Rénover : L’aventure voûte que coûte

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L’aventure voûte que coûte

La rénovation menée chez Eric et Sophie Carrive, en région Parisienne, est avant tout l’histoire d’une rencontre avec un architecte écolo aux idées étonnantes. Et d’une envie d’expérimenter.

Ils étaient prêts à tout « tester ». Mais lorsqu’il a fallu, à l’issue des travaux, ôter les étais qui soutenaient la voûte en bottes de paille, Sophie a pris peur.

« Je me suis demandé si on n’était pas en train de faire une connerie, que ce n’était pas forcément homologué, qu’on ne savait pas si une assurance le prendrait en charge… Je crois que je vis toujours avec cette angoisse-là », avoue-t-elle, assise à la table de la salle à manger, mi-amusée et mi-inquiète, les yeux tournés vers le plafond. Pourtant, voilà six ans que le concept tient bon. Et fièrement, même.

Cette élégante arche en paille porteuse constitue l’extension de la maison de Sophie, Éric et leurs enfants Myrtille, Cyprien et Olympe. À l’origine, c’était un pavillon de 80 m2, à quelques pas de la gare de l’Étang-la-ville, en banlieue parisienne. L’extension de 50 m2 comprend désormais le salon qui donne sur une terrasse, côté jardin, et la chambre des parents, à l’étage. Cette réalisation originale est caractéristique de l’état d’esprit de Volker Ehrlich, architecte volontiers tourné vers l’innovation à qui les Carrive ont également confié la rénovation de leur maison des années 1940.

Neuf mois pour tout changer

Leur rencontre remonte à 2013. Sophie est enceinte. Il est temps d’agrandir la maisonnette rachetée huit ans plus tôt aux parents d’Éric. La petite Olympe, troisième enfant du couple, pointera le bout de son nez en octobre. Objectif : boucler le chantier en neuf mois. Et sans quitter les lieux. « On avait des idées, mais on ne se voyait pas gérer les travaux tout seuls. On a cherché un architecte local et sensible à l’écologie », se remémore Sophie, réchauffant ses mains sur sa tasse de café. […]


Habitat groupé : Ecoravie, la fête de l’humain

habitat groupé participatif

Ecoravie, la fête de l’humain

L’habitat les techniques constructives, les jardins, les potagers, tout cela serait bien peu de choses si l’humain n’était pas au centre de la démarche. Telle est la philosophie d’Ecoravie, expérience d’habitat groupé réussie dans la Drôme.

La structure en pin douglas du premier habitat collectif d’Ecoravie resplendit sous les lumières matinales de cette journée ensoleillée de mai. Installée dans le beau séjour lumineux de son appartement, Claire se souvient :

« Au début, nous étions de doux rêveurs, nous voulions une petite maison individuelle pour chacun. Mais très vite, une conscience collective a pris le dessus et nous avons compris qu’il fallait s’orienter vers un habitat collectif. Il y avait ce grand terrain constructible au-dessus de la ville… »

Un habitat groupé participatif

L’aventure débute il y a sept ans. Constituées en un petit groupe de réflexion, les personnes intéressées par l’idée d’un habitat collectif affinent au fil des réunions et des rencontres les formes du projet. À l’issue de cette phase préparatoire, l’association Ecoravie est créée et deux terrains attenants au centre-ville sont achetés. Seul bémol, ils ne disposent d’aucun accès. Intervient alors une vente aux enchères qui permet à l’association d’acheter un terrain permettant justement d’accéder aux deux parcelles. Pour participer à cette vente, l’association doit momentanément se former en SCI, statut dont le côté spéculatif rebute le groupe, aussi est elle rapidement transformée en SAS coopérative, qui rend les habitants collectivement propriétaires des lieux et locataires de leur logement.

