyuréthane, une membrane EPDM, une trame de fer et une dalle en béton. Afin de rendre cette partie habitable, j’ai imaginé reproduire le principe d’isolation intérieure décrit dans votre n° 90 (Isolation intérieure en rénovation). Je précise qu’une isolation par l’extérieur n’est pas envisageable du fait de la mitoyenneté. Je me demande si l’isolation du sol telle que réalisée ne va pas induire un transfert d’humidité vers les murs et ainsi détériorer l’isolant mural. Dans la fiche de Maisons paysannes de France www.maisons-paysannes.org/wpcontent/ uploads/2013/07/ATHEBA-planchers-dans-le-bati-ancien.pdf, il est clairement précisé d’éviter « les solutions comportant un film étanche ou un isolant étanche ». Aussi, d’après ce même document et votre hors-série Guide pratique de l’isolation écologique, un géotextile est à mettre avant l’isolant mais, dans mon cas, est-ce que cela aurait changé quelque chose ? Je ne souhaite pas tout casser mais trouver une solution adaptée. 


Réponse de Georges Duménil, président d’honneur de l’association Maisons paysannes de France et membre de la délégation de la Meuse. Le problème qui se pose est de savoir comment faire une isolation intérieure sans remontées d’humidité. La dalle de béton et le film plastique sont les parfaits ingrédients pour faire remonter l’humidité dans les murs, car elle ne peut plus s’échapper par évaporation au travers de cette dalle, comme ce serait le cas avec une dalle à la chaux sans film. Si vous ne détruisez pas la dalle de béton, vous serez toujours exposé à ces remontées d’humidité par les murs et un isolant naturel, tel que chanvre ou laine de bois, risque de se détériorer. La laine minérale risque également de prendre l’humidité. L’option isolation en béton cellulaire est à retenir. Il faudra que la mise en oeuvre comporte une barrière entre la dalle et cet isolant, de type PVC ou plomb, en feuille. Un espace de quelques centimètres entre le mur porteur et ce béton sera utile. Si vous détruisez la dalle de béton, il faudra alors réaliser un hérisson ventilé avec drains s’écoulant vers l’extérieur ou dans un tout-à-l’égout. Vous pouvez y adjoindre un géotextile. Il faudra laisser ce hérisson s’aérer plusieurs semaines et, ensuite, vous pourrez poser votre dalle à la chaux, puis un sol en terre cuite, un dallage ou un plancher. Seulement après, vous pourrez poser votre isolant mural. Appelez-nous pour en discuter de vive voix avec l’un de nos conseillers techniques. Coordonnées des correspondants locaux Maisons paysannes au 01 44 83 63 63.

Recette de peinture pour placoplâtre

Je dois peindre un mur revêtu de plaques de placoplâtre. J’aimerais réaliser moi-même la peinture avec des ingrédients naturels. Auriez- vous une recette à me conseiller ?


Réponse de Bruno Gouttry, artisan peintre et auteur pour La Maison écologique et les éditions Terre Vivante, entre autres de Peintures et enduits bio. Pour appliquer sur des plaques de placoplâtre, je conseillerais tout simplement une peinture à la caséine*, en trois ou quatre couches. C’est la plus simple et la plus économique des peintures naturelles pour ce type de support. Une première couche dite d’impression à la caséine pure. Une deuxième couche dite de préparation à la caséine et au blanc de Meudon et, enfin, une troisième couche dite de finition à la caséine et au blanc de titane avec ajout de pigment pour colorer la peinture selon vos goûts. Si nécessaire, appliquez une quatrième couche.

Maison passive, combien de vitrages ?

J’ai le projet de réaliser une maison passive ossature bois en autoconstruction. De ce fait, je suis à la recherche d’infos sur le pourcentage de vitrages à respecter lors de la conception d’une maison passive de plain-pied.


Réponse de Madeleine Martin, de La Maison Passive – association qui promeut le concept de bâtiment passif et développe la filière professionnelle, notamment via des formations. Le concept de maison passive repose en grande partie sur l’exploitation des apports solaires. Une maison passive remplace la chaleur traditionnellement produite par un chauffage par celle issue du soleil, ainsi que par la chaleur produite par ses occupants. Les rayons solaires pénètrent par les fenêtres : la question du vitrage est donc centrale dans la conception d’un bâtiment passif. Pour répondre précisément à votre question, il n’y a pas de pourcentage obligatoire ou recommandé de surface vitrée. Si on constate que les bâtiments certifiés passif bénéficient de 16 à 25 % de surface vitrée par rapport à la surface utile (surface habitable), les vrais enjeux sont ailleurs. Trois points sont véritablement cruciaux : l’orientation des fenêtres, la qualité des vitrages et de la pose de la menuiserie. Concernant l’orientation : pour maximiser les gains solaires, il faudra placer de grandes baies vitrées au sud, des fenêtres à l’est et à l’ouest et limiter autant que faire se peut la part des vitrages orientés au nord. Pour la qualité du vitrage : il faut en effet que celui-ci soit d’une très haute performance, c’est pourquoi il est recommandé de faire appel à du triple vitrage. Plus performant que le double vitrage, il emprisonne la chaleur du soleil à l’intérieur et bloque le froid dehors. Ceci peut se constater très facilement : quand on touche la surface intérieure d’un triple vitrage, elle n’est pas froide ! Enfin, la menuiserie joue un rôle crucial. Mal posée, une menuiserie peut être une importante source de ponts thermiques. C’est pourquoi il faut donc choisir un châssis performant thermiquement, que l’on couplera avec une mise en place optimale. Par exemple, en recouvrant le dormant de la fenêtre avec de l’isolant… Pour en savoir plus sur le vitrage en bâtiment passif, vous pouvez consulter l’article comparatif entre double et triple vitrages sur le site de La Maison Passive : www.lamaisonpassive.fr/double-ou-triple-vitrage.

Le béton cellulaire est-il un matériau écologique ?

Dans quelle mesure peut-on considérer le béton cellulaire (Siporex) comme un matériau écologique ?


Réponse de l’équipe du cd2e, pôle d’excellence sur l’écotransition – www.cd2e.com. Le béton cellulaire vendu sous forme de blocs est à la fois porteur et isolant. Avec une conductivité thermique λ de 0,09 W/m.K, il est aujourd’hui le bloc à isolation répartie le plus performant du marché. De plus, les fabricants proposent une gamme complète de produits qui permettent de bien gérer les noeuds constructifs en évitant les ponts thermiques. Son pouvoir isolant étant intrinsèque, le béton cellulaire garantit une isolation durable dans le temps (il n’y a pas de tassement). Le béton cellulaire est fabriqué à partir d’un mélange de sable, ciment, chaux et gypse. Une faible quantité d’anhydrite est ensuite ajoutée afin de provoquer la réaction chimique qui donnera la texture aérée. Après moulage et découpe, le bloc est porté à l’autoclave à environ 200 °C pendant une dizaine d’heures [le processus de fabrication n’est donc pas neutre pour l’environnement. Comme détaillé dans notre hors-série Guide pratique de l’isolation écologique, le bilan environnemental des panneaux de béton cellulaire (115 kg/m3) est de 34 kWhep/UF* pour l’énergie grise et de 12 kg CO2/UF* pour l’effet de serre. À comparer aux panneaux isolants rigides en fibre de bois (110 à 280 kg/m3) qui ont une énergie grise de 122 kWhep/ UF* et un effet de serre de -19 kg CO2/UF* (le bois stocke du carbone), ndlr]. L’utilisation de ressources disponibles en quantité (mais non renouvelables) et la relativement faible proportion de matières dans le bloc (80 % d’air) sont autant d’atouts. Attention toutefois à l’utilisation du ciment qui alourdit le bilan environnemental. Les réflexions sur le recyclage et la valorisation du béton cellulaire en fin de vie sont en cours chez les industriels, mais il n’y a pas encore, à ce jour, de solution développée. Deux marques de béton cellulaire proposent un matériau fabriqué et distribué en France : Siporex (Xella) à Mios (Gironde) et Saint-Savin (Isère) et Cellumat à Saint- Saulve (Nord). Ces deux fabricants ont également fait la démarche d’évaluer et d’afficher l’impact environnemental de leur produit avec une Fiche de déclaration environnementale et sanitaire (FDES). Sur ces bases déclaratives, il est possible de comparer l’impact environnemental de cette solution parmi d’autres à l’aide d’un logiciel d’Analyse en cycle de vie du bâtiment.

Comment traiter les urines seules et peut on les envoyer dans l’assainissement planté ?

J’ai actuellement des toilettes à litière biomaîtrisée (TLB)*. C’est très bien mais un peu fastidieux, surtout à cause de la quantité d’urine. Je suis en zone d’assainissement individuel, nos eaux grises sont actuellement envoyées dans une ancienne fosse sceptique. Je dois me décider pour un type d’assainissement et penche pour une tranchée filtrante plantée étanche se terminant par un massif ou une mare, présentée par Pierre & Terre. J’aimerais bien installer un urinoir pour hommes – on ne trouve pas d’urinoir pour femmes à un prix raisonnable, bien que je trouve ça super. De plus, pour obtenir un bon compost, les TLB ont besoin d’un minimum d’urine, donc OK pour l’urinoir seulement pour les hommes. Je n’arrive pas à trouver d’information cohérente sur le traitement des urines seules. Vous parlez dans votre n° 87 de les envoyer vers l’assainissement. Or, je crains, surtout si elles ne sont pas diluées (urinoir sans eau), que l’apport soit trop concentré pour les plantes ou qu’elles n’arrivent pas à un traitement complet. Ma question est donc : que faire des urines seules ? Peut-on ou non les envoyer dans l’assainissement planté ? Quelles précautions, à quelle condition ? Je précise que je ne désire pas de système d’évaporation ou autre fonctionnant à l’électricité. 


Réponse de Christophe Merotto et Anaïs Chesneau, de l’écocentre Pierre & Terre, dans le Gers. Il est vrai qu’il est important de supprimer un maximum d’éléments engendrant une pollution du milieu aquatique. Nous pensons que pour la démocratisation et, donc, le développement des toilettes sèches, chaque modèle doit être adapté à une situation. Nous comprenons votre situation concernant le modèle à sciure, majoritairement répandu car très simple à installer et à autoconstruire, mais qui peut s’avérer « fastidieux » du fait d’une maintenance importante générée par des apports de sciure et de copeaux de bois. Il existe différents modèles qui permettent de réduire ces fréquences de vidange grâce à la suppression de ces apports. Les odeurs sont alors gérées par une ventilation adaptée. Les toilettes à séparation à la source, où les urines ne rentrent pas en contact avec les matières fécales, et les toilettes à séparation gravitaire, où l’on récolte des liquides souillés (par exemple passés par le tas de compost). Pour l’ensemble de ces effluents, l’idéal est de les renvoyer directement vers un tas de compost. Dans le cas d’urines seules jusqu’à la sortie du collecteur, elles peuvent être contenues dans une cuve de stockage pour une future valorisation agricole ou humidification d’un compost trop sec. Enfin, quand ces effluents sont redirigés vers le système d’assainissement, ils sont dilués avec les eaux ménagères de l’habitation et ne sont donc pas traités seuls. Dans ce cas, le système est légèrement surdimensionné en fonction de cette charge, sans équipement supplémentaire. Vous trouverez des informations complémentaires dans notre documentation en ligne ici : http://liencs.fr/sqh

Isoler avec des topinambours ?

J’ai constaté dernièrement que la tige broyée de topinambour peut convenir à des usages similaires à ceux de la chènevotte de chanvre. La consistance est proche du polystyrène. Le tubercule a fait ses preuves pour l’alimentation et ça pousse tout seul ; intéressant, non ? Avec mes encouragements pour votre travail de rédaction.


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique. Le topinambour (Helianthus tuberosus L.) fait effectivement partie de la même famille végétale que le tournesol (Helianthus annuus L.). Ce dernier a déjà été expérimenté par quelques passionnés de l’écoconstruction (notamment au sein de l’association Areso – Association régionale d’écoconstruction du sud-ouest). Ces deux plantes cultivées possèdent de hautes tiges (plus de 2 m pour le topinambour) renfermant une moelle qui ressemble à un « polystyrène végétal ». Le caractère poreux de la moelle du tournesol apporte une résistance thermique intéressante et ses fibres, une bonne résistance mécanique. Le broyat de tiges de tournesol a été testé en vrac en le mélangeant à de la chaux (isolation cloison, combles perdus), mais également en briques isolantes avec de la chaux et de la terre crue. Je n’ai jamais eu vent de telles expériences avec la tige de topinambour, mais si des lecteurs possèdent une information à ce sujet, qu’ils n’hésitent pas à la partager…

Comment isoler une dalle d’étage en liège expansé ?

J’envisage de placer des panneaux de liège expansé entre le rez-de-chaussée et l’étage d’une habitation. Les panneaux seraient placés entre une dalle béton (hourdis + chape de compression) et une chape qui supportera la finition (carrelage ou plancher). Dois-je prévoir un film plastique entre la dalle béton et les panneaux de liège ? Et entre les panneaux de liège et la chape ? Pourrait-on remplacer ce film plastique par un papier kraft ? Je pose cette question car dans le cas d’un isolant polyuréthane, un film plastique doit être posé entre la dalle béton et l’isolant pour éviter toute dégradation de celui-ci, vraisemblablement à cause du pH basique du béton. Merci d’avance pour votre aide. Il y a malheureusement très peu d’informations disponibles pour cette mise en oeuvre… 


 

Réponse de Jean-Charles Lassalle, responsable de la société ALM-Aliécor, l’un des principaux fabricants-distributeurs de liège en France. Bien entendu, nous parlons bien de panneaux de liège expansé pur certifiés Acermi. Entre étage, la remontée d’humidité n’est pas à gérer de la même manière qu’au sol. Il n’y a pas d’intérêt à placer des films « bloqueurs » avec le liège, qui est un matériau naturel et perspirant. Effectivement, un papier kraft peut être utilisé entre le liège et la chape de finition si l’on craint de relever les panneaux de liège lors du versement de la chape ou le passage de chaux/ciment trop liquide entre les panneaux. Dans une majorité de cas de ce type entre étage, aucun film n’est utilisé : c’est un des intérêts du liège !

Traitement de la ouate de cellulose

J’ai lu un document sur un démontage de maison isolée en ouate de cellulose 20 ans plus tôt et dont l’isolation n’avait pas bougé ! Malheureusement, il n’y est pas indiqué le type de traitement que cette ouate avait subi (sel de bore ou autre). Merci de préciser.


 

Réponse de Monika Corre, responsable d’agence Isocell France, fabricant de ouate de cellulose. Il y a 20 ans, au moment de la réalisation de ces chantiers, Isocell utilisait du sel de bore (environ 6 %) et de l’acide borique (également 6 %) pour ignifuger [protéger contre le feu, ndlr] sa ouate de cellulose. Le reste, donc 88 %, était du papier journal recyclé. Aujourd’hui, la ouate Isocell est désormais composée de 90 % de papier journal recyclé et de 10 % de sels minéraux (3 % de sel de bore et 7 % de sel de magnésium).

 

Comment choisir une peinture naturelle ?

Je fais rénover une petite maison, donc peintures intérieures de toutes les pièces. L’entreprise m’a proposé les peintures ONIP, notamment Label’Onip Satin Clean R (à base de résines acryliques en phase aqueuse, censée « capter et détruire le formaldéhyde présent dans l’air intérieur ». Ayant des soucis de santé (allergie) et à la lecture de votre hors-série, je vais demander à l’entreprise de modifier son choix de peinture MAIS impossible de lui recommander une peinture. J’avoue que votre dossier très détaillé et dense m’embrouille vite quand je vois, parmi les fabricants que vous semblez recommander, des produits que vous critiquez par ailleurs. Comment s’y retrouver quand on est ignare ? 

Réponse de Gwendal Le Ménahèze, journaliste de la rédaction de La Maison écologique et auteur de l’enquête publiée dans notre hors-série « Peintures et enduits naturels ». Il est effectivement bien difficile de ne pas se noyer dans ce flot de produits d’où émerge une bonne dose de greenwashing… Votre choix dépendra surtout d’où vous placerez votre curseur écologique et sanitaire : jusqu’où voulez-vous pousser votre exigence en termes de proportion de produits naturels ou d’origine naturelle mais transformés, ainsi qu’en termes de risques pour la santé. Vous indiquez être notamment sensible aux allergies, mieux vaut donc éviter les composants de type isothiazolinone (et ses dérivés), qui peuvent provoquer des réactions allergiques, tout comme certains composés organiques volatils (COV). Les peintures à l’huile (même naturelles) sont particulièrement émettrices de COV mais ne sont pas pour autant à proscrire. Choisissez une peinture aux émissions de COV faibles (peu importe la teneur en COV du produit dans le pot) et gardez à l’esprit que les effets néfastes indiqués ne sont ” que ” des risques, que l’on constate dans une minorité de cas. Aérez régulièrement les pièces repeintes pendant le mois suivant l’application et évitez de réinvestir ou de réaménager les lieux durant cette période, a fortiori durant les trois premiers jours, qui correspondent au pic de pollution de l’air intérieur par les COV que libère la peinture. Votre choix d’une peinture prête à l’emploi dépendra aussi de votre budget, de vos critères esthétiques, de la nature de vos supports et de l’usage des pièces concernées qui influera sur les sollicitations que recevra le revêtement. La composition indiquée par le fabricant devra être exhaustive. Généralement, moins elle comporte de produits différents, plus la naturalité de la peinture a des chances d’être forte. Dans le tableau comparatif du hors-série « Peintures et enduits naturels », vous pouvez vous tourner vers les marques de peintures minérales, à l’argile, à la chaux, à la caséine. Quelle que soit la peinture que vous choisirez parmi celles que nous présentons dans ce tableau, elle ne pourra qu’être plus vertueuse qu’une peinture conventionnelle, acrylique notamment. Discutez-en avec votre artisan en lui montrant la liste des produits recensés dans notre hors-série, il devrait pouvoir vous aiguiller (sinon, mieux vaut en trouver un autre) vers les plus adaptés à vos critères sans privilégier la seule facilité d’application (temps de séchage, nombre de couches…). Les magasins spécialisés en écomatériaux sont aussi de bon conseil.


 

Quelles sont les causes d’un enduit à la chaux fissuré ?

En extérieur, sur un vieux pignon en argile très dégradé, après avoir tendu un grillage, j’ai procédé à un dégrossi à la chaux et à l’argile. Un mois après, par très beau temps, j’ai appliqué l’enduit suivant : 1 sac de 35 kg de cao HL 5 + 16 pelles de sable + 14 pelles d’argile. Dès le lendemain apparaissaient des fissures, que j’ai rebouchées à la taloche-éponge… En vain. Les jours suivants, le phénomène a continué. Quelles en sont les causes ?


Réponse de Monique Cerro, artisane, formatrice et auteure de plusieurs ouvrages sur la chaux, notamment Enduits chaux et leur décor, mode d’emploi, éd. Eyrolles, 2011. La cao HL 5 n’existe pas (cao = chaux vive). En imaginant que vous ayez appliqué de la chaux NHL 5 ou, pire, de la HL 5 qui n’est pas une chaux naturelle, voici quelques informations pour vous aider à rectifier votre enduit. Vous avez apparemment fait deux erreurs de base qui, de fait, ne peuvent que provoquer la fissuration, d’autant plus en extérieur sous forte chaleur : – Le mélange NHL 5 et argile n’est pas très recommandé pour les enduits, la 5 étant trop ” dure ” pour ce type de travaux ; – Votre formulation est deux fois trop grasse, il y a trop de liants (chaux + argile) par rapport aux agrégats (sable). La proportion devrait être inversée. Dans votre cas, il aurait fallu, pour 16 pelles de sable, 3 pelles de chaux (CL 90 ou NHL 2) et 3 pelles d’argile. Autres remarques importantes : – On ne grillage pas un mur en terre pour l’enduire. C’est une procédure qui permet de réaliser les enduits en ciment qui n’adhèrent pas bien à la terre mais qui est inutile et néfaste au mur et à l’enduit chaux ou terre. – Il faut impérativement bien humidifier le mur à enduire : il faut parfois trois jours d’arrosage fin pour faire en sorte que le mur ne ” pompe ” pas l’eau contenue dans l’enduit, ce qui provoquerait sa fissuration.

Percement du frein vapeur, quelles solutions ?

La fixation d’un film frein-vapeur sur une structure bois avec des agrafes n’est-elle pas à déconseiller pour obtenir une bonne qualité d’étanchéité à l’air ? Il me semble avoir vu des photos de professionnels utilisant les agrafes plutôt que le scotch adhésif double face vendu par les fabricants de produits d’étanchéité à l’air. En outre, lors de la pose du parement (plaque de plâtre ou Fermacell®), ce dernier est fixé au support par-dessus le frein-vapeur, donc il le perce également. Tous ces petits trous de vis n’entraînent-ils pas de défaut d’étanchéité ? Existe-t-il une autre solution technique pour ne pas percer le frein-vapeur ?


Réponse de Julien Vye – certifié concepteur européen de maisons passives par le PassivHaus Institut – conseil, accompagnement, formation, test d’étanchéité. L’utilisation d’agrafes est intéressante pour le gain de temps important réalisé en chantier ossature bois. Pour pallier au risque de ” micro fuite ” et d’arrachement en cas de test à l’air réalisé en dépression ou en cas d’insufflation d’ouate de cellulose, il existe des agrafes spécifiques avec des capuchons qui augmentent la surface d’appui de l’agrafe. Dans le cas de l’insufflation, il faut cependant prévoir un frein-vapeur adapté et un contre-lattage est toujours préférable. Pour pallier au risque de fuite dû aux agrafes ” standard “, on peut aussi poser un adhésif adéquat sur la membrane après agrafage en les recouvrant. Lorsqu’on pose un parement (plaque de plâtre, par exemple) directement sur le frein-vapeur, celui-ci est poinçonné entre la plaque et l’ossature, le risque de fuite est donc faible. C’est pour la mise en place des réseaux (eau, chauffage, électricité) que cela se complique et pour toutes autres fixations ultérieures aussi. Toutes ces actions risquent de trouer la membrane. La solution la moins risquée et la plus simple consiste à prévoir un vide technique entre la membrane et le parement en réalisant une contre ossature. À noter : il n’y a pas de contre-indication à poser un freinvapeur avec un adhésif dédié seul, sans agrafes. La différence fondamentale est dans la simplicité de mise en oeuvre et la chronologie du chantier. L’adhésif doit être posé et les papiers de protection retirés au fur et à mesure de la pose du film freinvapeur. Pour la mise en place de ce film, à chaque montant d’ossature ou chevron, il faut le positionner correctement sur le scotch pour avoir une tension et un alignement corrects. Tandis qu’avec des agrafes, il suffit de fixer le frein-vapeur à chaque extrémité de la paroi concernée puis, d’agrafer sur les montants intermédiaires.

Comment financer les projets d’autoconstruction ?

Nous allons nous lancer dans la construction d’une maison à partir d’une grange en Isère. Abonnés depuis trois ans, nous épluchons vos magazines pour dénicher les bonnes idées ! Un aspect qui n’apparaît pas, le moins intéressant mais limitant, est le moyen de financement. Notre banque nous imposerait de faire faire les travaux par des professionnels. Quelles obligations et quels droits ont les autoconstructeurs face aux banques ? Existe-t-il des banques qui financent les projets d’autoconstruction ?


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique et co-auteure du livre Ils ont construit leur maison.
Le sujet fort intéressant que vous évoquez est traité spécifiquement dans un livre dédié aux autoconstructeurs et dont notre magazine est partenaire : Ils ont construit leur maison (éd. de La Martinière, disponible sur notre site Internet www.lamaisonecologique.com/boutique). En voici un extrait que j’ai rédigé et qui devrait vous intéresser :
« (…) Malheureusement, les autoconstructeurs ne sont pas les clients préférés des banquiers (…). Si des banques comme le Crédit coopératif s’intéressent depuis longtemps aux pratiques de l’écoconstruction et des énergies renouvelables (prêts à taux décroissant selon les exigences écologiques du projet), financer une construction ou une rénovation sans avoir la certitude d’un bon achèvement des travaux n’est pas dans les pratiques habituelles des banques. Elles financeront sans sourciller l’achat d’un terrain ou d’une bâtisse, mais pas les travaux importants non menés par des professionnels. La solution la plus simple pour obtenir un prêt consiste à faire le choix de l’autoconstruction partielle, c’est-à-dire à réserver à des professionnels les lots d’envergure, soumis à l’assurance décennale, comme les fondations, la structure porteuse et la couverture. Certains artisans proposent ou acceptent une prestation d’assistance auprès des autoconstructeurs. Les faire intervenir vous permettra de limiter les coûts, parce que vous participerez aux travaux, tout en promettant à votre banquier une réalisation de qualité, garantie par les assurances du professionnel accompagnateur. Cependant, rien n’est impossible et, à force de ténacité, de rigueur et de conviction, d’autres ont réussi à décrocher le « Graal » d’un prêt immobilier en autoconstruction totale ou quasi-totale. Voici quelques-uns de leurs secrets : – Bénéficier d’un apport de 15 à 30 % ; – Comme pour tout prêt, rester en deçà d’un taux d’endettement de 30 % par rapport à ses revenus ; – Faire intervenir un courtier (…) ; – Monter un dossier solide, à la présentation irréprochable, détaillant les aspects techniques et financiers à l’euro près (…) ; – Se montrer prévoyant en anticipant un léger surcoût ; – Souscrire une assurance dommages ouvrage – Communiquer son enthousiasme et sa détermination sans minimiser les tâches à venir ; – Ne pas se décourager et consulter autant d’établissements que nécessaire. (…)

Comment traiter un parquet en bois ?

Je dois traiter mes parquets (parquets d’origine d’une maison ancienne) après une attaque de vrillettes. Bien sûr, c’est le xylophène qui est fortement conseillé. Connaissez-vous un produit moins toxique ? Comme Wood Bliss 1, un produit allemand que j’ai trouvé en Biocoop ? Par ailleurs, que puis-je mettre pour protéger mon parquet après ? J’ai eu une expérience désastreuse avec une huile dure, qui n’a jamais séché (laisser plus d’une semaine !), y a-t-il des marques mieux que d’autres ? Peut-être selon le type de bois ?


Réponse de Bruno Gouttry, artisan peintre et auteur pour La Maison écologique et Terre Vivante, dont J’entretiens mes boiseries, paru en 2012.
L’attaque du bois par des xylophages, capricornes, vrillettes, termites pour les plus connus, est due au taux d’humidité qu’il contient. À moins de 15 %, il n’est pas intéressant pour ces petites bestioles, donc aucun traitement n’est nécessaire. S’il est déjà habité, le traitement s’impose. Le xylophène est la solution « radicale » mais dangereuse pour tout ce qui est vivant (animaux, plantes). Une autre solution serait de chauffer le bois pour évacuer l’humidité et le rendre inconsommable, mais pas toujours facile à réaliser. La solution la plus simple et la plus saine est l’utilisation d’un produit du type « Wood Bliss » qui va durcir les parties tendres du bois. Ainsi, les occupants s’y casseront les dents. Pour protéger les sols en bois, l’idéal est d’utiliser une huile pénétrante (sous-couche appelée imprégnation), puis d’appliquer deux couches d’huile ou de cire de finition. La plupart des fabricants de finition naturelle en proposent. La composition des huiles peut être différente en fonction de la nature du bois. Il est recommandé de connaître l’essence de celui-ci avant de se faire conseiller par un revendeur.

