Construire : Une mobilité immobile à l’air industriel

maison à l'air industriel

Mobilité immobile, une maison  à l’air industriel

Dans un quartier de Saint-Avé (Morbihan), Mélanie et Haroun ont su marier un amour pour l’habitat mobile et les squats de friches industrielles avec une maison en bois passive qui respire la douceur de vivre.

Haroun s’était promis de ne jamais vivre dans une maison. Nous le rencontrons pourtant avec Mélanie et leur bébé dans un bâtiment passif flambant neuf, dans un quartier résidentiel près de Vannes. Mais derrière ses apparences on ne peut plus sédentaires, cette maison à l’air industriel perchée recèle bien des aspirations vagabondes.

« J’ai quitté la Tunisie à 21 ans pour des études d’architecture en France, retrace Haroun Chehata, 40 ans. Le déracinement a provoqué quelque chose en moi : le nomadisme. Il était devenu très difficile de me poser à un endroit. »

Il vit en camion, en caravane, ouvre un restaurant mobile, continue de vivre en caravane quand il rencontre Mélanie Cadio il y a cinq ans. Le virage se dessine quand des amis leur parlent d’un terrain à vendre au bord de leurs 5 ha de maraîchage bio.

« C’était tout ou rien, soit la caravane, soit une maison écologique et passive avec ce qu’il faut de temps pour étudier le projet, trouver des entreprises locales… »

Une maison à l’air industriel et modulaire

Mélanie et Haroun ont tout de même injecté une dose de mobilité dans leur habitat fixe. Stratégie n° 1 : la modularité.

« Baya n’était pas née, mais je voulais lui prévoir une chambre, se souvient Mélanie, 34 ans. J’avais du mal à comprendre Haroun qui disait : ” Ça ne sert pas tout de suite, donc on verra plus tard. La maison bougera. ” »

Une structure bois est en cours de confection pour lui servir de chambre sur roulettes, à l’étage.

« Elle n’a pas besoin de chambre fermée pendant les premières années », reconnaît Mélanie.

Mais l’espace devait être conçu pour être techniquement transformable rapidement, sans gros travaux.


Rénover : L’aventure voûte que coûte

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L’aventure voûte que coûte

La rénovation menée chez Eric et Sophie Carrive, en région Parisienne, est avant tout l’histoire d’une rencontre avec un architecte écolo aux idées étonnantes. Et d’une envie d’expérimenter.

Ils étaient prêts à tout « tester ». Mais lorsqu’il a fallu, à l’issue des travaux, ôter les étais qui soutenaient la voûte en bottes de paille, Sophie a pris peur.

« Je me suis demandé si on n’était pas en train de faire une connerie, que ce n’était pas forcément homologué, qu’on ne savait pas si une assurance le prendrait en charge… Je crois que je vis toujours avec cette angoisse-là », avoue-t-elle, assise à la table de la salle à manger, mi-amusée et mi-inquiète, les yeux tournés vers le plafond. Pourtant, voilà six ans que le concept tient bon. Et fièrement, même.

Cette élégante arche en paille porteuse constitue l’extension de la maison de Sophie, Éric et leurs enfants Myrtille, Cyprien et Olympe. À l’origine, c’était un pavillon de 80 m2, à quelques pas de la gare de l’Étang-la-ville, en banlieue parisienne. L’extension de 50 m2 comprend désormais le salon qui donne sur une terrasse, côté jardin, et la chambre des parents, à l’étage. Cette réalisation originale est caractéristique de l’état d’esprit de Volker Ehrlich, architecte volontiers tourné vers l’innovation à qui les Carrive ont également confié la rénovation de leur maison des années 1940.

Neuf mois pour tout changer

Leur rencontre remonte à 2013. Sophie est enceinte. Il est temps d’agrandir la maisonnette rachetée huit ans plus tôt aux parents d’Éric. La petite Olympe, troisième enfant du couple, pointera le bout de son nez en octobre. Objectif : boucler le chantier en neuf mois. Et sans quitter les lieux. « On avait des idées, mais on ne se voyait pas gérer les travaux tout seuls. On a cherché un architecte local et sensible à l’écologie », se remémore Sophie, réchauffant ses mains sur sa tasse de café. […]


Les pilotis fondations d’avenir ?

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Comme une grande cabane posée dans un jardin

Associant faible impact sur le sol, qualités écologique et esthétique, cette habitation en Seine-et-marne semble posée délicatement sur son terrain.

