Les pilotis fondations d’avenir ?

pilotis

Comme une grande cabane posée dans un jardin

Associant faible impact sur le sol, qualités écologique et esthétique, cette habitation en Seine-et-marne semble posée délicatement sur son terrain.

La première fois que nous avons visité ce petit jardin touffu, clos par des murs à vignes, nous avons tout de suite compris que, pour nous, l’enjeu de la construction serait l’équilibre entre notre intervention et le jardin existant, raconte Jean-Baptiste Barache, du cabinet d’architectes Arba qu’il a fondé avec Sihem Lamine. En plus d’être compact, la construction devait avant tout donner l’impression d’être tout près du jardin. »

Ici, la topographie n’a pas vraiment imposé le pilotis, mis à part le fait que le terrain se situe en zone inondable. Mais plutôt la volonté de soigner l’interaction de cette maison de 130 m2, et de ses trois occupants, avec l’espace qui l’entoure. « Avec le pilotis, le rapport au terrain devient très subtil. Il ne s’agit plus seulement d’une vue sur le jardin. On est en suspension, on flotte », poursuit l’architecte(1). Agréable sensation que dégage d’emblée la maison de Dominique, dont le continuum entre dehors et dedans suggère une autre façon d’habiter.

« Cette surélévation donne à la maison un aspect très léger. Le fait d’aborder le jardin de façon douce me plaît bien », abonde de son côté Dominique, pourtant pas convaincue initialement.

Des pilotis pour s’insérer dans l’environnement

Depuis que Jean-Baptiste Barache a débuté en tant qu’architecte, il a toujours cherché à « conserver les émotions du terrain, à ne pas le dominer », explique-t-il. Dans cette perspective, doublée d’une démarche environnementale commune à tous les projets de son cabinet, il évite autant
que possible la mise en oeuvre de fondations classiques. « J’ai toujours été très mal à l’aise avec l’idée de remuer le terrain. Une dalle de béton bouleverse le site et interrompt la continuité du tapis végétal. […]


Les pesticides étouffent les actions de Langouët, village pionnier de l’écologie participative

L'éco-lotissement de Langouët a été pensé pour cohabiter avec la biodiversité: exit les pesticides!

Une pétition a été lancée en soutien au maire de Langouët, sous le feu de la préfecture à cause de sa volonté d’interdire l’utilisation de pesticides à moins de 150 m d’une habitation, par principe de précaution. Ce village breton n’en est pourtant pas à son coup d’essai en matière d’environnement. Reportage à la rencontre de ces pionniers de l’écologie participative.

Langouët est un petit village de 602 habitants, au nord de Rennes (Ille-et-Vilaine). Daniel Cueff en est le maire depuis 1999. Il a fait de cette commune un laboratoire d’initiatives écologiques et sociales. « Cela fait 20 ans que nous sommes engagés dans le développement durable. Nous essayons d’être le moins impactant possible sur l’environnement et la santé », explique-t-il. Pari réussi pour cette commune qui a reçu la visite de plus de 1 000 élus via Bruded, réseau breton d’échange d’expériences de développement durable entre collectivités, créé en 2005 à Langouët. Ce qui n’est pas vraiment un hasard.

Une pétition face aux pesticides

Pourtant, le maire est aujourd’hui sous le feu de la préfecture à cause de sa volonté d’interdire l’utilisation de pesticides à moins de 150 m d’une habitation sur le territoire de la commune, par principe de précaution. “Or la préfecture de Bretagne souhaite casser cette décision sous prétexte que celle-ci doit être prise par le ministère de l’agriculture et demande à la commune de retirer l’arrêté, indique la pétition lancée en soutien au maire de Langouët, qui a déjà recueilli près de 80 000 signatures. Au vue de l’inaction du ministère de l’agriculture dans le combat contre les dangers des pesticides, soutenons Langouët et son maire !”

Daniel Cueff, le maire de Langouët, en lutte contre les pesticides.

Daniel Cueff, le maire de Langouët, en lutte contre les pesticides.

Dès son premier mandat, le maire prohibe les produits phytosanitaires dans les espaces publics. Une interdiction qui ne sera imposée aux collectivités territoriales qu’avec la loi Labbé, effective depuis le 1er janvier 2017 seulement. Il s’attaque ensuite à la cantine de la petite école publique, qui devient 100 % bio et local en 2004. Une des raisons qui ont poussé Luc Rambaldi à s’installer à Langouët avec sa famille, il y a six ans. « On rêvait de vivre dans une commune comme celle-là », explique celui qui est aujourd’hui membre du conseil municipal et vice-président de Bruded. Les prix n’ont pas flambé pour autant. Ils sont même moins élevés que dans certaines communes voisines : 3,50 € le repas, 1,75 € en tarif réduit.