Comment assurer un travailleur occasionnel du bâtiment ?

Lecteur assidu de votre magazine, je relis le n° 90 sur l’autoconstruction où est abordée la question du travailleur occasionnel du bâtiment (TOB). Je nous lance dans une extension bois-paille avec un TOB. On parle dans le dossier d’assurances RC et d’individuelle accident. Est-ce que je dois prendre une assurance RC pour le TOB et une individuelle accident ? Les assurances proposées par Les Castors ne couvrent que les bénévoles…


 

Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef du magazine La Maison écologique.
Effectivement, en tant qu’employeur, vous êtes responsable de votre salarié. Il vous revient de souscrire une RC pour lui, qui couvrira les dommages qu’il pourrait causer aux tiers. Attention, cette RC ne fonctionnera pas pour les dommages causés à votre propre ouvrage. Il est également recommandé de souscrire pour votre TOB une assurance individuelle accident, qui couvrira tout ce qui n’est pas couvert par la sécurité sociale en cas d’accident, sans attendre les recherches de responsabilité. Pour assurer votre propre chantier, il est aussi fortement recommandé de souscrire une Tous Risques chantier. Comme expliqué dans notre dossier, elle peut être souscrite au bénéfice de tous. Le maître d’ouvrage protège ainsi tous les intervenants des recherches de responsabilité. Important : c’est une assurance de type « Tout sauf », il faut bien lire les exclusions mentionnées dans le contrat et voir précisément si votre assureur n’y a pas exclu les dommages causés par un salarié !

 

Comment améliorer l’isolation d’un mur en parpaing et polystyrène ?

J’ai une maison des années 1990 en parpaing creux isolée en polystyrène et Placoplatre®. J’envisage de réaménager l’étage et d’en profiter pour renforcer l’isolation des murs, mais aussi améliorer l’inertie thermique. Les pièces sont sous toiture et certaines sont semi-mansardées, mais possèdent déjà environ 350 mm d’isolation au plafond. Pour renforcer l’isolation des murs, j’envisage trois solutions : 1. Isoler toute la maison par l’extérieur. Mais cela me paraît risqué en plus de l’isolation intérieure (problème de transfert d’humidité), très onéreux et sans gain d’inertie. 2. Renforcer l’isolation intérieure avec une membrane étanche pare-vapeur sur le Placo® et pose de 40 ou 50 mm de fibre de bois + plaque Fermacell® sur tasseaux bois. 3. Poser un doublage intérieur en carreaux de béton cellulaire de 50 mm ou en plaques de terre de 20 mm. L’arrachage de l’isolation existante serait un non sens mais le renforcement des isolations des parois peut être très utile pour tendre vers le BBC.


Réponse de Samuel Courgey, référent technique « Bâtiment et environnement », formateur et co-auteur du célèbre ouvrage L’Isolation thermique écologique.
Les déperditions thermiques des murs d’une maison en parpaings et dalle béton comportant une isolation intérieure « bien posée » correspondent d’abord et avant tout aux ponts thermiques au droit de la dalle et des murs de refend. Pour y remédier sans perdre de l’inertie intérieure, cela passe par la mise en place d’une isolation thermique extérieure (ITE). La situation quant à la vapeur d’eau s’en trouvera plutôt assainie, et ce sans exigence spécifique nouvelle si ce n’est celles imposées à toute ITE. Dans votre cas, celles-ci ne concernent que le matériau séparant l’isolant de l’air extérieur, qu’il faudra entre autres très ouvert à la vapeur. Si votre isolation actuelle n’est pas « bien posée », par exemple si elle est court-circuitée par des flux d’air parasites, particulièrement au droit d’une installation électrique mettant l’air intérieur en contact avec l’espace entre polystyrène et mur en parpaings, dans ce cas la priorité est d’améliorer l’étanchéité à l’air, principalement au droit de l’installation électrique. Mais je reviens à un autre point : est-il si stupide de déposer une isolation intérieure en polystyrène ? Ceci dépend de vos priorités et de votre budget. Si vous ne voulez que gagner une forte inertie intérieure, vous pouvez laisser votre isolant en place et construire une contre cloison lourde, par exemple en blocs de terre crue ou, solution moins inertielle, poser un double Fermacell®, un enduit ou panneau de terre… Mais n’oubliez pas que pour ajouter de l’inertie, vous avez également les sols, les plafonds et les cloisonnements intérieurs. En revanche, si votre priorité est de limiter drastiquement les risques d’intoxication en cas d’incendie, alors la dépose est séduisante. Mais avant de tout retirer, réalisez que la pose d’une inertie intérieure à base de plâtre ou de terre, comme l’amélioration de l’étanchéité à l’air, éloigne des risques de combustion du polystyrène. Avant tout : vérifiez que votre isolation de toiture n’est pas trop dégradée, ce qui ne serait pas surprenant si elle a 25 ans. Dans ce cas, l’amélioration du confort de votre étage passera déjà par son amélioration.

Comment maçonner des briquettes en terre cuite ?

Nous envisageons le remplissage d’un mur intérieur à colombage en chêne avec des briquettes de terre cuite maçonnées à la chaux. Quelle type de chaux utiliser ? Avec quel proportion de sable ? Faut-il faire tremper les briquettes ? Faut-il humidifier le colombage ? Vincent B.


Réponse de Luc Van Nieuwenhuyze, formateur à l’association Maisons paysannes de France. Vous avez raison de vouloir monter vos briquettes avec un mortier de chaux dans une structure de colombage. Pourquoi ? Vous ne bloquerez pas d’humidité le long des pièces de bois et, vous le savez, le bois travaille. Alors, il vous faut un mortier le plus élastique possible de façon à ce que votre maçonnerie accepte le travail du bois. Choisissez plutôt une chaux faiblement hydraulique, soit une NHL2, soit un mélange moitié-moitié de chaux aérienne CL90 et de chaux hydraulique NHL3.5, les plus faciles à trouver dans le commerce. Ne dosez pas trop, vous augmenterez la rigidité : si vous prenez un sable du commerce, 3,5 volumes de sable pour un volume de chaux sera suffisant. Faites un essai avec votre sable. Si vous aviez un sable local, non lavé et argileux, vous pourriez même travailler avec une chaux aérienne, mais là, le dosage sera indiqué par l’expérience, la prose écrite ne suffit pas. Mouillez bien vos briquettes avant, le bois sera simplement bien dépoussiéré. Et, n’oubliez pas, la chaux fait des taches sombres sur le chêne ! Protégez-le avant ou prévoyez sa mise en couleur.

Raccordement ventouse (mural) d’un poêle à granulé

J’ai fait installer un poêle à granulés Supra (5 ou 7 kW), mais comme l’installateur n’a pas réussi à déboucher le conduit de cheminée existant, il a installé la sortie en façade via un raccordement ” ventouse “. La maison, située en hauteur, est régulièrement exposée au vent, parfois puissant. La sortie de fumée n’est pas placée sur la façade la plus exposée ; cependant, le poêle se met régulièrement en arrêt de sécurité ! Existe-t-il des solutions pour ” couper ” le vent à proximité de la sortie ? N’aurait-il pas été préférable d’installer une sortie extérieure à la verticale, mais le coût aurait peut-être été rédhibitoire ? Y a-t-il un recours possible envers l’artisan ? 


Réponse de Dominique Lutz, formateur Qualibois et expert judiciaire. Votre appareil à granulés a été installé en zone 3 (sortie murale). Ce type d’installation est réservé aux appareils dits ” étanches “. Un avis technique sur l’appareil est nécessaire pour permettre ce type d’installation. Les conduits concentriques doivent être titulaires d’un DTA (Document technique d’application) et l’installation, conforme à ce dernier. Il est par exemple interdit de déboucher à moins de 2 m du sol, à moins de 2 m de tout ouvrant, etc. Les contraintes de ce type d’installation sont très importantes. Il est donc dans un premier temps nécessaire de vérifier que l’installation est conforme à la réglementation. Si tel est le cas, il est à noter que la zone 3 reste une zone ” sensible “. C’est pour cette raison qu’il est interdit de raccorder un appareil en zone 3 dans une maison neuve (maison de moins de deux ans). Malgré une installation conforme, en fonction de la situation de la maison, un appareil peut ne pas fonctionner correctement. Les zones de pression ou de dépression sur le mur du débouché (sortie concentrique) peuvent perturber le fonctionnement de l’appareil. Une sortie verticale en zone 1 (dépassement de 40 cm au dessus du faîtage) ou en zone 2 (pas de dépassement de 40 cm du faîtage) sont des zones de débouché permettant une plus grande stabilité du fonctionnement de l’appareil. Le coût est supérieur puisqu’il y a plus de longueur de conduit et souvent plus de main d’oeuvre. L’artisan doit installer un appareil conformément à la réglementation en vigueur d’une part, mais également de manière à ce qu’il fonctionne correctement. Il a le devoir de résultat ! Dans un premier temps, il est nécessaire de l’informer du problème de manière amiable. Sans réponse de sa part, il faut lui faire parvenir un pli recommandé. S’il ne souhaite pas donner suite à votre demande, vous pouvez organiser une expertise amiable par un expert en bois énergie et si besoin saisir le tribunal d’instance.

Protection des isolants contre les rongeurs

Une erreur s’est glissée dans le dossier ” Isoler vos combles ” LME no 91, p. 35, dans l’encart ” étanchéité à l’eau “. Il est écrit, entre parenthèses, qu’un écran pare-pluie protège des rongeurs… FAUX ! Je rénove une maison et j’ai mis en pare-pluie des panneaux de fibre de bois Steico universal de 22 mm, des loirs l’ont rongé par endroits à tel point que des trous sont apparus à l’intérieur de la maison ! Au plaisir de voir cette erreur corrigée dans le prochain numéro ! Simon L.


Réponse de la rédaction de La Maison écologique (Philippe Heitz, auteur du dossier ” Isoler vos combles “, et Julie Barbeillon, rédactrice en chef) Vous avez tout à fait raison d’attirer notre attention sur ce passage qui était rédigé pour parler de la nécessité d’un pare-pluie et que nous avons trop synthétisé sur la partie relative aux rongeurs (nous n’aurions pas dû évoquer cet aspect, même si vous allez comprendre que la protection contre les rongeurs doit également être posée à cette étape du chantier). Une protection de l’isolant par du bois ou un panneau rigide de fibre de bois n’est pas une barrière infranchissable par les rongeurs, mais constitue un obstacle à leur exploration, à condition de constituer une enveloppe continue et que le recouvrement de l’isolant soit fait rapidement après la pose, avant que les rongeurs n’aient eu le temps d’apprendre l’existence de la confortable couche isolante. Une protection efficace contre les rongeurs des couches isolantes posées sous un bardage ventilé nécessite une grille métallique pour obturer les ouvertures de ventilation. La couverture doit également être ventilée en sous-face : d’où la pose sur le pare-pluie d’un lattage dans le sens de la pente surmonté d’un contre-lattage d’accrochage des tuiles. Comme pour un bardage, l’ouverture en bas de pente doit être obturée par un fin grillage métallique qui arrêtera les feuilles, les insectes, les oiseaux et les rongeurs.

Colombage et briquettes de terre cuite

Nous envisageons le remplissage d’un mur intérieur à colombage en chêne avec des briquettes de terre cuite maçonnées à la chaux. Quelle type de chaux utiliser? Avec quel proportion de sable? Faut-il faire tremper les briquettes? Faut-il humidifier le colombage?


Réponse de Luc Van Nieuwenhuyze, formateur Maisons Paysannes de France
MPF propose un service-conseils pour tous projets de restauration/construction – Renseignements au 01 44 83 63 63 ou sur contact@maisons-paysannes.org
Vous avez raison de vouloir monter vos briquettes avec un mortier de chaux dans une structure de colombage. Pourquoi ? vous ne bloquerez pas d’humidité le long des pièces de bois et, vous le savez, le bois travaille. Alors il vous faut un mortier le plus élastique possible de façon à ce que votre maçonnerie accepte le travail du bois. Choisissez plutôt une chaux faiblement hydraulique, soit une NHL 2 soit un mélange moitié-moitié de chaux aérienne CL90 et de chaux hydraulique NHL 3.5, les plus faciles à trouver dans le commerce. Ne dosez pas trop, vous augmenterez la rigidité : si vous prenez un sable du commerce 3,5 volumes de sable pour un volume de chaux sera suffisant. Faites un essai avec votre sable.
Si vous avez un sable local, non lavé et argileux, vous pourriez même travailler avec une chaux aérienne, mais là le dosage sera indiqué par l’expérience, la prose écrite ne suffit pas.
Mouillez bien vos briquettes avant, le bois sera simplement bien dépoussiéré.
Et n’oubliez pas, la chaux fait des taches sombres sur le chêne ! protégez-le avant ou prévoyez sa mise en couleur !

Quel est le meilleur choix d’Interrupteur automatique de champs sur circuit led ?

Nous avons autoconstruit, avec ma femme, une maison achevée en août 2015 après trois années d’intense labeur. C’est une maison bois moderne et nous avons soigné les passages des gaines électriques en choisissant les produits Flex-a-ray de la société Courant. Cependant, nous voulions ajouter des interrupteurs de champs dans les chambres. Aussi, nous sommes entièrement équipés en led avec transfo de 220‡V vers 12,5‡V. Je sais qu’il y a parfois des soucis de déclenchement avec certains IAC [interrupteur automatique de champs, NDLR] pour allumer des leds et vous aviez donné, il y a quelques années maintenant, le modèle à choisir dans le courrier des lecteurs (me semble-t-il). Ma question est la suivante‡: quel est le meilleur choix d’IAC aujourd’hui pour une installation led‡? Merci beaucoup de votre réponse et longue vie à votre magazine.

 


Réponse de François Cousin, entreprise electromagnetique.com
Pour rappel, l’interrupteur automatique de champs (IAC) déconnecte le circuit électrique tant qu’il n’y a aucune consommation de courant. Grâce à une tension de contrôle, en courant continu, il contrôle le circuit et rétablit la tension dès qu’il détecte une demande de consommation électrique. Fonctionnement type : vous êtes au lit et vous éteignez votre lampe de chevet. La tension se coupe automatiquement dans le circuit de la chambre, éliminant ainsi les pollutions électromagnétiques. Dès que vous rallumerez la lampe de chevet ou un autre appareil, la tension sera rétablie dans le circuit. L’IAC s’installe dans le coffret de distribution, après le coupe-circuit à fusible ou le disjoncteur du circuit à protéger. Le même IAC peut protéger un ou plusieurs circuits électriques. Pour assurer le déclenchement de l’IAC sur une installation avec des leds, donc à faible puissance, vous pouvez installer le modèle NA7 Confort qui fonctionne à partir de 4 W. Dans la majorité des cas, les éclairages led consomment 5 W au minimum. Il existe également l’IAC NA8 Confort qui, lui, fonctionne à partir de 1 W seulement.

Que penser de l’oléothermie ?

Que pensez-vous de l’oléothermie ? Est-ce un vrai traitement insecticide (notamment anti-termite) ? Quelle durée de vie ont les bois traités par ce procédé ? Doit-on refaire un traitement au bout d’un certain nombre d’annéesá? Quel est la fourchette de prix au mètre carré de ces bois traités ?


Réponse de Maxime Baudrand, prescripteur bois construction à Atlanbois, association interprofessionnelle pour la promotion du bois en région Pays de la Loire.
Comme expliqué dans notre guide « Bois en extérieur » (p. 82), on parle plutôt de bi-oléothermie car il y a un double trempage du bois. C’est un procédé qui améliore surtout la stabilité dimensionnelle du bois car, par la présence d’huile, il devient hydrophobe (l’eau et l’huile ne se mélangent pas !). De fait, il est censé devenir également moins sensible aux champignons lignivores qui ont besoin d’eau pour se développer. Ce n’est pas un ” traitement ” insecticide car il n’est pas considéré comme un traitement préventif du point de vue de la norme NF B 50-105-3, que ce soit pour les insectes à larves xylophages ou les termites. Ce procédé n’est pas définitif et nécessite une maintenance à échéance plus ou moins brève en fonction de l’exposition aux intempéries. À noter que, dans certaines zones humides, il a été constaté un développement de champignons de surface (champignons décolorants) provoquant des tâches noires sur des bois très exposés aux intempéries. Ces phénomènes seraient dus à une mauvaise formulation (qui aurait été modifiée depuis) conjuguée parfois à une mise en oeuvre inadaptée des bois. Il est difficile de définir un prix car ce procédé peut être associé à un produit (lame de bardage…), à une essence (douglas, mélèze ou chêne), ou simplement vendu en bidon comme une huile à badigeonner (d’ailleurs, dans ce cas, on ne peut plus parler de bi-oléothermie ou d’oléothermie car on n’est plus dans le processus d’application évoqué en introduction).

Mousse isolante écologique ?

Lors d’un salon sur la construction, un professionnel m’a parlé du produit isolant ICYNENE. Le produit est prétendu écologique et très efficace. Pourriez-vous aborder ce sujet lors d’un prochain numéro de votre magazine, que j’achète régulièrement ?


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique. En répondant aux questions suivantes via les informations mentionnées sur les documents commerciaux d’Icynene, vous aurez une idée plus précise du caractère écologique de ce produit. À savoir :

• le matériau provient-il d’une ressource locale ? Non, il est fabriqué au Canada, à plus de 6 000 km de notre métropole. Cependant, pour nuancer, une fois l’isolant expansé, le produit est d’après le fabricant composé à 99 % d’air, donc d’un produit local.

• la composition du matériau est-elle facilement disponible ? Non. Le produit est présenté comme une mousse souple sans gaz affectant la couche d’ozone, sans odeur. C’est effectivement une des rares mousses à ne pas contenir d’agent d’expansion toxique. Mais pour ce qui est de ce qu’elle contient réellement, c’est plus flou. Le dernier avis technique du CSTB du produit (mais qui n’est plus valide aujourd’hui) parle de deux composants : l’isocyanate MDI (Diphenylmethane, 4-4 d’isocyanate pour les intimes) et une résine polymère en phase aqueuse appelée LD-C-50. Une rapide recherche dans les documents de l’entreprise nous renvoie vers une fiche signalétique d’avril 2013 de la résine LD-C-50 dont la marque est déposée. Les ingrédients dangereux qui y sont mentionnés sont : polyether Polyol (13 à 30 %), Tris(1-chloro-2-popyl) phosphate (30 à 60 %), 2-(Dimethylamino)propylamine (1 à 5 %) et enfin N,N-Bis[3- (dimethylamino)propylamine] (5 à 15 %).

• les composants sont-ils d’origine végétale ou animale ? Non.

• l’isolant contient-il des produits de synthèse ? Oui.

• le produit favorise-t-il les circuits courts ? Non.

• le produit est-il recyclable ? Comme il est nécessaire d’araser la mousse qui s’est expansée, si l’applicateur n’est pas précautionneux, la quantité de déchets peut être importante. Le fabricant explique alors que son produit « peut être recyclé dans la filière emballage ou en les mélangeant avec du terreau pour l’aérer » !

• le produit émet-il des composés dangereux pour la santé ? Non. Côté technique, on lui reconnaîtra son bon coefficient lambda (0,038 W/m.K), son absence de tassement, sa souplesse pour s’adapter aux mouvements des ossatures, son expansion lui permettant de combler des zones parfois difficiles d’accès, son caractère plutôt perspirant (mu de 3,3) et son réseau d’applicateurs formés par le fabricant. Par contre, sa très faible densité pénalise son déphasage thermique et fait plus que douter de son efficacité estivale en toiture. Le matériau est annoncé comme étanche à l’air et cette propriété, si elle est réelle dans le cadre d’une mise en oeuvre particulièrement soignée, nécessitera tout de même d’avoir recours à un produit étanche à l’air au niveau des jonctions entre les divers matériaux. Dans le cadre d’une projection entre ossature bois, la pose d’un film ou d’un parement étanche à l’air paraît ainsi bien plus sûre pour atteindre les performances demandées par la réglementation thermique RT 2012.
J’espère vous avoir donné les principales informations pour vous forger un avis selon votre propre curseur écologique.

Quelles finitions pour les briques en terre crue ?

Après avoir enlevé les vieux enduits des murs de la longère charentaise que je rénove, j’ai mis à jour des murs intérieurs en briques de terre crue. Ma question maintenant est de savoir comment traiter ces briques pour les garder en l’état, apparentes, ou les enduire de chaux. Ou autre…


Réponse de Gilles Alglave, vice-président de l’association Maisons paysannes de France, et Luc Van Nieuwenhuyze, formateur pour la même association.
En enlevant l’enduit, vous avez découvert des briques de terre. Super ! Et comme le matériau a retrouvé aujourd’hui une noblesse, vous vous posez la question de les laisser apparentes. N’oublions pas qu’elles sont ici parce que c’est un matériau de construction local, peu cher et très performant, mais tendre et vulnérable. Dans le cas présent, elles étaient recouvertes d’un enduit qui les protégeait et donnait une unité d’aspect à la pièce. L’enduit assure une étanchéité à l’air, amène du confort, une meilleure réflexion de la lumière et permet de distinguer l’abri des bêtes de celui des hommes. Pour toutes ces raisons, il faudrait ré-enduire. Mais pas avec n’importe quels matériaux. L’enduit avec un mortier de terre conviendrait au mieux : la compatibilité sera parfaite, la régulation de la vapeur d’eau optimale. Aujourd’hui, les possibilités décoratives sont infinies : on peut choisir entre de multiples couleurs et textures. Auparavant, la terre n’était que rarement un matériau de décoration. L’usage uniquement local ne laissait pas le choix de la couleur. Le recouvrement par un badigeon de chaux permet de durcir la surface et donne une large palette de choix de couleur. Les enduits à la chaux aérienne fonctionnent aussi très bien. Ils amènent une bonne résistance à l’usure, tout en laissant respirer le mur. Les enduits étaient très souvent de faible épaisseur (1 cm maximum) et souvent recouverts d’un badigeon coloré ou non. Avec la terre ou les mortiers de chaux, on peut aussi aller plus loin en améliorant la performance thermique. À titre d’exemple, on peut rajouter de la chènevotte (paillette de chanvre) dans les enduits. Le plâtre amène aussi une bonne réponse, mais il ne faudrait pas le couvrir de peinture pour garder un bon transfert de vapeur d’eau. La vie dans une maison nécessite du confort et ensuite vient la décoration. Refaites un ” bel enduit ” !

Complément de réponse du magasin Ecohabitat d’Angoulême : la surface des briques de terre crue peut être traitée avec un produit appelé Tierrafix du fabricant Nature et Harmonie.

Récupérer l’eau de pluie sur une toiture en amiante ?

Je voudrais récupérer l’eau de pluie d’une toiture pour arroser mon jardin mais les plaques de toit sont en fibro, diagnostiquées avec amiante. Y a-t-il un risque alimentaire ou médical à récupérer cette eau pour l’usage décrit, ou l’amiante est-elle enfermée dans la plaque ?


Réponse de Pierre l’écoleau de l’association ec’eau-logis et de l’entreprise GP conseil.
N’ayez pas d’inquiétude par rapport à ces plaques de Fibrociment avec amiante et pour ce type d’usage. En effet, l’amiante est contenue dans la masse du produit et ce dernier ne se désagrège pas si facilement. En outre, l’eau ne sera pas stockée, en contact permanent dans un contenant en amiante. Il s’agit juste d’un écoulement sur le matériau, donc un contact ponctuel. L’amiante est réellement dangereuse à l’état volatile, par inhalation, mais sa dangerosité en solution dans l’eau reste à démontrer. En outre, pour l’infime quantité que l’on pourrait (éventuellement) retrouver dans l’eau de pluie récupérée sur ce genre de toiture, cela ne représente pas de danger en arrosage.


Michel Dussolle, architecte à Joigny (89), a souhaité compléter les informations  à propos de l’utilisation de l’eau de pluie, récupérée via une toiture en fibro-ciment amiantée, en arrosage de jardin.
Pour rappel de la réglementation, sachez que les modalités d’utilisation de l’eau de pluie sont détaillées dans l’arrêté du 21 août 2008, publié au JO no 0201 du 29 août 2008. Voici un extrait de l’article 2 où le paragraphe II prend bien soin de distinguer les couvertures en amiante-ciment : « I. L’eau de pluie collectée à l’aval de toitures inaccessibles peut être utilisée pour des usages domestiques extérieurs au bâtiment. L’arrosage des espaces verts accessibles au public est effectué en dehors des périodes de fréquentation du public. II. À l’intérieur d’un bâtiment, l’eau de pluie collectée à l’aval de toitures inaccessibles, autres qu’en amiante-ciment ou en plomb, peut être utilisée uniquement pour l’évacuation des excrétas et le lavage des sols. III. L’utilisation d’eau de pluie collectée à l’aval de toitures inaccessibles est autorisée, à titre expérimental, pour le lavage du linge, sous réserve de mise en oeuvre de dispositifs de traitement de l’eau adaptés et : – que la personne qui met sur le marché le dispositif de traitement de l’eau déclare auprès du ministère en charge de la santé les types de dispositifs adaptés qu’il compte installer ; – que l’installateur conserve la liste des installations concernées par l’expérimentation, tenue à disposition du ministère en charge de la santé (…) ». L’amiante-ciment est interdit depuis 1998 et les toitures constituées avec ce matériau commencent à être anciennes et à se dégrader. Des fibres peuvent être entraînées par le ruissellement de l’eau. Il ne s’agit pas d’une pollution importante, mais elle n’est pas nulle. Il y a un risque infime, mais concevable, d’inhalation de fibres lors du bêchage de votre jardin… Concernant les toitures en amiante-ciment, mon conseil est de toute façon de les remplacer pour éviter tous risques en cas d’incendie, qui peut se transformer en catastrophe pour les personnes pouvant y être exposées.

Qu’est-ce qu’un siccatif écologique ?

Dans le numéro 87 de La Maison écologique, dans votre reportage intitulé « Peindre le fer », dans la fiche technique, vous parlez de siccatif. J’aimerais connaître le nom du siccatif utilisé pour fabriquer cette peinture naturelle pour métaux et où se procurer ce produit. 


