Habitat groupé : Les Z’Écobâtisseurs inventent un « nouveau voisinage »

habitat groupé en écoconstruction et autopromotion

Six ans après s’être installé dans leurs logements, les habitants de ce hameau bioclimatique normand continuent d’affiner leurs modalités d’autogestion et de vie commune. Figurant parmi les premières initiatives françaises d’habitat groupé en écoconstruction et autopromotion (voir LME n°66), le hameau des Z’Écobâtisseurs se situe à Louvigny, dans le Calvados. Quelques prairies humides séparent Caen de ce village, devenu attractif pour qui cherche à jouir à la fois des avantages de la ville et de ceux de la campagne. Les treize logements, terminés au printemps 2012, constitutifs de ce groupe d’habitations construites dans une zone pavillonnaire hébergent aujourd’hui une trentaine de personnes de tous âges ; 21 adultes et 10 enfants.

Le hameau attire régulièrement des visiteurs curieux de découvrir l’architecture, l’urbanisme et le fonctionnement de ce lieu emblématique. Tout à la fois projet social et écologique, le hameau des Z’Écobâtisseurs peut s’aborder suivant plusieurs angles. Selon que l’on s’adresse à Pascal Gourdeau ou à Christian Delabie, tous deux fondateurs du projet, une dimension prend le pas sur l’autre. Si ce dernier, salarié de l’Ademe au début du projet en 2007, souhaitait créer un hameau ambitieux sur le plan écologique, le premier, figure des organisations régionales de l’économie sociale et solidaire, a proposé une forte dimension humaine : « L’essence de ce projet, ce n’est pas l’architecture, mais la tentative de créer une nouvelle forme de voisinage». Articulé autour d’un vaste jardin commun central (1 300 m²) , de chaque côté duquel se déploient deux alignements parallèles de maisons mitoyennes, le lieu témoigne d’emblée du souhait de vivre autrement ensemble.

Les alignements étant axés est-ouest afin de profiter des apports solaires, les habitations de la « barre » nord sont largement ouvertes vers ce jardin collectif. Ce qui a contrarié dans un premier temps François Bernard : « J’ai vraiment manqué d’intimité au début. Aujourd’hui, le “vivre ensemble” co-construit jour après jour a pris l’ascendant sur ce besoin.» De l’autre côté du jardin, Annie Bons, 70 ans, vit seule dans sa maison de 85 m² et se réjouit au contraire de cette proximité : «La vie en groupe, j’en profite pleinement ! Je me suis installée ici pour me rapprocher de Caen, mais aussi pour la dimension intergénérationnelle du projet. Les enfants qui jouent dans la cour, ça me plaît ! Et je trouve toujours un voisin pour le moindre coup de main. »

Assis à la table d’Annie, qui offre le café, Philippe Denis, autre « écobat de la barre sud », opine de la tête : « En été, le jardin c’est le pied. On s’y croise, on y joue, les apéros s’improvisent. »


Extension

courbes ouvertures campagne normande

Extensions multiples courbes et ouvertures sur la campagne normande.

La dernière extension de cette petite maison normande n’est pas simplement une extension de plus. Sa toiture arrondie et ses nombreuses baies vitrées sont le point d’orgue de cette demeure en brique agrandie au fil des ans.


Habitat groupé

z'ecobâtisseurs association famille

Les Z’écobatisseurs une association de familles pour le vivre ensemble.

C’est en 2006, suite à un débat consacré au développement durable, que la mairie de Louvigny (14) ouvre la voie à l’habitat participatif. A l’issue de la réunion, la commune et un premier groupe de personnes mobilisées lors de ce débat conviennent de réfléchir à un projet d’éco-habitat sur une parcelle de 5300 m2.