Alternatives : Troglodyte, habiter le fond du trou

Troglodyte alternative

Tu viendrais habiter dans une grotte ?

«Et donc ouais, vivre en troglo me plairait bien, mais Mel n’aime pas l’idée», raconte Florent. «C’est con, y’a moyen d’être facilement autonomes», répond un autre; «Moui ça ressemble beaucoup au concept earthship au fond», reprend Florent. «Enfin c’est surtout humide. Et sombre», renchérit Mélanie. «Et toute cette masse de roche ! Moi je pourrais pas», tranche une autre. Blanc. «Qui reprend une bière ?», tente Florent. Voilà comment débute la bande dessinée Au Fond du trou de Mélanie et Florent, alias Nepsie et Le Vilain, aux éditions Lapin.

Le couple tourangeau y raconte pourquoi et comment il a décidé d’acheter une grotte troglodyte en Touraine, à Pocé-sur-Cisse, pour la rénover, y vivre et y travailler. «Quand on a démarré les travaux, on s’est dit que ce serait marrant à raconter dans un médium différent des blogs de rénovation ou des tutoriels. La BD, ça démocratise et ça rend accessible cette rénovation», raconte Mélanie, graphiste et illustratrice.

À l’origine, Mélanie et Florent, qui vivaient en appartement en ville, souhaitaient construire un earthship. Mais l’idée est abandonnée : les terrains sont chers et les permis de construire pour ce type d’habitat, difficiles à obtenir en 2014; « C’est là que j’ai proposé à Mélanie d’habiter dans une troglo ! Une grotte troglodyte. C’est local, ça reprend le principe des earthships et, au moins, l’habitation est déjà construite; il ne reste plus qu’à faire les aménagements intérieurs », indique Florent, artiste. Parfait pour ce couple de trentenaires pas bricoleurs. Le coup de coeur vient lors de la troisième visite. « C’était une cave à vin qui n’avait jamais été habitée et qui était restée fermée depuis 10 ans.


Territoire : Quand les collégiens enquêtent sur l’énergie

enquête sur l'énergie

Ils mènent une périlleuse investigation.

À l’aide de leur carnet, ils traquent les watts dans les moindres recoins. Les élèves de cinquième du collège Jean Moulin à Artenay (Loiret), tentent de résoudre le mystère de l’énergie disparue. Comment s’échappe-t-elle ? Que mettre en place pour la retenir ? Ils ont mis à profit la période du confinement pour enquêter dans leur logement. Ils ont interrogé des témoins, leurs parents le plus souvent qui connaissent bien le secteur, mais également des indics, leurs professeurs. Et enfin, ils ont résolu l’intrigue…

Ces apprentis détectives de l’énergie ont joué à Sherlock’s home. C’est un jeu créé par l’agence départementale d’information sur le logement du Loiret et d’Eure-et-Loir (Adil 45-28). Cet Espace conseil Faire, ancien Espace info énergie a mis au point une manière très ludique de parler d’énergie et d’isolation. À partir de trois missions à réaliser, l’élève appréhende aussi bien les écogestes que des notions plus vastes comme les sources d’énergie, l’isolation, les matériaux biosourcés ou la ventilation.

Ce projet est né d’une participation aux « Expérénos » de l’Ademe en 2017.

Il n’y avait pas de somme d’argent en jeu, que des moyens humains. « Nous avons candidaté avec un dossier sur la sensibilisation pour les collégiens, se souvient Mylène Boileau, chargée de mission énergie et animatrice régionale du réseau Faire. « C’était très enrichissant car nous sommes techniciens de formation et là, nous collaborions avec une équipe d’experts : un sociologue, un graphiste, un designer de service…

Ensemble, nous avons pu tester et lancé un prototype ». En plus du carnet qui regroupe des mots-croisés, des charades, des questions sur les murs, les fenêtres ou la toiture, l’Adil a conçu un jeu de plateau pour animer des séances pédagogiques, sur la priorisation des travaux ou la puissance des équipements. « L’objectif est de sensibiliser les élèves aux écogestes, mais également à une culture de l’habitat, avec une mallette des matériaux biosourcés par exemple. Ils doivent poser des questions à leurs parents, et ainsi apporter des changements au sein de la famille », ajoute la chargée de mission.


Rénover : Pour vivre presque sans pétrole

vivre presque sans pétrole

Claire et Gildas ont rénové une maison des années 1970 pour la transformer en habitat résilient face aux “effondrements“. Au programme : Isolation, énergies renouvelables, récupération d’eau et, surtout, changement complet des habitudes de la famille.