Réponse de Bruno Gouttry, artisan peintre, auteur pour La Maison écologique et Terre Vivante. Le siccatif est un produit facile à trouver dans les commerces de peinture professionnels. J’utilise celui de la marque Ciron. Il est malheureusement à base de cobalt, un métal lourd. Pour se procurer un siccatif sans métaux lourds, il faut se tourner vers les boutiques de matériaux naturels ; avec un peu de chance – car c’est un produit rare – ils en auront. Pour ma part j’utilise celui au cobalt car j’estime que le préjudice est minime. Le siccatif contient 2 % de cobalt et on utilise environ 5 cl de siccatif par litre d’huile. Soit moins de 2 % de la totalité des ingrédients d’une peinture (huile, essence et pigments).

Est-ce possible de passer des gaines dans les murs en paille ?

J’interviens comme artisan électricien dans une construction paille. Le plombier fait passer les tuyaux des panneaux vers le ballon directement dans la paille. Deux tuyaux inox avec juste 2,5 cm d’isolant autour. La paille va être enduite de 4 cm de terre environ. N’y a-t-il pas un risque de surchauffe dans la paille ? D’autre part, le fil de terre du panneau sur le toit n’est que de 2,5 mm2. Comparé à ce que je vois dans d’autres maisons, cela me paraît un peu juste. À votre avis ?


Réponse conjointe d’Emmanuel Deragne, artisan ossature bois et formateur Pro-Paille, et de François Cousin, électricien spécialisé en électromagnétique. Le matériau ” botte de paille ” est un bloc d’une matière végétale agencée et comprimée, qui ne doit être ” reformée ” que si l’on est capable de conserver ou d’améliorer son agencement et sa densité. C’est à ce titre que l’on peut considérer la botte comme un composant du bâtiment à la fois isolant et support d’enduit. Les découpes ou percements aux formes courbes ne permettent pas d’assurer le bon respect de ces qualités initiales. D’autre part, les Règles professionnelles de construction paille (CP 2012) précisent les précautions à mettre en oeuvre lors de l’insertion des circuits de fluides à l’intérieur du matériau : il faut s’assurer de l’absence de risque de condensation. C’est pourquoi les professionnels consultés à propos du passage de la liaison solaire sont unanimes : on ne traverse pas la paille ! Mais un autre matériau, s’adaptant aux formes courbes, qui sera rempli dans une réservation prévue à cet effet, après la réalisation de la liaison solaire par le chauffagiste, peut être utilisé. L’étanchéité à l’eau, à l’extérieur, sera traitée à ce moment-là. Pareil pour l’étanchéité à l’air : passage bi-tube d’abord, ensuite remplissage isolant et enfin membranes et adhésifs adaptés. Concernant la section du fil de terre utilisée pour raccorder la partie métallique du capteur solaire thermique à la terre, elle doit être d’au moins 6 mm2.

Où trouver des appareils qui fonctionnent à l’eau chaude renouvelable ?

Pourriez-vous nous signaler des références et marques de lave-vaisselle fonctionnant à l’eau chaude solaire ? Les modèles sont-ils disponibles en France ? Michel. G


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de votre magazine préféré, La Maison écologique. Bonjour Michel, dans notre numéro 87 paru en juin de cette année, vous trouverez un article dédié aux machines à laver le linge et la vaisselle aptes à recevoir directement de l’eau chaude. Contrairement aux lave-linge, les lave-vaisselle n’ont pas besoin d’eau froide pour leur bon fonctionnement. Alors, même s’ils ne possèdent qu’une unique arrivée d’eau, ils sont en effet presque tous capables de recevoir de l’eau chaude provenant d’un ballon alimenté par des panneaux solaires thermiques ou un chauffage au bois (chaudière, poêle bouilleur…). L’unique condition est que l’appareil soit équipé d’un système de sécurité de type Aquastop coupant automatiquement l’arrivée d’eau si la température de cette dernière dépasse 60 °C. Au-delà de cette température, des dépôts de calcaire peuvent apparaître, ce qui réduira la qualité du séchage et endommagera votre vaisselle. Cependant, nous avons tout de même repéré un modèle de lave-vaisselle équipé d’une double arrivée d’eau, le LSA6544X3 de Smeg. Pour trouver des appareils ménagers performants, n’hésitez pas à consulter le site http://guidetopten.fr/ qui référence les machines les plus efficaces en vente en France.

Puis-je poser de la fibre de bois en milieu humide ?

J’ai besoin d’isoler le plafond de mon vide sanitaire et de ma cave. Reprenant le numéro 84 de votre magazine, j’ai lu avec attention et plaisir votre dossier « Le bois, un isolant qui a la fibre ». Ma déception fut à la lecture de cette phrase : « les fibres de bois sont sensibles à l’humidité permanente ». En effet, ma cave et mon vide sanitaire sont normalement humides et sans trace apparente. Un extracteur d’air motorisé installé par le précédent propriétaire maintient l’humidité à un niveau raisonnable. Suis-je condamné à utiliser du polystyrène, comme le Styrodur ? À partir de quel niveau d’humidité la fibre bois est à proscrire ? Puis-je utiliser un isolant dédié à l’isolation par l’extérieur ?  Jean-Louis B.


Réponse de Jean-Luc Lesoin, distributeur d’écomatériauxchez JLL Diffusion / Matériaux naturels. Le niveau d’humidité de votre vide sanitaire et de votre cave ne permet malheureusement pas d’envisager une isolation avec des panneaux de fibre de bois. L’ambiance humide en permanence n’est pas une bonne idée pour ce matériau. En revanche, je vous conseille la mise en oeuvre de panneaux en liège (deux couches croisées de 6 cm d’épaisseur, pour être en conformité avec la RT2012). Imputrescibles, ils resteront efficaces même dans une atmosphère très humide. Vous pourrez les fixer au plafond avec des chevilles ou des rondelles pour isolant rigide. Il en existe de différentes sortes, en fonction de la nature du support. Vous pourrez aussi utiliser un produit destiné à l’isolation extérieure : le Multipor, en 12 cm. Il s’agit de panneaux isolants minéraux (sable, chaux, ciment, eau), insensibles à l’humidité, perméables à la vapeur d’eau. Ils résistent aussi au feu et ils se fixent avec les mêmes accessoires que le liège. Je reste à votre disposition pour discuter de votre projet si besoin.

A-t-on le droit de laisser les conduits de fumée apparents ?

Nous venons d’acheter un poêle à bûches qui sera prochainement installé. Faut-il protéger le conduit de fumées qui passe dans une pièce ouverte (type mezzanine) à l’étage ? Sachant que c’est un conduit isolé de marque Poujoulat. Existe-t-il un texte qui nous obligerait à le protéger, car nous souhaitons le laisser apparent. Romain D.


Réponse de l’entreprise Cheminées Poujoulat Conformément à la réglementation DTU 24.1 § 13.1.5 Mise en oeuvre, « les conduits de raccordement […] doivent être visibles sur tout leur parcours. […] Les conduits de raccordement doivent permettre l’entretien et la dépose de l’appareil et demeurer démontables ». Par conséquent, les conduits situés dans la pièce où est raccordé l’appareil peuvent être visibles. Pour un intérieur plus design, Cheminées Poujoulat propose une gamme de conduits personnalisables et esthétiques. Conformément à la réglementation DTU 24.1 § 10.2.3.2.1, « dans les parties habitables ou occupées, les conduits de fumée composites métalliques rigides doivent être protégés par un coffrage ou une gaine s’ils sont susceptibles de recevoir des chocs […] ». La mezzanine n’est pas traitée dans la réglementation DTU. Quand le conduit se situe dans la mezzanine, il y a donc une traversée de plancher, le conduit doit alors être considéré comme dans une pièce habitable, et la réglementation du paragraphe ci-dessus 10.2.3.2.1 doit s’appliquer. Si le conduit est contigu à la mezzanine, il peut alors rester apparent sur toute la longueur jusqu’au rampant. Pour un meilleur fonctionnement de l’appareil et un bon tirage thermique, Cheminées Poujoulat conseille une hauteur de conduit de raccordement simple paroi limitée à 1,50 mètre.

Est-il dangereux d’utiliser une ampoule LED cassée ?

J’ai cassé le globe en verre d’une lampe DIALL 6 W (lampe à LED). La lampe fonctionne toujours et j’aimerais savoir s’il est dangereux de l’utiliser. Michel T.


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de votre magazine La Maison écologique Les ampoules LED (diode électroluminescente) ne contiennent pas de gaz, seulement des composants électroniques. Il n’y a donc pas de pollution gazeuse à craindre comme avec la casse d’une lampe basse consommation qui contient du mercure. Le fait d’avoir brisé le globe en verre de votre ampoule à LED va ” seulement ” modifier la diffusion de la lumière. Le danger se trouve alors dans la couleur émise, qui peut devenir agressive et dangereuse pour la rétine.

Comment imperméabiliser le bas de murs enduits de terre ?

Je cherche des informations sur une cire ou un produit qui permette d’imperméabiliser le bas de mes murs enduits en terre. Je ne souhaite pas installer de plinthe, mais je crains qu’en lessivant les sols ou en renversant de l’eau par inadvertance, le bas de mon enduit prenne l’humidité et se détériore. Merci. Nathalie R.


Réponse de Sylvain Moréteau, rédacteur pour La Maison écologique et auteur de Enduits de terre crue aux éditions Terre vivante Effectivement, les enduits (à la terre, à la chaux ou au plâtre) qui descendent jusqu’au sol sont susceptibles d’être tachés par la serpillière, abîmés par des chocs (jouets ou autres), voire de pomper un liquide répandu sur le sol. Généralement on conseille donc de laisser un centimètre entre le sol et l’enduit et de poser une plinthe (en bois, en carrelage) qui masque la jonction et protège l’enduit. Pour celles et ceux qui ne souhaitent pas poser de plinthe, voici comment renforcer l’enduit, sachant que cela ne sera jamais aussi solide qu’une plinthe et qu’un enduit terre restera absorbant : – Lors de la mise en oeuvre de l’enduit : à l’aide d’une lisseuse, veiller à serrer fortement l’enduit au bas des murs, lorsqu’il commence à sécher, pour le rendre compact et résistant. Introduire dans le mortier d’enduit de la cellulose, de la caséine, de la colle de farine de blé ou du savon noir, pour renforcer la tenue de l’enduit, limiter l’effritement et accroître légèrement sa résistance à l’eau. – Vous pouvez aussi réaliser une ” fausse plinthe ” en ajoutant du ciment blanc au mortier d’enduit de terre. – Une fois l’enduit posé et sec, divers produits peuvent être appliqués pour le rendre plus résistant à l’eau. Attention, l’application de ces produits tend à donner à l’enduit la teinte qu’il aurait à l’état humide. Citons les cires (de carnauba, saponifiée ou d’abeille), les huiles (de lin par exemple), et aussi la colle de farine de blé (pulvérisée ou appliquée au pinceau). La cire de carnauba a l’avantage de durcir l’enduit plus que les autres cires. Les huiles limitent l’absorption de l’eau mais ne vont pas durcir l’enduit.

Peut on rendre lessivable un enduit plâtre ?

Je rénove une maison en pierre en Mayenne. J’ai réalisé un plâtre à l’ancienne (finition à l’éponge) entre mes solives et je souhaiterais le protéger afin de le rendre lessivable. On m’a conseillé d’appliquer du copol de chez Diot (vernis à base de copolymères acryliques). Est-ce vraiment une bonne solution, avez-vous autre chose à me proposer, peut-être un peu plus écologique ? Paul B.


Réponse de Bruno Grouttry, artisan formateur entreprise Anachromie, rédacteur pour La Maison écologique et auteur de Peintures et enduits bio, éd. Terre vivante Il existe plusieurs solutions pour rendre un support lessivable. Faut-il encore que la surface de celui-ci le permette. Elle doit être suffisamment lisse pour que la saleté ne s’agglomère pas dans les creux. La plupart des fabricants de peinture naturelle proposent des peintures murales lessivables (voir LME no 79, article « Lessiver ses peintures »). Dans ce cas la finition sera opaque. Si le but est de garder l’aspect du plâtre, il vaut mieux utiliser un vernis ou une lasure incolore. Ces produits sont vendus en commerce de produits naturels pour l’habitat, ils sont généralement employés pour la protection du bois et résistent au lessivage. Ils peuvent aussi convenir pour le minéral comme le plâtre. Éviter les finitions mates qui sont beaucoup plus difficiles à nettoyer.

Isolation extérieure sur maison pierre

Je m’attaque à la rénovation d’une ferme du nord de l’Ardèche et le livre L’isolation thermique écologique constitue l’une de mes principales sources d’informations. Le choix d’isoler ou non par l’extérieur se pose aujourd’hui. Outre le respect du patrimoine, j’espère que vous pourrez m’apporter quelques éclairages car si certains avantages (efficacité, suppression des ponts thermiques, facilité de mise en oeuvre, etc.) et inconvénients (aspect, coût, etc.) me paraissent évidents, l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) me pose problème pour d’une part être sûr que la continuité capillaire sera assurée entre le mur et l’isolant (paille, laine de bois, chanvre…) et d’autre part être sûr que le bénéfice apporté par l’isolation ne sera pas trop réduit par la suppression dans le mur des phénomènes de rafraîchissement ou de dégagement de chaleur dus aux changements de phase de l’eau. Ces points sont évoqués mais pas vraiment approfondis dans ce livre et j’espère que vous aurez peut-être aujourd’hui des connaissances nouvelles ou des retours d’expérience qui pourraient m’aider. Les murs en pierres sont maçonnés à la chaux. Ils sont en contact avec le sol ou avec la roche mère, parfois en partie enterrés car le terrain est en pente ; ils mesurent 80cm d’épaisseur à la base et 40cm au sommet. Lilian R.


Réponse de Samuel Courgey, référent technique ” bâtiment et environnement “, formateur et co-auteur du célèbre L’isolation thermique écologique, édité chez Terre Vivante. M. Robert, concernant votre première question, sachez qu’il y a deux conditions à remplir pour avoir une continuité capillaire : que l’ensemble des couches du volume souhaité capillaire soient capillaires et qu’il n’y ait pas de vide entre elles (deux matériaux qui ne se touchent pas correspond à une rupture capillaire). Mais une parenthèse de votre texte me soucie, celle où vous citez les feutres de bois, le chanvre et surtout la paille. La recherche d’une continuité capillaire invite à retenir des isolants très capillaires, ce qui n’est pas le cas de la paille et de la majorité des feutres de bois. Pour le chanvre nous ne savons pas trop. De plus, dans ces situations où nous estimons que l’isolant risque d’être (plus ou moins souvent) traversé par de l’eau, nous sommes tentés de retenir des matériaux peu sensibles à l’eau, ce qui n’est par exemple pas du tout le cas de la paille. Sur le terrain, les retours montrent que la piste ” continuité capillaire ” invite plutôt à l’utilisation d’isolants minéraux : mousse de pierre (Multipor®…), perlite expansée non traitée hydrophobe, voire, côté intérieur, également des panneaux Calciterm®. Et seulement dans quelques situations spécifiques certains feutres de bois ou de la ouate de cellulose projetée humide. Mais dans votre cas, avez-vous besoin d’une continuité capillaire ? Je l’ignore, mais ceci ne semble pas évident. Votre seconde question fait référence à la concurrence qu’il y aurait entre performance thermique augmentée par le phénomène de changement de phase de l’eau dans les matériaux hygroscopiques et isolation par l’extérieur. Excepté certains murs sud massifs très ensoleillés en hiver, il n’y a pas photo : l’isolation s’impose. Bien entendu je sous-entends ici une isolation qui isole, donc qui ne soit pas (trop) dégradée par : – les ponts thermiques de liaisons (en ITE : tours de baies, bas et hauts de murs) ; – les ponts thermiques intégrés (fixations métalliques…) ; – des traversées de réseaux (électricité, eau…) ; – des flux d’air intempestifs. Concernant l’inertie c’est moins flagrant, mais réalisez qu’en isolant votre mur en pierres par l’extérieur, la totalité de sa masse profite à l’espace de vie, alors que non isolé elle profite plus à l’extérieur. Et pour ce qui concerne le confort d’été, vu qu’un isolant empêche tout autant les calories de rentrer en été que de sortir en hiver, et que l’inertie profite totalement aux espaces intérieurs avec une isolation par l’extérieur, là encore il n’y a pas photo : la solution ITE s’impose également.

Enduit terre et radon ?

Je souhaite réaliser des enduits avec la terre de mon terrain. Habitant près de Dinan (22), en zone à risque pour le radon, je m’interroge sur une contamination possible dans la maison. Nicolas P.


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique. Le radon est un gaz que l’on trouve dans des poches ” d’air ” en sous-sol. Une maison installée sur un tel site n’est pas ” dangereuse ” si elle est bien conçue (hérisson bien ventilé, ventilation intérieure de qualité). Les artisans locaux qui travaillent la terre crue, notamment sur les nombreuses maisons en bauge (technique de construction locale avec des murs porteurs en terre crue), ne suivent pas de prescription particulière contre le radon. Ce gaz n’est a priori pas présent dans un matériau de type enduit car il est vite rejeté par une bonne ventilation du logement. Cependant, si vous avez le moindre doute, il est possible de demander une analyse de votre terre à la Criirad (www.criirad.org/laboratoire/ radon/radon.html). Vous trouverez également sur ce site de pertinentes informations sur le radon.

Point de puisage éloigné de la production d’eau chaude

Nous avons installé un chauffe-eau solaire avec un appoint par chaudière gaz et sommes maintenant en train d’aménager une partie de la maison qui est éloignée de la chaufferie. Le plombier nous recommande d’équiper cette zone d’un chauffe-eau électrique d’appoint, de 50litres, qui servira à réchauffer l’eau en provenance de notre ballon de 500 litres situé à 15m. Je trouve cela dommage de maintenir “électriquement” 50 litres d’eau chaude. Un simple chauffe-eau instantané ne serait-il pas suffisant ? Elisa G.


Réponse de Romuald Caumont, chargé de mission énergie à l’Espace Info Energie ADIL du Loiret (www.infoenergie-centre.org). Deux solutions (voire trois) s’offrent à vous, mais dépendent surtout de vos besoins en eau chaude pour cette nouvelle partie de la maison. Si les besoins sont faibles et si vous possédez une arrivée de gaz, un chauffe-eau instantané gaz suffira (pas de stockage, pas de consommation de gaz inutile). Mais veillez à le choisir sans veilleuse ! Si les besoins en eau chaude sont plus conséquents, la solution proposée par l’artisan peut être pertinente si, et seulement si, les conditions suivantes sont réunies : – le dimensionnement initial (surface de capteurs et capacité du ballon) tient compte des nouveaux besoins en eau chaude sanitaire ; – les tuyauteries partant de la chaufferie traversent uniquement des locaux chauffés et sont correctement calorifugées. Si la nouvelle partie de la maison n’est pas prévue dans le dimensionnement et si ses besoins en eau chaude sont conséquents, investir dans une nouvelle installation au plus près des besoins pourra également être pertinent.

Autoconstruction paille, quels sont les contraintes et enjeux si la maison n’est pas labellisée RT2012 ?

Nous souhaitons autoconstruire une maison en paille porteuse et avons du mal à recouper les informations en ce qui concerne l’obtention du label RT2012. Nous  n’avons pas l’intention de revendre la maison car je suis paysan et la construction est attenante à la ferme. De plus, nous sommes convaincus que l’oeuvre sera de très faible consommation énergétique mais il se peut qu’elle n’entre pas dans les champs du label RT2012 car des éléments comme la paille porteuse ne sont pas reconnus dans le tableur du thermicien.
Nous souhaiterions connaître quels sont les contraintes et enjeux si notre maison n’est pas labellisée RT2012 ? S. et P-Y. T.


Réponse de Luc Floissac, conseiller environnemental, chercheur à l’école d’architecture de Toulouse et coordinateur de la rédaction des règles professionnelles de construction en paille au sein du RFCP (réseau français de la construction en paille).La RT2012 n’est pas un label, mais une réglementation obligatoire. Il est donc impossible d’y déroger. Il s’agit d’une réglementation thermique qui ne concerne pas le domaine structurel. Un bâtiment construit en paille porteuse peut donc être conforme à la RT2012 s’il en respecte les exigences énergétiques (Bbio, Cep etc.). Compte tenu des qualités matériau respectent généralement facilement ces exigences. Les caractéristiques thermiques du matériau paille sont décrites dans la RT2012 au niveau de l’annexe IX Performance par défaut des isolants bio-sourcés. Elle a été publiée au journal officiel dans l’Arrêté du 28 décembre 2012 relatif aux caractéristiques thermiques et aux exigences de performance énergétique des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments autres que ceux concernés par l’article 2 du décret du 26 octobre 2010 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des constructions. Les valeurs thermiques à prendre en compte sont donc les suivantes, à savoir :-Paille comprimée placée transversalement au sens de la paille (masse volumique sèche comprise entre 80 et 120 kg/m3) : conductivité thermique utile (λ) 0,052 W/(m.K).-Paille comprimée placée dans le sens de la paille (masse volumique sèche comprise entre 80 et 120 kg/m3) : conductivité thermique utile (λ) 0,080 W/(m.K). Sachez que le texte de la RT2012 est disponible gratuitement sur www.rt-batiment.fr et que le journal officiel est accessible sur www.legifrance.gouv.fr. Un cahier des ponts thermiques spécifiques à la construction en paille a été réalisé par le RFCP. Il est disponible auprès de celui-ci (www.compaillons.eu) et peut donc être utilisé pour réaliser des études RT2012 à partir de logiciels équipés du moteur de calcul réglementaire.

Récupérer l’eau de pluie d’une toiture en fibro

Question :


je voudrais récupérer l’eau de pluie d’une toiture pour arroser mon jardin mais les plaques de toît sont en fibro, diagnostiquées avec amiante. Y’a t’il un risque alimentaire ou médical à récupérer cette eau pour l’usage décrit, ou l’amiante est-elle enfermée dans la plaque ?


Réponse de Pierre L’écoleau de l’association Ec-eau-logis Il n’y a pas d’inquiétude à avoir par rapport à ces plaques fibro pour ce type d’usage, même avec amiante, car :-l’amiante est contenue dans la masse du produit et ne se désagrège pas si facilement ..-ce n’est pas à considérer tel qu’un stockage où l’eau y serait en contact permanent, mais il ne s’agit ici que d’un écoulement occasionnel ..-l’amiante est réellement dangereuse à l’état volatile, par inhalation, mais reste à démontrer quelle serait sa dangerosité en solubilité dans l’eau

  • pour l’infime quantité que l’on pourrait (peut-être ?) retrouver dans l’eau, ça ne représente aucun danger en arrosage.

Application huile dure dans une cuisine

Question :


Puis-je mettre de l’huile dure sur une table de cuisine en chêne massif, et ensuite m’en servir sans risque pour cuisiner et manger dessus ? Si oui, comment dois-je procéder pour l’application ? Et où puis-je me procurer cette huile dure ? C. R.


Réponse de Bruno Gouttry, artisan formateur aux Ateliers du Mathais et auteur de Peintures et enduits bio, éd. Terre Vivante. La plupart des fabricants de peinture naturelle proposent des huiles dures spéciales plan de travail. Vérifiez qu’elles respectent bien la norme DIN EN 71.3 qui a été mise en place à l’origine pour les jouets. Les huiles pour plan de travail des fabricants Livos, Nature & Harmonie, Biofa, Auro… suivent cette norme, mais je suis sûre que d’autres marques la respectent également. Renseignez-vous auprès des distributeurs de matériaux naturels pour l’habitat. Pour l’application, l’idéal est de partir du bois brut (retirez pour cela les anciennes couches). Appliquez des couches fines, et essuyez l’excédent d’huile au bout d’une petite heure à l’aide d’un chiffon. Effectuez un ponçage intermédiaire avant de répéter l’opération pour les couches suivantes. Appliquez au minimum trois couches en essuyant, même pour la dernière, l’excédent d’huile.

Installation électrique dans isolation en ouate de cellulose

Question :


Y a-t-il un risque à noyer une installation électrique dans une isolation en ouate de cellulose (en cas de court-circuit ou d’orage par exemple) ? M.-R. C.


Réponse d’Ecima, association européenne des producteurs de ouate de cellulose. Il faut s’assurer que les câbles électriques posés dans les vides de construction soient placés dans des gaines non propagatrices de flamme (P), ce qui interdit l’emploi des ICD oranges et des ICT. Il convient également, dans la mesure du possible, que les boîtes de dérivation soient positionnées en dehors du volume destiné à recevoir l’isolant. Si une boîte se retrouve malgré tout dans la ouate, il faut vérifier qu’elle est en bon état, étanche et bien fermée. Elle doit être localisée en fixant un « repère » au-dessus de son emplacement. Tous les spots, transformateurs et éléments dégageant de la chaleur doivent être placés en dehors du volume isolé. On peut par exemple créer une « protection » avec un pot en terre cuite qui dépassera la hauteur de l’isolant. Dans l’idéal, il faut créer une gaine technique d’au moins 10 cm de haut entre le parement intérieur et le support de l’isolant (frein-vapeur par exemple) pour permettre d’intégrer des spots en conservant une bonne étanchéité à l’air.

Recette du lait de chaux pour bloquer les tanins du châtaignier

Question :


Je recherche la recette du lait de chaux pour des planches en châtaignier destinées à l’extérieur. Le but n’est pas de les teinter, mais de bloquer les tanins pour éviter qu’ils ne coulent sur le soubassement en pierre. P. B.


Réponse de Monique Cerro, artisan, formatrice et auteure d’ouvrages, spécialiste de la chaux, de la terre et de la pierre. Normalement, le tanin ne coule que si les pluies le ravinent et c’est apparemment le cas de votre bardage. Vous ne voulez pas teinter le bois, mais le laisser vieillir naturellement. Or, le souci avec des bois tels que le châtaignier ou le chêne est que l’application de chaux fonce considérablement ces essences. Ils deviennent pratiquement ébène. Et même si cette teinte vous convient, il n’est pas sûr que le lait de chaux suffise à éviter que le bois se charge en eau et qu’ensuite le tanin s’écoule. À mon avis, il vous faut envisager une protection imperméabilisante pour empêcher le bois de se gorger d’eau. Une lasure écologique qui ne teinte pas le bois fera parfaitement l’affaire.
J’ai lu dans l’article « Un hangar de mousquetaire » (« Autoconstruire », LME no 71) que la profondeur de fondation n’avait pas été respectée, le PPR retrait-gonflement des argiles préconisant 80 cm pour 30 réalisés ! Mon métier de géologue/géotechnicienne me conduit à faire quelques remarques à ce sujet. Le fait que la structure soit légère n’est pas un argument favorable pour remonter le niveau de fondation. Au contraire, il serait préférable que la structure soit lourde pour s’opposer à la pression de gonflement de l’argile lorsque sa teneur en eau va augmenter. Ce qui, peut être, évitera de gros désordres, c’est que la structure soit plus déformable qu’une maison en parpaings ou briques. Elle devrait s’adapter plus facilement, sans trop de fissuration, aux mouvements du sol. Ce qui est fait classiquement pour éviter de fortes modifications de la teneur en eau des argiles est la réalisation d’un « trottoir » imperméable assez large tout autour des murs périphériques pour évacuer l’eau au loin quand il pleut (les gouttes d’eau s’infiltrent de préférence verticalement, d’autant que le terrain ne présente pas de pente, d’après les photos). Cela évitera surtout le dessèchement du terrain en période estivale sous les fondations. Cette solution ne réglera pas totalement le problème d’un niveau de fondation beaucoup trop haut, mais peut limiter les dégâts à moindre coût. M.P

Poêles à bûches dans une construction neuve et réglementation

Question :


Je viens d’apprendre que les poêles à bûches comme seule source de chauffage ne seraient pas possibles dans le neuf. Je suis sur le point de débuter la construction de ma maison et j’aurais souhaité avoir plus d’informations sur ce sujet, qui paraît flou. Doit-on obligatoirement passer par un dispositif de régulation ? Va-t-on être obligés de passer aux granulés, ou conserver les bûches mais en installant des radiateurs ? Merci d’avance pour vos éclaircissements. G.F.


