Extérieur : Planter du saule pour chauffer sa maison

Planter du saule

Vous avez envie d’être autonome en bois de chauffage, mais vous n’avez pas d’arbres. Alors plantez-en ! Notre journaliste permaculteur vous livre ses conseils pour créer un taillis à très courte rotation.

Après avoir expliqué comment nous gérions notre petite forêt pour être autonome en bois de chauffage, voyons maintenant comment partir de zéro, sur un terrain nu. Le saule peut produire des bûches en seulement cinq ans. Revers de la médaille, il a une faible densité. Ainsi, à pouvoir calorifique égal, il faudra couper, déplacer et stocker plus de volume qu’avec des essences plus classiques. Le saule a également la réputation (non méritée !) d’être un bois de mauvaise qualité thermique qui encrasse les conduits de cheminée (dépôt de créosote).

J’ai contacté le fabricant norvégien Jøtul – c’est la marque de notre poêle – pour lui demander son avis. Avant d’être directeur R&D, Espen Løkkevi  a été responsable du laboratoire de combustion ; j’ai donc eu affaire à quelqu’un qui sait brûler du bois. « Tant qu’il s’agit de bois, vous pouvez utiliser celui de votre choix. Et comme le saule est un bois léger, c’est encore mieux », m’a-t-il répondu avant de rentrer dans les détails(2).

Brûlez n’importe quoi, mais brûlez-le bien

Quel que soit le bois, non traité bien sûr, vous devez le brûler correctement. Pour cela, il doit être bien sec (≤ 20 % d’humidité) et la combustion doit être efficace. Sur le plan scientifique, le bois ne « brûle » pas, il « se dégrade thermiquement ». Une bûche ajoutée à un feu est d’abord chauffée avant que la décomposition pyrolytique se produise, suivie d’une gazéification et, enfin, de la combustion des gaz. Pour que cela se passe correctement, il doit y avoir suffisamment d’air, en bonne quantité et de bonne qualité – turbulent à son arrivée, présence « longue » dans la zone de réaction. Un poêle de qualité est d’ailleurs conçu pour diriger l’air à travers deux circuits, un primaire (au niveau des bûches) et un secondaire (qui améliore l’efficacité de la combustion des gaz afin de produire plus de chaleur et de réduire les émissions).

Lorsque la combustion est efficace, aucune fumée ne sort de la cheminée. Dernière condition : plutôt qu’ajouter des bûches au fur et à mesure, mieux vaut laisser brûler jusqu’à obtention d’un bon lit de braises chaudes, avant d’ajouter la quantité de bois recommandée par le fabricant. Pour en finir avec les préjugés, sachez qu’un morceau de chêne mal brûlé laissera toujours plus de créosote dans votre cheminée qu’un résineux bien brûlé. […]


Avis d’experts : Se chauffer au bois attention pollution !

Se chauffer au bois attention pollution

Si le bois est un combustible intéressant pour la transition énergétique, mal utilisé, il peut être polluant. Nos experts font le point sur les bonnes et les mauvaises pratiques de cette énergie de chauffage de nos logements, renouvelable, mais pas anodine.

Le 3 décembre dernier, la préfecture de Haute-Savoie signait un arrêté interdisant, à partir de 2022, l’utilisation des foyers ouverts dans la vallée de l’Arve. En cause, la pollution générée par ce mode de chauffage au bois individuel. « Dans les foyers domestiques de chauffage au bois, la qualité de la combustion est souvent médiocre, entraînant l’émission de nombreux polluants parmi lesquels des particules inférieures à 2,5 μm, qui pénètrent profondément dans les alvéoles pulmonaires », explique Serge Collet, ingénieur étude et recherche à la direction des risques chroniques de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris)*.

Selon les données de 2015 du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), le chauffage au bois individuel contribue en effet aux émissions annuelles de particules inférieures à 2,5 μm à hauteur de 44 %, augmentant le risque de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, aux émissions de composés organiques volatiles (COV) comme le benzène – reconnu cancérigène pour l’homme – pour 58 % et aux émissions annuelles d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) – dont certains sont aussi reconnus cancérigènes pour l’homme – pour 59 %. « Le bois est une source d’énergie renouvelable intéressante car, contrairement aux énergies fossiles, il présente un bilan carbone neutre, contribuant ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais il doit être utilisé dans des conditions permettant une combustion la plus complète possible », poursuit le spécialiste.

