Construire : Chaume et béton cellulaire un mariage insolite

Chaume et béton cellulaire

Cette maison plantée sur la presqu’île de Guérande a fait le choix de l’alliance entre des murs maçonnés en béton cellulaire et une toiture traditionnelle en roseau. Une union atypique qui a bousculé les habitudes des professionnels.

Pour choisir les matériaux de leur future maison, les propriétaires ont donné carte blanche à leur architecte. « On voulait avant tout une maison qui consomme peu d’énergie, très confortable et qui ne sera pas dépassée quand les bâtiments tendront obligatoirement vers le passif», expliquent Pascale et Julien Conquérant, vétérinaires. Béton cellulaire et chaume ont découlé de contraintes imposées, que le projet a su s’approprier pour en faire sa force. Mais les spécificités de ces matériaux dont les professionnels sont peu coutumiers ont requis adaptation et compromis.

Dans le parc naturel régional de Brière, ce terrain était soumis à des impératifs esthétiques, dont un toit de chaume. Les fabricants de fenêtres de toit n’ont pas prévu d’étanchéité pour cette couverture traditionnelle. « Après dix ans, le chaume se composte en surface et fond de 5 à 7 mm par an, détaille le chaumier Thierry Renard. On ne peut donc pas mettre une fenêtre au ras du roseau extérieur. » Il façonne des étanchéités souples pour tuiles afin de les intégrer dans l’épaisseur du chaume. « Au-dessus de la fenêtre, on crée une “moustache”. »

Climato-dépendant

Premier ennemi du chaume, l’eau déclenche le compostage. « Plus la pente est forte, moins l’humidité reste. En Brière, les pentes sont d’environ 50° et la longévité des toits de chaume, de 30 à 35 ans. En Normandie, avec 60° de pente, la durée de vie est plutôt de 50 ans. »

Reste à gérer les interfaces avec les autres corps de métier, non habitués à ce matériau. « L’étude thermique assimile 1 cm du chaume à de la couverture et les 39 autres à de l’isolation, complétée ici par de la laine de bois », indique Clotilde Dhennin, de Kaizen Architecture. Pour réduire les ponts thermiques, « j’ai demandé à ce qu’elle soit posée en deux couches croisées, une entre chevrons, l’autre entre pannes, ce qui obligeait le plaquiste à faire deux fois le travail. Habitué aux couvertures classiques ventilées, il pensait qu’on ne pouvait pas plaquer la laine contre le chaume. Je pensais au contraire qu’une lame d’air entre chaume et laine de bois risquait de provoquer de la condensation, abîmant l’un et l’autre ». Chantier bloqué ! Jusqu’à ce que Siga, fournisseur du frein-vapeur posé côté intérieur, confirme le contact entre laine de bois et chaume.

 


Construire en béton cellulaire

béton cellulaire

Un confort en béton cellulaire

Emilie et Guillaume ne sont pas des militants écologistes de la première heure. Pourtant la qualité de vie promise par les maisons bioclimatiques en béton cellulaire proposées par leur maître d’oeuvre les a séduits.

Au bout de deux ans de recherche Émilie Boudin et Guillaume Perrochon étaient las de ne pas trouver de maison à rénover. Ils  se résolvent alors à solliciter des constructeurs. Mais « les maisons ” traditionnelles ” qu’on nous a proposées ne nous plaisaient pas. Par l’intermédiaire d’un client de mon mari qui travaille dans les produits du BTP, nous avons rencontré Bâti concept écologique (B.C.E.).  Nous avons visité une de leurs maisons, raconte Émilie Boudin. J’ai tout de suite accroché avec la philosophie de l’entreprise et le style d’architecture : les grandes baies vitrées, les économies d’énergie, les menuiseries… Je connaissais bien le béton cellulaire car mon grand-père avait fait réaliser une extension avec ce matériau. Il en était très content et cela lui apportait un grand confort de vie. »


Extension en béton cellulaire

extension en béton cellulaire

Pousser les murs avec le béton cellulaire.

Des blocs de béton cellulaire ont étendu l’aura de cette vieille maison en terre et pierre, ainsi réagencée et ensoleillée. Avec une grande attention portée aux énergies du lieu, cet extension a rallumé la flamme de la maison de Solange. Évitez de lui parler de chiffres et de dates, Solange Rivier serait bien embêtée pour vous répondre. « Je vis hors du temps, je suis beaucoup en voyage… », confie-t-elle. Solange habitait déjà depuis « 5 ou 6 ans » dans cette « vieille masure » quasi abandonnée dont elle avait habillé les murs de rideaux « pour cacher la misère » quand elle décide de la restaurer et de l’agrandir. Cette maison dauphinoise bâtie à Saint-Victor-de-Morestel, au sud-est de Lyon, est en pierres surmontées de pisé – de la terre crue compactée, technique répandue en Rhône-Alpes. L’extension de 42 m2 sera montée en blocs de béton cellulaire car « c’est un matériau léger, facile à manipuler, ignifuge, qui offre une bonne hygrométrie, une isolation [partielle, ndlr] et j’ai eu la chance de profiter d’un transfert d’entrepôt….


Matériau



Les dix monomurs : découvrez les qualités des différents monomurs passés au crible. Voici un comparatif qui s’attache à sélectionner les produits répondant à deux critères principaux : permettre la construction de murs porteurs sur plusieurs étages et être suffisamment isolants pour ne pas nécessiter d’isolant intérieur ou extérieur. Il s’agit des « blocs à isolation répartie » ou monomurs.