Autoconstruire : Maison 100% solaire thermique

maison 100% solaire

Construire à 960m d’altitude une maison qui n’émet ni CO2, ni particule fine et qui se chauffe (eau sanitaire comprise) pour 22 € par an. Philippe Heitz, l’un de nos journalistes, l’a fait et vous le raconte.

Pour une fois, cet article, je vais l’écrire à la première personne. Car c’est le retour d’expérience sur ma propre maison que je vais partager ici, en expliquant comment l’on peut atteindre, avec des moyens courants, zéro émission de gaz à effet de serre pour toute la consommation de chaleur d’une maison, un grand niveau de confort (19 à 26°C) et une facture d’énergie réduite à son strict minimum.

Pour concevoir, dessiner et autoconstruire en partie, accompagné par des artisans, cette maison écologique dont je rêvais, je ne partais pas sans expérience. Après avoir été cinq ans vétérinaire rural dans l’Ain, j’ai été 25 ans agriculteur dans la Loire, ce qui m’a permis d’expérimenter l’écoconstruction en bâtissant en 1992 l’un des premiers bâtiments isolés en paille de Rhône-Alpes, une chèvrerie-fromagerie de 1 000 m² en bois cordé et paille. Reconverti journaliste indépendant depuis cinq années pour trois revues techniques, j’ai enrichi mon horizon des possibles…

Convaincu de l’efficacité des solutions constructives écologiques comme de l’urgence climatique, en choisissant de construire la première maison de l’écohameau communal du village de Burdignes (Loire), je décidais de me passer du plaisir d’une flambée pour ne plus émettre de fumée pour l’ensemble de la production de chaleur de ma maison, chauffage et eau chaude sanitaire (ECS). Certes, le bois est une source de chaleur renouvelable, mais sa combustion relargue dans l’atmosphère du carbone, qui mettra 40 ans pour refaire un arbre. Trop tard. Maintenant, le bois doit être au maximum utilisé en construction et ameublement, pour stocker le carbone comme tous les matériaux biosourcés.
Ossature bois, bottes de paille, isolants biosourcés, solaire thermique sont les piliers de mon projet. Et des systèmes de mesure des températures et des consommations électriques permettent d’évaluer les résultats et de les partager.

Le fil rouge négaWatt

La démarche négaWatt a guidé la conception de mon logement.

Sobriété : pour réussir à couvrir les besoins de chauffage avec seulement de la chaleur solaire, il fallait réduire fortement les besoins grâce à une enveloppe très isolée. Le bureau d’études thermiques Heliasol a calculé un besoin d’énergie utile de 23 kWh/m².an pour le chauffage. Le projet n’entre donc pas dans le label PassivHaus (limite à 15 kWh/m².an), mais, vu le résultat final, une dépense d’isolants supplémentaires n’aurait pas été justifiée.


Autoconstruire : Se chauffer pour moins de 40 € par an

maison en bois et paille

Montrer que l’on peut décrocher le label bâtiment basse consommation avec une maison en bois et paille, autoconstruite qui plus est, était l’objectif de Pierre et Anne-Laure. Dans le Maine-et-Loire, ils chauffent leur habitation avec moins de dix sacs de granulés par an !

Armés de leurs visseuse, marteau et truelle, Anne-Laure et Pierre ont visé le label BBC. « Cela nous donnait accès à un prêt à taux zéro et on s’est dit que ça donnerait de la valeur à la maison, confient-ils. C’était un bel objectif en soi, avec l’aspect militant de montrer qu’une maison BBC peut se faire en paille et en autoconstruction. C’était une façon d’aider au développement de ce genre de bâtiments économes. »

Salarié d’une entreprise d’architecture d’intérieur, Pierre Foessel avait suivi une formation en décoration, puis en peinture lors de laquelle il s’était penché sur l’écologie dans le bâtiment. « Je suis tombé sur des sites comme celui de La Maison empoisonnée(2), d’un couple qui a fait construire une maison neuve et s’est rendu compte qu’elle était complètement polluée par des composés chimiques qui les ont vraiment rendus malades. Je me suis dit : tu es peintre, artisan, tu n’as pas le droit de polluer la vie des gens », retrace Pierre, qui a intégré la Scop d’écorénovation Abitabio en 2008, en même temps qu’Anne-Laure en devenait la secrétaire-comptable. Elle entame désormais une formation pour devenir céramiste.

