Avis d’experts : Chauffe-eau thermodynamique, ré-inventer l’eau chaude

chauffe-eau thermodynamique

Après dix ans sur le marché, les chauffe-eau thermodynamiques ont évolué et, grâce au retour d’expérience, les installations aussi.

Un chauffe-eau thermodynamique (CET) par aérothermie est constitué d’une pompe à chaleur qui puise les calories de l’air pour chauffer de l’eau dans un ballon isolé. Actuellement, trois types d’installations aérothermiques sont présentes sur le marché, rappelle Jérôme Charrier, de l’entreprise Soulas énergie, près de Poitiers : « La solution monobloc, sur air ambiant ou air extrait, dans laquelle le ballon et le moteur thermodynamique sont placés dans un seul appareil ; la solution VMC, qui utilise les calories de l’air extrait des pièces chaudes et humides de la maison (cuisine, salle de bains) ; et la solution split avec le système thermodynamique placé à l’extérieur de la maison, raccordé à un ballon d’eau situé à l’intérieur. »

Là où le monobloc bloque

Si la solution monobloc sur air ambiant a longtemps été mise en avant pour ses bons rendements (COP > 3), elle semble aujourd’hui moins cohérente d’un point de vue énergétique. « Comme ces machines prélèvent l’air dans l’espace de vie, précise Stéphane Evrard, de l’entreprise Clim&Chauff, en hiver les calories qu’elles utilisent sont issues de l’air chauffé par le chauffage. » En rénovation, le garage ou la cave (volume > 25 m3 et T > 5°C) accueillent souvent un CET monobloc équipé d’un rejet extérieur. « Mais il faut être sûr que le local ne refroidisse
pas et plus il y a une bonne étanchéité à l’air du local, plus il y a un risque de mettre le local en dépression, ce qui entraîne une aspiration de l’air extérieur ou celui des pièces chauffées par infiltration. »

Pour éviter ce phénomène, l’idéal est de prélever l’air extérieur avec une sortie ventouse, un seul tube qui assure l’aspiration et le rejet de l’air. « Si on a le moindre doute sur la capacité du local à rester à température stable sans entrer en dépression, on passe en air extérieur », surenchérit Marc Searle, d’Eco Logique Energy. Branché sur l’air extérieur, le monobloc perd alors son petit avantage en termes de rendement.

Une durée de vie riquiqui ?

Quid de la durée de vie d’un monobloc, de plus en plus compact ? « Si un nettoyage des filtres et des gaines n’est pas fait tous les six mois, la durée de vie du compresseur est de seulement trois à cinq ans, prévient Stéphane Évrard. Parfois, les gens ne les réparent pas et restent avec un fonctionnement sur la résistance électrique d’appoint ! »