Habitat groupé : Rencontre avec des andralopithèques

écohameau Mas d'Andral

À l’approche du Vigan, au nord du Lot, un petit panneau blanc indique discrètement le lieu-dit Mas d’Andral. Mais à peine engagé sur la petite route, d’autres panneaux donnent le ton d’une manière plus tonitruante : « Non au compteur Linky ! », « Linky non merci ! ». Bienvenue à l’écohameau du Mas d’Andral.

Nichées au cœur d’une petite vallée sèche, sur un terrain de près de 9 ha, quatorze maisons habitées et deux en cours de construction constituent le lieu de vie d’une trentaine d’habitants. Quatre d’entre eux sont de corvée de poubelles en ce dimanche un peu grisâtre de début septembre : Françoise, Hervé, Patricia et Christiane, bientôt rejoints par Aline, s’affairent autour de la cuisine d’été, un petit auvent réalisé en matériaux de récupération et servant de lieu de convivialité pour tout le voisinage. À côté, un poulailler enduit de chaux accueille une petite bassecour qui dispense des œufs frais aux habitants. Christiane se souvient : « Le poulailler était la seule construction sur le terrain quand nous l’avons acheté ! »

Des fondations…

C’est un 14 juillet 2008 qu’a débuté la prise du Mas d’Andral par ses futurs occupants, se remémore-t-elle : « L’initiateur du hameau habitait à Villeneuve-sur-Lot et a trouvé ce terrain, vendu en deux parcelles. Nous avons été une trentaine à pique-niquer sur le site et le projet était lancé. » S’ensuit tout un travail de communication et de rencontres avec les habitants de la commune et les pouvoirs publics pour présenter le projet d’écohameau.

Le groupe se dote rapidement d’une charte, articulant solidarité, esprit de partage et écologie, ainsi que d’un cahier des charges, qui concerne aussi bien les principes de construction (toilettes sèches obligatoires, récupération d’eau de pluie, matériaux locaux et biosourcés) que la gestion des terres agricoles, des jardins collectifs et l’occupation du sol. Comme le rappelle Françoise, « sur ce dernier point, la mitoyenneté est au coeur du principe constructif de l’écohameau. Avec une occupation du sol par parcelle de 85 m2 maximum et 25 parcelles viabilisées, nous avons voulu regrouper pour laisser de grands espaces naturels sans construction ».

Côté énergie, si les habitants souhaitaient au départ rendre obligatoire l’installation de chauffe-eau solaire, le coût n’était pas accessible à toutes les bourses. « On a par contre décidé de se fournir en électricité exclusivement chez Enercoop et de limiter la puissance par maison à 3 kVA, soit le minimum possible », précise Christiane. Ce qui ne pose aucune difficulté pour la vie quotidienne, comme tiennent à le souligner les habitants. […]