Avis d’experts : Se chauffer au bois attention pollution !

Se chauffer au bois attention pollution

Si le bois est un combustible intéressant pour la transition énergétique, mal utilisé, il peut être polluant. Nos experts font le point sur les bonnes et les mauvaises pratiques de cette énergie de chauffage de nos logements, renouvelable, mais pas anodine.

Le 3 décembre dernier, la préfecture de Haute-Savoie signait un arrêté interdisant, à partir de 2022, l’utilisation des foyers ouverts dans la vallée de l’Arve. En cause, la pollution générée par ce mode de chauffage au bois individuel. « Dans les foyers domestiques de chauffage au bois, la qualité de la combustion est souvent médiocre, entraînant l’émission de nombreux polluants parmi lesquels des particules inférieures à 2,5 μm, qui pénètrent profondément dans les alvéoles pulmonaires », explique Serge Collet, ingénieur étude et recherche à la direction des risques chroniques de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris)*.

Selon les données de 2015 du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), le chauffage au bois individuel contribue en effet aux émissions annuelles de particules inférieures à 2,5 μm à hauteur de 44 %, augmentant le risque de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, aux émissions de composés organiques volatiles (COV) comme le benzène – reconnu cancérigène pour l’homme – pour 58 % et aux émissions annuelles d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) – dont certains sont aussi reconnus cancérigènes pour l’homme – pour 59 %. « Le bois est une source d’énergie renouvelable intéressante car, contrairement aux énergies fossiles, il présente un bilan carbone neutre, contribuant ainsi à la lutte contre le réchauffement climatique. Mais il doit être utilisé dans des conditions permettant une combustion la plus complète possible », poursuit le spécialiste.

Ce n’est pas dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes

Pour cela, remplacer son vieux poêle ou son foyer ouvert par un équipement neuf performant est un premier pas indispensable (cf. graphique). La moitié du parc domestique d’appareils de chauffage au bois se compose en effet d’appareils de plus de 15 ans ou de foyers ouverts, qui présentent des rendements énergétiques faibles et émettent 82 % des particules dues au chauffage au bois !

Le label Flamme verte, géré par le SER et attribué depuis le 1er janvier 2020 aux seuls appareils 7 étoiles, les plus performants, est un critère de choix. « Il répond à une charte de qualité contraignante en termes de rendement énergétique et d’émissions polluantes, avec une démarche d’amélioration continue. Les fabricants sont contrôlés régulièrement par des laboratoires indépendants », affirme Alexandre Roesch, délégué général du SER. Serge Collet regrette cependant que le label ne soit basé que sur des tests réalisés dans des conditions de référence éloignées des conditions réelles.


Rénover : Pour vivre presque sans pétrole

vivre presque sans pétrole

Claire et Gildas ont rénové une maison des années 1970 pour la transformer en habitat résilient face aux “effondrements“. Au programme : Isolation, énergies renouvelables, récupération d’eau et, surtout, changement complet des habitudes de la famille.

Vivre avec peu de pétrole et consommer le moins de ressources possible. Voici le leitmotiv de Claire et Gildas Véret. Diplômée de Sciences-Po Paris et de permaculture, Claire prend conscience de la nécessité de changer de mode de vie il y a douze ans, en rentrant d’un grand voyage dans des lieux « permaculturels ». Gildas, lui, entrevoit l’« effondrement » en pratiquant son premier métier, ingénieur en bureau d’études énergie, puis se passionne pour la biologie des écosystèmes. Ensemble, ils décident d’appliquer la permaculture au quotidien, comme philosophie de vie. Activistes à Résistance climatique, qu’ils ont fondé avec des amis et enseignants-chercheurs en permaculture (Horizon permaculture), ils transforment alors leur logement dans le Val-de-Loire.

Leur projet n’est pas seulement d’aboutir à un lieu autonome. C’est aussi de devenir « un bastion de résilience » capable d’accueillir des réfugiés climatiques. « Nous essayons de bannir toutes les pratiques dont le fonctionnement nécessite des énergies fossiles ou l’achat de produits qui ne seront pas disponibles en cas d’effondrement », précise Claire. Pour limiter la consommation de foncier et de matières premières, le couple s’oriente vers la rénovation.

