Reportage : autonome en bois de chauffage

autonome en bois de chauffage

Notre combustible pousse dans le jardin

Vanessa et Nicolas alimentent un poêle bouilleur avec le bois que leur offrent les arbres de leur terrain.

Combien nous coûte notre chauffage ? Un peu de carburant, beaucoup d’huile de coude et une chaîne de tronçonneuse de temps en temps. »

En rénovant cette vieille longère, Vanessa et Nicolas ont atteint l’autonomie en chauffage grâce à leur 8 ha de terrains.

Une bonne partie est en zone humide ou consacrée aux 1 000 poules pondeuses de Vanessa, mais les parcelles boisées suffisent amplement à alimenter le poêle bouilleur qui a remplacé les anciens radiateurs électriques et permet même de produire l’eau chaude sanitaire. Ajoutez des éclairages 100 % LED, un lave-linge à double entrée raccordé directement au chauffe-eau solaire sans avoir besoin d’utiliser sa très énergivore résistance électrique et vous obtenez ainsi une facture d’électricité de « 35 € par mois, dont 20 € d’abonnement, se réjouit le couple. C’est valorisant de constater que ta consommation équivaut à 25 % de la moyenne indiquée par EDF pour un foyer équivalent en taille et en nombre d’habitants! ».

En outre la corvée de bois est loin de les effrayer. « Ça défoule », sourit Vanessa. Un merlin à la main, elle assomme ses coins à bûches jusqu’à avoir le dernier mot. « Le fendage, c’est l’exutoire. Si tu es en colère, tu vas fendre deux ou trois bûches, tu reviens calmé. »

Autre avantage : « Le bois te chauffe trois fois. Quand tu le coupes, quand tu le fends et quand tu le mets dans le poêle.»

 


Autonomie et chauffage au bois

chauffage au bois

Le bois, champion de la chaleur renouvelable

Energie écologique, facilement disponible et bon marché, le chauffage au bois est une des meilleures solutions. Poêle de masse, poêle bouilleur ou cuisinière… la palette des équipements est large. Comment se repérer parmi toutes les options pour devenir le plus autonome possible ?

Le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la cuisson représentent 80 % des besoins énergétiques d’un foyer(1). Une ressource renouvelable, locale et économique peut répondre à ces trois postes : le bois. Même si le coût des appareils est parfois plus onéreux que celui de solutions fossiles, le prix du combustible et sa stabilité entraînent des retours sur investissement rapides : 4 ans pour un poêle bouilleur autoconstruit, jusqu’à 8-10 ans pour une chaudière à bois déchiqueté. Pour le bois bûche (50 cm), compter 3,5 c€/ kWh de PCI(2), contre 8 c€/kWh pour le fioul et 16 c€/ kWh pour l’électricité(3). Les granulés (7 c€/kWh) conviennent à qui cherche le confort de l’automatisation ou possède un petit espace. En outre, pour l’autonomie, mieux vaut éviter produits manufacturés et appareils nécessitant un apport électrique. Et disposer d’un endroit sec pour stocker le bois et d’huile de coude pour la manutention.

Alors, poêle à convection, à hydro-accumulation dit « bouilleur », de masse, rocket stove, chaudière, quel appareil choisir ?

 

 


Reportage : construction passive

construction passive

Habitat bien pensé moins chauffé

De l’architecture de la maison à ses équipements, en passant par sa structure et son isolation, il est possible de jouer sur bien des postes pour se rapprocher de l’autonomie en chauffage. En la matière, la construction passive est un vivier de bonnes idées.

Imaginé en Allemagne à la fin des années 1980, le modèle de la maison passive, prend de l’ampleur. En effet, en France, on estime à 3 000 le nombre de ces bâtiments.

Le concept repose sur trois objectifs : consommation d’énergie de chauffage inférieure à 15 kWh/m².an, étanchéité de l’air à 50 Pa inférieure à 0,6 vol/h, énergie totale inférieure à 120 kWh/ m².an. La méthode, pour y arriver, consiste à « maximiser les apports solaires et réduire au plus bas les déperditions thermiques », résume Jean-Claude Tremsal, président d’honneur de la FFCP. Les matériaux ayant gagné en accessibilité, il est plus aisé de construire passif aujourd’hui. Pour autant, pas facile pour un particulier. En effet, les critères sont plus atteignables sur de gros bâtiments et dans les régions à l’apport solaire important. En outre, le niveau de technicité est élevé. « Réaliser une maison passive en autoconstruction me semble difficile, poursuit l’expert. Pour l’enveloppe, on peut y arriver, mais le système de ventilation pose des difficultés même aux professionnels. »

 


Gérer le bois de chauffage

Gérer le bois de chauffage

Gérer, couper, stocker : bûcher pour se chauffer

Et si, pour être autonome en énergie, vous coupiez votre bois en forêt ? De plus en plus de personnes sont tentées par le plaisir de « faire leur bois », une activité physique qui demande une bonne dose de savoir-faire.

La forêt représente une réserve renouvelable de combustible. Éclaircies de petit bois, cime d’arbre abattu pour le bois d’oeuvre, arbre tombé sont autant de ressources pour le chauffage. Mais il est difficile d’acheter une petite forêt ; lorsqu’on veut vendre une parcelle de moins de 4 ha, un droit de préférence est accordé aux propriétaires forestiers contiguës(1), afin d’encourager le remembrement. Les descendants des familles ayant habité à Dabo (Moselle) ou Engenthal (Bas-Rhin) avant 1817 bénéficient du « bois bourgeois ». Chaque année, près de 1 000 personnes reçoivent par tirage au sort un lot de résineux sur pied et « vifs ». Plus largement, dans le grand Est, l’affouage persiste. La commune attribue des lots de bois par tirage au sort pour ceux qui payent des impôts dans le village et peuvent « faire leur bois » en échange d’une faible contribution.