Réponse de Ismaël LOKHAT, responsable scientifique au bureau d’études Cythelia L’article 24 de l’arrêté qui concerne la RT2012 précise : « Dans les bâtiments ou parties de bâtiment à usage d’habitation, une installation de chauffage comporte par local desservi un ou plusieurs dispositifs d’arrêt manuel et de réglage automatique en fonction de la température intérieure de ce local. Toutefois, lorsque le chauffage est assuré par un plancher chauffant à eau chaude fonctionnant à basse température ou par l’air insufflé ou par un appareil indépendant de chauffage à bois, ce dispositif peut être commun à des locaux d’une surface habitable totale maximum de 100 m2. » On lit également dans la RT2012 : « Lorsque le chauffage de locaux est assuré par un appareil de chauffage indépendant à bois qui n’est pas muni d’un système de régulation automatique, les locaux considérés doivent être pourvus d’un système principal de chauffage doté d’un dispositif d’arrêt manuel et de réglage automatique en fonction de la température intérieure. L’appareil indépendant de chauffage à bois intervient alors comme système complémentaire ». C’est ainsi que pour une surface de logement inférieure à 100 m², si le poêle n’est pas muni d’un dispositif de régulation en fonction de la température, il ne peut être qu’un chauffage complémentaire d’un système de chauffage muni lui d’un tel dispositif. Donc un poêle à bois n’est autorisé sans autre source de chaleur qu’à l’unique condition qu’il soit équipé d’un dispositif de régulation automatique fonction de la température intérieure. Au-delà de 100 m², il faut obligatoirement un autre système de chauffage que le poêle à bois muni ou non du dispositif de régulation. [Dans la pratique on voit apparaître des solutions peu orthodoxes : l’installateur prête un poêle à granulés le temps du contrôle puis pose ensuite un poêle à bûche… ! NDLR] Plus d’infos : une fiche d’application de cet arrêté a été récemment mise en ligne sur http://urlz.fr/b1B

Comment reconnaitre du bois densifié non traité ?

Question :


Je cherche une entreprise qui commercialise du bois densifié issu de chutes de bois non traité. Quand je demande la provenance de leur bois, ils me répondent
qu’il n’est pas traité. Mais comment en être sûre. Certains avancent le terme « écologique », mais n’ont pas de label.
Et le circuit bio attire et attise tellement les escroqueries. A. J.


Réponse de Nathalie Brac de la Perrière, animatrice Bois Énergie à Abibois, le réseau des professionnels du bois en Bretagne (www.abibois.com) La bûche densifiée est fabriquée à partir de déchets de bois. Ces déchets, issus des activités de la filière forêt-bois, peuvent avoir différentes formes : sciure, copeaux, chutes de bois de scieries, bois forestier déchiqueté, broyat de cagettes ou palettes… Le point commun de tous ces déchets est qu’ils doivent être propres, c’est-à-dire n’ayant reçu aucune colle, solvant ou autre adjuvant durant leur vie précédente. Une fois broyés, séchés et compressés, ils deviennent un combustible performant sous forme de bûche densifiée ou de granulé. Il existe des normes pour ces deux produits : la NF EN 14961 pour les briquettes de bois à usage non industriel ; et les normes NF EN 14961 et NF EN 15234 pour le granulé de bois à usage non industriel. Ces normes obligatoires sont différentes des marques de qualité ou des certifications qui, elles, sont une garantie que les fabricants respectent un cahier des charges précis, comme « NF Biocombustibles Solides » ou certaines démarches qualité régionales.

Pouvoir calorifique du bois, buchettes et ganulés

Question :


Concernant le dossier À chacun sa chaudière bois parue dans votre numéro 77 (octobre-novembre 2013) :
1 – Pourquoi vous ne publiez pas un tableau sur le pouvoir calorifique (PCI) du bois, des bûchettes reconstituées et du granulé ? Le pouvoir calorifique influe sur la quantité de combustible consommé et donc sur le coût final d’utilisation de la chaudière. Cette information pourrait venir en complément du tableau sur l’évolution du prix des combustibles bois publié page 30.
2 – Le stère comme unité de vente de bois est-il encore légal ?Y.C.


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de LaMaison écologique. Le dossier LME77 dont vous parlez s’intéressant aux équipements chaudières bois, nous n’avons pas inséré d’informations détaillées sur les combustibles. Cependant, vous avez tout à fait raison, le pouvoir calorifique inférieur (PCI) est un critère important pour choisir le combustible et in fine l’équipement le plus approprié à ses besoins. Voici les données moyennes des PCI que vous recherchez : 3800 kWh/t de bûches de bois sèches et fendues (soit environ 1 500 kWh/stère en bûches de 50 cm de longueur) ; 4700 kWh/t pour les briquettes de bois densifié ; 4800 kWh/t pour les granulés de bois ; 2 500 à 3 500 kWh/t (selon humidité) pour les plaquettes forestières. L’usage fait que nous parlons souvent de stère pour désigner les volumes de bois bûche. Mais les normes et labels de qualité actuels utilisent volontiers le MAB (mètre cube apparent bois). Sachez qu’un stère équivaut à 1 MAB pour des bûches de 1 m de longueur, mais à seulement 0,8 MAB pour des bûches de 50 cm et 0,7 MAB pour des bûches de 33 cm.

Existe-t-il des entreprises produisant du linoléum ciré sans revêtement de synthèse ?

Question :


J’ai commandé plusieurs de vos magazines car nous essayons de construire une maison la plus écologique possible. Je me suis attardée sur les articles linoléum qui m’intéressaient car nous souhaitons utiliser ce revêtement au sol. Vous parlez de Forbo mais les lino Forbo même ceux labellisés Nature Plus possède une couche de finition PU [polyuréthane, NDLR]. Ceux de la marque Armstrong aussi. Auriez-vous connaissance d’entreprises produisant du linoléum ciré sans revêtement de synthèse ?S. S-W.


Réponse de Nicolas Delbarre-Caux (A2ME Amboise), du réseau de distribution d’écomatériaux Nature & Développement. La production de linoléum naturel est le monopole de quelques entreprises en Europe. Leur communication est basée sur la facilité d’entretien et l’aspect sanitaire irréprochable, notamment pour les écoles et les hôpitaux. Ces garanties sont améliorées par la finition de surface leur permettant ainsi de garantir leurs produits en usage collectif durant de nombreuses années. De plus, une grande partie des fabricants produisant du parquet achètent ce type de produit fini et ne font que l’assemblage. Autant de raisons de ne pas pouvoir trouver un ” petit ” fabriquant proposant une finition plus simple ou à finir soit même comme cela se trouve facilement pour le liège. Vous trouverez en Allemagne des linoléums avec une finition vernis acrylique et non PU, mais pas ciré. Suite au courrier publié dans notre précédent numéro au sujet de la difficulté de s’approvisionner en France en linoléum naturel sans revêtement de synthèse, voici un nouveau complément d’informations.
Complément de Yohann Klein de BLEUVERT Déco-logis Tout comme le lecteur, lors de l’autoconstruction de notre maison nous nous sommes interrogés sur la composition des produits que nous allions utiliser. À la vue des difficultés rencontrées, j’ai décidé de mettre à profit notre expérience en ouvrant un magasin de produits de décoration, rigoureusement sélectionnés. J’ai donc choisi de commercialiser un linoléum fabriqué en Allemagne, 100 % naturel, à huiler ou à cirer sans finition polyuréthane ni acrylique. Le magasin est situé en Vendée, mais je peux le distribuer dans toute la France.

Dalle pour un abri de jardin, quelle serait la meilleure solution ?

Question :


Je souhaite réaliser une dalle pour un abri de jardin. Je voudrais éviter autant que possible le mélange ciment, sable, gravier. Les raisons sont surtout le fait que le sable est naturel mais est souvent prélevé dans un écosystème fragilisé.
Dans un budget raisonnable, quelle serait la meilleure solution ? Chaux-pouzzolane, béton végétal ou autres ? Pouvez-vous m’aider car j’ai posé plusieurs fois la question sans avoir de réponse concrète sur une mise en oeuvre pour ce projet. G. C.


Réponse de Monique Cerro, formatrice en restauration du bâti ancien, entreprise Terre Pierre et Chaux (69). La dalle en béton de chaux n’est pas préconisée en extérieur à cause du gel. Comme la chaux stocke et gère l’eau en l’évaporant selon l’hygrométrie ambiante, si la dalle est chargée en eau et qu’elle gèle, le risque est qu’elle se fissure ou se délite. Ne mettez surtout rien de végétal directement au sol, sinon gare au pourrissement. Ce qui est envisageable dans votre cas, c’est la réalisation d’une dalle en béton de terre peu argileuse (10 à 15 % d’argile environ), stabilisée au ciment prompt naturel de chez Vicatpar exemple (à 10 %) et tassée pneumatiquement.

Le mâchefer est-il nocif pour les habitants ? As t-il suffisamment d’inertie pour isoler par l’extérieur ?

Question :


Ma maison de 1946 est construite en mâchefer. L’étage, de 1967, est en brique de ciment. Le mâchefer est-il nocif pour les habitants ? A-t-il une inertie suffisante pour qu’une isolation extérieure vaille le coup ? Trois des murs ” donnent ” sur des propriétés différentes dont certains propriétaires refuseront de laisser passer les artisans si des travaux d’isolation extérieure se font. Peuvent-ils le faire ? B.G.


Réponse de Joséfa Pricoupenko – Atelier Nature Architecture, architecte DPLG, Bretagne. L’isolation par l’extérieur est la meilleure solution… quand elle est réalisable. Ainsi, au titre des lois dites ” Grenelle “, il est possible d’avoir l’autorisation d’empiéter sur le domaine public pour isoler. S’agissant d’espace privé, il n’existe pas de moyen légal pour obliger votre voisin à céder à titre gracieux ou onéreux de la surface de son terrain. En effet, aucun texte de loi n’autorise à empiéter sur le terrain voisin même pour une isolation par l’extérieur. Pour l’entretien de vos murs, une coutume appelée le ” tour d’échelle ” existe, ne reposant sur aucun texte du code civil mais sur l’accord amiable et la jurisprudence, cependant elle ne vous est ici d’aucun recours. Concernant les qualités sanitaires du mâchefer, il ne faut pas confondre le mâchefer, plus récent, appelé M.I.O.M. (qui n’est pas miam du tout !) acronyme de mâchefer issu de l’incinération des ordures ménagères-dont la toxicité est avérée et l’emploi réglementé – et le mâchefer de votre maison qui lui, est issu de la combustion du charbon et du coke. Très utilisé dans la construction jusqu’en 1960, sa conductivité et sa résistance thermique sont proches de celles du parpaing creux. Sa toxicité n’est pas avérée et, si risque il y a, il est probable que la couche d’enduit de plâtre vous empêche d’être exposé au risque et que la carbonatation du mur vous protège des éventuelles émanations dudit matériau.

Le traitement du bois autoclavé représente-t-il un risque pour la santé des enfants ?

Question :


Je souhaite installer une “cabane-lit” dans la chambre de mes enfants. La plupart des commerçants proposent du bois autoclavé classe 4. Ce traitement 
qui consiste à l’injection de produits à haute pression représente-t-il un risque pour la santé de mes enfants ? B.C.


Réponse de Sophie Frain, conseillère médicale en environnement intérieur (www.captair-bretagne.com) Depuis 2004, un décret interdit l’utilisation de traitement du bois à l’arsenic et au chrome, mais l’utilisation d’acide borique (reprotoxique R2), de cuivre, de fongicides et d’ammonium quaternaire est toujours permise, et a un impact sanitaire. Un bois autoclavé classe 4 est traité pour une utilisation extérieure avec un cocktail de produits pas forcément très sympathique, et qu’il est difficile de connaître sans consulter la fiche technique de sécurité. Tout traitement a inévitablement un impact sanitaire, plus ou moins important. La labellisation CTB+ garantit un faible impact sanitaire, mais reste déconseillée en intérieur. Il est donc préférable de choisir un bois non traité, adapté à l’usage que l’on doit en faire. Veillez à ce qu’il soit bien sec, car l’humidité est un facteur augmentant le risque d’invasion par les insectes, mais aussi le dégagement des COV (terpènes, aldéhydes, phénols,…) contenus naturellement dans le bois non sec (> 18 %). Dans tous les cas, ayez les réflexes suivants : utilisez les produits les moins émissifs possibles ; après l’achat, mettez-les dans un endroit ventilé et chauffé (de 3 à 28 jours) pour éliminer un maximum de COV, et continuez à aérer régulièrement votre logement.

Interrupteurs automatiques de champs

Question :


Nous avons une installation très ancienne et avons profité de la réfection du tableau électrique pour faire poser par notre électricien des IAC (interrupteurs automatiques de champs) sur les circuits d’éclairage et les prises des
chambres. Il a rencontré un souci en raison des ampoules fluocompactes présentes dans ces pièces. Leur puissance n’était pas suffisante pour déclencher les IAC, et le courant ne pouvait donc pas passer. Cela peut-il provenir du
modèle d’IAC installé ? Pour contrer le phénomène, l’électricien a installé deux résistances par circuit, directement sur les interrupteurs. Est-ce la seule solution
disponible ? Cela entraîne-t-il une consommation supplémentaire ? B.H.


Réponse de Claude Bossard, spécialiste des environnements électromagnétiques (www.electromagnetique.com) C’est une question que nous rencontrons très fréquemment et qu’il convient de se poser au moment du choix du modèle d’IAC*.Je recommande de choisir des modèles d’IAC compatibles avec les basses consommations. Ils peuvent fonctionner avec des ampoules ” basse consommation “, y compris des ampoules à LED, à partir de 4 watts, voire 1 watt pour certains modèles. Le problème, c’est que ce n’est pas toujours précisé sur les notices. Voici les modèles d’IAC compatibles : Gigahertz NA7, Biologa OMNI 2 et OMNI 3 pour des consommations à partir de 3 à 4 watts. Le modèle Eltaco FR12 est compatible aussi, mais ses réglages sont délicats. Gigahertz NA8 convient même pour des consommations d’un watt. Avec un IAC non compatible avec les ” basses consommations “, le branchement d’une résistance de charge reliée sur la lampe permettra effectivement l’enclenchement de l’IAC. Mais, elle entraînera une consommation supplémentaire inévitable. Le problème rencontré avec les ampoules basses consommations concerne aussi d’autres appareils tels que le poste de radio ou le chargeur de batterie. Mêmes certains aspirateurs ne démarrent pas, parce qu’au branchement la carte électronique a une consommation très faible. Il faut donc bien sélectionner les modèles et concevoir son circuit en fonction de ses besoins.

  • Les IAC déconnectent le(s) circuit(s) du réseau électrique dès qu’il n’y a aucune consommation de courant. Il rétablit la tension dès qu’il détecte une demande de consommation. Il est bien adapté pour protéger les chambres.

Faut-il laisser un vide d’air entre pare-pluie et isolant pour éviter la condensation ?

Question :


J’ai un projet d’isolation de comble. Ma toiture est ainsi composée : tuile, lame d’air, pare-pluie. En hiver, la condensation se transforme parfois en stalactite.
Pour l’isolation, je me demandais s’il était préférable de la placer directement sous le pare-pluie pour éviter que la condensation ne se forme et ne tombe sur  l’isolant ou s’il fallait laisser un vide de 4 cm ? N.Q.


Réponse de Renaud Gille-Naves (Bio Houdan Matériaux), du réseau de distribution d’écomatériaux Nature & Développement. Dans la question posée ce qui semble étonnant c’est le fait que de la glace se forme coté intérieur sur le pare-pluie. Ce pare-pluie n’est sans doute pas HPV (haute perméabilité à la vapeur) ou de type microporeux (échange passif gazeux). Cette glace ayant un effet pare-vapeur elle amplifie le phénomène. Il faut être vigilant car les solutions apportées dépendent de nombreux critères dont ceux de la zone géographique et de son altimétrie. En règle générale, pour limiter les phénomènes de condensation, il est possible de coller l’isolant contre le pare-pluie, s’il est HPV (Sd=0,02 m). Le fait d’utiliser un isolant sorbant permet aussi de limiter ce phénomène. L’utilisation d’un frein-vapeur hygrovariable (type Intello) permettra en été par rétrodiffusion d’assécher le complexe d’isolation de toiture et de limiter en hiver la transmission par diffusion de la vapeur d’eau. Si le pare-pluie est d’un type autre, il conviendra de faire une étude spécifique pour étayer et valider la solution technique avec un logiciel de calcul dynamique type WUFI. On retiendra de toujours respecter les trois principes d’une bonne isolation pérenne : continuité de l’isolation, continuité de l’étanchéité à l’air et bonne gestion de la vapeur d’eau.

Une aspiration centralisée est-elle compatible avec une étanchéité à l’air ?

Question :


Une aspiration centralisée est-elle compatible avec une étanchéité à l’air performante ? Est-il possible d’en installer dans une maison passive ? G.D.


Réponse de La Maison Passive France, via un retour d’expérience d’habitant allemand d’une maison passive. J’ai une aspiration centralisée dans ma maison passive et cela ne pose aucun problème. Les 100 à 200 m3/h qui sont aspirés dans les pièces de vie sont rejetés après avoir été filtrés à l’intérieur du bâtiment et la ventilation double flux équilibre les volumes d’air. Je n’ai jamais eu de problème. La dépression que peut causer l’aspirateur centralisé n’est vraiment gênante que lorsqu’on a un foyer allumé (poêle, cuisinière gaz, etc.) et que cette dépression risque de faire rentrer des composés de combustion inopportuns. Pour éviter ce risque, on installe un capteur de pression qui au-dessus de 4 Pa de différence entre l’intérieur et l’extérieur arrête la centrale double flux et l’aspirateur jusqu’à ce que l’équilibre soit rétabli. L’ouverture d’une fenêtre le temps du passage de l’aspirateur peut représenter une alternative économique.

Quelle peinture écologique lessivable choisir pour l’intérieur ?

Question :


Je recherche une peinture écologique lessivable pour l’intérieur. Pourriez-vous me conseiller des marques ?


Réponse de Bruno Gouttry, artisan formateur aux Ateliers du Mathais et auteur de Peintures et enduits bio, éd. Terre Vivante. Pour qu’une peinture soit lessivable, il faut qu’elle puisse résister à la lessive et aux frottements. La soude contenue dans la lessive ramollit les huiles, et les frottements finissent par tout enlever. Une peinture brillante résiste à ces deux actions car sa surface est plus lisse et donc moins vulnérable. Chaque fabriquant de peinture naturelle propose différents types de peintures. Les peintures pour bois, type laque, sont lessivables et résistent aux frottements. Il existe aussi des peintures murales qui sont lessivables et résistent à l’abrasion. Elles sont souvent d’aspect satiné et comportent la mention ” ultra résistante “. Néanmoins, lors du nettoyage, il faudra bien rincer la lessive pour éviter que celle-ci ne reste trop longtemps sur la peinture et finisse pas l’attaquer.

Quelles différences y a-t-il entre de l’OSB 3 et de l’OSB 4 ?

Question :


Quelles différences y a-t-il entre de l’OSB 3 et de l’OSB 4 ? C’est pour l’intérieur d’une maison. L. T.


Réponse de Renaud Gille-Naves ( Bio Houdan Matériaux ) et de Nicolas Delbarre-Caux ( A2ME à Amboise ), du réseau de distribution d’écomatériaux Nature & Développement. L’appellation OSB est l’acronyme de sa dénomination anglo-saxonne ( Oriented Strand Board ). Les panneaux OSB peuvent être classés selon différents critères. Quatre types de panneaux peuvent se rencontrer, selon les exigences de la norme NF EN 300. OSB 1 : panneau pour usage général en milieu sec OSB 2 : panneau travaillant utilisé en milieu sec OSB 3 : panneau travaillant utilisé en milieu humide OSB 4 : panneau travaillant sous contrainte élevée en milieu humide Donc, pour un usage intérieur, l’OSB 3 sera suffisant dans toutes les pièces de vie en contreventement intérieur, en dalle de plancher ou pour la fabrication de meuble. Nous vous conseillons vivement d’utiliser un OSB garanti sans formaldéhyde à l’intérieur de votre maison afin de garantir une bonne qualité de l’air de votre habitat. Le formaldéhyde ou formol est un produit chimique utilisé dans des secteurs très variés de l’industrie : papier, tannage du cuir, photographie, produits issus de la chimie organique, fibres artificielles, teinture et ennoblissement, résines et colles, engrais… Dans l’environnement intérieur, la principale source est le tabagisme puis les panneaux à base de bois, les peintures, vernis, colles et enduits, cosmétiques, moquette, tissus d’ameublement ( source Ineris )… Le réseau Nature & Développement commercialise une gamme de panneaux OSB avecun liant faible en formaldéhyde, respectant le standard E1 d’émission de formaldéhyde qui tolère un maximum de 0,75 ppm. Nous venons de trouver un fabricant proposant des panneaux OSB avec un taux de formaldéhyde de seulement 0,07 ppm ( soit 10 fois moins que la norme la plus faible ). Nous essaierons de basculer sur cette gamme en 2013. Il faut faire attention aux dénominations. Les dalles d’agencement ressemblent à de l’OSB 3, mais n’en possèdent pas les caractéristiques mécaniques ( d’où l’importante différence de prix ). Tous les produits que nous distribuons sont au minimum de l’OSB 3 et chaque panneau est marqué. Ce marquage complet permet de connaître les caractéristiques du panneau.

Quelles sont les caractéristiques de l’aérogel ?

Question :


Suite à la réception d’une lettre d’info professionnelle ( je suis maçon ) sur une nouvelle solution pour l’isolation des façades anciennes ( Fixit 222 ), je me pose plusieurs questions. Il s’agit d’un enduit isolant fabriqué apparemment en Suisse, fait à base d’aérogel. Mais quel est le liant utilisé ? Est-il perspirant ? Quelle esthétique ? Peut-on l’utiliser en intérieur ? Merci de mener l’enquête. J. M.


Réponse de Monique Cerro, formatrice en restauration du bâti ancien, entreprise Terre, Pierre et Chaux ( Mardore, 69 ). D’après les fiches techniques du fabricant, le Fixit 222 est un enduit isolant pré-formulé et prêt à l’emploi composé d’agrégats ( sable et microbilles de silicate, de type feldspaths ou quartz ), de liants ( chaux NHL5, chaux hydratée, ciment blanc, terre cuite naturelle ), d’agents de rétention d’eau, d’entraîneurs d’air, d’agents hydrofuges. L’enduit doit être appliqué sur une couche d’accroche au ciment ( Fixit 211 ou 281 ) et recouvert d’un treillis maillé puis d’un fixateur et enfin d’une finition à la composition similaire au Fixit 222, mais fibrée et sans aérogel. La NHL 5 est généralement utilisée pour les sols ou la maçonnerie de construction. Elle est dure et peu adaptée pour les enduits. L’ajout de ciment blanc à hauteur de 25 % explique que le délai de mise en oeuvre soit réduit à 30 minutes alors qu’une NHL 5 reste ouverte de 3 à 5 h. Les adjuvants sont là pour permettre le passage de la chaux dans la buse de la projeteuse : sans eux, les buses se bouchent trop vite. Leur nature n’est pas spécifiée, mais en général, ce sont des résines synthétiques plastifiantes. À noter que ni le ciment ni l’agent hydrofuge, selon la fiche technique, n’empêchent la perméabilité à la vapeur d’eau puisque le coefficient du produit est donné à 5/6, comme un enduit chaux pur. On peut néanmoins douter… à moins qu’elle ne soit assurée que grâce à l’aérogel. En tout cas, la sous-couche en ciment préconisée, elle, n’est certainement pas perspirante. Dans la mesure où le Fixit 222 doit être recouvert d’un enduit de finition, la question de l’esthétique ne se pose pas forcément. Néanmoins, l’aspect paraît être similaire à celui d’un corps d’enduit chaux-sable 0/4. Côté énergie grise, la donnée n’est pas mentionnée et bien difficile à calculer. Mais on peut supposer que vu que ce produit est très industrialisé et qu’il utilise des matériaux à forte énergie grise, elle ne peut être qu’importante.

Capteurs solaires à air couplés à de petits panneaux photovoltaïques

Question :


J’ai vu dans votre magazine des capteurs solaires à air couplés à de petits panneaux photovoltaïques pour fournir l’électricité nécessaire au ventilateur. Pourquoi n’est ce pas la solution généralisée pour les panneaux thermiques (à eau) dans la mesure où il semble judicieux d’utiliser le soleil pour le circulateur dont le fonctionnement doit être synchrone avec… la présence de ce même soleil pour chauffer les panneaux ? P. L.