Ils recherchent un logement avec un grand terrain et une forêt pour produire nourriture et bois de chauffage. Près d’Amboise (37), ils achètent une maison des années 1970, en parpaing. En 2013, les travaux de rénovation sont lancés. Claire et Gildas commencent par modifier les plans de la maison. Ils gardent un maximum d’éléments, mais abattent un mur pour chercher un maximum de luminosité et de chaleur solaire en hiver. « Nous avons transformé les gravats de ce mur en ressource pour en faire une terrasse», justifie Claire.

La surface vitrée est multipliée par trois au sud et diminuée de 30 % au nord, plus exposé au froid. Une belle pièce apparaît dans la maison, avec « le jardin comme télévision », note Gildas, auteur de livres sur la permaculture. La parcelle de 1 ha évolue également : mise en place de potagers, d’un verger pâturé, de clôtures plessées avec, au fond, une petite forêt de 5 000 m2. Le jardin, entre la route et la maison, est destiné aux formations. « Nous ne pouvons pas produire de céréales, c’est trop ombragé. Mais nous avons quelques moutons. Ils broutent l’herbe et les feuilles des arbres que l’on abat pour le chauffage », indique Gildas. Quelques oies servent également de tondeuse. Les animaux du terrain sont l’unique viande que mange la famille, à raison de deux portions par mois.

La paille pare le pavillon

Premier et important chantier de cette rénovation : l’isolation. Claire et Gildas optent pour le matériau botte de paille, placé dans une ossature bois, côté extérieur des murs en parpaing. Pour supporter cet ajout de poids et éviter les ponts thermiques, la fondation existante est élargie.


Autoconstruire : Maison 100% solaire thermique

maison 100% solaire

Construire à 960m d’altitude une maison qui n’émet ni CO2, ni particule fine et qui se chauffe (eau sanitaire comprise) pour 22 € par an. Philippe Heitz, l’un de nos journalistes, l’a fait et vous le raconte.

Pour une fois, cet article, je vais l’écrire à la première personne. Car c’est le retour d’expérience sur ma propre maison que je vais partager ici, en expliquant comment l’on peut atteindre, avec des moyens courants, zéro émission de gaz à effet de serre pour toute la consommation de chaleur d’une maison, un grand niveau de confort (19 à 26°C) et une facture d’énergie réduite à son strict minimum.

Pour concevoir, dessiner et autoconstruire en partie, accompagné par des artisans, cette maison écologique dont je rêvais, je ne partais pas sans expérience. Après avoir été cinq ans vétérinaire rural dans l’Ain, j’ai été 25 ans agriculteur dans la Loire, ce qui m’a permis d’expérimenter l’écoconstruction en bâtissant en 1992 l’un des premiers bâtiments isolés en paille de Rhône-Alpes, une chèvrerie-fromagerie de 1 000 m² en bois cordé et paille. Reconverti journaliste indépendant depuis cinq années pour trois revues techniques, j’ai enrichi mon horizon des possibles…

Convaincu de l’efficacité des solutions constructives écologiques comme de l’urgence climatique, en choisissant de construire la première maison de l’écohameau communal du village de Burdignes (Loire), je décidais de me passer du plaisir d’une flambée pour ne plus émettre de fumée pour l’ensemble de la production de chaleur de ma maison, chauffage et eau chaude sanitaire (ECS). Certes, le bois est une source de chaleur renouvelable, mais sa combustion relargue dans l’atmosphère du carbone, qui mettra 40 ans pour refaire un arbre. Trop tard. Maintenant, le bois doit être au maximum utilisé en construction et ameublement, pour stocker le carbone comme tous les matériaux biosourcés.
Ossature bois, bottes de paille, isolants biosourcés, solaire thermique sont les piliers de mon projet. Et des systèmes de mesure des températures et des consommations électriques permettent d’évaluer les résultats et de les partager.

Le fil rouge négaWatt

La démarche négaWatt a guidé la conception de mon logement.