Équipements et étanchéité imposés

Cette labellisation imposait un cahier des charges qui a apporté « des contraintes pour l’achat des équipements. Il fallait un poêle étanche à l’air, que l’appareil de VMC soit certifié. On n’avait pas prévu de chauffage dans la salle d’eau, mais on a été obligé de mettre un radiateur, paradoxe pour un label qui vise à minimiser les consommations », pointe le couple, qui s’est fait accompagner par un maître d’oeuvre pour atteindre les objectifs d’étanchéité à l’air du label, validés par le test final réalisé par l’organisme certificateur Promotelec.

Avant les travaux, « on a créé une maquette en ossature bois avec une menuiserie et des bottes de paille, un enduit terre sur une partie. Puis, avec une membrane et un ventilateur, on a regardé comment tout ça se comportait en termes d’étanchéité, afin d’identifier les points faibles à gérer, raconte Pierre. Chaque ouverture dans la paroi crée des faiblesses. D’un côté de la fenêtre, on a mis un adhésif d’étanchéité avec une trame ; de l’autre, sans trame avec l’enduit terre qui vient mourir sur la menuiserie. Aux


Travaux : Autoconstruire sa phytoépuration agréée

Phytoépuration

Phytoépuration toutes eaux

Un système d’assainissement par filtres plantés, capables de traiter les eaux grises, mais aussi les eaux noires.

Agréée par les pouvoirs publics, cette phytoépuration toutes eaux est constituée d’un filtre dit vertical – dont les dimensions varient selon le nombre d’habitants de la maison – et d’une zone de rejet permettant l’évacuation des eaux épurées. Le filtre, étanchéifié par une membrane EPDM, est de forme rectangulaire. Il reçoit trois couches de gravier de différentes granulométries sur lesquelles sont plantés des roseaux communs (phragmite australis). La zone de rejet, en contact direct avec le sol, est quant à elle constituée de gravier de forte granulométrie, sur lequel sont installées des plantes
aquatiques (iris des marais, plantains d’eau, menthe aquatique, etc.) dont le réseau racinaire assure la fixation d’une microflore bactérienne finalisant le travail d’épuration.

Une autoconstruction encadrée

Pour obtenir le certificat de conformité qui valide la qualité de l’installation, un bureau d’études franchisé Aquatiris suit le chantier depuis l’implantation jusqu’au contrôle final. Trois visites du consultant ont lieu
pendant la construction : lors du relevé et de l’implantation de la future installation – permettant l’élaboration d’un dossier à fournir à la mairie –, lors de la mise en oeuvre de l’étanchéité en EPDM pour validation du terrassement et des niveaux et, enfin, lors du contrôle final avant plantation. Si un tel chantier ne présente pas de difficulté particulière pour sa réalisation en autoconstruction, il nécessite néanmoins du matériel lourd de terrassement, dont la location doit être prise en compte dans le coût global de l’installation. […]


Escapade : Rondins des bois à la montagne

Rondins de bois

Au cœur du parc naturel des Pyrénées catalanes à deux pas du vieux village de Bolquère, le chalet Les Artigues aux allures de refuge de montagne invite à célébrer la nature. « L’idée de construire un chalet de vacances sur notre terrain à Bolquère est née alors que nous étions en vacances dans un gîte rural à La Réunion, en 2005. Accueillir à notre tour des vacanciers dans ce pays qu’on aime tant, la Cerdagne, nous a semblé une évidence, d’autant qu’Olivier avait entamé une formation de fustier depuis plusieurs années », explique Florence.

Ce chalet 100 % autoconstruction (à l’exception de la pose des panneaux solaires en toiture) dont le chantier va durer deux ans sera son oeuvre de fin de formation. « Nous le voulions en harmonie avec la nature environnante : gros rondins de bois de pays non traités, énergies renouvelables (bois et soleil ne manquent pas), matériaux sains et recyclés, fortement isolé pour faire face au froid de l’hiver et consommer peu d’énergie, d’où la toiture végétale, harmonieux par ses volumes et sa décoration, très confortable et facile à vivre », précise Olivier.

Après avoir dessiné les plans, il installe son chantier de construction à 20 km de Bolquère. Transformer des arbres bruts façonnés par la nature en maison n’est pas le choix le plus facile. Pratiquement aucun arbre n’est droit. « Tous les arbres sont d’abord écorcés à la main, lavés à haute pression, puis ajustés à la tronçonneuse pour assurer leur empilement au millimètre près », reconnaît-il. Il faudra un an d’efforts et de patience pour bâtir tronc après tronc cette fuste de bois brut. Et une année de plus pour réaliser la toiture, l’aménagement intérieur et les extérieurs.