Réponse de l’association Hespul, spécialisée (entre autres) dans l’information sur le photovoltaïque et notamment via le site photovoltaique.info, centre national d’information et de ressources sur la filière photovoltaïque. La simultanéité des productions solaires thermique et photovoltaïque est effectivement favorable à l’utilisation de l’électricité solaire par les auxiliaires d’un capteur solaire. Techniquement, soit votre circulateur fonctionne en courant continu, ce qui ne correspond pas à un équipement standard, soit vous optez pour des modules photovoltaïques avec micro-onduleur intégré. Pour 4 m2 de panneaux solaires thermiques, vous aurez besoin d’environ 0,25 m2 de capteurs photovoltaïques (30 Wc). La technologie hybride photovoltaïque/thermique permet effectivement d’augmenter le rendement énergétique global du capteur. Toutefois, le rendement photovoltaïque étant favorisé par une ventilation suffisante des modules et le rendement thermique par leur isolation renforcée, favoriser un des modes de fonctionnement se fera nécessairement au détriment de l’autre. Le dimensionnement d’un système hybride ne se fera pas sur les ratios habituellement utilisés. La puissance photovoltaïque couramment installée est de l’ordre de 3 kW, ce qui correspond à un peu moins de 30 m2 de surface de capteur. Pour le solaire thermique, cela représente environ 5 fois la consommation d’eau chaude sanitaire d’un foyer de 4 personnes, d’où le risque de surchauffe qu’il est nécessaire de gérer d’une manière ou d’une autre (capteurs autovidangeables, inclinaison capteurs > 45 °…). La juxtaposition des deux technologies sur une même toiture est possible dans la plupart des cas : le gain de surface obtenu n’est donc pas un critère déterminant. De plus, ce type d’installation requiert des compétences multiples : étanchéité, électricité, plomberie voire chauffage. Sa bonne réalisation nécessite un artisan hors pair, pointu dans ces différents domaines. Les programmes de recherche sont cependant actifs et certains fabricants commercialisent déjà des capteurs hybrides. Le choix pour ce type de technologie sera donc fonction de l’usage qui sera fait de l’énergie produite et in fine, de l’investissement associé. En effet, le coût des installations hybrides est bien souvent élevé pour les particuliers : suivant les devis constatés entre 20 000 et 50 000 €, là où deux installations dissociées (PV 3 kWc et Thermique 4 m2) coûteraient dans les 16 000 €. Dans le n° 76 de LME j’ai lu un courrier de lecteur concernant l’utilisation d’un circulateur 12 V associé à un module PV pour utilisation dans les chauffe-eau solaires. Je voudrais apporter une autre Réponse , plus proche de la question très perspicace posée par le lecteur.
Marc Sarrazin – SUD ÉNERGIES (distribution, études, conseils EnR solaire et bois) Ce système est effectivement possible. Ancien installateur, j’ai de nombreuses installations qui fonctionnent de cette façon, depuis plus de 10 ans pour les plus anciennes. Le principe est simple. Un module PV de 20 Wc est raccordé en direct à un circulateur adapté et prévu pour cette utilisation. Le système est très performant avec un fonctionnement du circulateur en vitesse variable en fonction de l’ensoleillement. C’est effectivement peu connu et c’est dommage. Il est très fiable et le prix du kit 12 Volts (inférieur à 500 euros) est sensiblement identique à celui d’une station solaire classique avec circulateur en 220 V et régulation différentielle.

Comment empêcher l’air de passer entre le dormant en bois d’une fenêtre et un mur en terre ?

Question :


J’aimerais savoir comment empêcher l’air de passer entre le dormant en bois de ma fenêtre et le mur en terre (pisé). Merci. M.T.


Réponse de Nature & Développement, réseau national de distributeurs de matériaux écologiques (contact p. 74) En théorie, la pose d’une fenêtre intègre la mise en place d’un système d’étanchéité à l’air avec des bandes autocollantes type Contega SL ou Contega IQ (marque Proclima) ou des compribandes type Impreband Trio (marque NEC+). Ces dernières sont à privilégier avec les murs en pisé. Mais sur une fenêtre déjà en place, il est difficile, voire impossible, de poser correctement une bande mousse précomprimée. Comment dès lors remplir l’espace entre le mur et le dormant ? Première hypothèse, l’espace est important. Nous vous suggérons alors de mettre de la filasse de chanvre en vrac pour remplir le fond dans sa quasi-totalité et réaliser ainsi un « fond de joint ». Pour mener à bien ce remplissage, il est nécessaire de pousser la filasse fortement avec un réglet ou une équerre métallique. Il faut ensuite réaliser l’étanchéité mur/dormant. Nous recommandons le mastic de remplissage à base de liège n° 396 Auro. Cette finition a l’avantage de pouvoir être peinte. Seconde hypothèse : si l’espace à obstruer est trop fin pour recevoir de la filasse, il suffira de remplir avec le mastic de remplissage.

Peut on distribuer l’air chaud du salon vers d’autres pièces via une VMC?

Question :


Je fais appel à vous pour savoir s’il est possible, via une VMC par exemple, de distribuer l’air chaud de mon salon vers d’autres pièces. En effet, avec la cheminée j’arrive facilement à monter la température du salon à 25 °C. Mais je
suis tout de même obligé d’allumer le chauffage dans mes chambres. S. R.


Réponse de Jacques Gautier, bureau d’études thermiques Ekube ( 35 ). La chaleur volumique de l’air est de 0,34 Wh/m³.°C ( chaleur nécessaire pour réchauffer 1 m³ d’air de 1 degré ). La puissance P ( en W ) que peut apporter un chauffage par l’air avec un débit d’air Q ( m3/h ) et pour une différence de température de l’air DT est P = 0,34 x Q x DT. Ainsi, si votre chambre demande 1 000 W de puissance pour maintenir une température de 19 °C et que vous soufflez de l’air à 25 °C, le débit d’air devra être de 1 000/( 0,34 x ( 25-19 ) ) soit 490 m3/h. Si vous soufflez à 30 °C, le débit devra être de 270 m3/h. Ce sont des débits élevés, valables pour une chambre, qui vont avoir des répercussions sur le déplacement d’air global dans la maison. Si on prend un débit plus faible ( 100 m3/h ), les puissances disponibles seront de l’ordre de 150 à 300 W. Les puissances apportées sont assez modestes et il faut répartir ces débits/ puissances dans plusieurs chambres. Dans tous les cas, limiter la température de l’air à 52 °C maximum afin d’éviter sa pyrolyse. Autres considérations : il vaut mieux prendre un bloc ventilateur à débit élevé ( 400-800 m3/h ) plutôt qu’un bloc VMC ; les conduits doivent être isolés et placés dans la partie isolée de votre logement. L’entrée d’air dans le séjour est à placer en partie haute. Utiliser des gaines de diamètres importants ( minimum 125 mm ) qui peuvent se nettoyer ( intérieur lisse, semi-rigide… ). Si vous alimentez plusieurs chambres avec des longueurs de gaines variables, les débits sortants par chambre vont varier ( et donc les puissances ). Des débits trop élevés ou un diamètre de gaine trop faible vont entraîner du bruit dans vos gaines et donc dans vos chambres. Attention également au passage du son entre vos chambres et la pièce de prélèvement. Le chauffage par l’air à débits élevés véhicule des poussières et est donc à déconseiller en cas d’allergie.

Tenue dans le temps des adhésifs pour l’étanchéité à l’air.

Question :


Dans les maisons ossature bois multicouches, il me semble que le point faible se situe au niveau des kilomètres d’adhésif nécessaires pour l’étanchéité à l’air. Le recul semble très faible sur la tenue dans le temps de ces produits. Des tests d’infiltrométrie ont-ils été réalisés sur les plus anciennes maisons équipées ? M. G.


Réponse de Delphine Saint Quentin, Wigwam Conseil (bureau d’études et centre de formation, environnement et santé du bâti — programme stages 2013 sur www.wigwamconseil.com) La pérennité des produits adhésifs utilisés pour l’étanchéité à l’air est une question récurrente que notre bureau d’études a posée à la fois aux fabricants de produits et à des organismes de normalisation en France. Concernant la normalisation, aucune norme en France ne s’applique pour l’instant. C’est en cours de réflexion et de mise en place, au sein du FCBA notamment. Pour autant, la majorité de ces produits sont utilisés depuis de nombreuses années dans les pays voisins (Allemagne, Belgique, Suisse…), ce qui permet d’avoir leurs retours. Les fabricants s’engagent, sur la base d’essais de vieillissement accélérés, à une bonne tenue dans le temps. Il est important de rappeler que ce n’est pas tant la pérennité du produit lui-même qu’il faut questionner, mais les conditions de bonne mIse en oeuvre pour permettre une parfaite adhérence. Les modes d’emploi détaillent bien les conditions pour chaque produit (exemple : support sec, non gras, dépoussiéré, température de pose…). Le non respect peut entraîner une mauvaise adhérence. Cela se vérifie lors de la réalisation d’un test, de préférence en cours de chantier (hors d’eau, hors d’air) afin d’avoir une visibilité sur les produits. Enfin les premières campagnes de mesure, 5 ans après livraison, sont en cours de réalisation en France. Les résultats devraient être prochainement disponibles.

Quels traitements contre les larves de capricornes?

Question :


Notre charpente est constituée d’essences locales (chênes, peupliers et pins maritimes). En déposant l’ensemble des tuiles, nous avons trouvé de nombreuses voliges et des liteaux attaqués par des larves de capricornes.
Nous avions pourtant traité l’ensemble de la charpente il y a moins de cinq ans (par le dessous, mais en abondance) avec un produit que nous préférerions n’avoir pas à appliquer de nouveau, le xylophène. Existe t- il des traitements alternatifs ? N. B.


Réponse du réseau Nature & Développement, distributeurs de matériaux écologiques en France. Pour préserver durablement le bois des xylophages, il existe des produits écologiques sans fongicides ni insecticides dont le spectre d’action est très large. Mais attention, parmi les produits dits écologiques, certains sont composés de pyréthrinoïdes de synthèse mélangés à des isoaliphates (white-spirit désaromatisé) ! Notre réseau recommande deux produits : Wood Bliss et HM1. Avec ces traitements, le bois d’oeuvre n’excite plus l’appétit des xylophages, et se trouve ainsi protégé « à vie ». Mieux, cette protection minérale renforce un bois attaqué, augmente sa résistance au feu et permet de réduire les émissions polluantes d’un produit chimique préalablement appliqué. Ce procédé, breveté et certifié, est conforme aux normes européennes EN 46 et EN 113. Wood Bliss, l’original, est un concentré à diluer. Des versions fortement diluées sont proposées sur le marché, mais elles n’offrent pas la même efficacité.

Y-a-t-il des dégagements d’ammoniac provenant de ouate de cellulose contenant de l’ammonium ?

Question :


Il y a, sur des forums Internet, des messages sur des dégagements d’ammoniac provenant de ouate de cellulose contenant de l’ammonium en plus ou en remplacement du sel de bore. Avez-vous des informations sur le sujet ? S. V.


Réponse d’Olivier Legrand, président d’Ecima, association européenne des producteurs de ouate de cellulose. En octobre 2012, il a été constaté, dans des cas exceptionnels sur des chantiers d’isolation, des dégagements d’odeurs désagréables d’ammoniac en provenance de ouates de cellulose. Les membres d’Ecima ont immédiatement mis en place un audit de traçabilité pour trouver l’originedes lots défectueux. La présence d’un taux d’humidité élevé, d’un environnement alcalin, et/ou d’une eau avec un pH élevé peut être à l’origine de ce dégagement d’odeurs. La pose d’un pare-vapeur est donc recommandée pour de la ouate protégée avec des sels d’ammonium. À noter, la ouate avec sel de bore n’est pas du tout concernée par ces dégagements d’odeurs.

Que représente véritablement le facteur vapeur d’eau par rapport à celui des remontées d’eau ?

Question :


Je me pose une question concernant le salpêtre que je vois apparaître sur un  enduit chaux/chanvre. Mis à part les remontées capillaires au travers des murs  de soubassement, et autres infiltrations d’eau accidentelles, peut-on imaginer que la  vapeur d’eau contenue dans l’air ambiant puisse générer, ou du moins amplifier,  l’apparition de salpêtre ? Bien que la ventilation soit un paramètre déterminant pour la réduction du risque encouru, que représente véritablement le facteur vapeur d’eau par rapport à celui des remontées d’eau ? P. D.


Réponse de Luc Van Nieuwenhuyze, maçon, formateur pour Maisons paysannes de France et accrédité par Construire en Chanvre (contact p. 74) Toutes les efflorescences qui apparaissent sur les murs ne sont pas du salpêtre à proprement parler. Le salpêtre est le nitrate de potassium. Sous la dénomination de « salpêtre », on regroupe beaucoup de sels minéraux apparaissant sous forme d’efflorescences diverses, dont certaines ne sont pas nocives. Donc, bien que le mot soit d’usage commun, je préfère parler d’efflorescence. J’ai eu l’occasion d’observer des efflorescences apparues sur des enduits chaux/chanvre contenant du plâtre, mais je n’ai jamais de problème lorsque j’emploie un chanvre adapté à la construction avec des liants dont j’ai la garantie de bon fonctionnement avec le chanvre. Si le séchage s’est passé dans de bonnes conditions de ventilation, les causes sont sans doute à rechercher dans les différents composants de l’enduit : le chanvre était-il de bonne qualité ? Sans poussières, ni feuilles qui se dégraderaient sous l’action basique de la chaux, avec pour résultat la présence de sels minéraux. Le liant fonctionne-t-il bien avec le chanvre ? Des études récentes ont démontré une influence négative certaine de sucs végétaux émis par le chanvre sur la prise d’un liant hydraulique. Dans l’état actuel de nos connaissances, nous devons nous appuyer sur les règles professionnelles qui font valider le bon fonctionnement des liants avec le chanvre. Les tests sont faits par des laboratoires indépendants des fabricants de liants. La liste des liants et des chanvres ayant subi les tests est disponible sur le site de l’association Construire en Chanvre (http://tiny.cc/7hozrw). Quant aux transferts en eau sous formes vapeur ou liquide, une certitude : le chanvre a des capacités d’absorption et de diffusion bien supérieures à la majorité des matériaux. Du coup, il a plutôt tendance à diffuser, répartir et atténuer les effets des mouvements d’eau.

Four en terre crue et évacuation des combustions

Question :


En lisant votre article (« Construire un four en terre crue », LME 69), quelque chose m’a intrigué : vous n’évoquez pas l’ouverture qui permet aux produits de combustion de s’évacuer à l’extérieur. Ce « trou » en haut à l’arrière du four permet d’éviter d’accumuler les polluants et les suies, protégeant ainsi la nourriture et donnant également la possibilité d’ouvrir ou fermer l’entrée principale du four pour réduire les pertes de chaleur. T. B.


Réponse de l’artisan Rémy Quéhon (contact p.74), spécialiste des fours à bois en terre crue NBIO (Natural Building Institute of Ontario), réalisation, formation à la construction et à l’utilisation, rénovation tout type de four à bois. Dans le modèle présenté (type romain), l’évacuation de l’air chaud et des fumées se fait dans la partie supérieure de l’ouverture frontale. Un phénomène de convection se met en place permettant la circulation de l’air dans le four. Comme le feu a besoin d’oxygène, il attire naturellement l’air à l’intérieur du four par la moitié basse de l’ouverture. En fin de circuit, cet air chaud composé d’humidité et de dioxyde de carbone est évacué par la moitié supérieure de l’ouverture. La porte peut obstruer complètement cette ouverture, coupant ainsi la circulation de l’air et maintenant le four à température. L’absence d’ouverture arrière ou supérieure dans ce modèle a pour but de faire circuler les flammes sur toute la voûte du four et donc de le charger en chaleur de manière optimale. Le four est chaud lorsque, à la température de 350 °C sur la voûte, les résidus de carbone s’y consument. La voûte qui avait noirci pendant la chauffe redevient alors toute blanche. Le four est donc propre et a accumulé assez de chaleur pour plusieurs heures de cuisson.

Où se procurer du plâtre gros?

Question :


Dans l’un de vos numéros (n° 68), vous avez mis en avant le plâtre gros. Voulant tester les recettes, j’ai cherché à acheter les produits de base (chaux aérienne et plâtre gros) et à ma grande surprise, il est très difficile de trouver des distributeurs de chaux aérienne et quasi impossible d’acheter du plâtre gros. L. P.


Réponse de Jean-Claude Mengoni, rédacteur pour La Maison écologique, auteur d’ouvrages aux éditions Terre vivante et spécialiste de l’écoconstruction. Il est vrai que le plâtre gros n’est pas un produit extrêmement utilisé de nos jours. Et pourtant, des fabricants comme Lafarge ou Socli le proposent dans leur gamme. Beaucoup de négoces ne le stockent pas. Rentabilité non assurée ! Quelques pistes : l’achat sur Internet, possible, mais alourdi par les frais de port ; les centres de formation à la restauration du patrimoine l’utilisent et ne refuseront pas de vous en céder un ou plusieurs sacs ; un artisan spécialisé dans la maçonnerie des vieilles pierres.Y a-t-il un autoconstructeur dans votre région qui bâtit avec le procédé « canosmose » dans lequel intervient le plâtre gros ? vous pouvez également contacter les plâtres Vieujot (www.platre.com) afin de déterminer si un artisan local est un de leurs clients.

Quel est le moyen écologique pour supprimer les lichens et les mousses sur toiture ardoise ?

Question :


Nous avons de plus en plus de lichens, de mousses… sur notre toiture ardoise. Quel est le moyen écolo pour les supprimer ? J.-P. R.


Réponse du réseau Nature & Développement, distributeur de matériaux écologiques en France. Résultat d’une mauvaise exposition au soleil ou de la proximité d’un arbre, la présence de mousse oblige à traiter régulièrement. À défaut de pouvoir agir sur la cause, Nature & Développement recommande une bonne recette de grand-mère pour faciliter le nettoyage. Dans un grand seau d’eau, mélangez de l’acide citrique, du bicarbonate de soude avec une huile végétale type colza. Ajoutez une huile essentielle de géranium. Pulvérisez le mélange sur les surfaces (murs, tuiles, terrasses) qui contiennent de la mousse. Laissez agir 2 à 3 jours sans pluie. Passé ce délai, les mousses auront séché et vous pourrez nettoyer au jet d’eau et à la brosse. Attention à la contrainte « beau temps » sous peine de devoir recommencer !

Produit pour étanchéifier les jonctions de murs terre-paille.

Question :


Je rénove ma maison et je cherche un produit pour étanchéifier les jonctions des murs. À la lecture de plusieurs documents relatifs au procédé terre-paille, je suis étonné de constater que certains des opérateurs attendent environ 12 heures entre la « fabrication » et la phase de remplissage, alors que d’autres se passent  de ce délai et utilisent le mélange directement. Cette différence pourrait-elle entraîner des conséquences sur la suite de la mise en oeuvre et, éventuellement, des déséquilibres sur la structure ? D.C. de Montreuil (93)


Réponse de Alain Marcom, artisan et fondateur de la SCOP Inventerre, membre du réseau Écobâtir et auteur de l’ouvrage Construire en terre-paille, aux éditions Terre vivante. Ce temps d’attente entre le mélange et la mise en oeuvre du terre-paille permet de laisser s’écouler le trop-plein d’eau. Sur nos chantiers, la paille, préalablement trempée quelques secondes dans la barbotine de terre, est laissée à ressuyer pendant une nuit sur palette. Ce délai permet également de ramollir la paille. Comme il faut la compresser à la main, quand elle est molle, c’est une bonne économie d’énergie métabolique ! Il est important que la paille soit très compressée. La nuit de ressuyage, il y a également dissolution partielle de la cellulose contenue dans la « sève » de la paille. On obtient ainsi une quantité supplémentaire de colle pour lier l’ensemble du mélange. Concernant les conséquences néfastes, je n’en vois aucune sur le long terme, que ce soit avec ou sans délai de ressuyage.

Est ce que les débords de toit préconisés en bioclimatisme sont compatibles avec notre météo?

Question :


L’architecture bioclimatique préconise des débords de toit importants pour protéger du soleil l’été. Mais est-ce compatible avec les vents violents ou les petites tempêtes qui traversent la France de plus en plus régulièrement ? Quelle est la réelle solution compatible avec notre météo ? S. R.


Réponse de Véronique Brégent, architecte, agence Fenêtre sur Cours à Mordelles (35) L’architecture bioclimatique incite en effet à protéger d’un ensoleillement excessif les ouvertures des façades sud. Traditionnellement, cela se traduit par un débord de toit d’un mètre en moyenne, qu’il faut intégrer harmonieusement à l’architecture, tout en prévoyant la structure ad hoc, calculée suivant les conditions géoclimatiques du projet. Il est alors souvent nécessaire de prévoir des bracons, des tirants, une galerie… ou tout dispositif permettant de reprendre structurellement la charpente et surtout d’anticiper les risques d’arrachement au vent. Ce débord de toit présente aussi l’avantage de protéger les murs des précipitations. Cependant, outre le fait que cette traduction architecturale puisse être légèrement défavorable en intersaisons, il faut noter qu’un débord de toit est un dispositif fixe, non modulable, induisant une typologie d’architecture précise. On peut alors proposer des solutions complémentaires à un débord de toit réduit, voire absent : des brise-soleil accrochés perpendiculairement en façade, des volets, des stores extérieurs à lames orientables — dont la flexibilité permet de réguler très finement les apports solaires tout en créant des atmosphères intérieures très chaleureuses —, des vitrages spécifiques ou bien encore de la végétation à feuilles caduques. Dans tous les cas, il est important de prendre immédiatement en considération la globalité du projet et de pouvoir travailler de concert avec l’architecte ou le maître d’oeuvre ainsi que le bureau d’études thermiques. Ils sauront, via un travail collaboratif et interactif, calculer très précisément le comportement du bâtiment en fonction de son implantation et de son architecture, tout en concevant un projet agréable et paré pour braver les tempêtes !

Définitions de huile, saturateur, lasure et glacis.

Question :


Je recherche des informations et plus particulièrement des définitions pour bien  choisir le produit à utiliser pour le traitement en intérieur d’une maison en panneaux bois KLH et en extérieur sur un bardage en mélèze raboté, ainsi que sur une terrasse en pin classe 4. Je voudrais connaître ce que signifient les termes huile, saturateur, lasure et glacis. Existe-t-il des saturateurs, lasures
ou glacis sans huile ? Ces différents produits sont-ils tous filmogènes ? Quelle est leur durée dans le temps (avant renouvellement) ? Y. C.


Réponse de Bruno Gouttry, artisan peintre décorateur (entreprise Anachromie), formateur et auteur spécialisé (notamment de l’ouvrage J’entretiens mes boiseries, aux éditions Terre vivante, mai 2012). Les panneaux KLH sont des plaques contrecollées d’épicéa, il faut donc les considérer comme du bois massif. La finition doit être à base d’huile végétale. Le mélèze et le pin classe 4 ne demandent pas de traitement spécifique, sauf si vous avez peur de les voir grisailler. Si tel est le cas, appliquer une lasure. L’huile est un produit transparent, non teinté, peu filmogène, réservé à l’intérieur. Le saturateur a les mêmes propriétés que l’huile avec une action plus pénétrante et peut être utilisé en extérieur. La lasure est une huile teintée, filmogène, préconisée pour l’extérieur. Le glacis est un produit transparent, teinté, filmogène, utilisé pour les patines décoratives. Tous ces produits utilisés pour le traitement du bois sont toujours à base d’huile végétale. En extérieur, pour que ces produits soient efficaces, il faut opter pour une teinte foncée. Ils doivent être régulièrement renouvelés, tous les 3 à 5 ans, sur les façades sud et est (6 à 10 ans au nord et à l’ouest).

Membrane Diflex Thermo ND pour faire l’étanchéité de la toiture végétale.

Question :


Dans La Maison écologique no 74, vous faites référence à l’ouvrage Autoconstruire en bois aux éditions Eyrolles. Que j’ai acheté, comme souvent, suite à vos conseils. Or, il y a une grave erreur technique dans ce livre. Les auteurs utilisent une membrane Diflex Thermo ND pour faire l’étanchéité de la toiture végétale. Mais il s’agit d’un simple pare-pluie ! Absolument pas fait pour
ça. J’ai eu des échanges avec l’auteur qui confirme s’être fait avoir par son distributeur. Il serait bien de le signaler, sinon nous allons aux devant de catastrophes qui vont discréditer tout le travail des écoconstructeurs sérieux.
Vous n’êtes pas en cause, mais dans la mesure ou vous en avez fait la promotion, vous vous devez de le signaler. Sébastien D.

 


Réponse de Pierre-Gilles Bellin, auteur de l’ouvrage Autoconstruire en bois, aux éditions Eyrolles. En effet, Difflex thermo a été contre-employé dans cette configuration à la suite d’un quiproquo avec le commercial. Nous l’avons découvert quand les parties exposées aux rayonnements solaires UV, ont cessé d’être étanches, au bout d’une année et demie. Une mise en oeuvre conforme aux DTU consisterait à utiliser une bâche EPDM, collée chimiquementsur les dalles OSB. La solution alternative pour nous va êtred’utiliser une toile d’affiche grand format d’une société de publicité des environs. Leurs toiles sont réalisées avec du plastique anti-UV et jetées après usage. Nous donnerons ainsi une seconde vie à ce produit de récupération pour seulement 2 €/m2, lequel sera ensuite entièrement recouvert de terre végétale sur quelques centimètres de pouzzolane afin d’assurer le drainage (après séparation grâce à un géotextile pour éviter que la terre ne s’infiltre entre les cailloux). Pour les autoconstructeurs, les bâches EPDM sont en effet onéreuses et l’encollage avec une colle néoprène ne nous convient pas en raison des vapeurs dégagées par celle-ci. En outre, nous tenons à utiliser, quand cela est possible, des produits de récupération efficaces, quoique discrédités par le système industriel actuel. Le fait est que sous la couverture végétale le produit Difflex thermo n’a pas encore fuité, pour une pose qui date de trois ans. Mais à cette profondeur, il n’y a pas d’UV. Les produits mêmes détournés peuvent nous réserver d’assez étonnantes surprises, même s’il ne faut pas être trop aventurier !

Pose collée de carreaux de terre cuite sur chape de terre crue.

Question :


Je souhaite poser des carreaux de terre cuite sur une chape de terre crue ratée (produit Argilus) traitée à l’huile dure. Disposant de peu de réserve, je ne peux utiliser que la pose collée. Pensez-vous que la colle va prendre sur cette chape et ne va-t elle pas empêcher le sol de respirer ? Marc G.


Réponse de Monique Cerro, artisan-formatricechantiers participatifs, entreprise Terre, Pierreet Chaux (69), auteur de l’ouvrage Sols chaux & terre cuite, mode d’emploi, éd. Eyrolles, 2010. Aucun problème de respiration, c’est l’une des qualités de la terre cuite. Par contre, le souci va venir du fait qu’ayant été huilée, votre chape en terre est imperméabilisée. Aucune accroche n’est plus possible dans ces conditions. Il faudrait envisager d’intercaler de quoi faire adhérer vos carreaux comme une couche de liège fine par exemple.

Réglementation et conformité de l’installation électrique

Question :


J’ai une installation électrique faite par un pro, mais pas aux normes parce que les normes de Promotelec ne correspondent pas à mon mode de vie. Existe-t-il une asso, un texte, qui me permette de «!dédouaner!» mon électricien, d’avoir la conformité de mon installation ?


Réponse de Marc Demasse (bio-électricien à Hédé-Bazouges, 35) Ne pas être à la norme Promotelec n’empêche pas d’avoir l’agrément pour être raccordé au réseau. J’ai eu plusieurs chantiers avec des autoconstructeurs dans ce cas. Je prévois tout de même la pose d’une gaine pour une prise 32 Ohm : en cas de changement d’énergie de cuisson, elle pourra servir à passer les câbles pour raccorder une plaque électrique. Le consuel contrôle la sécurité de l’installation (mise à la terre, section et protection des circuits, salle d’eau…). À noter : la consommation en électricité des foyers français doublait jusqu’à maintenant tous les 10 ans, en particulier à cause de l’électroménager, du multimédia, de l’eau chaude et de l’augmentation de la température de chauffage dans les maisons. Il faut donc éviter les multiprises et les rallonges qui sont les causes de surintensité et d’insécurité, voire d’incendie. Il faut tout de même savoir que, lors de la cession d’un logement, on se réfère à la norme Promotelec, ce qui peut pénaliser le montant de la transaction, car le coût de la remise auaux normes peut être défalqué du prix de vente.

