Reportage : Voûte que coûte. Plongée dans un bateau renversé

Bateau renversé

Atypique, la charpente de cette petite maison du Puy-de-Dôme lui prodigue une forme de coque de bateau renversée. Ajoutons-y un espace réduit et le naufrage guette ses trois habitants. Ce serait sans compter sur l’ingéniosité des autoconstructeurs à la barre de ce beau chantier.

Guidés par leur sensibilité écologique, Isabelle et Emmanuel mettaient le cap sur un projet de construction bien précis. « Dans la lignée de Pierre Rabhi, on voulait un habitat simple emprunt de sobriété, avec le minimum d’emprise sur le terrain et pour un coût modéré. » Le projet initial comprenait une grange (l’actuelle maison) communiquant avec une maison en ossature bois et paille.

La question s’est vite posée de savoir comment arriver à vivre sur le chantier au plus vite et dans le confort, car le délai des travaux s’envisageait assez long. « On s’est rendu compte que la grange pouvait être aménagée comme une vraie maison et que, finalement, ça ne valait pas le coup de continuer sur un chantier plus gros », retrace Emmanuel. Sa formation de charpentier de marine et son expérience d’architecte d’intérieur lui ont permis de jeter l’ancre sur un système constructif atypique, qui se rapproche de l’architecture organique et de ses formes arrondies.

À l’abordage d’un système constructif innovant

« J’avais déjà vu cette forme de coque de bateau renversée pour des abris sommaires et dans des pays d’Europe du nord. Je l’ai perfectionnée en m’inspirant des systèmes constructifs en bois lamellé-collé, qui libèrent l’espace tout en offrant une excellente résistance », confie Emmanuel. L’idée étant aussi de pouvoir monter la structure avec des moyens modestes, il a suffi de quelques jours à deux personnes pour son édification sans engin de levage, seulement quelques échafaudages. Cette forme offrant une bonne résistance au vent était particulièrement adaptée à l’emplacement géographique de la maison, sur un plateau exposé de Domaize, à 500 m d’altitude dans le Puy-de- Dôme.

Par soucis de cohérence, le choix du bois s’est porté sur une essence locale et non traitée, le douglas, complété par du mélèze, de la région également. La fondation, relativement simple elle aussi, est constituée de huit pieux en béton sur lesquels un maillage de longrines est posé. Une lisse basse en bois est fixée sur chacun des plus longs côtés. Elle sert de support pour la fixation des arcs, boulonnés et espacés d’environ 70 cm. Lors du montage du faîtage, les arcs de chaque flanc du bâtiment positionnés symétriquement face à face sont assemblés au sol avec une pièce de bois triangulaire à la jonction de leurs extrémités destinées à constituer le sommet de la maison. […]


Autoconstruire : L’écoquille, un bateau renversé qui n’a pas perdu le cap

l'écoquille

Un concept séduisant

Avec sa forme originale, ses matériaux légers et son coût optimisé, l’écoquille a tout pour séduire. La démarche n’est cependant pas toujours dénuée d’embûches. Retour sur une épopée de l’autoconstruction en Cévennes gardoises, avec Nicolas Ferrari, un capitaine qui n’a pas lâché la barre.

Posée sur pilotis, sous ses allures de bateau renversé, de chariot du far-west ou de roulotte tsigane douillettement installée dans un écrin de verdure, l’écoquille de Nicolas Ferrari domine le paysage. Et ici, il s’étale à perte de vue, bien que cette maison ne se trouve qu’à quelques encablures du centre-ville de la petite commune de Le Vigan, sous-préfecture du Gard. Pour le maître des lieux, le choix d’une architecture bois paraissait évident.

« J’ai complètement flashé sur le zome respectueux de l’environnement de mon ami d’enfance Patrick Ithier (reportage dans La Maison écologique n° 82, ndlr) lors de vacances à Bréau et comme la ville me lassait, mon projet de vie à la campagne a pris forme. J’envisageais de trouver un terrain aux alentours de Ganges pour y implanter une écoconstruction en bois», se souvient le propriétaire.

Éclairagiste dans le milieu du spectacle, cet intermittent réfléchissait à une reconversion pour travailler le bois. Manuel, il avait œuvré dans le milieu du décor et toujours bricolé chez lui. Un coup de cœur lui fait acquérir un terrain en terrasses sur les hauteurs de Le Vigan.

Adaptée aux contraintes du terrain

Son intérêt le porte alors sur l’ouvrage J’attends une maison de François Desombre, concepteur de l’Ecoquille, puis le hasard le met en présence d’un dépliant présentant la construction de l’Ecoquille dans une scierie des environs de Le Vigan.

« Le projet m’a séduit, en raison du concept de charpente avec des arches en matériau léger, de la réalisation possible sur tous les terrains. Cela coïncidait avec mon lieu en terrassiers à l’accessibilité limitée. »[…]


Extension en coque de bateau

extension en coque de bateau

Une nouvelle cuisine renversante.

Accostée sur une île du Morbihan, l’Atypique extension d’Odile, en forme de coque de bateau renversée, navigue entre toiture végétalisée, charpente marine hors normes et une attention aux détails qui file la métaphore navale.

Sans mauvais jeu de mots, cette extension en coque de bateau renversée a fait chavirer mon coeur. Laissez-moi reprendre mon souffle, que je vous présente ma bien-aimée. Elle se niche au creux d’un bois qui plonge tête la première dans une époustouflante vue sur l’océan breton. À mon grand désespoir, le coeur de cette belle insulaire est déjà pris ; elle héberge Odile, dynamique photographe de 63 ans. « La mer, je suis tombée dedans quand j’avais 2 ans et je n’en suis jamais ressortie », sourit Odile. Née en région parisienne, elle a fini par larguer les amarres sur une île du Morbihan. Passée l’immense baie vitrée, on se croirait dans la cale d’un navire.