Billet d’humeur : Faut il encore s’envoyer en l’air ?

Le vol aérien se banalise

Le vol aérien se banalise

Alerte enlèvement ! Au moment même où vous lisez ces lignes, 1 250 000 humains ne sont plus sur le sol de notre planète. Pfff… envolés.
Ni disparus, ni volatilisés, ni réfugiés dans une station orbitale. Non, envolés, ou plutôt en vol, dans un avion.
En permanence, 1 250 000 Terriens ne sont pas sur le plancher des vaches, mais dans le plafond des nuages. La moitié de la ville de Paris en moyenne.
Selon l’organisation de l’aviation civile internationale (OACI), le transport aérien croît de 6 à 8 % chaque année depuis dix ans. Chaque jour, 104 000 vols commerciaux sillonnent la planète, parcourant en 2018 un total de 8 200 milliards de kilomètres. Le tout pour transporter 4,3 milliards de passagers, soit sept fois plus qu’en 1980 ! Le vol aérien se banalise, boosté par les low-costs qui représentent en Europe 36 % du nombre total de passagers transportés.

Les conséquences écologiques de l’avion

Low-cost pour le porte-monnaie, mais high-cost pour la planète… Les seules émissions de CO2 dues à la combustion du kérosène représentent 2 à 3 % des émissions mondiales, mais les émissions d’oxyde d’azote, de particules et les traînées de condensation contribuent aussi à l’effet de serre. Au total, le « forçage radiatif » généré par le transport aérien est estimé entre 5 et 7 % des contributions au réchauffement du climat.
Les conséquences écologiques de l’aviation sont donc désastreuses. Malgré des gains sur le poids et la motorisation des appareils, l’industrie du transport aérien est incapable de compenser par des améliorations techniques un tel rythme de croissance. L’impact énergétique et climatique ne cessant de croître, on serait en droit de penser que l’aviation est fortement taxée. Tout faux… Le kérosène des avions ? Zéro taxe. Parce que, fin 1944, la convention de Chicago s’accorda sur la non-taxation du kérosène des vols internationaux, celui-ci  […]