Vivre avec peu de pétrole et consommer le moins de ressources possible. Voici le leitmotiv de Claire et Gildas Véret. Diplômée de Sciences-Po Paris et de permaculture, Claire prend conscience de la nécessité de changer de mode de vie il y a douze ans, en rentrant d’un grand voyage dans des lieux « permaculturels ». Gildas, lui, entrevoit l’« effondrement » en pratiquant son premier métier, ingénieur en bureau d’études énergie, puis se passionne pour la biologie des écosystèmes. Ensemble, ils décident d’appliquer la permaculture au quotidien, comme philosophie de vie. Activistes à Résistance climatique, qu’ils ont fondé avec des amis et enseignants-chercheurs en permaculture (Horizon permaculture), ils transforment alors leur logement dans le Val-de-Loire.

Leur projet n’est pas seulement d’aboutir à un lieu autonome. C’est aussi de devenir « un bastion de résilience » capable d’accueillir des réfugiés climatiques. « Nous essayons de bannir toutes les pratiques dont le fonctionnement nécessite des énergies fossiles ou l’achat de produits qui ne seront pas disponibles en cas d’effondrement », précise Claire. Pour limiter la consommation de foncier et de matières premières, le couple s’oriente vers la rénovation.

Ils recherchent un logement avec un grand terrain et une forêt pour produire nourriture et bois de chauffage. Près d’Amboise (37), ils achètent une maison des années 1970, en parpaing. En 2013, les travaux de rénovation sont lancés. Claire et Gildas commencent par modifier les plans de la maison. Ils gardent un maximum d’éléments, mais abattent un mur pour chercher un maximum de luminosité et de chaleur solaire en hiver. « Nous avons transformé les gravats de ce mur en ressource pour en faire une terrasse», justifie Claire.

La surface vitrée est multipliée par trois au sud et diminuée de 30 % au nord, plus exposé au froid. Une belle pièce apparaît dans la maison, avec « le jardin comme télévision », note Gildas, auteur de livres sur la permaculture. La parcelle de 1 ha évolue également : mise en place de potagers, d’un verger pâturé, de clôtures plessées avec, au fond, une petite forêt de 5 000 m2. Le jardin, entre la route et la maison, est destiné aux formations. « Nous ne pouvons pas produire de céréales, c’est trop ombragé. Mais nous avons quelques moutons. Ils broutent l’herbe et les feuilles des arbres que l’on abat pour le chauffage », indique Gildas. Quelques oies servent également de tondeuse. Les animaux du terrain sont l’unique viande que mange la famille, à raison de deux portions par mois.

La paille pare le pavillon

Premier et important chantier de cette rénovation : l’isolation. Claire et Gildas optent pour le matériau botte de paille, placé dans une ossature bois, côté extérieur des murs en parpaing. Pour supporter cet ajout de poids et éviter les ponts thermiques, la fondation existante est élargie.


Enquête : 100 ans et toute sa paille

maison Feuillette centenaire

À Montargis (45), la maison Feuillette fête son premier centenaire. Le Centre National de la Construction Paille, qui en est le propriétaire, se voue à la faire vivre et grandir.

Entrer dans la maison Feuillette, c’est un peu comme visiter un musée. Mieux, un château. Elle garde l’âme d’un lieu habité sans l’être vraiment, chargé de vécus, voire de légendes, décoré ici ou là de pancartes descriptives. Michel Leclercq, alias Mickey, accueille les visiteurs dans la cuisine. Bouc et cheveux blancs noués, sourire timide, il est en cet antre tel un conteur d’histoire. Celle de la première construction en paille d’Europe, érigée 100 ans plus tôt à Montargis, dans le Loiret, et de son inventeur dont elle porte le nom.

Mickey s’attable et prend en main une antique revue, La Science et la vie, datée de 1921. La reliure craque et les pages sont jaunies. Un seul défaut de délicatesse les ferait toutes voler. « On a ici le seul article complet d’époque trouvé sur la maison Feuillette », s’émerveille-t-il. En 1920, au sortir de la Première Guerre mondiale, l’ingénieur Émile Feuillette cherche un moyen accessible et efficace, tant financièrement que techniquement, de reconstruire des habitats. Il s’inspire d’une technique née un peu plus tôt au Nebraska (États-Unis) où, suite à l’invention de la botteleuse, quelques bicoques en bottes de paille porteuses, pas toujours habitées, sortent de terre.