Quel est l’origine des tâches noires sur des fenêtres en bois exotiques ? Quel traitement ?

Question :


J’ai effectué plusieurs tentatives de traitement extérieur de mes fenêtres à l’huile de lin mais, à chaque fois, des taches noires apparaissent sur le bois (après quelques jours ou quelques semaines). J’ai suspecté la pluie et ai pris soin de  travailler sur une période sans pluie (j’habite en Bretagne) ; j’ai suspecté les plantes environnantes et les ai rabattues. Mais rien n’y a fait.
Il s’agit de fenêtres en bois exotique, du bossé d’Afrique (de la marque Leul). Avant traitement, elles ont été grattées et poncées. Le traitement à l’huile de lin est-il possible ? Si oui, quelle serait la méthode de traitement appropriée et l’entretien adéquat ? Qu’est-ce qui crée les taches noires ? Le cas échéant, quelle  autre méthode écologique de traitement me conseillez-vous ?


Réponse de Michel Doudard, Eco Sain Habitat 35 (distributeur de matériaux écologiques pour la maison) et de son fournisseur de produit d’entretien du bois Nature et Harmonie. L’huile de lin pure s’oxyde facilement et rapidement au contact de l’air et de l’humidité. Une essence de bois exotique étant déjà relativement « grasse » par nature, nous veillerons à éviter d’appliquer une huile de lin pure elle aussi particulièrement « grasse ». Dans le cadre de ce projet, nous conseillons de dégraisser d’abord très soigneusement les menuiseries à l’aide d’essence de térébenthine (plus efficace que le distillat d’agrumes pour dégraisser). Une fois cette opération effectuée, il conviendra de recouvrir ces menuiseries par deux couches fines et régulières de lasure d’imprégnation teintée. La lasure étant constituée d’un mélange d’huiles, elle sera moins sensible à l’humidité tandis que les pigments minéraux assureront une protection durable contre les UV et le bleuissement du bois. Un entretien régulier sera par ailleurs nécessaire : renouveler l’application de la lasure dès que cela sera nécessaire en raison de la patine du temps.

Existe-t-il un fabricant de gaines VMC isolées avec un isolant écologique?

Question :


Un client nous demande des gaines de VMC isolées avec un isolant écologique. Avez-vous connaissance d’un fabricant qui ferait cela ? Merci. François B.


Réponse conjointe de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de votre magazine ” préféré “, et de Julien Vye, expert-formateur en enveloppe du bâtiment, certifié PassivHaus (CEPH). Il existe à notre connaissance un seul produit écologique isolant spécialement conçu pour le calorifugeage des tuyaux d’eau froide ou chaude de chauffage central ainsi que pour les gaines VMC : le bourrelet calorifuge en vêtement recyclé, marque Métisse®, de l’entreprise sociale Le Relais. Il s’agit d’un isolant souple de 4,5 cm de diamètre, à enrouler autour des conduits à isoler puis à recouvrir de bande de coton plâtrée ou apprêtée. Sa conductivité thermique est de 0,065 W/m.K, et son prix de 27,70 €HT le sac de 50 m linéaire. Pas facile d’enrouler cet isolant sur des gaines souples de VMC, préférez alors les conduits en acier galvanisé. On peut également imaginer utiliser des isolants biosourcés très flexibles comme les panneaux ou rouleaux souples de laine de lin ou de chanvre, que l’on viendrait placer autour des conduits en galva. Pour éviter toute condensation sur les gaines d’arrivée d’air froid notamment, il conviendra de recouvrir l’isolant d’un pare-vapeur correctement mis en oeuvre avec des adhésifs dédiés. Sachez néanmoins que ces pratiques alternatives aux calorifuges conventionnels (minéral ou pétrochimique) sont moins performantes thermiquement et ne répondent pas aux exigences de label comme celles du PassivHaus par exemple. Dans le courrier des lecteurs du dernier numéro LME no 84, une question mentionnait des isolants de tuyaux. Je tenais à vous informer de l’existence d’un second fabricant de produits de ce type, situé dans l’Yonne en Bourgogne,
qui utilise également du textile recyclé, depuis je crois plus longtemps que Le relais : Patouret-Dubois. Philippe B.
Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique. Nous ne connaissions effectivement pas ce produit, apparemment composé de fibres textiles de recyclage avec une âme en fils de jute et 24 fils de gaine tressés souples. Le fabricant Patouret-Dubois préconise ce produit pour le calorifugeage des installations de chauffage central, d’eau chaude sanitaire, et des gaines de VMC double-fux. Le bourrelet, livré en rouleau de 80 ml et de 35 mm de diamètre, sert aussi d’isolant à insérer dans les rondins de bois des constructions en fuste.

Quels traitements pour des fenêtres en chêne ?

Question :


J’ai acheté de l’huile dure de la marque Kreidezeit pour protéger les colombages, linteaux, tablettes et poteaux intérieurs de ma maison. Ces bois sont du douglas, du pin et du chêne. Cependant, le vendeur m’a dit que cette huile pouvait faire ressortir des tâches noires sur le chêne. Je n’ai donc pas encore osé le ” traiter “. J’ai entendu dire que pour éviter ces tâches, on pouvait protéger le chêne avec un mélange à 90 % d’eau oxygénée et 10 % d’ammoniac avant de passer l’huile… Est-ce exact ? Ou bien existe-t-il un autre moyen ? Isabelle M.


Réponse de Bruno Gouttry, artisan formateur aux Ateliers du Mathais et auteur de Peintures et enduits bio, éd. Terre Vivante. L’eau sur les bois riches en tanin, tels que le chêne et le châtaignier, est effectivement à l’origine de taches dues à ces tanins qui ressortent. Pour éviter ce problème, dans le cas d’utilisation de finition diluable à l’eau, la plupart des marques de peintures naturelles proposent des sous-couches spéciales ou conseillent de dégraisser le bois avec de l’alcool ou avec une solution de soude caustique à 1 % suivie d’une solution d’eau vinaigrée pour neutraliser la soude. Pour ma part, je préfère utiliser des produits de finition solvantés (essence d’agrume) avec lesquels le risque disparaît. Il faudra néanmoins ventiler la pièce dans les premiers jours pour permettre l’évacuation des vapeurs d’essence. Quant au mélange eau oxygénée/ammoniac, il sera utilisé sur les zones où le bois est déjà taché et avant d’appliquer les produits de finition.

La peinture et/ou l’émail employé pour teindre les tuiles en noir sont ils toxiques ?

Question :


Je dois changer ma toiture et j’aimerais installer un système de récupération d’eau de pluie de façon à être autonome à 100 % ; donc boire l’eau. En raison des règlements d’urbanisme locaux, je dois employer des tuiles de couleur noire. Ma question est donc : la peinture et/ou l’émail employé pour teindre les tuiles en noir sontils toxiques ? Benoît M.


Réponse conjointe du professeur Joseph Országh – expert et chercheur belge sur l’assainissement écologique et la valorisation des eaux de pluie (www.eautarcie.org) – et de son épouse Michèle Országh. Il y a quelques années, nous avons nous aussi opté pour des tuiles émaillées. L’émail cuisant à environ 1 000 °C est inerte, il n’a pas d’incidence sur l’eau qui ruisselle dessus. Les analyses faites sur notre eau dans la citerne et après passage dans l’osmoseur n’ont rien revélé d’anormal. Ce retour d’expérience très personnel est en outre validé par des mesures effectuées fin 90 et début 2000 auprès d’utilisateurs du système Pluvalor en Belgique. Quels que soient les matériaux de couverture, jamais nous n’avons relevé de concentrations en métaux lourds dépassant les normes pour l’eau potable. On cite souvent le problème pour des toitures ou gouttières en zinc. Dans l’eau récoltée sur une habitation située en ville, muni d’un toit à faible pente en zinc, nous avons mesuré une concentration élevée de 1 750 μg/litre en Zn++. C’est, de loin, la plus haute concentration mesurée, mais elle est à comparer au seuil réglementaire pour l’eau potable qui est de 5 000 μg/litre ! Un message important à faire passer est celui de l’adaptabilité de la qualité de l’eau aux usages : admettre le principe selon lequel, hormis l’eau destinée à la boisson et à la préparation des aliments (seulement 5 l/j.pers), ses autres usages domestiques ne demandent qu’une eau de qualité inoffensive, donc non potable. Dans le système PLUVALOR, ces 5 litres d’eau de haute qualité sont produits via système complet de micro-filtration sur céramique ou, solution plus efficace et meilleur marché, via un simple osmoseur inverse*. Dès le moment où cette eau, destinée aux usages alimentaires, est obtenue à partir de l’eau de la citerne avec un système à osmose inverse, la présence de bactéries, de métaux lourds ou même de pesticides dans l’eau à filtrer n’a aucune d’importance. L’osmose inverse élimine totalement ces substances indésirables et même les virus et la contamination radioactive éventuelle. L’obsession de vouloir de l’eau rigoureusement potable pour tous les usages domestiques y compris l’hygiène personnelle est incohérente ; il faudrait alors interdire la baignade dans les eaux naturelles y compris les mers. Lorsqu’on utilise l’eau de pluie dans le ménage, la filtration sur 25, puis 10 microns élimine les micelles bactériennes et les impuretés plus grossières. Elle fournit une eau limpide et de qualité inoffensive, sans être potable. * A lire notamment www.eautarcie.org/doc/article-eau-potablemaison-fr.pdf, mais également de nombreux documents sur l’eau de pluie, le compost issu de toilettes sèches, le rôle de la biomasse végétale et animale dans les changements climatiques…

Comment protéger les fils d’alimentation des lampes de chevet des ondes électromagnétiques?

Question :


Nos chambres sont protégées des ondes électromagnétiques mais comment
faire avec les fils d’alimentation des lampes de chevet ? Marc. G


Réponse de Julie Barbeillon, rédactrice en chef de La Maison écologique. Pour vous répondre, nous allons citer un passage de l’excellent ouvrage de Thierry Gautier, Les Ondes électromagnétiques au quotidien, disponible chez Ouest France éditions. « Quand une lampe est allumée, le câble d’alimentation et la lampe rayonnent un champ électrique jusqu’à environ 60 cm. Lorsqu’elle est éteinte, le rayonnement s’arrête au niveau de l’interrupteur et la seule longueur du câble entre l’interrupteur et la prise de courant reste rayonnante. Il est prudent de veiller à ce que cette partie rayonnante ne soit pas en contact avec le lit ou la table de chevet, afin d’éviter tout risque de couplage qui propagerait le champ dans l’ensemble de la literie. Conseil : il est préférable d’utiliser des lampes avec interrupteur sur le câble et toujours veiller à ce que celui-ci pende du côté de la table de chevet opposé au lit. évitez les lampes avec interrupteur sur le pied ou celles qui fonctionnent par un simple contact tactile. Savez-vous qu’une lampe doit-être branchée dans le bon sens ? Une fois sur deux une lampe, pourtant éteinte, rayonne comme si elle était allumée, depuis la prise jusqu’à l’ampoule ! (…) Ce rayonnement est dû à une mauvaise connexion de la fiche du câble d’alimentation dans la prise de courant. Cette pollution électrique est importante autant par sa durée que par son intensité, mais elle est heureusement facile à éviter en retournant tout simplement la fiche dans la prise. (…) En effet, l’interrupteur de la lampe coupe un seul des deux fils qui sont à l’intérieur du câble. Selon le sens dans lequel la fiche est branchée, le fil sur lequel l’interrupteur agit est le fil de phase ou celui du neutre. Si c’est le fil de phase, la lampe ne rayonne pas lorsqu’elle est éteinte. (…) Pour savoir si une lampe est branchée dans le bon sens, l’idéal est d’avoir un mesureur ou un détecteur de champ électrique. Si vous n’en possédez pas, un détecteur de phase d’électricien sera aussi efficace et moins onéreux. Sachez également que certains tournevis testeurs de tension lumineux sont suffisamment sensibles pour indiquer si il y a une tension entre l’interrupteur et la lampe, simplement en les posant sur cette partie du câble. » L’auteur explique ensuite d’autres solutions pratiques (changement de l’interrupteur, prise télécommandée, interrupteur automatique de champs…).

A partir de quelle dose le formaldéhyde est-il dangereux ?

Question :


Je m’interroge sur l’impact réel des composés organiques volatils. Prenons le formaldéhyde, par exemple, qui comme vous le mentionnez est classé parmi les cancérogènes certains par le CIRC. Eh bien, ce monstre cancérogène, nous nous l’injectons directement dans nos veines régulièrement, et en plus c’est obligatoire. Je prends ici l’exemple d’un vaccin DT Polio couramment vendu en France, mais c’est vrai pour d’autres vaccins d’autres marques. D’où ma question : à partir de quelle dose le formaldéhyde est-il dangereux ? Et vu que nous savons depuis quelques années que la dose ne fait pas le danger, à partir de quelle exposition régulière (quantité, durée, fréquence, etc.) le formaldéhyde devient-il dangereux ? J.B.


Réponse du Dr. Suzanne Déoux, professeur associé honoraire à l’Université d’Angers, fondatrice et co-directrice de MEDIECO Conseil et Formation en ingénierie de santé dans le bâtiment, auteure de célèbres ouvrages sur le sujet dont Le guide de l’habitat sain (éd. Médieco) Tel Janus, le formaldéhyde a deux visages : à la fois toxique et naturel dans notre corps. Lorsqu’il est inhalé, il est fortement irritant pour les voies respiratoires supérieures et les yeux. Pour limiter ces symptômes, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a proposé la valeur guide de 10 μg/m3* d’air pour une exposition de plus d’un an et 50 μg/m3 pour une courte exposition de deux heures. Les réactions produites sur la muqueuse nasale peuvent être à l’origine du cancer du nasopharynx qui survient surtout lors d’expositions professionnelles à des concentrations bien plus élevées que dans les bâtiments. Ce risque, uniquement lié à l’inhalation, est jugé négligeable par l’ANSES pour des teneurs inférieures à 300 μg/m3, valeur vraiment exceptionnelle dans les logements, écoles, bureaux, etc. Le formaldéhyde est aussi une molécule naturellement présente dans le corps humain puisqu’il est produit par le métabolisme cellulaire, notamment des acides aminés. Dans la production de certains vaccins, le formaldéhyde est utilisé pour inactiver les antigènes utilisés. Sa teneur résiduelle dans un vaccin peut être au maximum de 300 μg, soit 160 fois moins que la quantité métabolisée chaque jour par le corps humain. Autre élément de comparaison : une pomme contient entre 428 et 1 500 μg de formaldéhyde. En outre, ce composé ne s’accumule pas dans l’organisme. Il est rapidement métabolisé et éliminé dans les urines et dans l’air expiré. Sa demi-vie est courte, d’une minute et demie.

  • μg/m3 : microgramme par mètre cube.

 

Comment entretenir des dalles de grès des Vosges ?

Question :


J’ai fait poser des dalles de grès des Vosges au sol de ma maison (entrée et cuisine) et j’aimerais savoir comment les rendre faciles à entretenir, éviter les taches. J’ai fait un essai avec de l’huile dure, mais je ne trouve pas cela concluant car la pénétration est difficile et le produit assombrit les pierres. Je voudrais éviter de foncer la teinte de l’ensemble. Quelle solution préconisez-vous ? E. H.


Réponse de Monique Cerro, artisan–formatrice chantiers participatifs, entreprise Terre, Pierre et Chaux (69). Dès qu’on traite les matériaux poreux avec des oléagineux, on constate un assombrissement du support. Par contre, vous pouvez tenter le savon noir à l’huile d’olive (je préconise le savon noir de Marius Fabre) que vous appliquez au balai espagnol ou à la serpillière. Il n’a aucun effet sur la teinte des carreaux. Vous le diluez à 2 noisettes de savon pour 5 L d’eau, et vous l’étalez plusieurs fois en attendant le séchage entre les couches jusqu’à imperméabilisation. Pour vérifier que vos carreaux sont protégés, faites le test suivant : faites tomber une goutte d’eau sur le carreau. Quand la goutte perle et qu’elle n’est pas absorbée, c’est gagné !

On se renseigne pour chauffer une ancienne colonie de vacances qui est en vente […]

Question :


On se renseigne pour chauffer une ancienne colonie de vacances qui est en vente actuellement. On nous a parlé d’une chaudière par électrolyse de marque Thermolyse. Connaissez-vous ce produit ?Julien et Sandrine.


L’avis d’Oliver Sidler, ingénieur en énergétique, fondateur du bureau d’études Enertech et expert en maîtrise de l’énergie. Sur le site Internet du fabricant, on peut lire : « Découvrez le NOUVEAU chauffage écologique et économique ». Et plus loin « Privilégiez le système Thermolyse en réalisant jusqu’à 50 % d’économie ». Mais de quelle merveille s’agit-il ? Comme souvent, l’approche du vendeur n’est pas très scientifique et empreinte d’un feeling très approximatif mélangeant kW et kWh. On ne perçoit pas de malhonnêté évidente, juste la conviction d’avoir développé quelque chose de très astucieux. La première surprise vient du nom : la thermolyse permet de casser des molécules en les portant à très haute température. Mais le vendeur nous apprend que sa Thermolyse est la contraction de Thermique et d’Electrolyse ! On apprend ensuite qu’il s’agit d’une chaudière électrique, mais que celle-ci utilise un « canon à impulsions » qui ionise l’eau et provoque sa chauffe « beaucoup plus rapidement ». La physique prend alors ses distances… Ce canon est sur un circuit primaire d’eau distillée. Un échangeur permet le transfert vers les émetteurs. Mais les lois de la physique permettent une analyse un peu plus rigoureuse : il s’agit d’une chaudière électrique dont la génération de chaleur est faite par un procédé astucieux limitant les pertes (pas de volume d’eau important mis en jeu, donc pertes de chaleur réduites). Rien de plus. Alors bien sûr, lors du remplacement d’une vieille chaudière au fioul issue de la transformation d’une très ancienne chaudière au charbon, l’économie peut être de 40 %. Mais elle le serait aussi avec le remplacement par n’importe quelle chaudière neuve à condensation. Pour le prix, à 5 800 € HT  la chaudière sans accessoire de régulation ou montage, c’est beaucoup plus cher qu’une chaudière à condensation gaz ou fioul. Finalement, je classerais volontiers cette chaudière Thermolyse dans les produits qu’il est très bénéfique de ne pas acheter !

Isolation toiture-terrasse, existe-t-il une solution écologique légère et étanche?

Question :


Existe-t-il une solution écologique légère et étanche contrairement à ce que m’écrit l’artisan contacté qui utilise Efigreen 120 mm : « Il n’y a aucun isolant bio certifié conforme pour recevoir une étanchéité autoprotégée ou protection lourde, nous restons sur de l’isolant mousse polyuréthane, laine de roche, roofmat et polystyrène, la meilleure résistance thermique reste la mousse
polyuréthane ». Michèle B.


Réponse de Nicolas Delbarre-Caux, gérant d’Amboise Maisons Matériaux écologiques et membre fondateur du réseau de distributeurs d’écomatériaux Nature & Développement. Une question très complexe, mais voici une des solutions en toiture froide typique réalisée par des artisans en ossature bois : poutres en I avec isolant type ouate insufflée, DFP [panneau pare-pluie contreventant en fibre de bois rigide, ndlr] pour fermer et contreventer au-dessus, puis tasseaux pour lame d’air et OSB 18 ou 22 mm comme support d’EPDM [film épais d’étanchéité, ndlr]. Le choix du frein-vapeur se portera sur un Intello F18 armé. Un des points critiques étant de gérer la migration de la vapeur d’eau vers l’extérieur en hiver et par rétrodiffusion en été, il faut dans une ossature bois avoir une membrane hygrovariable fermée en hiver et très ouverte en été (les préconisations sur béton ou tôles seront bien différentes). La géographie et l’altitude influent aussi sur ces paramètres. Une étude WUFI peut-être réalisée par tout magasin Nature & Développement grâce à son partenariat avec le fabricant Proclima. L’artisan vous propose la solution pour laquelle il est assuré. Le marché des toitures-terrasses particulières est restreint ce qui ne permet pas l’émergence rapide de nouvelles solutions. Chez Steico, par exemple, il existe le Steico étanche support d’étanchéité selon le DTU 43.4 avec une résistance à la compression de 100 kPa, qui permet de recevoir une membrane EPDM directement par fixation mécanique ou lestage, l’ajout d’un OSB permet aussi un collage en plein. Cette solution technique validée par IRS-Btech distributeur de l’EPDM Tridex permet à un artisan formé de réaliser ces travaux dans les règles de l’art et d’être couvert par son assurance pro. Tout est question de volonté…

Interrupteur automatique de champs (IAC) et circuits électriques blindés font il double emploi?

Question :


J’aimerais savoir s’il n’y a pas double emploi ou du moins surprotection à installer un interrupteur automatique de champs (IAC) dans une pièce lorsque les circuits électriques sont blindés. Complémentairement, l’IAC doit-il protéger tous les circuits d’une chambre ou seulement les chevets et le plafonnier central ?


A. A. Réponse de Claude Bossard, spécialiste des environnements électromagnétiques et des installations électriques biocompatibles depuis 1996, entreprise electromagnetique.com. Sur une installation électrique, l’utilisation de fil, câble ou gaine blindés, permet de supprimer les rayonnements de champs électriques par les circuits. Toutefois des champs électriques plus ou moins intenses peuvent être émis localement, au niveau des interrupteurs et des prises de courant car ces appareillages ne sont pas blindés. Les boîtiers blindés évitent la transmission des champs électriques par la cloison mais ne suppriment pas les rayonnements de ces champs sur la face avant des appareillages. D’autre part des champs électriques sont émis par la lampe de chevet et son câble ou tout autre appareil branché sur les prises de courant. Pour éviter ces champs électriques résiduels, l’IAC (interrupteur automatique de champs) est une solution bien adaptée. Cependant, ce n’est pas la seule solution pour préserver l’espace de sommeil. Il est aussi possible de prendre un ensemble de précautions pour éviter les rayonnements de champs électriques : éloigner les interrupteurs et les prises de courant du lit, choisir des lampes de chevet émettant le minimum de champ et équipées d’un interrupteur bipolaire.

Bétons végétaux et utilisation de banches argilechanvre.

Question :


Bétons végétaux en question Y aurait-il un intérêt à isoler en utilisant des banches argilechanvre, selon un dosage à déterminer ?


En effet, la maison qui nécessite l’isolation est sur terre-plain en argile, et autant utiliser la ressource locale. Je pensais élever contre des murs existants en parpaings des banches avec ce type de mélange, et parachever l’opération avec un enduit (chaux-chanvre). P. D. Réponse de Samuel Courgey, référent technique « Bâtiment et Environnement », formateur, et co-auteur du célèbre L’isolation thermique écologique édité chezTerre Vivante. S’il est facile de repérer les très nombreuses situations où, soiT l’isolation, soit l’inertie est séduisante, c’est moins le cas pourles matériaux ” entre-deux “, soit la grande majorité des bétons végétaux. Car nous n’avons alors ni réellement les avantages de l’isolation, ni réellement ceux de l’inertie. Excepté donc pour les mélanges très légers (< env. 200 kg/m3), l’avenir des bétons végétaux est relégué à des endroits très spécifiques, qui savent profiter de cet ” entre-deux ” : • certains murs sud (voir également est et ouest dans les régions très clémentes). Dans ces cas, épaisseur et densité du mélange devront être ajustées avec un acteur au fait de l’approche bioclimatique ; • réalisation de remplissages de cloisons ou planchers intérieurs. Mais là encore, la réalisation de parements lourds avec une âme légère séduira souvent plus, et ce généralement pour des raisons phoniques. Si vous n’êtes pas dans ces situations, l’utilisation de l’argile pourra se faire pour apporter de l’inertie côté intérieur en vous inspirant des techniques anciennes du torchis (mur), ou des fuseaux (plafond). Dans ces deux cas, votre mélange comportera un minimum de végétal. En fait, juste ce qu’il faut pour assurer la cohésion de l’ensemble. Et pour la réalisation d’enduits à base de terre ? On sera plus à la recherche d’une terre moyennement argileuse que de véritable argile. Concernant l’isolation par l’intérieur : les retours d’expériences doublés d’une meilleure connaissance des transferts de vapeur d’eau dans les parois nous font devenir de plus en plus prudents sur les solutions utilisant, soit des végétaux, soit de la terre en contact direct avec le mur à isoler.

Est-il préférable d’enlever un enduit de ciment sur mur pierre pour évacuation l’humidité ?

Question :


Nous rénovons une maison de ville des années trente. Nous souhaitons réaliser une isolation par l’extérieur. Nos murs, épais de 50 cm sont en pierre. L’un d’eux, orienté à l’ouest a été enduit de ciment à l’extérieur. Nous avons des problèmes de moisissures à l’intérieur le long de ce mur. Nous aimerions avoir un conseil avant de réaliser l’isolation : est-il préférable d’enlever l’enduit de ciment et de refaire apparaître la pierre afin de permettre une meilleure évacuation de l’humidité ? Quel type d’isolant est le plus approprié à la situation ? Chaque artisan que nous avons fait passer a une version différente… A.T. et M. L.


Réponse de Tony Marchal et Luc Van Nieuwenhuyze, formateurs Maisons paysannes de France (www.maisons-paysannes.org). D’après votre description, votre mur serait hourdé à la chaux (voire à la terre, ou tout au moins avec un ciment faiblement hydraulique). Il laisse donc transiter la vapeur d’eau, c’est le phénomène de perspiration. Il se trouve aussi très probablement soumis à des remontées capillaires. Il faut donc d’abord supprimer, comme vous le suggérez, l’enduit ciment qui bloque toute évacuation de l’humidité. Ensuite l’isolation par l’extérieur est tout indiquée, à condition qu’elle ne masque pas une belle architecture. Cette isolation devra être perméante et capillaire, et constituée, de préférence, de matériaux écologiques issus des circuits courts. Plusieurs solutions dont :-blocs de béton cellulaire (λ 0,04) enduits avec une chaux formulée. Un coulis de sable chaux devra assurer la continuité capillaire entre le mur et l’isolant.-blocs de béton de chanvre (λ 0,07) ou chanvre projeté à la machine, moins performant thermiquement (λ 0,10 environ). – en dehors des zones de remontées capillaires, possibilité de réalisation d’un complexe, ainsi constitué à partir du mur : isolant (panneaux semi-rigides, type laine de bois), pare-pluie perméant (ouvert au passage de la vapeur d’eau), vide d’air avec bonne ventilation haute et basse, protection mécanique type bardage.

Huile de lin, huile dure ?

Question :


Huile de lin, huile dure ?


