Habitat groupé : Et la ferme devint écovillage

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Posé sur sa colline verdoyante, l’écovillage de Sainte-Camelle héberge une quinzaine d’adultes qui ont fait le pari de la vie en collectif. Une aventure qui soulève un intérêt croissant et qui continue de s’écrire.

« À quinze, on est plus malins que seul, déclare Dane, co-fondatrice de l’écolieu. Nos capacités de conscience et de réponse sont démultipliées. » Tout commence en 2009, quand Dane, psychologue holistique, décide de quitter la Loire-Atlantique. Avec Alain, son compagnon enseignant, ils vendent le lieu qu’ils occupent depuis quinze ans avec un collectif de huit personnes. Destination : les coteaux d’Ariège, au sud de Toulouse. Objectif : démarrer un projet collectif sur un terrain plus vaste permettant d’accueillir plus de monde. Après un premier projet non abouti, Dane a un coup de coeur pour une ferme du XIXe siècle, entourée de 18 ha de terres et forêt. Le terrain, bien exposé au sud, offre une vue imprenable sur les Pyrénées, le tout à quelques kilomètres de la petite ville de Pamiers. À l’état de quasi-abandon, l’ensemble comprend un corps de logis flanqué d’une étable et d’une bergerie, ainsi qu’un fenil et une porcherie.

Dane et Alain, tous les deux la cinquantaine, prennent possession des lieux en 2011. Le bouche-à-oreille répand la nouvelle qu’un écovillage ouvert à de nouveaux projets vient de se créer. Un groupe d’une dizaine de personnes se constitue autour du couple, hébergé provisoirement en caravanes.

Priorité : le logement. Mené surtout par Dane et Alain, le chantier démarre par un grand déblayage. Ensuite, sont rénovés les espaces bâtis existants les plus faciles à aménager : quatre appartements à l’étage du corps de logis, une salle commune et une colocation de cinq personnes dans le fenil. Autre priorité pour l’hiver : planter le verger – 130 fruitiers la première année, 350 noisetiers la deuxième.

Un chantier de longue haleine

Dès la deuxième année, la nécessité d’accueillir des groupes ponctuellement se fait sentir. Pour y répondre, un grand chapiteau en bois est construit. Dans la foulée, avec des artisans locaux, l’étable est renforcée et ouverte côté sud ; l’étage, partiellement reconstruit ; les façades en briques crues et moellons, protégées par de nouveaux enduits. Puis, sortent de terre deux cabanes perchées, un petit chapiteau, l’aire de camping, la salle polyvalente dans l’ancienne étable, au centre, et petit à petit un total de dix logements, dont celui de Dane et Alain dans la bergerie.

Dans le processus, le fenil s’est transformé en gîte pour 17 personnes. Un chantier de sept années mené par Dane et Alain avec des artisans locaux et le renfort de chantiers participatifs. « On a eu des moments de découragement […]


Vue d’ailleurs : Un écovillage autonome en eau et en électricité

Un écovillage autonome en eau et en électricité

Un écovillage autonome

Il y a dix ans, neuf familles ont acheté un grand terrain dans l’ouest du Pays de Galles pour y construire un hameau expérimental totalement écologique et sans utiliser le réseau d’eau et d’électricité. Pari réussi.

Dans le Pembroshire nord, se trouve un petit hameau très particulier. Pour y pénétrer, il faut rouler un bon bout de temps dans la campagne galloise où l’on ne croise guère que des moutons paissant dans de vertes vallées, à perte de vue. Une fois dans le petit village de Glandwr, un portail flanqué
d’un menhir indique : Écovillage Lammas. C’est ici, dans un espace de plus de 30 ha, que vivent dans des habitats écologiques neuf familles qui n’utilisent ni le réseau d’eau, ni celui d’électricité. Cet endroit est l’aboutissement d’un projet pionnier au Pays de Galles, entamé en 2009.

À l’époque, les futurs habitants de l’écovillage ont obtenu un permis de construire sur un terrain agricole. Une première. Le gouvernement gallois lançait alors la One Planet Development Policy, politique visant à réduire l’impact carbone dans les zones rurales en rendant certaines terres agricoles constructibles à condition que les futurs habitants aient un réel projet durable et écologique. Il s’agit en quelque sorte d’un contrat passé entre les habitants et le gouvernement, qui les oblige à vivre en utilisant les ressources d’une seule planète. Aujourd’hui, dans le pays, 41 habitations ont pu accéder à un permis de construire dans le cadre de la politique bas carbone du gouvernement.

Chaque année, les foyers doivent présenter un rapport aux autorités locales, qui détaille ce que les habitants ont obtenu de leur terre : production d’électricité, quantité de nourriture récoltée, etc.

« L’idée de départ des Lammas était de donner à chacun l’opportunité de construire sa propre maison en pleine nature grâce à la nouvelle politique du gouvernement, raconte Cassandra, qui vit dans le hameau avec son mari Nigel et ses trois enfants. Cela changeait radicalement la façon dont les gens pouvaient demander un permis de construire. Et c’était surtout bon marché. »

De fait, acheter une maison au Pays de Galles coûte très cher. Les neuf familles du village Lammas se sont partagé l’achat du terrain d’un montant total de 175 000 livres sterlings (197 600 €). Ensuite, il ne restait plus qu’à construire leurs maisons. Cassandra et Nigel ont déboursé 10 000 livres sterlings (11 278 €) pour bâtir la leur.

Des visiteurs du monde entier

La maison du couple ressemble à celle d’une famille de Hobbits avec sa forme ronde, sa chaux rose et son toit végétalisé.

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