Ce n’est pas dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes

Pour cela, remplacer son vieux poêle ou son foyer ouvert par un équipement neuf performant est un premier pas indispensable (cf. graphique). La moitié du parc domestique d’appareils de chauffage au bois se compose en effet d’appareils de plus de 15 ans ou de foyers ouverts, qui présentent des rendements énergétiques faibles et émettent 82 % des particules dues au chauffage au bois !

Le label Flamme verte, géré par le SER et attribué depuis le 1er janvier 2020 aux seuls appareils 7 étoiles, les plus performants, est un critère de choix. « Il répond à une charte de qualité contraignante en termes de rendement énergétique et d’émissions polluantes, avec une démarche d’amélioration continue. Les fabricants sont contrôlés régulièrement par des laboratoires indépendants », affirme Alexandre Roesch, délégué général du SER. Serge Collet regrette cependant que le label ne soit basé que sur des tests réalisés dans des conditions de référence éloignées des conditions réelles.


Reportage : autonome en bois de chauffage

autonome en bois de chauffage

Notre combustible pousse dans le jardin

Vanessa et Nicolas alimentent un poêle bouilleur avec le bois que leur offrent les arbres de leur terrain.

Combien nous coûte notre chauffage ? Un peu de carburant, beaucoup d’huile de coude et une chaîne de tronçonneuse de temps en temps. »

En rénovant cette vieille longère, Vanessa et Nicolas ont atteint l’autonomie en chauffage grâce à leur 8 ha de terrains.

Une bonne partie est en zone humide ou consacrée aux 1 000 poules pondeuses de Vanessa, mais les parcelles boisées suffisent amplement à alimenter le poêle bouilleur qui a remplacé les anciens radiateurs électriques et permet même de produire l’eau chaude sanitaire. Ajoutez des éclairages 100 % LED, un lave-linge à double entrée raccordé directement au chauffe-eau solaire sans avoir besoin d’utiliser sa très énergivore résistance électrique et vous obtenez ainsi une facture d’électricité de « 35 € par mois, dont 20 € d’abonnement, se réjouit le couple. C’est valorisant de constater que ta consommation équivaut à 25 % de la moyenne indiquée par EDF pour un foyer équivalent en taille et en nombre d’habitants! ».

En outre la corvée de bois est loin de les effrayer. « Ça défoule », sourit Vanessa. Un merlin à la main, elle assomme ses coins à bûches jusqu’à avoir le dernier mot. « Le fendage, c’est l’exutoire. Si tu es en colère, tu vas fendre deux ou trois bûches, tu reviens calmé. »

Autre avantage : « Le bois te chauffe trois fois. Quand tu le coupes, quand tu le fends et quand tu le mets dans le poêle.»

 


Autonomie et chauffage au bois

chauffage au bois

Le bois, champion de la chaleur renouvelable

Energie écologique, facilement disponible et bon marché, le chauffage au bois est une des meilleures solutions. Poêle de masse, poêle bouilleur ou cuisinière… la palette des équipements est large. Comment se repérer parmi toutes les options pour devenir le plus autonome possible ?

Le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la cuisson représentent 80 % des besoins énergétiques d’un foyer(1). Une ressource renouvelable, locale et économique peut répondre à ces trois postes : le bois. Même si le coût des appareils est parfois plus onéreux que celui de solutions fossiles, le prix du combustible et sa stabilité entraînent des retours sur investissement rapides : 4 ans pour un poêle bouilleur autoconstruit, jusqu’à 8-10 ans pour une chaudière à bois déchiqueté. Pour le bois bûche (50 cm), compter 3,5 c€/ kWh de PCI(2), contre 8 c€/kWh pour le fioul et 16 c€/ kWh pour l’électricité(3). Les granulés (7 c€/kWh) conviennent à qui cherche le confort de l’automatisation ou possède un petit espace. En outre, pour l’autonomie, mieux vaut éviter produits manufacturés et appareils nécessitant un apport électrique. Et disposer d’un endroit sec pour stocker le bois et d’huile de coude pour la manutention.