Démocratie coopérative

Cette transition progressive a été facilitée par la mise en place d’ateliers citoyens. Les Langouëtiens pouvant ainsi proposer des solutions pour rendre possible chaque nouveau projet. Daniel Cueff parle de démocratie coopérative. Concernant la cantine, « nous avons imposé un cadre, c’est-à-dire servir aux enfants des repas bio et avec des ingrédients locaux. Ce sont ensuite les citoyens qui ont proposé des idées pour y arriver », illustre le maire.

Linda, Luc et Sandrine font partie du collectif Nous voulons des coquelicots.

Linda, Luc et Sandrine font partie du collectif Nous voulons des coquelicots.

D’autres projets sont en cours avec cette méthode. Les architectes Julie Poutas et Sarah Fruit travaillent avec les Langouëtiens sur l’extension du lotissement écologique la Prairie madame (initié en 2005) pour en faire un écohameau, en matérialisant les futurs espaces avec des Légo. « On fait réfléchir les habitants sur ce qu’ils souhaitent retrouver dans les espaces communs. Les choix se portent sur des jardins partagés, des ruches. Après, notre rôle est de rendre tout cela possible », indique Julie Poutas. La future parcelle accueillera sept logements bioclimatiques en locatif et en accession pour des personnes à revenus modestes. Grâce à l’association Bati récup, que les deux architectes ont créée à Langouët, des matériaux de récupération dénichés sur d’autres chantiers locaux seront réutilisés dans ce projet.

« L’écologie pour tous »

« Notre politique est de faire de l’écologie sociétale, précise le maire. De l’écologie pour tous. » Vingt-et-un logements écologiques sont en locatif social. « Le chauffage, c’est entre 120 et 150 € par an. » En plus de l’extension de la Prairie madame, un autre écolotissement de sept maisons doit se construire cette année. Là aussi pour des foyers modestes.

Tous les bâtiments communaux, comme la bibliothèque écorénovée, récupèrent l'eau de pluie pour les sanitaires.. Crédit Emilie Veyssié

Tous les bâtiments communaux, comme la bibliothèque écorénovée, récupèrent l’eau de pluie pour les sanitaires.

En outre, la totalité de l’électricité des bâtiments publics (école, salle polyvalente, mairie, pôle enfance, bibliothèque) provient des panneaux photovoltaïques implantés sur la commune. La centrale photovoltaïque fournit la majorité de la production avec plus de 27 000 kWh produits en 2016. Le reste provient des autres bâtiments.

Autonomie énergétique

Au total, la commune produit presque 38 000 kWh. L’ambition est d’alimenter tout le village avec cette électricité verte pour être autonome. Pour l’instant, l’énergie est vendue à EDF 46 c€/kWh, mais le maire voudrait réutiliser directement l’électricité produite localement. D’autre part, les bâtiments publics ont été entièrement rénovés : bardage bois, isolation en chanvre et chauffage au bois.
Mais seul bémol, le territoire reste l’un des bastions de l’agriculture intensive et la cohabitation avec les riverains est parfois difficile.

Les habitants ont voté en majorité pour intégrer le mouvement Nous voulons des coquelicots. « On se réunit tous les premiers vendredis du mois et on organise des ateliers pour sensibiliser à la toxicité des pesticides et proposer des alternatives », détaille Sandrine Maguet Delouermel, cofondratrice du collectif. « Ça permet de tisser des liens avec les habitants », poursuit sa femme, Linda. C’est ainsi qu’elles ont appris à connaître Luc Rambaldi, aussi membre du collectif. Sandrine s’enthousiasme : « On ne voudrait pas vivre ailleurs. »

Reportage et photos d’Emilie Veyssié, publiés dans le magazine La Maison écologique n°110.


Rénover : vaincre l’humidité

vaincre l'humidité

Une leçon d’humidité… maîtrisée.

En plein centre-ville de Brest, l’humidité dans l’habitat est monnaie courante. Alors qu’ils entreprenaient la rénovation thermique et l’extension de leur maison; Gaëlle et Frédéric ont dû élaborer des stratégies pour y faire face.

