Question de taille : A-t-on besoin de logements si grands?

a ton besoin de logements si grands

L’espace, comme le pétrole et l’uranium, est une ressource finie sur terre. Alors que les plus vulnérables peinent à trouver un toit et que la crise climatique s’accélère, il devient chaque jour plus urgent de s’organiser pour le partager. La superficie de nos logis est donc bien une question de taille.

Yourtes, maisonnettes et petits appartements sont-ils l’avenir de notre « habiter » ? Peu gourmands en énergie, en matériaux et en espace, moins chers, laissant peu de traces derrière eux, ces modèles réduits de logements semblent répondre aux urgences climatiques et sociales auxquelles nous sommes confrontés.

« Les grandes maisons sont le symbole de notre démesure », pense Christian La Grange, concepteur de petits logements et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet. Il dénonce la logique d’accumulation infinie d’objets qui caractérise les sociétés occidentales et va de paire avec des logements de plus en plus grands. « Notre manière de vivre l’espace est disproportionnée et totalement dispendieuse par rapport aux usages réels qu’on en fait, ajoute le philosophe Philippe Simay. On veut toujours plus d’espace et cet espace, on le veut pour soi. Des mètres carrés qu’il faut ensuite occuper, remplir avec des meubles, des tableaux, des objets à n’en plus finir… À l’image d’une société de consommation qui dysfonctionne complètement. »

Habiter petit invite à se délester

À rebours de cette boulimie d’espace privé, les habitats de tailles modestes se recentrent sur les besoins quotidiens. « Les personnes qui veulent vivre en tiny house font le choix de retourner au minimum, observe Claire Sarrazin, conceptrice de petites maisons et habitant l’une de celles qu’elle a construites. Elles ont une vraie conviction écologique, veulent vivre autrement, rompre avec la société de consommation. » Pour Christian La Grange, « habiter léger, c’est vivre la sobriété heureuse sans trop se lier aux banques, en quittant nos mégalos-villes, être plus en lien avec la nature ». Claire Sarrazin abonde : « Les occupants de tiny préfèrent vivre dans un espace plus petit, mais dans un bel environnement. » « Dès l’instant où on a une petite maison, on réduit ses dépenses de chauffage et d’électricité. On a aussi moins d’entretien et moins de choses à réparer », défend Christian La Grange.

Si elle se tasse un peu quand on décide d’habiter plus petit, la logique d’accumulation ne disparaît pas nécessairement. « On accumule beaucoup du fait d’être sédentaire, déplore Claire Sarrazin, qui range ses outils de bricolage et le matériel pour ses chevaux dans une cabane à proximité de sa tiny.

Partagez cet article sur les réseaux sociaux
Share on FacebookShare on Google+Share on LinkedInTweet about this on TwitterPin on Pinterest

Retrouvez cet article dans le Hors-série n°13 : A-t-on vraiment besoin de logements si grands ?

+ 0,90€ de frais de port Frais de port offerts si + de 2n°s  commandés (réservé à la France métropolitaine). Si vous êtes abonné ce numéro fait peut-être partie de votre abonnement. Pensez à regarder dans Mon compte > Mes abonnements


Feuilleter
besoin de logements si grands ?