La tendresse du bois brut

Pour favoriser le bien-être des hôtes et limiter l’impact sur l’environnement, le choix d’utiliser des matériaux naturels s’est imposé. « La nature isolante des murs en pin douglas non traité de 35 cm de diamètre en moyenne est renforcée par la laine de mouton glissée entre rondins. Sur la toiture, 35 cm de ouate de cellulose associés à 25 cm de terre végétalisée (qui en hiver retient le manteau neigeux) assurent l’isolation », détaille Olivier. Grâce à son orientation plein sud, ce chalet à la location toute l’année bénéficie d’un bel ensoleillement. En hiver, le poêle à bois norvégien (JØtul) suffit à chauffer les volumes (3 à 4 stères par an).

Pour limiter son empreinte carbone, Olivier récupère le bois de chauffage en traction animale avec son cheval ! La maison utilise aussi l’énergie solaire via 12 m2 de panneaux solaires thermiques installés en toiture. Ils alimentent l’eau chaude sanitaire, le plancher chauffant, la cloison chauffante à ossature bois à l’étage,et l’eau du bain nordique en été. Enfin, des panneaux solaires photovoltaïques 3 kWc (environ 16 m2) couvrent 50 % de la consommation électrique du chalet.

[…]


Rénover : Restaurer et expérimenter éternellement

Restaurer et expérimenter

J’ai acheté en 1980 ce petit bordage Sarthois du XVIIIe siècle. Il était en ruines ! Mais avec 3 000 m2 de terrain dans un paysage superbe, j’ai réalisé un vieux rêve : vivre et me nourrir en harmonie avec les lieux.

J’étais fauchée et pas bricoleuse. Je traduisais les textes de hippies autoconstructeurs américains pour un groupe d’architectes pionniers de l’habitat bioclimatique. Alors, quand j’ai vu cette maison exposée au sud, avec une soupente au nord, j’ai immédiatement pensé cellier, « espace tampon ». Elle était à moitié effondrée ? J’ai pensé jardin d’hiver assorti d’un sauna. Idéal pour requinquer le bricoleur courbatu et
chauffer la pièce adjacente…

Un bordage est une maison de métayer construite avec les moyens du bord : les pierres et l’argile des champs alentour, de la paille, de la bouse de vache, les arbres des taillis… En 1980, parler bioclimatisme et écoconstruction vous faisait immédiatement passer pour un·e allumé·e ! Le premier maçon consulté méprisa mes idées : il fallait remonter les murs en parpaing, bétonner les sols et isoler les murs en sandwich de polystyrène. Je me suis donc lancée dans l’autoconstruction. Je ne savais rien faire ? J’apprendrais. Cette maison avait été construite « au juger », on la restaurerait pareil. Je devins la première femme adhérente des Castors de l’Ouest de mon secteur. Coup de chance, la responsable à Tours était aussi une femme, précieuse alliée m’offrant un vrai service d’assistance technique.

Arpenter, photographier, réfléchir… agir

Une maison paysanne est une maison sombre et souvent cloisonnée en pièces disparates, au fil des modifications étalées sur des décennies. Au début, j’étais perdue, je n’y comprenais rien. J’ai commencé par relever le plan des bâtiments, faire des photos de chaque bâtisse, puis de chaque pièce, à des moments précis – tôt le matin et en fin d’aprèsmidi en hiver, midi en été. L’idée : repérer la course du soleil, sa pénétration dans les pièces. L’emplacement des réseaux a aussi été photographié au moment des travaux, une précaution dont je me félicite aujourd’hui.

Nous avons aussi beaucoup étudié les maisons semblables avant de créer de nouvelles ouvertures. Nous avons établi un classement des travaux prioritaires. Première étape : refaire le toit et les planchers qui s’étaient effondrés. Par souci d’économie, nous avons fait appel à
un artisan qui nous acceptait comme « arpette » : découvrir, porter les matériaux, clouer les liteaux, tailler des tuiles selon ses prescriptions… Dans un premier temps, on a recouvert la maison avec des tuiles anciennes prélevées sur la grange voisine, couverte provisoirement avec des tôles bitumées. Une erreur ! Si


Rénover : Trucs et astuces d’un chantier d’initiés

Rénovation performante

Une rénovation performante

Cette rénovation était le quatrième chantier de Christine et Didier. Un recul qui leur a fourni une boîte à outils débordant d’ingéniosité et de bon sens. Ce qui leur a permis de changer cette vieille maison de Vic-en-bigorre (65) en un cocon adapté à leurs besoins, performant et confortable.

