Construire : La sobriété énergétique au cœur du foyer

maison bioclimatique à faible consommation énergétique

Cette maison  bioclimatique à faible consommation énergétique, bâtie dans la Vienne, combine approche énergétique performante, conception bioclimatique, énergie renouvelable, production photovoltaïque et matériaux biosourcés.

Entre vivre dans une habitation ancienne énergivore ou dans une maison neuve bioclimatique, le match s’est joué sans états d’âme il y a neuf ans déjà. Hélène et Jacques Terracher délaissent alors leur vieille grange en pierre à Neuville-de-Poitou. Devenue trop grande une fois les enfants partis du nid familial, elle ne répond plus à leurs besoins. Guidés par leur instinct et leurs envies, ils se lancent dans un nouveau projet : la construction d’une maison bioclimatique à faible consommation énergétique, s’approchant au plus près des performances d’une maison passive.

Miser sur la qualité de vie

Hélène, présidente de l’Amap du Haut-Poitou, et Jacques, militant antinucléaire, ont découvert les grands principes de l’écohabitat au sein de l’Association pour la cohérence environnementale en Vienne (Aceve). Un mode de vie en accord avec leurs valeurs : concilier bien-être alimentaire et énergétique, urgence écologique et développement durable… Confié à l’architecte Jocelyn Fuseau, spécialiste du bioclimatisme passif et de l’écoconstruction, leur cahier des charges tient en deux mots : sobriété énergétique et qualité de vie.

Hélène et Jacques décrivent les grandes lignes de leur mode de vie et les exigences qui en découlent : un plan facile à vivre, de plain-pied, accessible aux personnes à mobilité réduite, car on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait, et la possibilité de loger famille ou amis dans une chambre réservée à cet effet. Le principe constructif est rapidement validé, une structure mixte en ossature bois revêtue d’un bardage en douglas non traité et en briques monomur au nord, recouvertes d’un enduit. La maison étant en secteur sauvegardé (zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), l’Architecte des Bâtiments de France imposait un enduit sur ce mur visible de la route, en toiture, des tuiles canal S d’aspect ancien, et des volets battants.

Un terrain pentu

Après avoir pris le temps de chercher le terrain idéal à proximité de Poitiers, leur choix se porte sur une parcelle d’environ 4 500 m2 à flanc de coteau, proche du centre-bourg d’un village du pays mirebalais. « Le terrain nous permettait d’orienter la maison au sud avec un angle à 30° pour capter le soleil sudest afin de bénéficier le plus possible des apports solaires, en particulier l’hiver », explique l’architecte Jocelyn Fuseau. Seule contrainte : le dénivelé du terrain en pente. L’étude géotechnique, indispensable pour chaque nouveau projet, a mis en évidence une qualité de sol médiocre. « Sur ce terrain en pente – un remblais géologique calcaire –, il a fallu asseoir la construction sur des puits de béton de 80 cm de diamètre à 3 à 6 m de profondeur, reliés par des poutres appelées longrines », explique Jacques Terracher.

Après plus d’un an de chantier, cette maison de 20 m de long sur 6 m de large tient toutes ses promesses.


Rénover : Trucs et astuces d’un chantier d’initiés

Rénovation performante

Une rénovation performante

Cette rénovation était le quatrième chantier de Christine et Didier. Un recul qui leur a fourni une boîte à outils débordant d’ingéniosité et de bon sens. Ce qui leur a permis de changer cette vieille maison de Vic-en-bigorre (65) en un cocon adapté à leurs besoins, performant et confortable.

Après avoir mené les travaux de leurs trois précédentes maisons, Didier Garnung et Christine Laizay étaient rodés pour optimiser leur nouveau domicile, maison en pierre de 1936 à Vic-en-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées. Leur longue expérience et les acteurs professionnels et associatifs dont ils ont su s’entourer leur ont ouvert les portes d’une rénovation performante, pleine d’ingéniosité et de bon sens.

Pour le choix du terrain, « on avait cinq critères : être proche d’un centre-ville, disposer d’un garage, d’un point d’eau pour arroser le jardin, alimenter les toilettes, etc., qu’il y ait des arbres déjà grands », liste l’ancienne institutrice. « Quand on achète une maison à 60 ans et qu’il faut planter des arbres, il ne feront pas d’ombre avant qu’on ne puisse plus en profiter… », souligne le prof de technologie. Cinquième critère, auquel ils ont dû renoncer : le plain-pied, « même si du point de vue écologique, il est préférable d’avoir un cube comme celui-ci qu’un plain-pied étalé ».