Sur le papier, le futur collectif prend forme, conforme aux règles d’urbanisme – un minimum de 18 logements sur les deux parcelles acquises. Les bases matérielles posées, le terrain acquis et le mode constructif défini, il faut encore investir collectivement les bâtiments, travailler « l’humain », les interactions et l’implication de chacun. Pour cela, les habitants s’appuient sur une charte générale aux énoncés simples, créée dès l’origine du projet : respect de la nature, de soi-même et des autres. […]


Autoconstruire : Une architecture rayonnante

maison octogonale

Une architecture rayonnante

Autoconstruite à 95%, dans la Loire, la maison octogonale en bois et paille de la famille Pavlik est le beau fruit du travail patient de nombreux réseaux familiaux, amicaux et professionnels.

Une maison octogonale

Avec ses huit pans de toit convergeant vers son chapeau vitré et ses larges baies ouvertes du levant au couchant, la maison de Clémence et Martin Pavlik affiche clairement les inspirations des ses autoconstructeurs. Clémence, institutrice en classe unique, les précise : « Fille d’agriculteurs bâtisseurs en paille dès 1992, j’ai complété ma formation à l’IUFM par un CAP de taille de pierre. J’aime les matières brutes naturelles, la paille, la pierre, le bois, la terre, la construction écologique, le style en rondeurs de l’architecte autrichien Hundertwasser… Et je me sens rurale, définitivement. »

Martin, naturaliste gérant du bureau d’études Écotype Environnement, a « découvert la construction paille par des articles et par un copain de fac qui m’a convaincu, alors
que je suis le fils d’un artisan conventionnel. Les livres de Samuel Courgey et Jean-Pierre Oliva, un article de La Maison écologique de 2012 m’ont donné des idées.

Quand on s’est connus avec Clémence, nous avons commencé un carnet d’envies de construction, que nous avons ensuite confrontées aux contraintes d’usage et de mise en oeuvre. Le rond pose des soucis pour les grandes baies vitrées. Le dodécagone renchérissait trop le coût de construction. Nous avons simplifié, ce serait un octogone avec une clé de voûte ouverte sur le ciel, comme le tonoo d’une yourte. La forme octogonale permet de suivre la course du soleil, favorise la luminosité, la perception d’espace libre ». Clémence complète : « C’est esthétique, mais ça complique l’ameublement. Même avec de grandes chambres, la contrainte des angles fige les aménagements. »

Mener tout de front

En 2013, le jeune couple trouve un petit coin de nature où donner vie à ses rêves, à Saint-Martin-la-Sauveté, à 640 m d’altitude dans les monts de la Madeleine, au nord de la Loire. Le village, qui compte un millier d’habitants, s’inscrit […]


Autoconstuire : la positive altitude

positive altitude

Un mètre de neige en hiver. Des étés chauds qui se concluent souvent par des épisodes cévenols au début de l’automne. Après quatre ans passés dans leur maison en paille perchée à 850 m d’altitude, Frédérique et Benoît savent que leur choix d’une construction bioclimatique était le bon. « Par des jours de beau temps en plein hiver, on n’a même pas besoin de chauffer la maison. Il y fait 22 °C sans problème grâce aux baies vitrées », apprécie Benoît.

Il y a dix ans, la famille quitte Paris pour les Monts de Lacaune. Reconversion professionnelle pour les grands (Benoît devient agriculteur et Frédérique, maîtresse d’école) et nouveau lieu de vie pour les enfants. À 8 ans, 6 ans et 1 an, Luca, Téo et Titouan découvrent les grands espaces.

 


Construire : une maison en paille préfabriquée

maison paille préfabriquée

Une passive en paille préfabriquée

Ils ne se déplacent pour ainsi dire plus qu’à pied ou en vélo. Le projet de la famille Dallet a atteint son objectif : réduire le plus possible une empreinte écologique bien trop grevée à leur goût par des déplacements en voiture fréquents et le fonctionnement d’une maison énergivore sur l’ensemble de son cycle de vie. Jusque là, le couple vivait en effet dans une habitation individuelle excentrée et édifiée avec des matériaux conventionnels. Ils y sont restés 30 ans avant de se lancer dans leur nouveau projet. Ils décident alors de rechercher le terrain idéal il y a trois ans environ.