Après avoir mené les travaux de leurs trois précédentes maisons, Didier Garnung et Christine Laizay étaient rodés pour optimiser leur nouveau domicile, maison en pierre de 1936 à Vic-en-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées. Leur longue expérience et les acteurs professionnels et associatifs dont ils ont su s’entourer leur ont ouvert les portes d’une rénovation performante, pleine d’ingéniosité et de bon sens.

Pour le choix du terrain, « on avait cinq critères : être proche d’un centre-ville, disposer d’un garage, d’un point d’eau pour arroser le jardin, alimenter les toilettes, etc., qu’il y ait des arbres déjà grands », liste l’ancienne institutrice. « Quand on achète une maison à 60 ans et qu’il faut planter des arbres, il ne feront pas d’ombre avant qu’on ne puisse plus en profiter… », souligne le prof de technologie. Cinquième critère, auquel ils ont dû renoncer : le plain-pied, « même si du point de vue écologique, il est préférable d’avoir un cube comme celui-ci qu’un plain-pied étalé ».

Le premier projet prévoit d’abattre toutes les cloisons du rez-de-chaussée. « Mais on n’est plus tout jeunes, il était intéressant de garder la possibilité de ne vivre qu’en bas en y laissant une chambre et une salle de bains, soulignent-ils. Si on supprimait le couloir, où placer le canapé ? Dans l’entrée ? » Cela aurait aussi contraint à positionner la cheminée au milieu de la pièce, obligeant à « tout casser pour créer un nouveau conduit alors qu’il en existait deux ». Du point de vue énergétique, « l’ancienne cuisine transformée en buanderie sert de tampon thermique au nord ».

Des portes qui claquent

Le volet énergétique du chantier a été réfléchi avec l’Écocentre Pierre et Terre, dans le Gers, qui a accompagné le couple dans le diagnostic thermique du bâtiment et les préconisations d’amélioration. Les menuiseries extérieures ont été remplacées par du double vitrage sur mesure, fabriqué en chêne par un artisan local.  […]

 


Autoconstruire : L’écoquille, un bateau renversé qui n’a pas perdu le cap

l'écoquille

Un concept séduisant

Avec sa forme originale, ses matériaux légers et son coût optimisé, l’écoquille a tout pour séduire. La démarche n’est cependant pas toujours dénuée d’embûches. Retour sur une épopée de l’autoconstruction en Cévennes gardoises, avec Nicolas Ferrari, un capitaine qui n’a pas lâché la barre.

Posée sur pilotis, sous ses allures de bateau renversé, de chariot du far-west ou de roulotte tsigane douillettement installée dans un écrin de verdure, l’écoquille de Nicolas Ferrari domine le paysage. Et ici, il s’étale à perte de vue, bien que cette maison ne se trouve qu’à quelques encablures du centre-ville de la petite commune de Le Vigan, sous-préfecture du Gard. Pour le maître des lieux, le choix d’une architecture bois paraissait évident.

« J’ai complètement flashé sur le zome respectueux de l’environnement de mon ami d’enfance Patrick Ithier (reportage dans La Maison écologique n° 82, ndlr) lors de vacances à Bréau et comme la ville me lassait, mon projet de vie à la campagne a pris forme. J’envisageais de trouver un terrain aux alentours de Ganges pour y implanter une écoconstruction en bois», se souvient le propriétaire.

Éclairagiste dans le milieu du spectacle, cet intermittent réfléchissait à une reconversion pour travailler le bois. Manuel, il avait œuvré dans le milieu du décor et toujours bricolé chez lui. Un coup de cœur lui fait acquérir un terrain en terrasses sur les hauteurs de Le Vigan.

Adaptée aux contraintes du terrain

Son intérêt le porte alors sur l’ouvrage J’attends une maison de François Desombre, concepteur de l’Ecoquille, puis le hasard le met en présence d’un dépliant présentant la construction de l’Ecoquille dans une scierie des environs de Le Vigan.