Le premier projet prévoit d’abattre toutes les cloisons du rez-de-chaussée. « Mais on n’est plus tout jeunes, il était intéressant de garder la possibilité de ne vivre qu’en bas en y laissant une chambre et une salle de bains, soulignent-ils. Si on supprimait le couloir, où placer le canapé ? Dans l’entrée ? » Cela aurait aussi contraint à positionner la cheminée au milieu de la pièce, obligeant à « tout casser pour créer un nouveau conduit alors qu’il en existait deux ». Du point de vue énergétique, « l’ancienne cuisine transformée en buanderie sert de tampon thermique au nord ».

Des portes qui claquent

Le volet énergétique du chantier a été réfléchi avec l’Écocentre Pierre et Terre, dans le Gers, qui a accompagné le couple dans le diagnostic thermique du bâtiment et les préconisations d’amélioration. Les menuiseries extérieures ont été remplacées par du double vitrage sur mesure, fabriqué en chêne par un artisan local.  […]

 


Avis d’experts : Le DPE en question(s)

dpe

Le DPE en question(s)

Passage obligé en cas de vente ou de location, le diagnostic de performance énergétique informe sur la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement. Contesté pour son manque de fiabilité, il évoluera au 1er Janvier 2021.

Bien connu de tout vendeur et bailleur depuis 2006, le diagnostic de performance énergétique (DPE) fournit une estimation de la consommation annuelle d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre d’un logement. Ce dernier se voit ainsi attribuer deux étiquettes correspondant à son classement de A à G pour le volet énergie et pour le volet climat. Outil de sensibilisation aux économies d’énergie, c’est aussi pour les acquéreurs et les locataires « une aide pour choisir leur futur logement et en négocier le prix », explique Nadia Kaminski. L’impact de la catégorie énergétique sur la valeur du bien est en effet sensible.

En 2017, pour les maisons construites après 2000, celles de classe A-B (≤ 90 kWh/m².an) se sont vendues avec en moyenne une plus-value de 9 % par rapport à un autre bien d’étiquette D, toutes choses égales par ailleurs ; celles de classe C, avec une plus-value de 5 %(1). Ce qui peut rendre pertinents certains travaux, à condition de bien faire ses comptes. L’Ademe chiffre le coût à 15 900 € en moyenne pour grimper d’une catégorie et à 25 900 € pour deux catégories(2).

« Mais dans le cas d’un bien des années 1980, classé E ou F, un peu isolé et équipé d’un chauffage électrique, installer un poêle à bois peut suffire, soit une dépense entre 3 000 et 5 000 € », estime Thierry Marchand.

Des méthodes de calcul contestées

Que contient le DPE ? Réalisé par un diagnostiqueur certifié, pour un coût moyen de 100 à 250 €, il comprend un descriptif du logement ainsi qu’une estimation de la quantité d’énergie qu’il consomme, calculée en fonction de la date de construction. Avant 1948, c’est la méthode des consommations réelles, à l’aide des factures des trois dernières années d’occupation, qui s’applique. […]


Escapade : la Bergerie de Villarceaux

la bergerie de villarceaux

Hébergés tout en sobriété

Alors moulé dans le système productiviste, la Bergerie de Villarceaux, a entamé sa transition il y a une vingtaine d’années. Les 370 ha de terres agricoles ont été convertis à la polyculture et l’élevage bio. Des zones semi-naturelles abritent les insectes auxiliaires qui réduisent la pression des ravageurs sans recours aux pesticides. Plus de 20000 arbres ont été plantés pour reconstituer des haies bocagères et les 230 ha de forêt sont gérés durablement. Mais le vieux corps de ferme, inadapté à l’agriculture moderne, restait inutilisé.

Accueillant déjà des groupes, l’association Écosite de la Bergerie de Villarceaux démarre en 2008 la réhabilitation écologique de ces bâtiments.


Avis d’expert : domotique et économies d’énergie

domotique

La fée domotique et les économies d’énergie.

Un habitat “intelligent” pour se simplifier la vie et économiser l’énergie… C’est la promesse de la domotique. Des experts nous éclairent sur ce marché émergent où la compétition fait rage.

