Escapade : Laboratoire d’un mode de vie

mode de vie

Ce ne sont ni des gîtes, ni des maisons d’hôtes, ni même des cabanes. Mais des écolodges. Autrement dit, « des hébergements touristiques qui se fondent dans leur environnement naturel », définit Hélène Rozé. Elle et son mari Étienne en ont construit deux, sur leur terrain à Saint M’Hervé (35).

La simplicité comme mode de vie

Ce dernier est un verger abondant de biodiversité avec cultures vivrières, plantes aromatiques, poneys pour tondre la pelouse, poules pour les oeufs, chèvres et moutons pour le débroussaillage… Sans vis-à-vis, les écolodges se présentent sous la forme de petits habitats d’une vingtaine de mètres carrés, semi-enterrés, au design végétal. Une conception signée Marc Bornemisza. Y règnent l’irrégularité due à la récupération, l’arrondi du bois et la terre brute. Ils se composent d’une seule pièce, divisée en plusieurs espaces. L’un comprend un coin cuisine, un lit double, une mezzanine et une salle de bains séparée, mais pas totalement cloisonnée. Dans l’autre, sans cuisine, une baignoire en bois trône non loin du lit.

Dans les écolodges, pas besoin de chauffage. La façade de l’entrée, largement vitrée, est orientée sud/sud-est. Derrière, se dresse un magnifique mur sculpté en terre-paille. Il fait office de mur capteur/distributeur de chaleur. L’ossature bois et le plafond sont isolés avec du chanvre en vrac et recouverts d’un mélange terre paille. Hélène a tout de même installé dans chaque écolodge un poêle mexicain (alimenté au bioéthanol) : « Psychologiquement, cela rassure certaines personnes d’avoir un appareil de chauffage. »

Comme à la maison

L’idée est de familiariser les hôtes avec un mode de vie écologique, de prouver que les matériaux biosourcés, locaux, le chauffage passif, les toilettes sèches, etc., ce n’est pas inconfortable.

« Certains viendront à l’écolodge pour le côté insolite, mais ce qu’on veut, nous, c’est que les gens repartent en se disant que c’était une expérience inspirante et reproductible. »

Depuis 2007, Hélène et Étienne vivent dans la longère préexistant sur le terrain, qu’ils ont écorénovée grâce aux compétences d’Étienne, écoconstructeur de métier. Une partie de la maison était déjà un gîte rural, « du type gîte d’étape pour randonneurs avec douche de camping », décrit la propriétaire. Ce qui motive Hélène, en 2012, à se lancer dans la création de La Belle Verte et quitter son travail à l’office de tourisme de Vitré. Le couple rénove le gîte rural, capable d’accueillir des groupes de six à huit personnes, et autoconstruit les écolodges.

S’enivrer, se détendre et ne rien faire

Tout le terrain s’organise comme un écosystème. Si bien qu’à la question des activités à faire autour du site, Hélène répond en riant : « Je conseille de ne RIEN faire. »