« Le projet m’a séduit, en raison du concept de charpente avec des arches en matériau léger, de la réalisation possible sur tous les terrains. Cela coïncidait avec mon lieu en terrassiers à l’accessibilité limitée. »[…]


Autoconstruire : Une architecture rayonnante

maison octogonale

Une architecture rayonnante

Autoconstruite à 95%, dans la Loire, la maison octogonale en bois et paille de la famille Pavlik est le beau fruit du travail patient de nombreux réseaux familiaux, amicaux et professionnels.

Une maison octogonale

Avec ses huit pans de toit convergeant vers son chapeau vitré et ses larges baies ouvertes du levant au couchant, la maison de Clémence et Martin Pavlik affiche clairement les inspirations des ses autoconstructeurs. Clémence, institutrice en classe unique, les précise : « Fille d’agriculteurs bâtisseurs en paille dès 1992, j’ai complété ma formation à l’IUFM par un CAP de taille de pierre. J’aime les matières brutes naturelles, la paille, la pierre, le bois, la terre, la construction écologique, le style en rondeurs de l’architecte autrichien Hundertwasser… Et je me sens rurale, définitivement. »

Martin, naturaliste gérant du bureau d’études Écotype Environnement, a « découvert la construction paille par des articles et par un copain de fac qui m’a convaincu, alors
que je suis le fils d’un artisan conventionnel. Les livres de Samuel Courgey et Jean-Pierre Oliva, un article de La Maison écologique de 2012 m’ont donné des idées.

Quand on s’est connus avec Clémence, nous avons commencé un carnet d’envies de construction, que nous avons ensuite confrontées aux contraintes d’usage et de mise en oeuvre. Le rond pose des soucis pour les grandes baies vitrées. Le dodécagone renchérissait trop le coût de construction. Nous avons simplifié, ce serait un octogone avec une clé de voûte ouverte sur le ciel, comme le tonoo d’une yourte. La forme octogonale permet de suivre la course du soleil, favorise la luminosité, la perception d’espace libre ». Clémence complète : « C’est esthétique, mais ça complique l’ameublement. Même avec de grandes chambres, la contrainte des angles fige les aménagements. »

Mener tout de front

En 2013, le jeune couple trouve un petit coin de nature où donner vie à ses rêves, à Saint-Martin-la-Sauveté, à 640 m d’altitude dans les monts de la Madeleine, au nord de la Loire. Le village, qui compte un millier d’habitants, s’inscrit […]


Autoconstruire : novice et autoconstructeur

novice et autoconstructeur

 Non, rien de rien, non, je n’y connaissais rien.

Stéphanie et Julien étaient novices quand ils ont décidé de bâtir leur propre maison en paille, dans le vignoble Nantais. Prendre le temps d’apprendre, savoir s’entourer et s’écouter leur a permis d’arriver au terme de leur projet en toute quiétude.

Avant d’atterrir dans la chasse des toilettes ou dans l’arrosoir du potager, l’eau de pluie qui tombe sur le toit de Stéphanie, Julien et leurs trois enfants s’offre un séjour dans d’anciennes cuves de Muscadet. Le couple a craqué pour ce terrain pentu de Maisdon-sur-Sèvre, en Loire-Atlantique, pour y autoconstruire sa maison bioclimatique. Lui professeur des écoles adepte de la pédagogie Freinet, elle éducatrice spécialisée, certains de leurs proches ont douté de leur capacité à bâtir tout une maison. Mais pour mener son projet à terme sans heurts, le couple a su s’entourer des bonnes personnes et se ménager.


Autoconstruire : bâtir en toute sérenité

Bâtir en toute sérénité

Un projet d’autoconstruction sans stress ni coup dur, c’est possible

À quelques kilomètres à l’est de Toulouse, le tumulte de la grande ville est très vite oublié. C’est ce que voulaient Gilles et Anne pour implanter leur maison en paille construite il y a dix ans. Un chantier comme une évidence pour ce couple qui a découvert la construction écologique au Danemark et en Angleterre. « En vivant là-bas pour des raisons professionnelles, on s’est rendu compte de l’avance qu’ils ont au niveau de l’environnement », souligne Gilles. Même s’il reconnaît qu’il ne savait pas utiliser une perceuse avant d’avoir commencé son chantier, le couple se lance dans l’aventure alors que leur petite dernière est âgée de 6 mois à peine. Et en conservant bien sûr leurs emplois respectifs de chercheur en océanographie et de formatrice français langue étrangère. « On n’est pas anxieux de nature ! », souligne Gilles dans un large sourire.