La première fois que nous avons visité ce petit jardin touffu, clos par des murs à vignes, nous avons tout de suite compris que, pour nous, l’enjeu de la construction serait l’équilibre entre notre intervention et le jardin existant, raconte Jean-Baptiste Barache, du cabinet d’architectes Arba qu’il a fondé avec Sihem Lamine. En plus d’être compact, la construction devait avant tout donner l’impression d’être tout près du jardin. »

Ici, la topographie n’a pas vraiment imposé le pilotis, mis à part le fait que le terrain se situe en zone inondable. Mais plutôt la volonté de soigner l’interaction de cette maison de 130 m2, et de ses trois occupants, avec l’espace qui l’entoure. « Avec le pilotis, le rapport au terrain devient très subtil. Il ne s’agit plus seulement d’une vue sur le jardin. On est en suspension, on flotte », poursuit l’architecte(1). Agréable sensation que dégage d’emblée la maison de Dominique, dont le continuum entre dehors et dedans suggère une autre façon d’habiter.

« Cette surélévation donne à la maison un aspect très léger. Le fait d’aborder le jardin de façon douce me plaît bien », abonde de son côté Dominique, pourtant pas convaincue initialement.

Des pilotis pour s’insérer dans l’environnement

Depuis que Jean-Baptiste Barache a débuté en tant qu’architecte, il a toujours cherché à « conserver les émotions du terrain, à ne pas le dominer », explique-t-il. Dans cette perspective, doublée d’une démarche environnementale commune à tous les projets de son cabinet, il évite autant
que possible la mise en oeuvre de fondations classiques. « J’ai toujours été très mal à l’aise avec l’idée de remuer le terrain. Une dalle de béton bouleverse le site et interrompt la continuité du tapis végétal. […]


Autoconstruire : Une architecture rayonnante

maison octogonale

Une architecture rayonnante

Autoconstruite à 95%, dans la Loire, la maison octogonale en bois et paille de la famille Pavlik est le beau fruit du travail patient de nombreux réseaux familiaux, amicaux et professionnels.

Une maison octogonale

Avec ses huit pans de toit convergeant vers son chapeau vitré et ses larges baies ouvertes du levant au couchant, la maison de Clémence et Martin Pavlik affiche clairement les inspirations des ses autoconstructeurs. Clémence, institutrice en classe unique, les précise : « Fille d’agriculteurs bâtisseurs en paille dès 1992, j’ai complété ma formation à l’IUFM par un CAP de taille de pierre. J’aime les matières brutes naturelles, la paille, la pierre, le bois, la terre, la construction écologique, le style en rondeurs de l’architecte autrichien Hundertwasser… Et je me sens rurale, définitivement. »

Martin, naturaliste gérant du bureau d’études Écotype Environnement, a « découvert la construction paille par des articles et par un copain de fac qui m’a convaincu, alors
que je suis le fils d’un artisan conventionnel. Les livres de Samuel Courgey et Jean-Pierre Oliva, un article de La Maison écologique de 2012 m’ont donné des idées.

Quand on s’est connus avec Clémence, nous avons commencé un carnet d’envies de construction, que nous avons ensuite confrontées aux contraintes d’usage et de mise en oeuvre. Le rond pose des soucis pour les grandes baies vitrées. Le dodécagone renchérissait trop le coût de construction. Nous avons simplifié, ce serait un octogone avec une clé de voûte ouverte sur le ciel, comme le tonoo d’une yourte. La forme octogonale permet de suivre la course du soleil, favorise la luminosité, la perception d’espace libre ». Clémence complète : « C’est esthétique, mais ça complique l’ameublement. Même avec de grandes chambres, la contrainte des angles fige les aménagements. »

Mener tout de front

En 2013, le jeune couple trouve un petit coin de nature où donner vie à ses rêves, à Saint-Martin-la-Sauveté, à 640 m d’altitude dans les monts de la Madeleine, au nord de la Loire. Le village, qui compte un millier d’habitants, s’inscrit […]


Construire : de la matière grise au service de la performance

construire puy de dome

Sylvia et Vincent ont rencontré Fernand Ribeiro très en amont de leur projet, ce qui a permis à l’architecte d’optimiser la conception de leur maison du Puy-de-Dôme pour un prix abordable.

L’architecte nous a demandé de décrire notre maison idéale. Une fois cela fait, il nous a dit qu’étant donné notre budget – moins de 200 000 € pour la construction –, il allait falloir accepter la négociation… et faire les sols et la peinture nous-mêmes. Nous n’avions jamais fait ce type de travaux mais bon an, mal an, nous y sommes arrivés », racontent, amusés, Sylvia et Vincent Marliac. Installés au Cheix, dans le Puy-de-Dôme, avec leurs deux enfants de 7 et 10 ans, ils occupent leur maison depuis le printemps 2014.

