Billet d’humeur : Terre-Serre

Terre-Serre

Nous sommes tous des Saint-Thomas ; pour croire réellement au changement climatique, il nous faut des stigmates. Des stigmates visibles, pas de savantes interprétations ni courbes énigmatiques. À ceux qui s’interrogent encore, je conseille de rendre visite à un vrai stigmate, spectaculaire et facile d’accès par chemin de fer : la mer de glace à Chamonix. Dans l’escalier qui descend depuis la gare de Montenvers jusqu’à une grotte aménagée sous le front de glace, des plaques indiquent le niveau du glacier ces dernières décennies. Et là, le choc. À la plaque 1990, il reste encore une trentaine de mètres à descendre. La formidable mer de glace s’évapore, laissant de tristes rochers à marée basse. Tout l’été, d’autres stigmates ont meurtri la Terre.


Climatiseur: sommes-nous accros ?

Climatiseurs aux fenêtres de Marseille.

Et s’il faisait encore plus chaud avec la clim’ ? Derrière son effet rafraîchissant, le climatiseur est en réalité une des raisons du réchauffement climatique par sa consommation d’électricité, ses rejets de gaz à effet de serre, sa contribution aux îlots de chaleur… L’Homo climatisis serait-il accro?

 

Billet d’humeur de Thierry Salomon
Article initialement paru dans La Maison écologique n°106
Retrouvez ses brefs « tweets d’humeur » sur @ThierrySalomon

Chaque matin, pour aller au bureau, Homo climatisis prend sa voiture. Il est assez fier de sa très classieuse couleur noire et du vitrage panoramique du toit. Le noir absorbe la chaleur et le toit vitré laisse généreusement entrer les rayons du soleil. Mais qu’importe, la clim’ tourne en permanence.

Homo climatisis travaille toute la journée au siège climatisé de son entreprise. Immenses baies vitrées symbolisant la transparence de sa société où il travaille en chemise longue, veste et cravate en toute saison.

Le soir, Homo climatisis retrouve sa voiture. Une demi-heure pare-chocs contre pare-chocs, la clim’ à fond. Avec juste un arrêt dans un supermarché au rayon des produits exotiques arrivés par transports réfrigérés de l’autre bout du monde.

Le biotope où habite Homo climatisis est une villa climatisée. La grande véranda plein sud laisse abondamment entrer le soleil mais la clim’ veille, compensant toute surchauffe. Le bonheur, c’est simple comme quelques degrés en moins. Pourquoi s’en priver ?

Un climatiseur pour deux Terriens

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Billet d’humeur : Homo climatisis

Homo climatisis

Chaque matin, pour aller au bureau, Homo climatisis prend sa voiture. Il est assez fier de sa très classieuse couleur noire et du vitrage panoramique du toit. Le noir absorbe la chaleur et le toit vitré laisse généreusement entrer les rayons du soleil. Mais qu’importe, la clim’ tourne en permanence. Homo climatisis s’affaire toute la journée au siège climatisé de son entreprise. Immenses baies vitrées symbolisant la transparence de sa société où il travaille en chemise longue, veste et cravate en toute saison.

Le soir, Homo climatisis retrouve sa voiture. Une demi-heure pare-chocs contre pare-chocs, la clim’ à fond, avec juste un arrêt dans un supermarché au rayon des produits exotiques arrivés par transports réfrigérés de l’autre bout du monde.


Billet d’humeur : transport maritime et pollution

transport maritime et polution

Fluctuat nec… mer pas pure

Délaissant quelques jours votre maison écologique, que diriez-vous d’une croisière à bord d’un palace flottant ? Farniente, soleil et évasion, la mer qu’on voit chanter le long des golfes clairs, enfin l’air du large, enfin de l’air pur ! Et bien non, loupé : sur le pont de ce type de navire, la concentration en particules ultrafines peut être 50 à 100 fois supérieure aux concentrations estimées comme admissibles pour la santé humaine. Le responsable ?Un redoutable tandem, l’oxyde de soufre (SOx) et l’oxyde d’azote (NOx) qui résultent de la combustion du fioul alimentant en énergie moteurs et groupes électrogènes.


Billet d’humeur : Lanthane et Prométhium

lanthane et prométhium

De l’Antiquité à la Renaissance, l’humanité n’a utilisé que sept métaux : fer, étain, cuivre, plomb, mercure et, bien sûr, or et argent. Nous exploitons maintenant la quasi-totalité des 86 métaux du tableau de Mendeleïev. Parmi eux, les métaux dits rares, tels le cobalt, le magnésium ou l’indium, et les « terres rares », une bien étrange famille car elles ne sont ni des terres, ni vraiment rares : si la Chine assure 95 % du commerce actuel, elle ne possède que 40 % des gisements, 34 % étant aux États-Unis et 25 % en Russie.

Dans un livre très documenté*, le journaliste Guillaume Pitron nous révèle les innombrables emplois de ces métaux aux appellations barbares, ou plutôt latines : le samarium dans les aimants permanents, l’europium pour les lasers et les réacteurs nucléaires, l’erbium dans les réseaux de communication optique…


Billet d’humeur : bitcoins ou… bitcons ?

billet d'humeur bitcoins ou bitcons ?

Bitcoins et consommations d’énergie.