Domotique, du latin domus, la maison. Avec son suffixe « tique », la domotique évoque la science de la maison ; des techniques interconnectées, au carrefour du numérique, de l’électrique, de l’électronique et des télécommunications visant à automatiser et centraliser le pilotage des équipements de son logement via un écran fixe ou mobile (tablette, smartphone…). Ainsi, les applications les plus courantes concernent la sécurité (alarmes, détecteurs de mouvement, etc.) et le confort (commande à distance de porte d’entrée, ambiance lumineuse). Et, très loin derrière, les économies d’énergie : gestion à distance du chauffage, ouverture et fermeture des volets selon la météo…

 

 


Billet d’humeur : la transition énergétique

la transition énergétique

Le monde balbutiant de la transition énergétique et des énergies renouvelables.

Et oui, déjà cent numéros de l’irremplaçable magazine mitonné tous les deux mois avec autant de passion que de talent par l’équipe de rédaction. Cent numéros, donc, et bientôt 17 ans d’âge. Or, depuis le génial Rimbaud, on sait bien que l’on n’est pas sérieux quand on a 17 ans…Au moment de la naissance de la revue, en février 2001 (un collector), où en était le monde balbutiant de la transition énergétique et des énergies renouvelables ?

Amusons-nous un moment d’un retour vers le passé.

En février 2001, la réglementation thermique RT 2000 venait tout juste d’entrer en vigueur, le 1er janvier de cette année-là. Elle n’était pas très éloignée de celle de 1982 et les consommations de chauffage des constructions neuves, de l’ordre de 100 à 150 kWh/m2. Aujourd’hui, les habitations peuvent être 10 fois plus performantes. Et à tel point qu’avec le niveau passif (15 kWh/m2) on peut désormais résoudre le problème du chauffage… en s’en passant, tout simplement !

Depuis 2001, la consommation moyenne d’un réfrigérateur a été divisée par 4 : l’étiquette A-G, instaurée en 1995, ne suffisant plus, il a fallu inventer les classes A+, puis A++ et enfin A+++ ! Lors de la sortie du n° 1 de La Maison écologique, la France n’était équipée que de 39 mégawatts (MW) de puissance éolienne, soit environ un demi-watt éolien par français. Fin 2016, la puissance installée était de 11 670 MW, soit 299 fois plus. Et il s’installe sur la planète 170 éoliennes… par jour ! En 2001, le solaire photovoltaïque était alors presque confidentiel, émergeant tout juste des satellites et des calculatrices.

Au niveau mondial, la puissance installée n’était que de 1 428 MW. Elle est aujourd’hui de… 178 400 MW ! Le dragon chinois, qui ne carburait qu’au charbon, a réalisé un spectaculaire grand bond en avant…
Retrouvez de brefs « tweets d’humeur » en suivant @ThierrySalomon


Territoire

Alter Alsace Energies

Communes cherchent économies d’énergie.

La chasse au gaspillage dans les petites communes, c’est l’affaire de Tiphaine Criqui, conseillère en énergie partagée pour l’association Alter Alsace énergies (AAE), située à Strasbourg et Lutterbach (Bas et Haut- Rhin) et soutenue par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).


Eau : gestion de l’eau dans ma cuisine

gestion eau cuisine

Gestion de l’eau.

De l’usage écologique de l’eau dans la cuisine découle une approche plurielle : la consommation d’eau non polluée au moyen d’une éventuelle filtration, la récupération d’une eau naturelle (pluie ou puits) au plus près de son lieu de consommation, les économies d’énergie et les énergies renouvelables pour la production d’eau chaude.


Les économies d’énergie expliquées aux enfants

Le Clés de la Rénovation mars 2017

Les économies d’énergie expliquées aux enfants, voici le thème de la dernière émission des Clés de la Rénovation du 22 mars 2017, avec Florence Clément, responsable de la communication à destination du grand public à l’ADEME, Thierry Manceau, conseiller info-énergie et coordinateur du pôle Education et Sensibilisation de l’association Hespul. L’émission est animée par Alexis Monteil, chargé de projets au CLER.

 


Les économies d’énergie expliquées aux enfants… par reseau-CLER

Minutage de l’émission

Introduction : Extrait de film « Un kilowatt heure, facile à consommer mais à produire ? » – Karine Goninet – 3ème prix du public du concours Cler Obscur 2016

1’20 A partir de quel âge peut-on parler des économies d’énergie aux enfants, et comment ?

4′ Quels sont les types d’activités que l’on peut faire avec les enfants, en fonction de leur âge ?

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