Au pied de l’escalier, la peinture noire de la cloison s’écaille légèrement. En face, dans l’angle du salon, à 60 cm au-dessus du
sol, la chaux qui enduit le mur en pierre a grisé. L’humidité en est seule responsable. Elle est la bête noire de Gaëlle et Frédéric
Quemmerais-Amice, qui luttent depuis plus de dix ans pour l’éradiquer. Quand ils ont emménagé dans le centre-ville de Brest en 2007, l’omniprésence de l’humidité ne les a pas surpris. Première explication : « C’est Brest ! », sourit Gaëlle. Seconde  justification, plus rationnelle : la maison n’a pas de vide sanitaire et son rez-de-chaussée est au niveau de la rue. Les murs étant de surcroît en terre-pierre, les infiltrations et remontées capillaires n’en finissent pas.


Construire : une maison en paille préfabriquée

maison paille préfabriquée

Une passive en paille préfabriquée

Ils ne se déplacent pour ainsi dire plus qu’à pied ou en vélo. Le projet de la famille Dallet a atteint son objectif : réduire le plus possible une empreinte écologique bien trop grevée à leur goût par des déplacements en voiture fréquents et le fonctionnement d’une maison énergivore sur l’ensemble de son cycle de vie. Jusque là, le couple vivait en effet dans une habitation individuelle excentrée et édifiée avec des matériaux conventionnels. Ils y sont restés 30 ans avant de se lancer dans leur nouveau projet. Ils décident alors de rechercher le terrain idéal il y a trois ans environ.

La quête a abouti à une parcelle proche du centre-ville d’Auray, orientée sud-sud ouest comme l’exige la construction passive. Pas trop grande, d’une superficie de 890 m2 et intime en dépit de la division du terrain initial en deux lots. Le couple proche de la retraite s’est ensuite abondamment documenté, de salons de l’habitat en lectures, sur les qualités des matériaux naturels, la construction passive, le bioclimatisme. Engagée, la démarche de ces militants du réseau Alternatiba(1) se veut globale, jusque dans les moindres détails. Ils ont même mandaté une étude géobiologique afin de repérer les zones de haute énergie qui perturberaient le sommeil.

 


Escapade : Séjour nature et permaculture



Séjour nature et permaculture

Leur terrain est écosystème.

Tous les éléments interagissent et jouent un rôle dans un environnement où rien n’est laissé au hasard. Ils peuvent s’y transformer, se revaloriser… En s’installant en Bretagne, sur une ancienne exploitation agricole, Stuart et Gabrielle ont tout mis en oeuvre pour vivre selon les principes de la permaculture. Une passion qui les unit depuis près de quinze ans.

“Pour moi, c’est arrivé en regardant l’émission Escape toriver cottage qui parlait d’un citadin qui voulait échapper à la ville et trouver un petit terrain à la campagne pour se nourrir”, se souvient Stuart.

Quand ils se rencontrent en 2004, en tant que bénévoles pour une association de construction earthship à Brighton, Stuart et Gabrielle réalisent qu’ils ont le même rêve :”un potager, quelques cochons, des volailles…” Ne reste plus qu’à le concrétiser; Ils quittent leur Angleterre natale en 2006 pour Saint-Maden, petite bourgade des Côtes-d’Armor.

Là, ils investissent un ancien hangar agricole déjà rénové. Autour de leur nouvelle maison, ils créent un potager, une serre, un système de phytoépuration, un jardin-forêt , des ruches, des enclos pour les canards, les moutons et les porcs… Parmi cette biodiversité soigneuse agencée sur un hectare, se trouvent deux gîtes.

L’un, préexistant et l’autre, issu d’une rénovation. Cette activité hôtelière, à l’origine, le couple n’en voulait pas. “On se moquait même des Anglais venus en France avec cette seule idée en tête”, rit Gabrielle. Pourtant, ce petit habitat déjà présent sur leur terrain les convainc du contraire. “On se disait qu’on pourrait s’en servir pour inviter de la famille, puis nous l’avons utilisé comme gîte et ça marche très bien.” Et pour cause, “c’est un nid douillet”, estime Gabrielle devant la vieille porte d’entrée en bois.

 

 

 

 


Autonomie énergétique grandeur nature

Maison en autonomie énergétique en Bretagne. Crédit Michel Ogier

[VIDEO] Caroline et Hubert vous invitent à pousser les portes de leur maison autonome en Bretagne. Elle a été autoconstruite avec des matériaux biosourcés, voire de cueillette. En outre, elle leur a permis d’atteindre l’autonomie en électricité, en chauffage et en eau.

