Reportage : autonome en eau et en chauffage en Touraine

autonome en eau et en chauffage

Je m’assume jusqu’au traitement de mes excréments

En Touraine, Jean Luc a bâti en paille sa maison de 25 m2 autonome en eau et en chauffage. Il gère aussi lui-même ses eaux usées grâce à une épuration par bacs plantés de végétaux. Et il compost le contenu de ses toilettes sèches pour enrichir le jardin.

Pour Jean-Luc Desplat, autoconstruire sa maison visait à « matérialiser ce qu’est l’esprit paysan ; faire avec ce qu’il y a. Au moindre coût, à proximité ». Ainsi, la paille qui compose les murs, le toit et le sol vient du champs d’en face, cultivée par ce paysan- boulanger de 60 ans. « Sois sans temps », sourit-il. Le bois vient de la scierie de Chambourg-sur-Indre, à 7 km. Il a creusé ses propres terres pour en extraire le sable et l’argile qui forment les enduits. « Ils n’ont fait que 100 m pour atteindre le chantier », se réjouit Jean-Luc, qui a choisi de végétaliser le toit pour « rendre à la terre ce que tu lui prends en espace quand tu construis un bâtiment ». Rendre à la terre, c’est aussi le principe de son assainissement par phytoépuration.

 


Assainissement : toilettes sèches



Gérons nos déjections

La diversité des toilettes sèches offre un panel adapté à tous les besoins et situations. Gestion “maison” de nos excréments en se dispensant d’eau, mais pas de confort. Ou comment métamorphoser des polluants en matières nourricières pour la terre.

Le geste est quotidien. Tirer la chasse reste une évidence pour beaucoup. Mais cet usage de l’eau, qui plus est potable, est source d’impacts à ne pas négliger. Un Français consomme en moyenne 132 l d’eau par jour. En effet, une chasse délivrant 3 à 8 l, la part des WC dans notre consommation n’est pas anodine. Envoyer nos fèces dans les égouts complique la tâche des stations d’épuration. Les eaux issues des toilettes (eaux vannes) sont chargées d’agents pathogènes qui se développent à souhait dans les milieux aqueux. Elles véhiculent aussi des polluants minéraux (azote, phosphore), organiques et de synthèse (médicaments, pesticides) qui risquent de finir dans nos cours d’eau.

En effet, ulutôt que de diluer ces matières polluantes dans l’ensemble de nos eaux usées (eaux vannes et eaux « grises » de vaisselle, douche…), les toilettes écologiques proposent de reprendre la main par une collecte et un traitement des excréments sur place. Les micro-organismes du sol les dégradent pour en faire un compost. Le déchet devient ressource !


Assainissement écologique

Assainissement écologique

Assainissement écologique individuel, l’écologie au bout des tuyaux.

Au W.C ou sous la douche, rares sont nos pensées qui s’attardent sur la destinée des eaux qu’on est en train de “salir”. Pourtant, la question est d’importance. D’autant plus quand on relève de l’assainissement autonome et qu’on à le choix du mode d’épuration qui permet à nos effluents de réintégrer le cycle naturel des matières. La voie du salut pour nos sols appauvris et cours d’eau asphyxiés.

Pchhht, je tire la chasse. Rrroom, je fais tourner la machine à laver. Splach, je fais la vaisselle. Plouf, je prends un bain… Que d’eaux chargées en matière organique, substances chimiques et microbiologiques dévalant nos tuyaux ! Pour aller où ? Chez 80 à 85 % des Français, dans les égouts qui les mènent tout droit aux stations d’épuration collectives. Là, elles subissent différents traitements, souvent coûteux et consommateurs d’énergie, aboutissant à la production de boues qui finissent – quand elles n’ont pas la chance d’être épandues dans un champ – en incinérateur ou en décharge.

 


L’écologie dans les toilettes

toilettes sèches

Nous y allons sans y penser, pour lire nos bandes dessinées préférées ou le magazine qui vient d’arriver. Et puis nous tirons négligemment la chasse d’eau. Cet acte si anodin n’est possible que grâce à une gigantesque infrastructure, gourmande en eau potable et responsable de pollutions. En vérité, nos excréments n’ont rien à faire dans l’eau. D’autres toilettes sont possibles (toilettes sèches), à l’échelle individuelle et collective. Partons à leur découverte…


L’assainissement naturel



Des filtres plantés pour épurer vos eaux usées.

Les techniques d’assainissement écologique répondent à la nécessité et à l’envie d’aller vers une société pérenne. D’une part elles épurent les eaux usées de façon efficace et protègent à long terme les ressources en eau, mais surtout, de leur conception à leur réalisation, elles nous font prendre conscience de notre responsabilité individuelle face à l’environnement.

Cependant, une vision écologique nécessite un engagement, celui de reconsidérer notre façon de vivre sur la planète. Pas toujours facile, certes, mais nécessaire et urgent !


Récupérer l’eau de pluie : de la gouttière au verre



Un dossier sur l’eau de pluie nous était réclamé depuis très longtemps. Le sujet est de plus en plus d’actualité (prix de l’eau qui “flambe”,
canicule, consommation accrue de bouteilles en plastique…) mais ô combien délicat.

Car nous ne parlons pas seulement de récupération pour l’arrosage du jardin, mais de tous les autres usages également. C’est-à-dire les usages domestiques : WC à chasse d’eau, lavage du linge, lavage corporel et boisson.

Ah le mot de trop ! Boire l’eau de pluie, comment est-ce possible ? Et d’abord a-t-on le droit ?

Autant vous dire que pour nous protéger d’une éventuelle personne qui viendrait se plaindre d’une mauvaise gastro, nous sommes dans le regret de vous dire que ce dossier n’est pas fait pour être appliqué, il est seulement informatif mais chacun est libre de faire ce qu’il veut après !


Assainissement autonome, fonctionnement et différents systèmes



L’assainissement est une partie qui pose de plus en plus de questions dans le domaine de l’écohabitat. Comment réduire son impact sur
l’environnement ?

Si votre fosse toutes eaux est déjà en place, y-a-t-il un moyen de la rendre plus écologique ? Si vous allez construire et que cette fosse vous laisse sceptique (elle est très facile, alors autant la faire tout de suite, ndlr), vous vous dirigerez peut-être vers les lits plantés de roseaux ? Ou bien le lagunage ?

Mais la réglementation contraignante ne laisse que peu de place à ces systèmes alternatifs. Il y a des obligations de moyens, mais pas de résultats.

Des portes s’entrouvrent pourtant et les rares exemples concrets doivent faire figure de modèles pour atteindre l’objectif final : respecter l’eau jusqu’au bout du tuyau.


Eau



Bassin d’épuration par filtre planté. La réalisation d’un bassin d’épuration des eaux usées pour des particuliers, écologique et simple à mettre en oeuvre, est possible.