Pour rendre ce type de construction sommaire plus durable, Émile Feuillette choisit d’incorporer les bottes dans une structure en bois faite de montants en chêne et d’entretoises en peuplier. Il est facile d’en deviner l’aspect, car le hangar disposé sur le terrain possède la même structure. « Ce sont toujours les mêmes morceaux de bois disposés à distance régulière. Comme un motif répété. Pas besoin d’études en charpente, juste d’un bon chef d’équipe », estime Mickey, qui fut autrefois menuisier. À l’extérieur de la maison Feuillette, la paille est enduite d’un mélange chaux-sable. À l’intérieur, elle est recouverte de plâtre (3-4 cm de sciure plâtre et 1 cm de plâtre en finition). « La maison fait 100 m2. Elle a été construite pour 40 % moins cher qu’une maison traditionnelle de l’époque », décrit-il.

Acheter et rénover, une aventure collective

En 1920, l’idée ne convainc pas, reléguant la construction paille au plan confidentiel pour quelques décennies encore. Les propriétaires se succèdent, de la fille d’Émile Feuillette, passant par la famille Gourdet, puis Mme Billou en 1960. Lorsque cette dernière se décide à vendre à son tour, elle contacte le Réseau français de la construction paille (RFCP).


Alternatives : Un tiers-lieu accélérateur d’alternatives

Un tiers-lieu accélérateur d’alternatives

Tiers-lieu d’émancipation en milieu naturel

À Lussault-sur-Loire, près de Tours, se niche le Pôle XXI. Dans ce tiers-lieu, les savoir-faire s’entremêlent. Écoconstruction, permaculture et autonomie sont autant de thèmes abordés pour proposer des solutions permettant de vivre autrement.

Fuyant la chaleur estivale, les bénévoles du chantier participatif ont trouvé refuge dans la forêt. Assis sur des troncs d’arbres disposés en cercle, ils écoutent, attentifs, le programme des différents chantiers du jour qui vont mettre sur pied le camp de loisirs de l’été. Ce dernier est autoconstruit par les bénévoles et salariés de l’association d’animation Bul’ de mômes.

Ils se trouvent au Pôle XXI, « tiers-lieu d’émancipation en milieu naturel » cofondé par trois associations : Bul’ de mômes, dédiée à l’animation, Blix lab, consacrée aux arts numériques et visuels, et Horizon permaculture, tournée vers l’agriculture durable, qui se sont organisées en collectif. Depuis juillet 2018, à Lussault-sur-Loire (37), ce terrain de 1,3 ha accueille équipes, bénévoles et public. Il se veut un espace d’échange de savoir-faire et de compétences à travers les différentes activités proposées, notamment les chantiers participatifs. « Ce sont des temps forts et incontournables au Pôle XXI. Chacun amène son savoir-être et son savoir-faire et on apprend tous des autres », indique Jérémie Serin, vice-président de l’association Bul’ de mômes. Les chantiers participatifs sont ouverts à tous, peu importe le niveau, et rentrent parfaitement dans la démarche d’autonomie que veut instaurer le collectif à travers ce lieu.

Une kermesse zéro plastique

Tout est parti, il y a quelques années, du camp de loisirs éphémère porté par Bul’ de mômes et qui, auparavant, se montait sur le terrain de rugby de la commune. « Pour les enfants, on souhaitait un espace sans barrière, en pleine nature. Ici, on peut vraiment les sensibiliser à l’environnement, il y a de la vie », poursuit Jérémie Serin. Les membres des associations co-fondatrices se connaissaient et, après réflexion, ont eu l’idée d’un lieu unique pour se retrouver et créer un espace d’échanges de compétences.

On vient au Pôle XXI pour apprendre à recoudre soi-même ses vêtements, faire son éponge tawashi (fabriquée à partir de vieux vêtements et lavable) lors d’ateliers Do it yourself, prendre un cours de yoga en famille, assister à un stage de permaculture ou de construction d’un observatoire à oiseaux, ou encore participer à des exercices de sophrologie.

« Nous avons organisé la kermesse de l’école du village ici. Elle était zéro plastique. Au début, ça a étonné les parents d’élèves, il y en a même qui ont quitté le navire, arguant que c’était inutile et compliqué. […]


Aménagement déco

habitat troglodytique gîte de charme

Azay-le-Rideau, l’habitat troglodyte réapparaît en gîte de charme.

Surplombant la vallée de l’Indre, les troglodytes de coteaux ont été aménagés vraisemblablement aux XVIe et XVIIe siècles. Abandonné un temps, ce type d’habitat a retrouvé ses lettres de noblesse sous l’impulsion de Cathy et Alain Sarrazin qui ont su comprendre les particularités de ces maisons souterraines et réhabiliter un ensemble de plusieurs propriétés pour les transformer en chambres et suites de charme.