Alors, poêle à convection, à hydro-accumulation dit « bouilleur », de masse, rocket stove, chaudière, quel appareil choisir ?

 

 


Gérer le bois de chauffage

Gérer le bois de chauffage

Gérer, couper, stocker : bûcher pour se chauffer

Et si, pour être autonome en énergie, vous coupiez votre bois en forêt ? De plus en plus de personnes sont tentées par le plaisir de « faire leur bois », une activité physique qui demande une bonne dose de savoir-faire.

La forêt représente une réserve renouvelable de combustible. Éclaircies de petit bois, cime d’arbre abattu pour le bois d’oeuvre, arbre tombé sont autant de ressources pour le chauffage. Mais il est difficile d’acheter une petite forêt ; lorsqu’on veut vendre une parcelle de moins de 4 ha, un droit de préférence est accordé aux propriétaires forestiers contiguës(1), afin d’encourager le remembrement. Les descendants des familles ayant habité à Dabo (Moselle) ou Engenthal (Bas-Rhin) avant 1817 bénéficient du « bois bourgeois ». Chaque année, près de 1 000 personnes reçoivent par tirage au sort un lot de résineux sur pied et « vifs ». Plus largement, dans le grand Est, l’affouage persiste. La commune attribue des lots de bois par tirage au sort pour ceux qui payent des impôts dans le village et peuvent « faire leur bois » en échange d’une faible contribution.

Dans les forêts domaniales ou privées, État et propriétaires proposent des contrats de bois de chauffage à des particuliers. Cependant, il faut bien lire les conditions d’exploitation.


Enquête : Briquettes et granulés, un concentré d’énergie verte ?

bûches reconstituées

Concentré d’énergie verte ?

En dix ans, les granulés et leurs cousines les bûches reconstituées ont enflammé le marché du bois-énergie. Ces concentrés de chaleur renouvelable séduisent pas leurs aspects pratiques. Mais comment sont-ils fabriqués ? D’où provient le bois utilisé ? Décryptage.

 

Les granulés se trouvent partout, aussi bien chez des distributeurs de combustibles qu’en grandes surfaces de bricolage ou d’alimentation. Ils sont souvent rangés entre les briquettes et les bûches en sac. Si ces produits de la même famille ont en commun d’être fabriqués à partir de biomasse sèche, ce qui leur confère un fort pouvoir calorifique (environ 4,8 kWh/kg, contre 3,2 kWh/kg pour la bûche), ils diffèrent néanmoins de par leur composition ou leurs usages. Les bûches en sac, dites « bûches premium », et les bûches reconstituées, également nommées briquettes, bûches densifiées, compressées, etc., s’utilisent dans les appareils à bûches, manuels ou semi-automatiques, en remplacement des bûches traditionnelles. Les granulés de bois ont quant à eux été créés pour des appareils automatiques, poêles ou chaudières, spécifiques et réglés pour ce combustible.

Abaisser le taux d’humidité

Le plus courant en magasin, dans la famille du bois-énergie, ce sont les bûches en sac, petites sœurs des bûches traditionnelles, issues de rondins de feuillus durs (chêne, charme, hêtre) provenant de forêts françaises. Elles sont séchées en séchoir, une sorte de gros tunnel contenant de l’air chaud (entre 50 et 90 °C), puis certaines sont écorcées. Cela permet de baisser le taux d’humidité et surtout de diminuer les particules fines, source de pollution. Leur taux d’humidité varie entre 13 % et 23 %, contrairement à une bûche traditionnelle qui avoisine les 25 % à 30 %. Vérifier que les bûches sont certifiées NF biocombustible bois de chauffage. Cela assure un taux d’humidité inférieur à 20 %. « Plus le bois est sec, meilleure sera la combustion.