Connaissez-vous Satoshi Nakamoto ? C’est l’homme en passe de devenir le plus riche du monde. Enfin, si c’est un homme, car on ne sait toujours pas qui se cache derrière ce patronyme. Une bande de geeks, une mafia, un génie misanthrope ? Satoshi Nakamoto est l’inventeur du bitcoin, cette monnaie virtuelle qui rend dingues les spéculateurs de tout poil : de 13 $ il y a cinq ans, le bitcoin a atteint 750 $ en janvier 2017 avant de grimper vers les 20 000 $ en décembre ! Tout ceci ne serait qu’enfantillages d’adultes cupidement addicts aux jeux d’argent si le bitcoin n’entraînait pas d’ahurissantes consommations d’énergie. En effet, la création (appelée « minage ») de bitcoins nécessite 35 milliards de kWh par an (selon le site spécialisé digiconomist.net, fin 2017), soit l’équivalent de la consommation électrique du Danemark ou de l’Algérie !


Billet d’humeur : Michel Gerber architecte bioclimatique

michel gerber

Le soleil, les vieilles pierres et l’architecte

Michel Gerber  vient de s’éteindre à 81 ans. Il rejoint ainsi Reiser au paradis de ceux qui ont ensoleillé nos concrètes utopies.

Dans les années 1970, l’habitat solaire se résumait le plus souvent à concevoir des maisons bardées de capteurs à eau disgracieux chauffant de complexes systèmes de stockage. Avec gourmandise, le dessinateur Reiser, génial et incisif admirateur des énergies renouvelables, en fit le constat hilarant dans un inénarrable dessin intitulé « Le solaire, c’est moche et ça marche pas ! ». Puis, vint l’architecture solaire bioclimatique. Avec elle, cette intuition géniale : inutile d’installer des équipements capteurs chers et complexes puisque la maison EST le capteur !

 


52 éléments atomiques dans votre poche !!

smartphone, 52 éléments atomiques dans votre proche...

Le saviez-vous ? La moitié de la table de Mendeleïev se trouve certainement dans votre poche… Mais, si rappelez vous, le fameux tableau des éléments périodiques, étudié en chimie !

 

Billet d’humeur de Thierry Salomon

Article initialement paru dans La Maison écologique n°101
Retrouvez ses brefs « tweets d’humeur » sur @ThierrySalomon

A part quelques irréductibles lecteurs résistant encore et toujours à l’empire GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple), vous avez sans doute, comme moi, un smartphone dans votre poche. Bien sûr, comme moi, vous ne pouvez plus vous en passer. Trouvant formidablement pratique cette version contemporaine du couteau suisse à la fois agenda, accès Internet, GPS, réveil-matin, caméra, partenaire aux échecs (toujours bon perdant), voire sablier numérique pour œufs à la coque. Ah, j’oubliais : notre smartphone sert parfois à téléphoner. Antique survivance du siècle précédent quand le phone était télé mais pas encore smart.

Pas si doux, notre doudou numérique

Mais, pour fabriquer notre doudou numérique, ce bijou de technologie dont un Terrien sur trois est déjà équipé, il a fallu utiliser un nombre considérable de substances chimiques différentes, la plupart du temps sous forme d’alliage complexe, d’encre métallique (comme le nickel sur les boîtiers) ou pour « doper » les transistors.
Une pertinente étude menée par la branche « Système extractif » de l‘association Ingénieurs sans frontières a tenté de comptabiliser le nombre d’éléments atomiques figurant dans un smartphone standard. Le résultat est édifiant. Nous trimbalons dans notre poche environ 52 éléments atomiques différents, soit la moitié du fameux tableau de Mendeleïev !

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Billet d’humeur : smartphone et impact sur l’environnement

smartphone et environnement

La moitié du tableau de Mendeleïev dans votre poche !

À part quelques irréductibles lecteurs résistant encore et toujours à l’empire GAFA (Google- Amazon-Facebook-Apple), vous avez sans doute, comme moi, un smartphone dans votre poche. Bien sûr, comme moi, vous ne pouvez plus vous en passer. Trouvant formidablement pratique cette version contemporaine du couteau suisse à la fois agenda, accès Internet, GPS, réveil-matin, caméra, partenaire aux échecs (toujours bon perdant), voire sablier numérique pour oeufs à la coque. Ah, j’oubliais : notre smartphone sert parfois à téléphoner. Antique survivance du siècle précédent quand le phone était télé mais pas encore smart.

Pétition internationale contre le projet “montagne d’or” : http:// bit.ly/2wHfiBO
Dossier d’ingénieurs sans frontières : www.isf-systext. fr/node/968


Billet d’humeur : La Maison écologique de un à cent !

sablier nucléaire versus éolienne

thierry salomon

Billet d’humeur de Thierry Salomon paru dans le magazine La Maison écologique n°100 !

 

Et oui, déjà cent numéros de l’irremplaçable magazine que vous êtes actuellement en train de lire. Mitonné tous les deux mois avec autant de passion que de talent par l’équipe de rédaction. Pour ma part, je ne fais qu’y apporter en fin de cuisson la cerise sur le gâteau breton.
Cent numéros, donc, et bientôt 17 ans d’âge. Or, depuis le génial Rimbaud, on sait bien que l’on n’est pas sérieux quand on a 17 ans… Alors, amusons-nous un moment d’un retour vers le passé. Au moment de la naissance du numéro 1 de la revue, en février 2001 (un collector), où en était le monde balbutiant de la transition énergétique et des énergies renouvelables ? Lire la suite