Avis d’experts : Conten’air vicié

construire en conteneur

Construire en conteneur, la fausse-bonne idée?

Entre le transport de marchandises toxiques, les divers nettoyages chimiques et la présence potentielle de métaux lourds, comment être certain qu’un conteneur maritime transformé en maison ne se muera pas en dernière demeure ?

À Brest, Marseille-Fos, Bordeaux, Le Havre ou Dunkerque, des centaines de conteneurs longs de 20, 40 ou 45 pieds s’empilent, parfois cabossés, rouillés. En 2011, 29 millions d’Équivalent Vingt Pieds (EVP) transitaient dans le monde. Quatre fois plus qu’en 1991. Certaines de ces boîtes, trop usées, ne peuvent reprendre la mer et garnissent les entrepôts dans l’attente d’une seconde vie, comme abris de jardin, espaces de stockage, cabanes de chantier… La tendance actuelle : les transformer en maisons. Pour l’esthétique et pour recycler ce déchet de la mondialisation. L’aspect économique pèse aussi ; en 2018, en sortie d’usine, un conteneur de 20 pieds neuf valait environ 2 000 €, un de 40 pieds HC(2), 3 000 €.

Acheté neuf, le conteneur vient généralement de Chine à vide ou après un seul transport de marchandises comme des palettes ou cartons. Le volet « recyclage » tombe à l’eau. D’occasion, il a voyagé pendant plusieurs années, sa structure est vétuste et il est impossible de savoir ce qu’il a transporté (les produits pouvant aller de l’alimentaire aux déchets nucléaires). Les négoces contactés conseillent tous du neuf pour l’habitat. Simple argument commercial ? Pas vraiment… La compagnie peut se séparer d’un conteneur pour plusieurs raisons : « amortissement fini, trop âgé, coût de réparation ou de nettoyage trop élevé, contamination trop importante… », liste Pierre Lemarié, dont l’entreprise expertise la conformité des conteneurs dans les dépôts avant qu’ils reprennent la mer.

Des informations hermétiques

Ce qui est certain, c’est que durant ses années de service, le conteneur a subi plusieurs nettoyages et contrôles dans divers pays. Remontons le fil… Une compagnie maritime fournit un conteneur à un chargeur de marchandises, qui est tenu de le rendre en bon état. Il empote (ou charge) le conteneur, qui part vers son destinataire, qui le dépote et est censé le nettoyer. Le plus souvent « avec de l’eau à haute pression, des produits chimiques si besoin », explique l’expert. Le conteneur est restitué à la compagnie en étant amené dans un dépôt agréé où il est réparé et expertisé par un personnel qualifié qui atteste de son état structurel et du nettoyage.

Si le premier point fait l’objet d’une certification CSC (Conteneur Safety Convention), le second ne l’est généralement pas. « Les dépôts n’ont pas le matériel, ni la consigne de vérifier ce qui a été fait par le destinataire », partant du principe que ce dernier a respecté son contrat. « Quand un conteneur arrive, s’il n’a pas de traces, d’odeurs ou un étiquetage de produit dangereux, aucun nettoyage spécifique n’est demandé. Seulement en cas de doute, on peut demander à l’immobiliser », précise Pierre Lemarié. […]


Construire : Une mobilité immobile à l’air industriel

maison à l'air industriel

Mobilité immobile, une maison  à l’air industriel

Dans un quartier de Saint-Avé (Morbihan), Mélanie et Haroun ont su marier un amour pour l’habitat mobile et les squats de friches industrielles avec une maison en bois passive qui respire la douceur de vivre.

Haroun s’était promis de ne jamais vivre dans une maison. Nous le rencontrons pourtant avec Mélanie et leur bébé dans un bâtiment passif flambant neuf, dans un quartier résidentiel près de Vannes. Mais derrière ses apparences on ne peut plus sédentaires, cette maison à l’air industriel perchée recèle bien des aspirations vagabondes.

« J’ai quitté la Tunisie à 21 ans pour des études d’architecture en France, retrace Haroun Chehata, 40 ans. Le déracinement a provoqué quelque chose en moi : le nomadisme. Il était devenu très difficile de me poser à un endroit. »

Il vit en camion, en caravane, ouvre un restaurant mobile, continue de vivre en caravane quand il rencontre Mélanie Cadio il y a cinq ans. Le virage se dessine quand des amis leur parlent d’un terrain à vendre au bord de leurs 5 ha de maraîchage bio.

« C’était tout ou rien, soit la caravane, soit une maison écologique et passive avec ce qu’il faut de temps pour étudier le projet, trouver des entreprises locales… »

Une maison à l’air industriel et modulaire

Mélanie et Haroun ont tout de même injecté une dose de mobilité dans leur habitat fixe. Stratégie n° 1 : la modularité.

« Baya n’était pas née, mais je voulais lui prévoir une chambre, se souvient Mélanie, 34 ans. J’avais du mal à comprendre Haroun qui disait : ” Ça ne sert pas tout de suite, donc on verra plus tard. La maison bougera. ” »

Une structure bois est en cours de confection pour lui servir de chambre sur roulettes, à l’étage.

« Elle n’a pas besoin de chambre fermée pendant les premières années », reconnaît Mélanie.

Mais l’espace devait être conçu pour être techniquement transformable rapidement, sans gros travaux.


Les pépites de l’habitat insolite

Habitat insolite

Vie de famille à bord d’un bus scolaire

La maison de Stéphanie, Arnaud et leurs quatre enfants a jadis arpenté les routes du Calvados, puis de Vendée pour effectuer le ramassage scolaire. Jusqu’à ce que les nouvelles normes interdisent à ce bus de 1998 de circuler. En 2016, ils le débusquent sur un site d’enchères des services publics.

Tant qu’il y aura des Zomes

L es pieds ancrés dans les tatamis, les yeux levés en direction de quatre losanges vitrés, scrutant les étoiles… Le zome invite à la méditation.

Comme un igloo à bas coût

Depuis 2010 se propagent en France de petites maisons qui empruntent à l’habitat esquimau ses courbes harmonieuses.

Et aussi : cabane dans les arbres, maison container, paillourte, Dôme, habitat tonneau, maison en bois cordé.


Autoconstruire

maison container

Viens chez moi, j’habite un container.

Autoconstruire sa maison dans un container (ou plutôt trois), avec l’aide d’une architecte et un budget imbattable. Reportage dans les Côtes d’Armor, chez Sandra et Yannick…


Vidéo à découvrir, une maison en container !

maison container

[A VOIR] Maison container. Présentation vidéo d’une maison bretonne autoconstruite à partir de trois containers de transport maritime usagés. Budget : 85 000 € pour 110 m2. Film : Michel Ogier.

Le film a été tourné peu après l’arrivée des habitants dans leur nouveau logis.

Les points forts du projet : intervention d’une architecte pour assurer une belle cohérence esthétique et pratique au logement mais aussi pour trouver des astuces techniques réalisables par des autoconstructeurs novices ; coût maîtrisé ; matériaux biosourcés ; assainissement écologique ; chauffage au bois.

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