 


Autonomie énergétique grandeur nature

Maison en autonomie énergétique en Bretagne. Crédit Michel Ogier

[VIDEO] Caroline et Hubert vous invitent à pousser les portes de leur maison autonome en Bretagne. Elle a été autoconstruite avec des matériaux biosourcés, voire de cueillette. En outre, elle leur a permis d’atteindre l’autonomie en électricité, en chauffage et en eau.

« En concevant cette maison autonome, notre priorité était de limiter au maximum notre impact environnemental et de vivre avec le minimum de compromis vis-à-vis de cette société de consommation », résument Caroline et Hubert. Finalement, pari réussi avec cette maison de 88 m2 autoconstruite en Bretagne en bois, terre, paille et autres matériaux écologiques et locaux. Ainsi, pour eux et leurs deux enfants, depuis quatre ans, l’autonomie énergétique n’est pas qu’une utopie!

Reportage complet, photos et détails techniques dans le hors-série n°10 de La Maison écologique. En kiosques depuis fin octobre 2018 ou sur commande en cliquant ici.


Surélévation écologique pour l’amour du bois

surélévation écologique en bois à Rennes en Bretagne. crédit 10i2LA

[VIDEO] Inconditionnels du matériau bois, Dominique et Jean-Yves l’ont sublimé dans leur surélévation à Rennes, en Ille-et-Vilaine. En n’occultant surtout pas les traces de la matière et de son histoire.

« Je me méfie de l’écologie politique, même si je l’ai fréquentée de près. Car elle donne parfois des choses très étonnantes, récupérée par les lobbies technologiques… Mais de manière pratique, il y a des choses à faire », revendique Jean-Yves Cairon, adepte de très longue date de l’écologie pratique. Alors quoi de plus concret que de transformer une maisonnette construite à la va-vite juste après-guerre en une habitation deux fois plus haute, moderne, économe en énergie et constituée de matériaux biosourcés ? « Eh oui, les vieux ont encore des projets ! », rigolent Jean-Yves Cairon, 69 ans, et Dominique Beyot, 60 ans. En outre, ces anciens infirmiers en psychiatrie ont réalisé une grande partie des travaux de surélévation eux-mêmes. Après le montage de la structure isolée préfabriquée en atelier. Cette surélévation a été conçue par les architectes locaux de 10i2LA.

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Cette maison bois a de l’énergie positive à (re)vendre

Maison en bois à énergie positive à Montreuil. crédit Michel Ogier

[VIDEO] Ancien informaticien, Erick a construit en bois sa maison passive à énergie positive. Le logement consomme moins d’énergie qu’il en produit!

Erick et sa compagne Sylvie cherchaient un terrain situé au sud de Paris. Mais ceux qu’on leur proposait avaient les pieds dans l’eau… Finalement, ils ont atterri sur les hauteurs de Montreuil, à l’est de la capitale. Sur une parcelle d’environ 200 m², joliment exposée au sud. Informaticien devenu charpentier, Erick a tout de suite imaginé une maison passive (et même à énergie positive). Car il avait été séduit par une formation suivie sur le sujet. Membre de la coopérative Alter-bâtir, il pouvait compter sur ses collègues pour le seconder durant ce projet ambitieux.

Quelques thermiciens lui ont également apporté leur aide en approuvant ou modifiant les plans qu’il leur soumettait. « Le gros œuvre nous a occupés pendant un an, retrace Erick. J’y étais à temps plein. Sylvie passait de temps à autre et des collègues étaient présents à tour de rôle. Nous étions toujours deux ou trois sur le chantier. » Le couple rentre dans la maison en mai 2015.

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Matériau : éviter les termites

termites

Terminus pour les termites.

Le développement de la construction bois donne aux termites un garde-manger de premier choix. Mais pas de panique, leur fringale est contrôlable. On vous explique tout pour éviter les grignotages…

Les termites vivent en colonie au sein de laquelle les individus accomplissent des tâches spécialisées. Ce sont des insectes xylophages (qui mangent du bois), la cellulose constituant l’essentiel de leur nourriture. Pour la plupart totalement aveugles, ils sont aussi lucifuges (ils fuient la lumière), ce qui les rend difficiles à repérer. Parmi les nombreuses familles de termites, deux squattent l’Hexagone : le kalotermes, « termite de bois sec », et le reticulitermes, « termite souterrain ». Le kalotermes vit en petite colonie dans les branches mortes des arbres vivants et ne représente pas une menace pour nos habitats, car ses déplacements sont limités.