Enquête : Briquettes et granulés, un concentré d’énergie verte ?

bûches reconstituées

Concentré d’énergie verte ?

En dix ans, les granulés et leurs cousines les bûches reconstituées ont enflammé le marché du bois-énergie. Ces concentrés de chaleur renouvelable séduisent pas leurs aspects pratiques. Mais comment sont-ils fabriqués ? D’où provient le bois utilisé ? Décryptage.

 

Les granulés se trouvent partout, aussi bien chez des distributeurs de combustibles qu’en grandes surfaces de bricolage ou d’alimentation. Ils sont souvent rangés entre les briquettes et les bûches en sac. Si ces produits de la même famille ont en commun d’être fabriqués à partir de biomasse sèche, ce qui leur confère un fort pouvoir calorifique (environ 4,8 kWh/kg, contre 3,2 kWh/kg pour la bûche), ils diffèrent néanmoins de par leur composition ou leurs usages. Les bûches en sac, dites « bûches premium », et les bûches reconstituées, également nommées briquettes, bûches densifiées, compressées, etc., s’utilisent dans les appareils à bûches, manuels ou semi-automatiques, en remplacement des bûches traditionnelles. Les granulés de bois ont quant à eux été créés pour des appareils automatiques, poêles ou chaudières, spécifiques et réglés pour ce combustible.

Abaisser le taux d’humidité

Le plus courant en magasin, dans la famille du bois-énergie, ce sont les bûches en sac, petites sœurs des bûches traditionnelles, issues de rondins de feuillus durs (chêne, charme, hêtre) provenant de forêts françaises. Elles sont séchées en séchoir, une sorte de gros tunnel contenant de l’air chaud (entre 50 et 90 °C), puis certaines sont écorcées. Cela permet de baisser le taux d’humidité et surtout de diminuer les particules fines, source de pollution. Leur taux d’humidité varie entre 13 % et 23 %, contrairement à une bûche traditionnelle qui avoisine les 25 % à 30 %. Vérifier que les bûches sont certifiées NF biocombustible bois de chauffage. Cela assure un taux d’humidité inférieur à 20 %. « Plus le bois est sec, meilleure sera la combustion.

D’après nos essais, l’utilisation d’un bois sec, plus cher au stère mais qui nécessite 20 à 30 % de quantité en moins, revient au même prix que le bois traditionnel, sans les désagréments des poussières dans la maison », indique Yann Rogaume, directeur adjoint du Lermab, laboratoire pluridisciplinaire de l’université de Lorraine rattaché à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).[…]