Dans les forêts domaniales ou privées, État et propriétaires proposent des contrats de bois de chauffage à des particuliers. Cependant, il faut bien lire les conditions d’exploitation.


Autonomie énergétique grandeur nature

Maison en autonomie énergétique en Bretagne. Crédit Michel Ogier

[VIDEO] Caroline et Hubert vous invitent à pousser les portes de leur maison autonome en Bretagne. Elle a été autoconstruite avec des matériaux biosourcés, voire de cueillette. En outre, elle leur a permis d’atteindre l’autonomie en électricité, en chauffage et en eau.

« En concevant cette maison autonome, notre priorité était de limiter au maximum notre impact environnemental et de vivre avec le minimum de compromis vis-à-vis de cette société de consommation », résument Caroline et Hubert. Finalement, pari réussi avec cette maison de 88 m2 autoconstruite en Bretagne en bois, terre, paille et autres matériaux écologiques et locaux. Ainsi, pour eux et leurs deux enfants, depuis quatre ans, l’autonomie énergétique n’est pas qu’une utopie!

Reportage complet, photos et détails techniques dans le hors-série n°10 de La Maison écologique. En kiosques depuis fin octobre 2018 ou sur commande en cliquant ici.


Autonomes depuis des lustres

autonomes depuis des lustres

Elle n’avait Ni eau, ni électricité. Quand ils ont repris cette vieille ferme beaujolaise en 1983, Catherine et Marc se sont faits traiter de fous. On leur disait qu’ils ne tiendraient pas un an.
Trois décennies plus tard, ils sont toujours là. Leur maison est alimentée à l’énergie solaire… et à l’huile de coude.


Vue d’ailleurs : Free & real en Grèce

free & real

L’autonomie portée aux nues

Sur l’île d’Evia, en Grèce, Free & Real est une éco-communauté végane tournée vers la durabilité et l’autosuffisance. Constituée de seulement quatre permanents, elle a déjà accueilli plus de 35 000 personnes. Preuve qu’un petit groupe de passionnés peut faire beaucoup.

Depuis 2010, des jeunes et des adultes du monde entier viennent suivre des formations au sein de la communauté Free & Real ou participer bénévolement à ses activités pour apprendre l’autosuffisance, l’agriculture naturelle, l’écoconstruction, les énergies renouvelables ou encore à entretenir son corps et sa santé.

 

 


Autoconstruire un octogone autonome

octogone autonome

Un octogone autonome

Comme la quatrième de couverture d’une vie entière consacrée au respect de l’environnement, la maison autonome de Frans et Irna nous ouvre ses portes. Leçon de construction, histoire de vie.

1973, la crise pétrolière redéfinit les perspectives d’avenir. Irna revit cette prise de conscience avec la même fougue : « AU-TO-NO-MES ! », le mot est lâché. Quarante ans et quelques printemps plus tard, deux bâtiments autoconstruits entre 2004 et 2007 marquent l’aboutissement de cette impulsion. Sur un terrain bordé de chênes typiques du Quercy, la maison principale et l’atelier de Frans possèdent chacun une citerne souple de 20 et 10 m3 pour l’autonomie en eau. Militants anti-nucléaires de la première heure, l’autonomie électrique était une condition sine qua non. « C’est bien de militer mais, concrètement, qu’est-ce qu’on fait pour lutter contre le nucléaire ? », interroge le couple, qui utilise une installation solaire minimale (1 kWc) et fait des choix dans son appareillage électrique.

 


autoconstruire et autonomie

autoconstruire et autonomie

Électricité, chaleur eau, jardin, voiture… Ils disent oui à l’autonomie.

Liberté (de vivre en harmonie avec la nature), solidarité (partage de savoirs), paix (si chacun peut répondre à ses besoins). Telle est la devise de Matthias, un autoconstructeur pas tout à fait comme les autres.

Regarde comme je suis riche ! », s’exclame l’heureux propriétaire en balayant du regard, les bras grands ouverts, les 2 000 m2 boisés et fleuris de son terrain. « La terre alimente l’eau du puits, le ciel déverse l’énergie solaire pour nous éclairer et nous chauffer, les arbres donnent le bois pour le poêle et la cuisine et le sol, des centaines de kilos de nourriture ; noix, prunes, pommes, kiwis, cassis, mûres… Sans oublier les poules. La nature donne tout ! », s’émerveille Matthias. En effet,  l’autonomie – énergétique et alimentaire – est une valeur essentielle pour lui. « En protégeant ce lieu de toute agression polluante, nous vivons ici une relation très douce avec la Création », confie-t-il.

 


Alternatives : construire une tiny house

construire une tiny house

Conçevoir et construire une tiny house, écologique et autonome à 16 ans.

À quoi pense-t-on à 16 ans ? Copains, copines, soirées, devoir de maths à rendre… ? À 16 ans, Lars Herbillon, lui, avait une chose bien en tête : construire une tiny house. Et à tout juste 18 ans, il est en passe de remporter son pari. En effet, la mini maison du jeune homme originaire de Fréland, sur les hauteurs vosgiennes, est pratiquement terminée. Il compte l’habiter cet hiver pour son année de terminale.

Auparavant élève de l’école Steiner de Colmar, il devait travailler sur un projet pédagogique individuel durant sa 11e classe (équivalent à la 2nde) en 2015-2016. « Ce projet dure théoriquement un an mais, pour moi, l’idée était d’aller jusqu’au bout et de le réaliser concrètement…