« En concevant cette maison autonome, notre priorité était de limiter au maximum notre impact environnemental et de vivre avec le minimum de compromis vis-à-vis de cette société de consommation », résument Caroline et Hubert. Finalement, pari réussi avec cette maison de 88 m2 autoconstruite en Bretagne en bois, terre, paille et autres matériaux écologiques et locaux. Ainsi, pour eux et leurs deux enfants, depuis quatre ans, l’autonomie énergétique n’est pas qu’une utopie!

Reportage complet, photos et détails techniques dans le hors-série n°10 de La Maison écologique. En kiosques depuis fin octobre 2018 ou sur commande en cliquant ici.


Territoire : association koad an arvorig le bois d’oeuvre en circuit court

association koad an arvorig

Avec l’ association koad an arvorig. Le bois d’oeuvre roule en circuits (très) courts

Malgré leurs noeuds et leurs troncs parfois irréguliers, les arbres locaux peuvent avoir une valeur en bois d’oeuvre. C’est ce que défend l’association Koad An Arvorig. Créée par des professionnels bretons, notamment charpentiers, rompus à l’usage de ce matériau. « Cela ne fait pas longtemps que l’on fait venir du bois de l’autre bout de la France ou du monde pour monter des charpentes », glisse Jérôme Letur, scieur mobile et charpentier. « Dans la région de Toulouse, les charpentes sont traditionnellement en peuplier noir. Ailleurs, elles sont en chêne ou châtaignier, rappelle Jean-Luc Le Roux, charpentier et co-fondateur de cette association. Aucun trajet en camion ne vient plomber le bilan carbone de nos constructions. »


Bardage en bois brûlé et matériaux bruts pour cette rénovation écologique en ville

Rénovation écologique en ville à base de bardage en bois brûlé et matériaux bruts, à Vannes. Crédit: Gwendal Le Ménahèze

[VIDEO] Le bardage en bois brûlé de cette rénovation en fait craquer plus d’un. Katia et Jean voulaient rendre ce pavillon citadin des années 1950 économe et confortable. Pour lui donner une splendeur moderne sans grever l’environnement, ces adeptes du low-tech ont laissé apparents les matériaux bruts.

Après cinq ans à la Réunion, Katia, Jean et leurs quatre fils voulaient lumière et chaleur. « On ne visitait pas les maisons si elles n’étaient pas bien exposées », se souvient Katia. En outre, Jean rêvait d’une maison sans chauffage. Mais « je suis très frileuse, il fallait qu’il me confirme que j’aurais 22 °C ». Finalement, un poêle de masse suffit à chauffer les trois niveaux de la maison. « On peut aller partout dans la maison sans ressentir de changement de température. C’est extrêmement agréable », apprécie-t-elle. Les six mois de travaux ont été assurés en autoconstruction et par des entreprises (SARL Guyot, etc.). Originalité qui intrigue les voisins: une façade est bardée de bois brûlé.

Une nouvelle jeunesse pour cette maison du centre-ville de Vannes (Morbihan). Quand elle l’achète en 2013, la famille Guêné-Bruneau ne tombe pas sous le charme des vieilles moquettes. Ni du carrelage démodé et des façades « moches ». Ni du chauffage au gaz et de l’organisation antibioclimatique. D’abord, cuisine et salle de bains au sud avec de toutes petites fenêtres. Ensuite, pièces de vie ouvertes sur le nord… Pas question pour autant de faire table rase du passé. « On voulait laisser la maison le plus possible en l’état, donc garder les matériaux bruts », insiste Jean.

Pour en savoir plus, retrouvez notre reportage complet sur cette maison rénovée dans le magazine La Maison écologique n°103. En kiosques jusqu’à fin mars 2018 ou sur commande ici.

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Le coin conseil : comment choisir son mode de chauffage ?

choisir son mode de chauffage

Pour bien choisir, se poser les bonnes questions.

La galaxie des équipements de chauffage écologique s’est beaucoup étendue. Pour bien choisir son mode de chauffage et  ne pas céder à la tentation pour la grosse et belle machine, quelques conseils à avoir en tête.

Considérons trois cas de figure.

Tout d’abord, dans le nord de la France, Mme Solo s’est installée avec ses deux enfants en bas âge dans une maison de ville (110 m²) non mitoyenne en briques, avec peu de terrain et un chauffage central. Après avoir fait refaire l’isolation du toit, elle doit changer de chaudière.

Ensuite, M. et Mme Dupont, ont investi dans la Drôme dans une vieille maison inoccupée de 200 m², à rénover.

Enfin, la famille Isidore, un couple avec deux enfants, fait construire un pavillon neuf RT 2012 en Bretagne.