D’après nos essais, l’utilisation d’un bois sec, plus cher au stère mais qui nécessite 20 à 30 % de quantité en moins, revient au même prix que le bois traditionnel, sans les désagréments des poussières dans la maison », indique Yann Rogaume, directeur adjoint du Lermab, laboratoire pluridisciplinaire de l’université de Lorraine rattaché à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra).[…]


Comparatif du coût des divers moyens de chauffage: notre étude inédite

Les moyens de chauffage passés au crible d'une étude exclusive de comparaison des coûts par Olivier Sidler (Enertech) et le magazine La Maison écologique

Une étude exclusive a été réalisée pour le magazine La Maison écologique. Son auteur n’est autre qu’Olivier Sidler, fondateur du bureau d’études Enertech et ex-formateur de l’Institut négaWatt. Elle compare les coûts globaux des moyens de chauffage (hors émetteurs). C’est-à-dire l’investissement initial, le coût de l’énergie ou du combustible, les frais d’entretien, les abonnements spécifiques.

Les énergies renouvelables sur le podium

Les coûts sont considérés hors crédit d’impôt et aides publiques. Pour les énergies renouvelables, l’investissement initial est donc en réalité moins élevé. Les graphiques obtenus grâce à cette étude inédite prennent l’hypothèse d’un investissement sur fonds propres. Le recours à l’emprunt changerait notablement les résultats, avec une dépense annuelle très faible les premières années.

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Éditorial : chic, du chauffage écologique !



Automne, ô désespoir ! Premiers frimas, premiers frissons, on rentre au logis les chaussures mouillées, les orteils exsangues, transi et de sale humeur. Hiver, pas mieux. Il fait alors noir au réveil et la nuit nous cueille avant même le retour au bercail. Contre la déprime, il y a mieux que la cure de vitamine D : un cocon confortable. Ainsi, imaginez vos pieds gelés foulant soudain un plancher chauffé à la température du corps. L’odeur et la vision apaisante d’un bon feu de bûches dans votre poêle étanche. Le crépitement des flammes ou encore le doux tintement du granulé de bois tombant dans son bol de combustion. De quoi vous réconcilier avec la morne saison. C’est pourquoi le Guide pratique du chauffage écologique fait le tour des mille et une façons de se chauffer grâce aux énergies renouvelables. Lire la suite


Le chauffage écologique sous le feu des projecteurs

couverture hors série chauffage écologique

A l’arrivée de l’automne tombe une question brûlante. Comment allons-nous chauffer notre logement cet hiver ? Alors pour ne pas laisser nos lecteurs dans le brouillard, La Maison écologique, magazine de référence pionnier de l’habitat écologique et des énergies renouvelables, a bûché sur un nouveau hors-série. Le Guide pratique du chauffage écologique.

 

extrait hors série 8 chauffage écologique - sommaire

 

Enfin, ce numéro spécial chauffage est sorti dans les kiosques ce lundi 16 octobre 2017. Et il vous y attendra jusqu’au 16 décembre 2017. Vous pouvez aussi le commander directement sur le site de La Maison écologique.

 

extrait hors série 8 chauffage écologique - poele granulé

 

Enquêtes, comparatifs, conseils d’experts, ce hors-série approfondit une vaste thématique. Il présente les multiples solutions de chauffage écologiques applicables en construction neuve comme en rénovation.

 

extrait hors série 8 chauffage écologique - plancher mur chauffant

 

Poêle à bois bûche, poêle à granulés de bois, chaudières biomasse, chauffage solaire, systèmes combinés bois et solaire… Mais aussi chauffage passif grâce aux principes bioclimatiques, se chauffer via une VMC double flux, géothermie profonde ou de surface, aérothermie, murs et planchers chauffants, etc.

 

extrait hors série 8 chauffage écologique - solaire et bois

 

Vous y découvrirez aussi tous nos conseils pour financer votre installation de chauffage grâce aux aides financières. Ainsi que pour trouver le bon artisan, s’assurer de la qualité du matériel, etc.

 

extrait hors série 8 chauffage écologique - aérothermie

 

Ce guide pratique du chauffage écologique sera la lecture idéale pour préparer vos longues soirées au coin du feu!