Assainissement : toilettes sèches



Gérons nos déjections

La diversité des toilettes sèches offre un panel adapté à tous les besoins et situations. Gestion “maison” de nos excréments en se dispensant d’eau, mais pas de confort. Ou comment métamorphoser des polluants en matières nourricières pour la terre.

Le geste est quotidien. Tirer la chasse reste une évidence pour beaucoup. Mais cet usage de l’eau, qui plus est potable, est source d’impacts à ne pas négliger. Un Français consomme en moyenne 132 l d’eau par jour. En effet, une chasse délivrant 3 à 8 l, la part des WC dans notre consommation n’est pas anodine. Envoyer nos fèces dans les égouts complique la tâche des stations d’épuration. Les eaux issues des toilettes (eaux vannes) sont chargées d’agents pathogènes qui se développent à souhait dans les milieux aqueux. Elles véhiculent aussi des polluants minéraux (azote, phosphore), organiques et de synthèse (médicaments, pesticides) qui risquent de finir dans nos cours d’eau.

En effet, ulutôt que de diluer ces matières polluantes dans l’ensemble de nos eaux usées (eaux vannes et eaux « grises » de vaisselle, douche…), les toilettes écologiques proposent de reprendre la main par une collecte et un traitement des excréments sur place. Les micro-organismes du sol les dégradent pour en faire un compost. Le déchet devient ressource !


Reportage : autonome en eau et en chauffage en Touraine

autonome en eau et en chauffage

Je m’assume jusqu’au traitement de mes excréments

En Touraine, Jean Luc a bâti en paille sa maison de 25 m2 autonome en eau et en chauffage. Il gère aussi lui-même ses eaux usées grâce à une épuration par bacs plantés de végétaux. Et il compost le contenu de ses toilettes sèches pour enrichir le jardin.

Pour Jean-Luc Desplat, autoconstruire sa maison visait à « matérialiser ce qu’est l’esprit paysan ; faire avec ce qu’il y a. Au moindre coût, à proximité ». Ainsi, la paille qui compose les murs, le toit et le sol vient du champs d’en face, cultivée par ce paysan- boulanger de 60 ans. « Sois sans temps », sourit-il. Le bois vient de la scierie de Chambourg-sur-Indre, à 7 km. Il a creusé ses propres terres pour en extraire le sable et l’argile qui forment les enduits. « Ils n’ont fait que 100 m pour atteindre le chantier », se réjouit Jean-Luc, qui a choisi de végétaliser le toit pour « rendre à la terre ce que tu lui prends en espace quand tu construis un bâtiment ». Rendre à la terre, c’est aussi le principe de son assainissement par phytoépuration.

 


Assainissement écologique

Assainissement écologique

Assainissement écologique individuel, l’écologie au bout des tuyaux.

Au W.C ou sous la douche, rares sont nos pensées qui s’attardent sur la destinée des eaux qu’on est en train de “salir”. Pourtant, la question est d’importance. D’autant plus quand on relève de l’assainissement autonome et qu’on à le choix du mode d’épuration qui permet à nos effluents de réintégrer le cycle naturel des matières. La voie du salut pour nos sols appauvris et cours d’eau asphyxiés.

Pchhht, je tire la chasse. Rrroom, je fais tourner la machine à laver. Splach, je fais la vaisselle. Plouf, je prends un bain… Que d’eaux chargées en matière organique, substances chimiques et microbiologiques dévalant nos tuyaux ! Pour aller où ? Chez 80 à 85 % des Français, dans les égouts qui les mènent tout droit aux stations d’épuration collectives. Là, elles subissent différents traitements, souvent coûteux et consommateurs d’énergie, aboutissant à la production de boues qui finissent – quand elles n’ont pas la chance d’être épandues dans un champ – en incinérateur ou en décharge.

 


Assainissement non collectif



L’assainissement non collectif, ou assainissement individuel, sert à traiter les eaux noires (WC) et grises (salle de bains, cuisine) lorsqu’il n’est pas possible de relier la maison au tout-à-l’égout. Le mode d’assainissement doit être clairement établi dès la phase de conception, car il a souvent un impact lourd sur les lots terrassement et aménagement extérieur.

Aujourd’hui, seuls 10% de la population française sont concernés par ce type d’assainissement, essentiellement en milieu rural où les habitations sont plus retirées. Voici les principaux systèmes d’assainissement individuel existant aujourd’hui :

 

La fosse toutes-eaux

Associée à un lit (ou une tranchée) d’épandage, à un filtre à sable ou à un filtre compact, l’ensemble assainit les eaux polluées dans le sol. Le système complet coûte entre 5000 et 10000 €. Tous les quatre ans, un professionnel doit intervenir pour évacuer les boues. Alors que, selon la loi, elles devraient être incinérées ou retraitées, elles sont généralement répandues dans un champs voisin, ce qui pose un réel problème sanitaire.

 

La micro-station

Cette toute petite station d’épuration comprend une fosse toutes-eaux intégrée et un bioréacteur avec aérateur, décanteur, surpresseur, milieu filtrant… Son principal avantage est sa surface réduite, qui permet de l’installer partout. Cependant, une vidange tous les 6 à 12 mois est nécessaire pour évacuer les boues. Si la micro-station est mal entretenue (professionnel obligatoire), il y a de gros risques sanitaires et techniques. Comptez 6000 à 8000 € pour ce type d’assainissement.

 

La phytoépuration

Ce système d’épuration par filtres plantés est autorisé depuis 2009 seulement (officiellement en tout cas, des systèmes de phytoépuration existant avant). Le principe : l’eau usée circule dans des bassins remplis de roseaux, de graviers, de sable, de roche volcanique et de diverses plantes aquatiques (iris, menthe, phragmite…), avant d’être rejetée vers un exutoire (fossé drainant, mare, etc.). Ce système est moins contraignant que les deux autres au niveau de l’entretien : une journée par an pour faucarder les végétaux suffit et on peut le faire soi-même. Facile à associer aux toilettes sèches, ce type d’assainissement coûte entre 1000 € (autoconstruit et toilettes sèches) et 8000 € (avec des toilettes à eau).

Questions à se poser

Quelle est la nature de mon sol ? Celle-ci va influencer le choix de la technique d’épandage, notamment.

En rénovation, mon système est-il encore aux normes ?

Points de vigilance

L’assainissement est un point important : les eaux usées contiennent des pathogènes qui, si l’eau est mal traitée, peuvent se multiplier et devenir dangereux.

Si votre système d’assainissement n’est pas performant, vos polluants se retrouveront dans les cours d’eau !

Si vous avez besoin de conseils neutres, prenez rendez-vous avec le Spanc (Service public d’assainissement non collectif).

Sélection d’articles/dossiers pour Assainissement non collectif :

Dossier : Assainissement écologique, les solutions
Dossier : l’écologie aux petits coins
Enquête : les toilettes à séparation…
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