Le mélange huile de lin/térébenthine a été longtemps utilisé pour l’entretien des sols en bois, pierre ou terres cuites. On lui ajoute parfois un siccatif, peu écologique au demeurant.
Au-delà de sa simplicité, ce mélange présente des désavantages qui sont, la plupart du temps, incompatibles avec les attentes des constructeurs et des décorateurs actuels. Aujourd’hui, on privilégie en effet les couleurs claires, le respect des matières et textures, les finitions simples et solides, et les revêtements qui ne craignent ni les taches, ni les petits accidents du quotidien d’une famille. – Le premier inconvénient du mélange huile de lin/térébenthine, et peut être le plus gênant, est qu’il assombrit beaucoup les supports. Et ce défaut s’aggrave au fil du temps.
– Lié à ce premier aspect, il existe aussi des risques de séchage incomplet (en fonction de la nature du siccatif utilisé et du taux de dilution) et de saponification du mélange qui entraîne encrassement et nouvelle accentuation de la teinte.
– En dernier lieu, la surface traitée par ce mélange est de qualité assez moyenne, surtout si le séchage est mal maîtrisé, ce qui est assez fréquent. De même, ses qualités hydrofuges et antitaches ainsi que sa résistance à l’usure sont assez faibles du fait de l’absence de cires et de résines durcissantes… On va donc mécaniquement avoir tendance à multiplier les couches, ce qui va de nouveau aggraver les deux premiers aspects. Partant de ces constatations, les fabricants ont développé des formulations d’huile dure qui permettent de respecter l’aspect naturel du bois (variable en fonction des marques), sans phénomène d’assombrissement des teintes. L’huile dure, après un séchage rapide et complet, offre une protection solide et pérenne et rend l’entretien du plancher plus facile.
La cire et les résines, qui entrent dans la composition de l’huile dure, garantissent au plancher traité la résistance à l’usure, l’absence de pénétration des taches dans le support et l’aspect antistatique. Le traitement à l’huile dure perdurera si lors du nettoyage du parquet on ajoute, une fois par mois à l’eau de rinçage, une émulsion de carnauba qui rénove régulièrement les surfaces.
Le séchage, enfin, peut être quasiment immédiat, surtout si on utilise une monobrosse, qui renforce encore la résistance des cires.
La différence de coût doit donc s’envisager à la lumière de ces différents aspects : même si l’huile dure est environ 35 % plus chère que l’huile de lin bio, l’application de trois couches va donner une finition sur laquelle il ne sera plus nécessaire de revenir en dehors de l’entretien dont nous avons parlé plus haut. Si l’on prend en compte la main-d’œuvre, on s’aperçoit que cette pérennité rend l’huile dure beaucoup moins chère que la finition à l’huile de lin seule, pour un rendu esthétique et technique bien meilleur. Dernier conseil avant de choisir votre marque d’huile dure : pensez à vérifier la teinte sur un morceau de parquet pour juger de la réaction du bois et de votre huile, car chaque formule est différente. Réponse de Roland Studer,
professionnel de l’écoconstruction dans le Gard.
Les Charpentiers d’Uzès, www.charpentiers.fr.

Les lampes basse consommation en question.

Question :


Les lampes basse consommation en question.


 

« Alerte ! Mise en garde sur les ampoules à économie d’énergie ! »

Tel est le titre pour le moins inquiétant du communiqué de presse que nous avons reçu nous informant de cette étude menée entre autres par le Criirem (Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques). « Les champs détectés autour des lampes basses consommations allumées atteignent, à 20 cm, entre 180 V/m et 4 V/m pour des puissances allant de 20 à 11 Watts. Il faut attendre 1 mètre pour retrouver une valeur de 0,2 V/m, correspondant au bruit de fond radiofréquences ambiant. » Comparé à la valeur seuil de la norme européenne (87 V/m pour les fréquences de 20 à 50 kHz), il y aurait a priori de quoi s’inquiéter. Mais, c’est seulement dans les 20 premiers centimètres que ces ampoules économes en énergie peuvent réellement susciter un petit doute car les niveaux relevés varient de 4 à 180 V/m pour les lampes de 11 à 20 watts. « Ces émissions proviennent des ballasts électroniques, précise le docteur Déoux. Mais ces circuits électroniques placés dans le culot en plastique ont l’avantage sanitaire de supprimer l’effet stroboscopique, reconnu scientifiquement très perturbateur pour le système neurovégétatif, l’avantage environnemental de diminuer les teneurs nécessaires en mercure dans l’ampoule et l’avantage énergétique de réduire les consommations. Ces données ne sont pas vraiment nouvelles, en 1997 j’écrivais déjà sur le sujet en invitant les utilisateurs à placer ces lampes économes à plus de 20 cm des occupants. » Pour Claude Bossard, « on ne peut comparer ce rayonnement à un autre appareil, tout comme on ne peut comparer celui du téléphone portable à celui du radioréveil parce que les fréquences sont différentes. Les risques liés au téléphone portable ou aux plaques à induction sont bien plus importants que ceux liés aux lampes. Il n’est pas question de condamner les ampoules fluocompactes, mais il est nécessaire de prendre des précautions pour leur utilisation. En attendant les résultats d’autres expérimentations, je conseille un éloignement de 50 à 80 cm. » Un simple blindage de la lampe ou une baisse des fréquences atténueraient considérablement les émissions précitées. Gageons de la réaction rapide des fabricants… En attendant, n’hésitez pas à investir dans les lampes basse consommation qui nécessitent juste quelques précautions et pour ceux qui sont attirés par les dernières technologies encore plus économes et durables, choisissez les Leds… Réponse collégiale de la rédaction du magazine,
du docteur Suzanne Déoux (auteur du très sérieux Guide de l’habitat sain, éditions Médiéco) et
de Claude Bossard (professionnel de la bioélectricité – www.electromagnetique.com).

Comment enlever les traces de laitance sur des tomettes?

Question :


Nous faisons une rénovation / extension dans le Tarn-et-Garonne en chaux chanvre. Nous avons posé de la terre cuite avec une barbotine de chaux sur une dalle en chaux chanvre et réalisé les joints avec un mortier à la chaux hydraulique rabot et de la silice. Des auréoles blanchâtres sont apparues sur les dalles de terre cuite. Quels conseils nous donneriez-vous pour décaper de manière efficace les tomettes et enlever ces auréoles avant passage d’une huile. M. M


Réponse de Monique Cerro, artisan-formatrice-chantiersp articipatifs, entreprise Terre, Pierre et Chaux (69), auteure de l’ouvrage Sols chaux & terre cuite, mode d’emploi, éd. Eyrolles 2010. Il est tout à fait normal que vous ayez des remontées de laitance de chaux. Ces traces sont plus ou moins importantes selon la porosité des tomettes. Vous allez nettoyer au vinaigre d’alcool ménager à 14° que l’on trouve dans les grandes surfaces de bricolage au rayon des diluants. Vous le versez pur sur chaque carreau, en petite quantité pour ne pas trop inonder les joints, et vous frottez avec un tampon à récurer pour casseroles en inox. Attention à ne pas gratter les joints ! Ensuite vous rincez à l’eau claire avec une éponge. Il vous faudra peut-être vous y reprendre à plusieurs fois mais c’est efficace.

Comment isoler avec un enduit terre-paille des murs en pierre préenduits de plâtre?

Question :


Comment procéder pour isoler avec un enduit terre-paille des murs intérieurs en pierre préenduits d’une fine couche de plâtre ?


Tout d’abord, concernant l’isolation avec un enduit terre, sachez que pour que l’enduit ait un réel pouvoir isolant, il faut que la proportion des fibres (le chanvre est plus performant que la paille) soit assez importante et l’épaisseur conséquente (entre 6 et 15 cm), ce qui implique un poids important et donc une accroche nécessairement bonne. Le plâtre est un matériau très absorbant et assez lisse, donc il présente une accroche moyenne pour l’enduit terre. Pour les plaques et enduits de plâtre, le mieux est donc de les préparer avec une sous-couche du type Facim (produit respirant à base de chaux) de la marque Weber et Broutin évoqué dans le dossier du numéro 50 de La Maison écologique. Pensez au préalable à strier le plâtre pour favoriser l’accroche de la sous-couche.
Ne lissez pas la sous-couche Facim ; conserver les aspérités améliorera l’accroche de la terre. Autre solution, la location d’un perforateur pour enlever la fine couche de plâtre et poser l’enduit directement sur la pierre après avoir quand même projeté un gobetis de terre. Réponse de Sylvain Moréteau
auteur du dossier Enduits Terre,
La Maison écologique n°50 avril-mai 2009

Traitement des bois extérieurs.

Question :


Traitement des bois extérieurs.


Le bois utilisé à l’extérieur est exposé aux agressions du climat et aux détériorations des agents biologiques (insectes et champignons). S’il est mis en œuvre verticalement en fenêtre ou en bardage, cet emploi est dit de classe 3. Placé horizontalement en terrasse ou en balcon, le bois est soumis à des risques fréquents d’humidification avec stagnation d’eau. C’est alors un usage de classe 4 pour lequel le traitement de préservation doit intéresser la masse du bois et ne pas être uniquement superficiel. Le procédé de traitement préventif en autoclave, par utilisation du vide et de la pression, permet la pénétration profonde des produits vers le cœur du bois. Un séchage de 15 jours à température ambiante (20 °C) ou de 2 heures à haute température (100 °C) permet ensuite la fixation des produits. Selon l’Institut national de recherche et sécurité (INRS), si l’injection sous pression et surtout le séchage ont été convenablement effectués, la fixation est assurée entre 98 et 99 %. Le risque de lessivage par la pluie ou d’exposition par contact cutané est ainsi réduit. Un lavage des bois est toutefois préconisé avant la mise en œuvre par les utilisateurs. Les produits de traitement utilisés en autoclave sont très divers. Il convient donc d’être informé des substances employées. Il y a tout d’abord les créosotes, issues de la distillation des goudrons de houille et classées cancérogènes probables, notamment de la peau. Depuis l’arrêté du 2 juin 2003, la vente aux particuliers du bois traité avec ces produits est interdite. Un autre traitement très répandu est un mélange de sels métalliques CCA comprenant du cuivre (fongicide) qui donne une couleur verte au bois, de l’arsenic (insecticide) et du chrome (fixateur du cuivre et de l’arsenic délavables en milieu humide). Depuis le décret du 17 novembre 2004, les bois traités à l’arsenic, cancérogène certain, sont interdits de mise sur le marché. Par dérogation, les produits CCA ont encore des utilisations professionnelles qui excluent le contact avec le public, en particulier les enfants. Un étiquetage mentionnant la présence d’arsenic est obligatoire. Il existe d’autres compositions sans arsenic, les CCB (cuivre, chrome, bore) ou CCF (cuivre, chrome, fluor). Pour diminuer la toxicité humaine et environnementale, des traitements actuellement proposés sont sans chrome et sans arsenic pour les bois de classe 4. Certains ne contiennent que du cuivre et des ammoniums quaternaires. D’autres associent cuivre, acide borique et fongicides triazoles. Les déchets de bois traités ne doivent être ni abandonnés, ni brûlés à l’air libre. Stockés séparément des déchets non pollués, ils sont collectés par des prestataires spécialisés. Ils sont soit recyclés dans la fabrication de panneaux de bois soit incinérés en usine traitant les déchets dangereux. En effet, ils ne peuvent intégrer la catégorie “biomasse”, ni les décharges de classe 1, les déchets de bois n’étant pas considérés comme des déchets inertes ou ultimes au sens de la réglementation. De nouvelles alternatives de préservation des bois d’extérieur confèrent une plus grande biodégradabilité du matériau en fin de vie : bois chauffé à haute température dont un des procédés est le bois rétifié®, bois thermo-huilé, bois acétylé, bientôt bois traité à l’ASAM, dérivé de l’huile de colza. Quant aux bois en provenance des pays de l’Est, il n’y a pas de contrôle de leur traitement. Pour cette raison, le CTBA (Centre technique du bois et de l’ameublement) préconise de demander des bois traités avec certificat CTB P+ pour le produit et CTB B+ pour le procédé. Mais, même avec les produits CTB P+, une information sur le type de traitement reste toujours utile puisque cette marque est délivrée, au moins jusqu’à fin 2008, à des produits à destination professionnelle type CCA, CCB, créosotes. Réponse du Dr. Suzanne Déoux,
expert Santé Environnement bâti,
co-auteur du Guide de l’Habitat Sain,
éditions Médieco.

Champs électromagnétiques et compteur électrique ?

Question :


Champs électromagnétiques et compteur électrique ?


Près d’un compteur électrique ou d’un tableau, le champ électrique et le champ magnétique peuvent être très intenses. Mais ils s’atténuent beaucoup avec l’éloignement. Dans la plupart des cas, un éloignement d’un mètre est suffisant pour s’affranchir des champs. Toutefois, il y a des cas particuliers qui posent problème :
-si le compteur, ou le tableau, est posé sur un mur à ossature bois (ou d’autres matériaux qui favorisent la diffusion des champs électriques) le mur diffuse par rayonnement le champ électrique dans toutes les directions, parfois jusqu’à plusieurs mètres ;
-depuis le tableau, les circuits électriques partent vers les différentes pièces. Tous ces circuits peuvent émettre des champs électriques intenses, en particulier s’ils passent sous un plancher, dans des murs ou des cloisons en bois, dans du placo, ou encore dans les plafonds. Dans une telle situation, il est recommandé de faire appel à une personne compétente pour mesurer les champs électriques et magnétiques. Il est possible aussi de mesurer soi-même les champs avec un appareil simple et fiable. Si le champ magnétique est inférieur à 0,5 milligauss (50 nanoteslas), et si le champ électrique est inférieur à 5 V/m, à l’emplacement du lit, pas de problème. Si le champ magnétique est supérieur à 0,5 milligauss, il faut éloigner le lit à une place où le champ magnétique est inférieur à ce seuil. Si le champ électrique est supérieur à 5 V/m, il faudra utiliser des moyens de protection adaptés selon les cas :
1) Si le champ provient du tableau, il suffit de poser une porte en métal ou en bois et de la recouvrir d’une peinture conductrice (avec connexion au fil de terre).
2) Si le champ est dû aux circuits électriques qui passent sous le plancher ou dans les cloisons, les solutions adaptées seront des fils ou câbles blindés, des gaines blindées, des interrupteurs automatiques de champs (IAC), ou encore des écrans de protection en matériaux électriquement conducteurs, connectés au fil de terre. Il est parfois difficile et coûteux d’éliminer les champs électriques et magnétiques sur une installation existante. Il est préférable de bien concevoir l’installation électrique lors de la construction ou de la rénovation. Réponse de Claude Bossard,
électricien spécialiste des environnements électromagnétiques
et auteur de l’ouvrage Guide de l’électricité biocompatible.
(www.electromagnetique.com)

Filtrer l’eau de douche : comment filtrer le chlore, le calcaire, les métaux […]

Question :


Filtrer l’eau de douche : comment filtrer le chlore, le calcaire, les métaux lourds, etc., avec lesquels on s’arrose de la tête aux pieds ?


Effectivement, il est utile de filtrer l’eau du réseau, souvent très chargée en chlore, aux points de puisage de la salle de bains. Pour cela, placez aux arrivées d’eau des filtres à charbon actif et/ou système KDF (système d’oxydoréduction avec alliage de métaux). Ils sont commercialisés en magasins bio ou sur Internet sous les marques CIDT, Doulton ou Sprite Industries, pour pommeau de douche ou robinet de baignoire. Il est aussi possible d’installer un filtre à sédiments et charbon actif à l’entrée du circuit d’eau potable de la maison. Il permet d’arrêter bactéries, chlore et pesticides de façon suffisamment efficace pour l’utilisation sanitaire en salle de bains. Ces filtres à sédiments sont généralement disponibles en magasins de bricolage au rayon plomberie. Dans tous les cas, les filtres sont à renouveler, selon la consommation d’eau, dans un délai de 6 mois à un an. Réponse de Béatrice Méra,
rédactrice du dossier En quête d’eau pure
La Maison écologique numéro 38 avril-mai 2007

Chauffe-eau solaire… électrique, et douche du soir… Comment gérer l’alimentation électrique?

Question :


Chauffe-eau solaire… électrique, et douche du soir… Comment gérer au mieux l’alimentation électrique ?


Pour que votre chauffe-eau solaire utilise au maximum le soleil et que vous puissiez prendre vos douches le soir, il faut installer une horloge sur le tableau électrique qui commande la résistance électrique. En pratique, cette horloge peut être réglée à partir de 16 heures car, en hiver, il n’y a plus assez de soleil à partir de cette heure-là pour chauffer l’eau. Si la journée a été suffisamment ensoleillée, l’horloge déclenchera la résistance, mais en fait celle-ci ne se mettra pas en route car la régulation interne au chauffe-eau solaire lui « dira » que la température désirée est déjà atteinte. À l’inverse, si la journée n’a pas été suffisamment ensoleillée, la résistance s’activera, et en deux ou trois heures le ballon sera chaud pour la douche du soir.  Un professionnel peut réaliser cette installation sur la base d’une heure et demie de travail, à laquelle il faut ajouter le matériel : horloge, relais et protection de 2 ampères. Réponse de Simon Hingamp,
installateur solaire (HP Energetik, 35)

Comment fait-on pour éviter les percements du frein-vapeur dus aux clous ou aux vis ?

Question :


Des p’tits trous, des p’tits trous… Dans le cadre d’une construction étanche à l’air, comment fait-on pour éviter les petits percements du frein-vapeur dus aux clous ou aux vis assurant la tenue du revêtement intérieur (lambris, panneaux de plâtre…) ?


Si l’objectif de performance n’est pas le niveau passif, mais seulement la RT2005 ou le label BBC, alors l’agrafage du pare-vapeur ou le vissage d’éléments au travers n’influera pas sur le résultat du test d’étanchéité. En revanche, si on veut un bâtiment passif, il faut alors prêter plus d’attention à ces microfuites. Ainsi, lors de l’agrafage du frein-vapeur, il convient de positionner au mieux la membrane dès le début pour ne pas avoir à la décrocher à plusieurs reprises et ainsi laisser libres des petits trous. Un charpentier spécialisé dans la construction passive préfère utiliser un adhésif étanche par-dessus les agrafes placées près de la panne sablière en toiture. Il estime que le retrait du bois risque de faire bouger le frein-vapeur et d’agrandir les trous des agrafes. Plus simple encore, il existe des solutions de pose des membranes avec de l’adhésif double face.
Quant aux microfuites dues au vissage de tasseaux, elles sont minimes, car le bois est plaqué contre le frein-vapeur de telle sorte qu’il n’y a pas de passage d’air. Réponse de Delphine Saint-Quentin,
du bureau d’études nantais Wigwam, spécialiste de l’étanchéité à l’air.

Les conduites en matière plastique transportant l’air jusque dans la maison sont elles dangereuses?

Question :


Suite à l’article « Installer un puits canadien » de notre numéro 51, nous avons reçu un courrier nous alertant des dangers potentiels des conduites en matière plastique transportant l’air jusque dans la maison. Elles seraient à l’origine d’une ionisation positive des molécules de l’air. Qu’en est-il ?


Les phénomènes naturels produisent une grande quantité d’ions négatifs (orages, chutes d’eau, vent…). À l’inverse, les phénomènes artificiels ont plutôt tendance à produire des ions positifs. Ainsi, les lieux les plus pollués par les composés organiques volatils (issus de la fumée de cigarette, des colles, des peintures…) ou autres particules sont souvent pauvres en ions négatifs et chargés d’ions positifs. Les effets physiologiques bénéfiques des ions négatifs ont été mis en évidence sur des animaux en laboratoire, mais pas encore sur l’Homme. Certains en concluent que les ions négatifs sont un plus pour la santé, d’autres préfèrent simplement parler de révélateur d’une bonne qualité de l’air.  Dans le cas d’un puits canadien, qui véhicule de l’air dans des conduites le plus souvent en plastique, le revêtement peut absorber les ions négatifs, voire même produire des ions positifs. La quantité d’ions positifs ainsi produits doit tout de même être relativisée au regard des autres sources bien plus actives dans les habitations : matériaux émetteurs de composés organiques volatils, appareils électriques…  Mais si ces ions positifs vous inquiètent, il y a tout de même quelques alternatives : mettre des plantes vertes dans la maison (elles absorbent ces particules), utiliser des conduites en plastique de qualité alimentaire (avec un revêtement antistatique) qui sont peu conductrices et annulent ainsi le phénomène d’ionisation positive, voire des conduites en grès. Réponse de Frédéric Loyau,
du bureau d’études Fiabitat Concept (www.fiabitat.com)

Brûleur à granulés adaptables sur chaudière fioul.

Question :


Brûleur à granulés : point de vue d’un professionnel, suite à la parution de notre article sur les brûleurs à granulés de bois adaptables sur une chaudière fioul (dossier du n° 54).


Je fais partie des installateurs réticents à adapter des brûleurs granulés sur une chaudière fioul. La principale raison m’incitant à être prudent est que la suie du granulé est plus épaisse, beaucoup plus volumineuse que celle du fioul. Or, une épaisseur de suie sur les parois (de l’échangeur) isole et donc diminue d’autant le rendement. Dans les chaudières granulés sont intégrés des tubulateurs qui nettoient automatiquement l’échangeur, une fonction qui n’existe pas sur les chaudières fioul. Par conséquent l’utilisateur devra nettoyer plus fréquemment sa chaudière si elle est équipée d’un brûleur granulés. Cela pourra vite devenir une corvée s’il ne se rend pas compte du travail que cela représente et de sa fréquence. Le but est de se chauffer et pas de pester continuellement contre sa chaudière ! Un nettoyage complet (comptez 1 h 30) s’impose ainsi tous les deux mois, voire une fois par mois, c’est-à-dire au minimum 3 à 4 fois pendant la saison de chauffe. Ceci dit, on peut nettoyer soi-même sa chaudière, il suffit de s’équiper d’un masque de protection, d’une brosse métallique et d’un peu de courage. Jean-François Jéhanno
chauffagiste et installateur Qualibois à Domloup (35)

Faut-il craindre les rongeurs dans l’isolation paille ?

Question :


Faut-il craindre les rongeurs dans l’isolation paille ?


Les rongeurs, comme les humains, aiment être au chaud l’hiver ! Mais rassurez-vous, ces animaux ne mangent pas la paille, ils cherchent seulement à nicher. Bien sûr, s’il reste des grains, ils seront d’autant plus tentés de venir vous coloniser.
Lors de la mise en œuvre des parois en paille, il faut apporter un soin particulier aux finitions pour éviter les passages possibles de ces petites bêtes. Les enduits terre ou chaux offrent une bonne réponse à ce problème.
Pour le cas d’un grenier, je ne vous conseille pas l’utilisation de répulsif chimique. Il vaudrait mieux bien retravailler les bottes au préalable pour qu’elles soient le plus rectangulaire possible. Avant la mise en place de la paille, on positionne un frein vapeur bien tendu au sol. Les bottes de paille sont installées bien serrées, en force, de sorte qu’il n’y ait pas d’espace entre elles (source de fuites thermiques et abris pour les indésirables). On peut passer quelques heures à bien reboucher les interstices.
Pour une isolation durable, je conseille de réaliser un enduit de protection de 3 à 4 cm en soignant la liaison sol/mur. Si le mur est en moellons, il faudra d’abord refaire les joints ou réaliser un enduit sur la hauteur de l’isolant Réponse d’Hervé Galès,
conseiller et formateur en écohabitat (35)

Quel panneau de bois pour le lit de mon enfant ? PXD, OSB, que choisir ?

Question :


Quel panneau de bois pour le lit de mon enfant ? PXD, OSB, que choisir ?


Le PXD ne me semble pas être la solution car il ne fait que 9 mm d’épaisseur et possède une face très structurée, à moins de contrecoller deux panneaux pour aboutir à 18 mm, mais c’est un gros travail… Plutôt que l’OSB, le DFP16 pourrait être une réponse. C’est un panneau dont le taux de formaldéhyde est inférieur à celui du bois naturel, qui fait 16 mm d’épaisseur, et a deux faces très lisses, donc faciles à peindre. Seule petite réserve sa densité de 550 kg/m3 qui ne permettra pas des portées importantes, mais dans le cas du lit-rangement, il sera facile de créer des cloisonnements qui soutiendront les panneaux. Ce produit est fabriqué au Luxembourg et relayé en France par Fibranatur. Réponse de Michel Doudard,
Eco Sain Habitat (35)
magasin distributeur d’écomatériaux.

Colle de peau de lapin : la recette.

Question :


Suite à notre dernier dossier sur les peintures naturelles, un de nos lecteurs, peintre professionnel, a souhaité nous communiquer sa recette de peinture à la colle pour boiserie.


Une technique traditionnelle utilisée dans les ateliers de dorure et de peinture à la colle :
– 60 g de colle de peau fondue dans 0,45 L d’eau = colle forte ou colle de base.
– Encoller le support avec cette colle forte bien chaude (50 °C) et teintée avec du blanc de Meudon (pour bien visualiser la surface couverte).
-Préparer ensuite les pigments en les mélangeant en phase « sèche » au blanc de Meudon, sans aller au-delà de 30 % du volume du blanc de Meudon.
– La peinture elle-même est composée de la colle de base diluée avec 2/3 d’eau, à laquelle s’ajoute le mélange pigments/blanc de Meudon.
Le principe est d’aller du plus concentré au plus dilué et de travailler avec une colle de moins en moins chaude couche après couche, de 50 à 30 °C. Une fois la peinture sèche, cirer.

Romain Gamet, artisan peintre à Pacé (35).

Quel produit utiliser pour rénover un parquet ancien ?

Question :


Quel produit utiliser pour rénover un parquet ancien ? Je dois remettre à neuf un vieux parquet en pin sur lambourde pour une chambre d’enfant. J’envisageai de le poncer puis d’appliquer une huile dure ou un vitrificateur à base d’eau. Hélas ces deux solutions semblent dégager des COV même avec des produits dits écolos. J.L.


Vous avez bien raison d’être vigilant si vous envisagez des travaux de peinture de la chambre du futur bébé. Veillez à anticiper les travaux et à aérer plusieurs fois par jour, ceci pour évacuer les éventuels nocifs et accélérer le séchage. Les COV se dégagent en effet dans les premières semaines qui suivent l’application. Pour les huiles dures, choisissez si possible des produits à l’eau sans résines acryliques ou des produits huileux sans solvants et donc générateurs de moins de COV. Quelques exemples : Aglaia (Aquasol), Auro (PurSolid 123), Biopin (Fond dur Aqua), Galtane (Huile-Cire 5060), Livos (Koimos 277). Vous pouvez également opter pour un traitement à la cire, qu’il faudra renouveler plus régulièrement. J.-C. Mengoni,
auteur de Matériaux écologiques d’intérieur aux éditions Terre Vivante

Adobe ou BTC ?