La quête a abouti à une parcelle proche du centre-ville d’Auray, orientée sud-sud ouest comme l’exige la construction passive. Pas trop grande, d’une superficie de 890 m2 et intime en dépit de la division du terrain initial en deux lots. Le couple proche de la retraite s’est ensuite abondamment documenté, de salons de l’habitat en lectures, sur les qualités des matériaux naturels, la construction passive, le bioclimatisme. Engagée, la démarche de ces militants du réseau Alternatiba(1) se veut globale, jusque dans les moindres détails. Ils ont même mandaté une étude géobiologique afin de repérer les zones de haute énergie qui perturberaient le sommeil.

 


La paille, matériau d’avenir

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Saine, peu chère, isolante, abondante, renouvelable, recyclable… Il n’y a que la paille qui m’aille !

La botte de paille fait ses preuve en construction depuis 130 ans. D’abord explorées par les autoconstructeurs et les artisans, ses mises en oeuvre sont désormais développées par les entreprises. Objectif : réduire les coûts de main d’oeuvre qui freinent ce produit agricole sain, abondant, bon marché, isolant, renouvelable et recyclable.

Si les trois petits cochons avaient connu la botte de paille, le loup n’aurait rien pu faire… C’est en effet la compression en bottes qui apporte à la paille ses propriétés de résistance mécanique et de tenue au feu et qui en fait un bon matériau de construction porteur, isolant et support d’enduit. Fin 19e siècle au Nebraska (États-Unis), à l’apparition des premières presses, des agriculteurs empilent des bottes pour construire leurs maisons. Dans les années 1920, en France, l’ingénieur Émile Feuillette construit des maisons à ossature bois isolées en bottes de paille.

 


construire en paille porteuse

construire en paille porteuse

Un rêve de gosse porté par la paille.

Dans la région parisienne, Anaïs et Côme ont fait construire leur maison avec la paille d’orge de leur propre exploitation. Les énormes ballots forment même à eux seuls des murs porteurs.

Quelques jours avant notre rencontre, Côme moissonnait l’orge de son champ. Perché sur son tracteur, cet exploitant agricole repensait à la dernière fois qu’il avait réalisé cette opération sur cette parcelle, trois ans plus tôt. « Cette fois-ci, la paille ne servira pas à construire une maison ; elle ira aux vers de terre. Ainsi, on la laisse au sol pour en réactiver la biologie. Cela évite de devoir mettre des engrais chimiques l’année suivante », explique-t- il.


choisir ses matériaux pour construire

choisir ses matériaux pour construire

Bien choisir ses matériaux pour construire.

Les réglementations thermiques successives ont rendu nos maisons bien moins gourmandes en énergie. Cependant, l’énergie nécessaire pour construire un bâtiment, dite énergie grise, reste constante, si bien qu’il faut environ 60 ans pour que la consommation en chauffage égale l’énergie grise d’une maison RT 2012 ! Pour qu’une maison soit écologique, il ne suffit donc pas de diminuer ses consommations : le choix des matériaux qui la constituent est essentiel.

Règle n°1 : choisissez-les locaux, peu transformés et facilement recyclables.

Nombreux sont les matériaux écologiques à pouvoir constituer des murs porteurs : terre (crue ou cuite), bois, paille, pierre, béton cellulaire…Il faudrait un, voire plusieurs livres entiers pour décrire toutes les techniques existantes. Mais ce dossier a été pensé et conçu pour donner un aperçu des solutions les plus fréquentes en écoconstruction. Quels critères peuvent guider votre choix vers tel ou tel système constructif ?


Territoire : école en paille à Montreuil

école en paille

Une école en paille aux portes de Paris

La paille s’invite désormais dans les bâtiments publics. Écoles, crèches, salles des fêtes, etc., les expériences se multiplient un peu partout en France. Longtemps réservée aux autoconstructeurs, la paille est sortie de la confidentialité en 2012 avec la publication des Règles professionnelles ; document technique « officiel » reconnu par les professionnels du bâtiment, par les autorités ainsi que par les assureurs.