Ayant moi-même pratiqué les techniques de l’adobe et des BTC, je souhaite proposer quelques rectifications et compléments à votre article «B.A.-BA de l’adobe» paru dans le n°59 :
– les adobes de terre (ou terre-sable) sont moins «chronophages» que les BTC. En effet, ces dernières demandent une période de cure (prise du liant hydraulique) puis de séchage dont l’ensemble peut bien prendre 6 semaines. Chez moi, à dimension égale, le temps de séchage des adobes a été de 14 jours. Les mêmes briques réalisées avec incorporation de végétaux nécessitent un séchage beaucoup plus long.
– l’usage du mortier de terre argileuse pour la maçonnerie permet, d’après mon expérience, de ne pas mouiller les briques. On évite alors les dégradations dues aux manipulations des briques humides.
– le rendement horaire du montage ne peut pas être de 1 m2/h ! Les témoignages recueillis par Areso (association des écoconstructeurs du Sud-Ouest) donnent plutôt un rendement global (préparation chantier, approvisionnements matière, coupes, finition des joints et nettoyage), de 6 à 7 briques posées à l’heure, soit au mieux (même pour un professionnel) 0,25 m2/h…
-le démoulage des adobes peut se faire immédiatement et sans attendre 3 jours. C’est le déplacement des briques qui se fait 3 jours plus tard. Un seul moule, une aire de travail pour 3 jours de production et une zone de séchage (étagères solides dans un lieu ventilé) suffisent donc. Il est inintéressant de travailler au soleil : j’ai comparé et constaté que les adobes ont simplement besoin de ventilation, le soleil tend au contraire à les déformer (le différentiel de température et d’humidité est trop important entre les 2 faces).
Pour plus de détails, mon expérience est relatée sous forme de «fiches éléments d’ouvrage» sur le site Internet d’Areso : adobe classique (sans végétaux), BTC, adobe terre-végétaux. Patrick Charmeau, autoconstructeur,
membre d’Areso Les précisions techniques de Patrick sont effectivement d’une grande utilité pour les autoconstructeurs et professionnels intéressés par la technique de construction en adobe. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le site www.areso.asso.fr, rubrique Info & débats techniques. La rédaction du magazine

Est ce que le lin en paillettes est aussi intéressant que le chanvre dans un enduit d’isolation?

Question :


Paillette de lin en enduit ? J’aurais aimé savoir si le lin (en paillettes) était aussi intéressant que le chanvre dans un enduit d’isolation. ?Nous avons réalisé ce type d’enduit un peu au hasard, ayant en réserve des paillettes de lin pour le paillis au jardin. ?L.F.


Le lin en paillettes, appelé anas de lin ressemble beaucoup à la chènevotte de chanvre. Un peu plus fins que la chènevotte, les anas de lin sont des coproduits de l’extraction des fibres textiles du lin et correspondent au centre de la tige. À l’instar du chanvre, ses particules sont microporeuses, ce qui leur confère des propriétés thermiques très intéressantes (l ~ 0,045?W/m.K). Cependant, comme toute matière végétale, le lin possède de grandes capacités d’absorption d’eau. C’est sans doute une qualité pour la gestion de l’humidité dans les parois, mais cela peut être un problème pour la formulation en eau, puis le séchage de l’enduit, comme pour le chanvre.
Il est donc tout à fait possible d’utiliser les anas de lin pour la fabrication d’enduit d’isolation à la condition d’apporter une grande attention à la formulation en eau des mélanges. Les enduits obtenus auront des propriétés équivalentes à ceux obtenus avec du chanvre.
Plus d’infos : A (re)lire notre article Enduit en paillettes de lin dans le n°30 Blaise Dupré,
directeur du Codem Picardie

Placo Impact versus Fermacell.

Question :


Placo a sorti il y a quelque temps déjà, une nouvelle plaque de contreventement Placo Impact, directement concurrente du célèbre Fermacell affectionné des écoconstructeurs. Que pensez de ce nouveau produit??


Concurrentes?? Pas sûr. Approchantes?? Certainement parce qu’elles remplissent des fonctions, pour partie, identiques. Cela dit, le Fermacell reste plus complet que le Placo Impact. Plus efficace phoniquement, le Fermacell est aussi hydrofuge. Même si dans une maison écologique cette qualité n’a qu’un faible intérêt, il permet, dans la gamme Greenline, comme le Placo Impact, d’assainir l’air ambiant. Plus généralement, l’utilisation de plaque de parement final pour réaliser le contreventement intérieur d’une maison à ossature bois est quasi nulle en France. Cette solution, peu souple, gêne le passage optimal des fluides sans pour autant nuire à l’étanchéité à l’air. En revanche, nous appelons de nos vœux une validation par la France, comme c’est déjà le cas en Allemagne, du voile travaillant, type Fermacell HD, pour une utilisation en contreventement/support d’enduit extérieur. Le pare-pluie contreventant est une solution très pertinente malheureusement limitée en France. Les assurances professionnelles, très dissuasives, freinent le développement des alternatives écologiques au profit des solutions conventionnelles standardisées. Rappelons que la couleur verte d’une étiquette n’en fait pas d’office un produit écologique?! Gageons, néanmoins, que toutes ces nouveautés donneront davantage de crédit à la
construction écologique. Réseau Nature & Développement,
distributeurs de matériaux écologiques

Bûche de bois densifié dans un insert?? J’ai un insert qui a toujours fonctionné […]

Question :


Bûche de bois densifié dans un insert?? J’ai un insert qui a toujours fonctionné avec des bûches normales. Aujourd’hui, j’ai la possibilité d’acheter des bûches de sciure compactée qui, selon le fabricant, ont une durée et une régularité de chauffe supérieures et qui ne comportent pas de risque d’encrassement du conduit. J’hésite et aimerais que vous me disiez s’il existe des contre-indications pour ce type de produit.


Les bûches de bois densifié, aussi appelées briquettes, bûches de bois compacté ou encore compressé, sont exclusivement composées de sciure et de copeau de bois non traités, compactés à très forte pression sans colle ni autre additif, en tout cas pour les produits qui répondent à la charte qualité de l’Itebe. Bien plus dense et bien plus sec (moins de 10?% d’humidité contre 20?% pour le bois bûche sec classique), ce combustible a donc un pouvoir calorifique bien plus grand à volume égal. À ce titre, il est utilisable dans tous les foyers bois (poêle, chaudière, foyer ouvert, insert…), avec comme unique recommandation de ne pas trop charger votre foyer. Deux bûches suffisent au démarrage puis ajoutez les bûches au fur et à mesure, une à une. Pour comparer, sachez qu’1 tonne de bûche densifiée apporte autant de chaleur que 4 stères de bois, pour un volume de stockage 3 fois moindre. [Autre plus?: combustion plus propre donc moins de cendre et d’encrassement. Tarif constaté?: environ 310?€ la tonne, N.D.L.R.] Cimaj (Toulouse),
fabricant pionnier du bois de chauffage densifié

Peut-on boucher les entrées d’air nécessaires aux normes gaz si on installe une VMC double flux ?

Question :


Notre cuisine est équipée d’une plaque de cuisson gaz, or, d’après les normes gaz, nous sommes contraints d’installer une entrée d’air extérieur basse et une autre haute dans cette même pièce. Je redoute les pertes de chauffage par ces entrées. Ma question est donc?: peut-on, doit-on, boucher ces entrées d’air si on installe une VMC double flux avec extraction dans la cuisine??


Votre question résulte d’une interprétation souvent erronée de l’arrêté du 2 août 1977 sur les appareils à gaz. En effet, il n’est absolument pas nécessaire de disposer d’entrée permanente d’air si le local où est installé l’appareil gaz non étanche (gazinière, anciennes chaudières, chauffe-bain ou chauffe-eau ancien, plaque de cuisson), dispose d’une ventilation mécanique permanente assurant les débits minimums requis par la réglementation. Et c’est toujours le cas d’une VMC auto réglable, hygro A ou B et des double-flux en logement. En effet, avec une ventilation double flux, les débits minimums de ventilation sont toujours supérieurs au débit requis pour la cuisson domestique et la cuisine est toujours équipée d’une bouche d’extraction de l’air vicié. Un ingénieur énergie,
membre de l’association Négawatt,  www.negawatt.org

Quelle décoration ou revêtement sur des supports type OSB?

Question :


J’autoconstruis une maison à ossature bois avec isolation chanvre en vrac. J’ai utilisé des panneaux de contreventement OSB à l’extérieur et à l’intérieur. Je suis actuellement à la recherche de solutions de décoration voire de revêtement sur ce type de support. A priori, il est possible de peindre, lasurer, vernir un panneau OSB mais je ne parviens pas à trouver de réels modes d’emploi voire des photos afin de visualiser le rendu final et mieux choisir la finition. L’application d’enduit ne me semble pas du tout envisageable. Auriez-vous des indications à me donner ? C.B.


Un panneau OSB peut recevoir, après un léger ponçage, toutes les finitions citées et même des enduits terre. Cependant, s’il sert de contreventement, les mouvements engendrés par les conditions climatiques et variations hygrométriques risquent de dégrader les finitions de type enduit. La pose, indispensable, d’un adhésif étanche à l’air type RAPID CELL ou TESCON pour éviter les dégâts de condensation limite aussi le choix. Les peintures et lasures ne masqueront pas assez le dessin des panneaux, les joints des plaques ou le scotch. La solution, facile à mettre en œuvre, est le papier à peindre. Dans une qualité «résistante» à la déchirure, le papier offrira un état de surface optimal. À titre d’exemple, Pro clima distribue un papier peint frein-vapeur nommé SANTA, référencé par Nature & Développement, qui permet de soigner l’étanchéité et la finition. Une alternative est de réaliser une gaine technique en ajoutant devant l’OSB du Fermacell ou un parement en terre ou en roseau comme support d’enduit. Le voile travaillant en OSB sera ainsi protégé du feu.
Cela dit, l’idéal est d’opter pour les panneaux OSB sans formaldéhyde (OSB3) à l’intérieur ou à l’extérieur… Pas les deux, le risque de condensation est trop important. Pour assurer la perspiration (capacité à réguler la vapeur d’eau) du mur ossature bois et garantir la pérennité de l’isolant, nous recommandons d’associer l’OSB intérieur à un pare-pluie en fibres de bois type STEICO Universal en 16 ou 22 mm à l’extérieur ou l’OSB extérieur avec un frein-vapeur hygrovariable type INTELLO+ en intérieur. Nature & Développement,
réseau de distributeurs de matériaux écologique

Quelles sont les caractéristiques des Bloc de chanvre ? Peut on se passer de VMC ?

Question :


J’envisage la construction de ma maison en Chanvribloc. Étant donné la nature de ce matériau, peut-on envisager de se passer d’une VMC comme l’ont fait les propriétaires d’une maison en bottes de paille enduites présentée dans votre revue. D’autre part, les caractéristiques techniques des blocs de chanvre ont-elles été évaluées par un organisme officiel ou bien sont-elles le seul fait du fabriquant ? M.G.


Pour ce qui est de l’humidité, vous pouvez effectivement envisager de vous passer de ventilation mécanique car les blocs de chanvre sont d’excellents régulateurs. Par contre, comme dans le cas d’une maison en bottes de paille, il faudra envisager un système de ventilation naturelle (si vous ne souhaitez pas passer par une ventilation mécanique) pour renouveler l’air. En effet, dans nos maisons bien isolées et étanches, l’air neuf ne rentre presque plus. Et sans renouvellement d’air, votre maison se transformera petit à petit en réservoir irrespirable saturé de dioxyde de carbone généré par notre respiration et les gaz de combustion, de cuisson par exemple. Concernant les caractéristiques thermiques des Chanvribloc, elles ont été validées par le CSTB (centre scientifique et technique du bâtiment). Quant à la perméance des blocs de chanvre nus (avant enduit), elle a récemment été mesurée par un organisme certifié (le Codem) : µ = 1. La rédaction de La Maison écologique et Philippe Auvergne, entreprise Chanvribloc

Laine de bois et frein vapeur ?

Question :


Laine de bois et frein vapeur? J’interviens par l’extérieur sur une toiture existante (lambris, laine de verre entre chevrons, volige, liteaux, tuiles canal) afin de l’isoler correctement. Le projet : déposer volige et laine de verre, rehausser les chevrons en les doublant, poser de la laine de bois en 20 cm entre chevrons puis un pare-pluie rigide (Isoroof). La laine de bois et l’Isoroof ayant la même résistance à la vapeur d’eau, est-il tout de même recommandé de poser un frein-vapeur ? Si oui, comment le poser correctement sans déposer le lambris ? P.R.


Le frein-vapeur (FV) a deux fonctions : réguler la pénétration de la vapeur d’eau dans l’isolant pour minimiser les risques de condensation ET empêcher les mouvements d’air entre l’intérieur et l’extérieur de la maison afin d’améliorer les performances thermiques du bâti.
En pratique, le FV doit être placé du côté chaud de l’isolant donc, si vous ne déposez pas le lambris, entre le lambris et la laine de bois. Dans votre cas, une première solution consiste à mettre en œuvre le film FV par l’extérieur, horizontalement, en suivant les «ondulations» des chevrons sur le lambris. Il sera agrafé sur le côté des chevrons et vous poserez la première couche d’isolant par-dessus.
Une seconde solution consiste à poser le FV de façon verticale en découpant des lés légèrement plus larges que l’entraxe entre chevrons. Elles remonteront de quelques centimètres sur les chevrons et y seront collées avec des adhésifs adaptés. Enfin, troisième solution. Un compromis entre efficacité et facilité de pose : 10 cm d’isolant sur lambris, FV horizontal sur chevrons existants, puis seconde couche d’isolant entre chevrons rapportés et pose de l’Isoroof. La première couche va accumuler de la vapeur d’eau, mais la laine de bois étant hygroscopique elle relâchera cette humidité vers l’intérieur dès que l’air y sera plus sec. La perte de performance thermique sera relativement minime, de l’ordre de 2 à 3 %.
À venir, un article dans le magazine N°65 sur la gestion de la vapeur d’eau dans les parois.  Jean-Claude Mengoni,
auteur d’ouvrages techniques aux éditions Terre Vivante (Matériaux écologiques d’intérieur et La construction écologique).

Ciment prompt Vicat et qualités de perspiration de la chaux.

Question :


J’utilise depuis peu du ciment naturel prompt Vicat. En vente dans des magasins de fourniture de matériaux d’écoconstruction, il trône désormais à côté de nos anciens sacs de chaux. Concrètement, il facilite le scellement au sol des terres cuites et des pierres naturelles. Je le mélange avec la NHL5 (80 % de NHL5 + 20 % de CNV). S’il est sûr que la carbonatation de la chape est plus rapide, je me demande si les qualités de perspiration de la chaux sont conservées ?et si ce ciment est vraiment si naturel que ce qui est écrit sur son emballage ?P.O.


Ciment naturel et artificiel, tous deux sont composés de 80 % de chaux et 20 % d’argile.
Le premier est extrait d’une carrière alors que le ciment artificiel est le produit d’une cimenterie roche + additifs. Autre différence majeure, la température de cuisson avoisine les 900 °C pour le ciment naturel (comme une chaux aérienne) contre 1 450 °C pour du ciment artificiel. L’ajout de prompt modifie très légèrement le caractère perspirant de la chaux. Grossièrement, pour un mélange à 1 vol. de chaux NHL5 et 2,5 vol.de sable, la perméance sera de 0,6 g/m2.h.mmHg (Sd = 0,15 m). L’ajout de 20 % de prompt modifiera ce rapport, le faisant passer de 0,6 à 0,57 g/m2.h.mmHg (Sd 0,15 à 0,158?m), l’incidence est quasi nulle.
Nous conseillons d’utiliser une chaux faiblement hydraulique 3,5 ou 2, pour augmenter la perméance. Le ciment naturel, grâce à sa composition et son mode de fabrication, se marie très bien à la chaux aérienne.
Vicat tient une position particulière puisque l’entreprise est la seule en Europe à poursuivre la production de ciment naturel. Il y a quelques décennies, on comptait une cinquantaine de fabricants. Nature & Développement,
distributeurs de matériaux écologiques

Enercoop

Question :


Électricité (vraiment) verte. Suite à plusieurs mentions parues dans notre magazine sur Énercoop, seul vrai distributeur d’électricité 100% renouvelable en France, nous avons reçu de nombreuses questions de lecteurs attentifs à leur choix énergétique. Nous avons regroupé vos interrogations en trois thématiques et choisi de laisser Énercoop vous répondre directement. 1° Comment être sûr de recevoir des électrons verts dans mes prises électriques?? 2° Quelle différence avec les offres 100 % renouvelable d’autres fournisseurs comme Direct Énergie ou Planète Oui?? 3° Pourquoi l’offre d’Énercoop ne se trouve pas dans le comparateur « officiel et indépendant » www.energie-info.fr??


1° Il n’est pas possible de tracer un électron. Ce que nous garantissons, c’est d’injecter sur le réseau autant d’électricité d’origine renouvelable que nos clients en consomment. La traçabilité est financière : vous avez la garantie que votre argent va aux énergies renouvelables, en rémunérant les producteurs de la coopérative via votre facture d’électricité.
2° Énercoop s’approvisionne en direct auprès de producteurs d’énergie renouvelable, à travers des contrats de gré à gré. Les autres fournisseurs, quant à eux, achètent des électrons «gris», ordinaires, et en parallèle, des certificats verts. L’approvisionnement direct est selon nous et diverses associations écologistes le seul moyen de garantir un approvisionnement en énergie renouvelable. Au-delà, Énercoop est le seul fournisseur constitué en coopérative?: but non lucratif, réinvestissement d’au moins 57 % des bénéfices dans les énergies renouvelables et un multisociétariat (consommateurs, producteurs, salariés, fondateurs et partenaires sont sociétaires de la coopérative) qui fonctionne sur le mode?1 personne = 1 voix.
3° Nous avons choisi de ne pas paraître dans le comparateur, car notre spécificité, expliquée ci-dessus, n’était d’après nous pas prise en compte. Nous sommes toutefois en discussion avec les services du médiateur pour trouver une solution et intégrer ce comparateur. Énercoop, société coopérative d’intérêt collectif, fournisseur d’électricité renouvelable.

Panneaux MFP et OSB ?

Question :


Panneaux MFP et OSB ? Je cherche des renseignements sur les panneaux MFP. Je ne me souviens pas avoir lu un article sur ce produit ? L’OSB contient de la colle (en petites quantités ?) et le MFP tient grâce à la résine contenue naturellement dans le bois. Est-ce vrai ? L.W.


Les panneaux multifonctions MFP sont des panneaux de particules de bois «nouvelle génération» (autrefois appelé panneaux d’agglos) créés par l’entreprise Wodego, filiale du groupe allemand Pfleiderer. Deux procédés de fabrication se distinguent, l’un en phase humide et l’autre en phase sèche. Les panneaux produits en phase humide à chaud utilisent les résines naturelles du bois pour agglomérer les fibres. Ceux produits en phase sèche emploient des colles chimiques. Le MFP et l’OSB fabriqués en phase sèche contiennent des colles. Ils sont classés E1 (classe contenant le moins de formaldéhyde) dès lors que la quantité de formaldéhyde émis est inférieure à 0,1 ppm. Outre la cohésion des particules, les colles confèrent aux MFP une solidité mécanique importante et des spécificités intéressantes, de résistance à l’humidité par exemple. Les panneaux de MFP peuvent être plus pertinents que l’OSB dans certaines conditions, sens de pose, résistance au gonflement, à la flexion… Cependant, il existe une grande quantité de noms différents pour des produits aux performances très proches, parfois fabriqués par les filiales de la même maison mère. Pour s’y retrouver, il ne faut pas hésiter à demander conseil aux distributeurs de ces matériaux. Nature & Développement,
distributeurs de matériaux écologiques.

Peut-on délibérément se «dé-raccorder» du réseau?

Question :


Raccordement électrique. Je viens de lire le livre Électron libre. Lecture très étoffée sur le plan technique, mais qu’en est-il du côté administratif?? ?Peut-on délibérément se «dé-raccorder» du réseau?? En construction neuve, peut-on se passer de mentionner sur les plans les raccordements?? Il me semble que la taxe foncière (ou d’habitation??) doit être payée une fois la maison hors d’air et les raccordements aux réseaux effectués?? P.O.


V.B. : En France, toute personne a le droit d’autoproduire de l’énergie électrique pour subvenir à ses besoins. Seule la vente de ces kilowattheures à un autre particulier est interdite. Rien n’empêche donc de résilier son contrat avec son fournisseur d’électricité pour goûter les joies de l’autonomie électrique?!
Y.S.-J ?: Il n’est pas obligatoire de mentionner l’arrivée d’électricité sur le permis de construire. Ni les services de l’urbanisme, ni la mairie n’«obligent» à se raccorder. En revanche, dans de nombreuses régions un Certificat d’urbanisme ne sera délivré qu’à condition que le réseau électrique passe à proximité du terrain visé.
La comptabilité des taxes foncières et d’habitation n’est pas en lien avec le raccordement au réseau, mais la superficie, et éventuellement la distribution d’eau et l’assainissement. Dans de très rares cas, la taxe d’habitation prend également en compte la fourniture du courant lorsque celui-ci est distribué par une compagnie locale. Mais même dans ce cas il est possible de demander une dérogation pour ne pas payer l’électricité que l’on ne consomme pas?! Réponse conjointe d’Yvan Saint-Jours, rédacteur en chef de La Maison écologique
et de Valéry Borraz, auteur d’Électron libre (éd. La Plage)
et électricien spécialiste des sites autonomes

Comment supprimer le salpêtre des vieilles maisons en pierre?

Question :


Salpêtre. Comment supprimer le salpêtre des vieilles maisons en pierre. Faut-il laisser la pierre apparente?? La couvrir d’un enduit chaux-chanvre?? R.D.


Le salpêtre est la conséquence des remontées d’humidité, appelées aussi «remontées capillaires», qui répondent à un courant positif et entraînent avec elles des sels de soufre et des nitrates.
Ce qu’il ne faut jamais faire, c’est enfermer le mur ancien avec des produits non poreux tels les ciments, enduits plastiques, résines ou tout autre produit hydrofuge. Attention également à la réalisation des sols. Bloquées par des bétons ou goudrons, les remontées capillaires n’auront que la façade pour s’échapper. Il faut donc que votre mur soit aéré.
S’il s’agit d’une paroi en pierre de taille, l’idéal (compliqué et coûteux à mettre en œuvre) est d’insérer une feuille de plomb dans le joint horizontal le plus bas.
S’il s’agit d’un mur en moellons vous pouvez l’enduire d’un mortier de chaux (NHL3.5 pour l’extérieur et NHL2 pour l’intérieur).
Il existe un système dans le commerce qui consiste, si vous avez une cave, à passer un fil de cuivre fixé par des fiches cuivre dans le mur et à y envoyer un courant négatif de faible intensité annulant ainsi les remontées. Georges Duménil,
président de l’association Maisons Paysannes de France

VMC double flux. Pourquoi extraire uniquement dans les pièces humides ?

Question :


VMC double flux. Je me pose une question au sujet des VMC double flux. Pourquoi extraire uniquement dans les pièces humides (W-C, cuisine, salle de bains) ? Ne serait-il pas plus judicieux d’extraire et d’insuffler dans toutes les pièces ? Cela permettrait de récupérer plus de calories car la VMC va brasser un volume d’air plus important. Le raisonnement est-il correct ? S. V.


Réponse d’Eduardo Serodio, Izuba énergies (bureau d’études thermiques, conception de logiciels d’optimisation énergétique) Attention, la VMC sert avant tout à renouveler l’air en évacuant l’humidité et les polluants. Elle aspire donc dans les pièces «à pollution spécifique» (cuisine, W-C…), en les mettant en dépression par rapport aux autres locaux, ce qui évite de propager les polluants (et les odeurs) dans les pièces de vie. Si on souffle et aspire dans toutes les pièces cette dépression ne sera pas assurée. Mais surtout, en contrepartie de l’extraction, on remplace l’air extrait par de l’air neuf (donc froid en hiver). On s’en tient donc au débit minimum pour assurer la qualité de l’air – on dit parfois que les débits minimums en VMC hygroréglable ne sont pas suffisants pour extraire tous les polluants (COV) de nos maisons «modernes». Brasser plus d’air permettrait de récupérer plus d’énergie avec une VMC double flux, mais une partie de la chaleur est de toute façon perdue. Donc, brasser le minimum permet de perdre le minimum ! En outre, cela pénaliserait encore la double flux là où elle est déjà faible : encombrement (surtout dans l’existant), coût et consommation électrique des ventilateurs.

Gaine pour puits canadien. Y-a-t-il un danger à utiliser les gaines EDF ?

Question :


Gaine pour puits canadien. En tant qu’artisan électricien spécialisé en maisons écologiques, je vois beaucoup d’autoconstructeurs réaliser des puits canadiens avec des gaines EDF (gaines rouges). Mais n’y a-t-il pas un risque que ces gaines contiennent du bisphénol A (ou autres produits chimiques) dangereux pour la santé, vu que l’on respire l’air qui en sort. Techniquement, ces gaines sont-elles vraiment adaptées?? R.?H.


Réponse de Frédéric Loyau, Fiabitat concept (bureau d’études conception, rénovation écologique). Le premier problème posé par les gaines TPC (tubes de protection de câbles), qu’elles soient en PE (polyéthylène) pur ou en PE recyclé, est lié à leur non-étanchéité. Ces gaines obtiennent généralement une classification IP 56 (sans joints) ou IP 67 (avec joints). Cela signifie que l’eau contenue dans le terrain (nappe phréatique affleurante, eau de pluie s’infiltrant aux points de fuite) peut noyer l’installation, et que le radon, gaz radioactif présent en différentes quantités dans les sols, peut migrer dans l’habitat via le puits canadien. C’est pourquoi il est conseillé d’utiliser des systèmes conduits/joints répondant à la norme d’étanchéité IP 68, afin d’éviter les mauvaises surprises. Les fabricants de gaines de puits canadien en PE pur garantissent qu’elles ne contiennent pas de bisphénol A. Concernant les gaines TPC, au vu de leur variété, il conviendrait d’éviter les PE recyclés et les PVC dont les composants sont plus «variés», même si, jusqu’à présent, aucune étude n’a été menée pour étudier le risque sanitaire induit par des puits canadiens utilisant ces matériaux.

Abonnez-vous à notre newsletter
Restez informé !
Recevez par mail nos bons plans,sorties, offres spéciales d'abonnement...

Ces informations font l’objet d’un traitement informatique par La Maison écologique à des fins de gestion et de prospection commerciale pour vous adresser des messages personnalisés (nos salons, nos promotions...) et nos lettres d'information sur l'actualité de l'écoconstruction. Elles seront conservées 3 ans. Conformément à la loi “ informatique et libertés ”, vous pouvez obtenir une copie de vos données et les rectifier en contactant notre service abonnements : 02.31.52.20.49. Vos coordonnées ne seront pas transmises à des tiers.