« Pour les maîtres d’ouvrage publics, la publication de ces règles professionnelles a été un vrai encouragement, estime Coralie Garcia, du Réseau français de la construction en paille (RFCP) Ils peuvent s’appuyer sur des textes officiels pour aller négocier avec les bureaux d’études et les assureurs…

 


Maisons écologiques et pas chères

Maisons écologiques et pas chères

Maisons écologiques et pas chères.

 

Construire avec des coups de main à tour de bras.

Préparation optimale, coups de main à foison, formes simples, récup’ et matériaux locaux, voici la recette d’Antonin et Sandra.

Une habitation de 100 m² ayant coûté moins de 50 000 € et autoconstruite en à peine trois ans ; voilà qui est rare. C’est pourquoi, Antonin Gaudun et Sandra Edde, les deux heureux propriétaires normands de cette maison à ossature bois isolée en bottes de paille, ne le cachent pas : ils ont dû traverser une expérience « fatigante ». Mais qui reste néanmoins un excellent souvenir.
Ainsi, bien préparé, bien accompagné, leur chantier s’est déroulé sans gros accroc

 

Et ils habitèrent la terre.

Maisonnette en pisé, une poterie géante.

Ma participation comme journaliste à La Maison écologique depuis 2009 a précédé de peu la construction de notre première maison. C’est dire si ce magazine nous a accompagnés ! Pour une fois, j’ai le plaisir d’y évoquer ma propre expérience. En 2010, nous nous sommes installés à Saint-Michel-Loubéjou, dans le Lot, dans une noyeraie. Mon compagnon Benoît Musquar, potier de profession, souhaitait construire une maison en pisé (terre banchée et damée). « J’ai aimé la sensation enveloppante de dormir dans une maison en terre au Sénégal », se souvient-il.

 

L’autoconstruction de toutes les aventures.

Ou comment construire sa maison sans aucune expérience.

Fabrice Mélet et Marianne Garel donnent foi en l’autoconstruction. Respectivement professeur de SVT et ouvrière agricole, le couple ne possédait pourtant aucune expérience. Ils compensent en s’abonnant à La Maison écologique et en lisant de nombreux ouvrages. Mais lors de leur mutation dans les Cévennes, ils caressent un vague projet d’achat de maison ancienne. Mais les tarifs ne conviennent pas à leur budget. En 2000, ils trouvent un terrain. Ils commencent alors à se renseigner et visitent de nombreuses maisons écologiques à Nîmes et Uzès. Néophytes, ils font appel à une architecte, sensée être rompue à la construction bois-paille. Ils s’avèrent mieux informés qu’elle et l’abandonnent lorsqu’elle leur propose un projet à 300 000 € alors que leur budget est de 100 000 € !

 

Pris les mains dans le bois.

Une année pour autoconstruire une maison qui respecte la RT 2012

Lorsqu’en 2012, Alexandre et Caroline Ponsardin recueillent l’expérience d’un autoconstructeur d’Eure-et-Loir, ils sont d’emblée mis en garde : « Savez-vous qu’un couple sur deux divorce en autoconstruction ? » Et pan ! Mais, pas de quoi effrayer ce jeune couple, bien décidé à construire lui-même la maison de ses rêves. Une idée qui est venue « naturellement ». A cette époque, les deux ingénieurs, jeunes parents d’un petit Owen âgé d’un an, n’ont aucune idée de ce qui les attend, mais, après avoir cherché des maisons (toujours trop chères) à rénover, ils se lancent.

 

Comme sur des roulettes.

Pour se loger à petit prix, Muriel a choisi la Tiny! Sa mini maison baladeuse de 16 m2 est montée sur remorque.

“Ma vie est plus compacte, je pèse moins sur la Terre », apprécie Muriel Fry dans un délicieux accent british. Après avoir travaillé dans les arts plastiques, elle prend sa pré-retraite suite à un licenciement et quitte l’Angleterre en 1996. Puis, elle restaure une fermette en Mayenne, puis démarre la rénovation d’une grande maison de maître dans l’Orne.