Sobriété : pour réussir à couvrir les besoins de chauffage avec seulement de la chaleur solaire, il fallait réduire fortement les besoins grâce à une enveloppe très isolée. Le bureau d’études thermiques Heliasol a calculé un besoin d’énergie utile de 23 kWh/m².an pour le chauffage. Le projet n’entre donc pas dans le label PassivHaus (limite à 15 kWh/m².an), mais, vu le résultat final, une dépense d’isolants supplémentaires n’aurait pas été justifiée.


RE2020 : que reste-t-il du label E+C- ?

RE2020 et label E+C-

Nous avons choisi de publier ici l’intégralité du communiqué envoyé fin novembre par Thierry Rieser, gérant du bureau d’études Enertech, et cosigné par une soixantaine d’acteurs de terrain, inquiets de la tournure que semble prendre la nouvelle réglementation thermique et environnementale pour la construction, la RE 2020. Avec notamment une réduction des exigences par rapport à l’expérimentation E+C-. Les nombreux signataires demandent en urgence aux pouvoirs publics de reconsidérer certains axes de travail.

 

La RT2012 est née du Grenelle de l’Environnement dont les travaux s’étaient déroulés durant l’été 2007 et mise en place le 1er janvier 2013 après plus de 5 ans d’intenses discussions entre parties prenantes. Elle a constitué un saut qualitatif important en instaurant pour la première fois en France un objectif de performance énergétique exprimé en valeur absolue en énergie primaire et par unité de surface.

Devant le constat largement partagé de la nécessité de la faire évoluer face aux enjeux climatiques et énergétiques toujours plus prégnants, l’État a décidé de prendre les devants en lançant la réflexion sur ce qui est censé devenir la « RE2020 » – le « E » pour « environnementale » à la place de « thermique » marquant la volonté d’élargir à juste titre le périmètre de la règlementation à d’autres questions que la seule énergie consommée par les occupants des bâtiments.

C’est ainsi qu’était lancé fin 2016 le label Energie Carbone, ou E+C-, censé préfigurer la future Réglementation Environnementale RE2020, qui remplacera la RT2012.

A l’époque, nous avons été nombreux à saluer les avancées majeures de ce label. Il introduisait l’analyse de cycle de vie (ACV) des bâtiments par un premier indicateur : le carbone. Il concrétisait enfin la notion de « Bâtiment à énergie positive » (lancé 10 ans plus tôt par le Grenelle de l’Environnement) avec le bilan BEPOS, dans lequel étaient incluses les consommations d’électricité à usages spécifiques (électroménager, bureautique etc.).

Trois ans plus tard, après que des centaines d’opérations tests aient vu le jour partout en France et que des dizaines de réunions de concertation (groupes d’expertise et groupes de concertation) aient eu lieu avec toutes les parties prenantes, voici l’heure des arbitrages.

Alors que reste-t-il de l’ambition initiale ?

Disons-le tout net : malgré un certain nombre de points positifs qu’il convient de saluer, l’enthousiasme des débuts a cédé la place à la crainte que notre pays ne fasse machine arrière sur des points essentiels…

À cet égard, espérons que l’appel à la raison que constitue ce texte signé par un grand nombre de professionnels du bâtiment et d’acteurs de terrain engagés de longue date dans la transition énergétique et écologique pourra être entendu avant qu’il soit trop tard.

Des points positifs qui méritent d’être salués

Parmi les évolutions présentées dans le document « Evolutions de la méthode d’évaluation Energie Carbone et indicateurs testés en vue de la RE2020 » publié le 6/11 sur le site http://www.batiment-energiecarbone.fr, nous saluons les avancées suivantes :

  • Les indicateurs seront rapportés à la surface habitable (SHAB) ou la surface utile (SU), simple et connue de tous, au lieu de la SRT ;
  • L’analyse de cycle de vie sur l’indicateur carbone Eges est toujours présent, et cela reste une innovation majeure de la RE2020 (on attend tout de même de voir si les objectifs seront ambitieux ou non) ;
  • L’approche socle + points, initialement envisagée, a été abandonnée. Elle aurait nécessité un équilibrage (forcément arbitraire) de la valeur des points entre énergie et carbone. L’approche retenue comportera a priori des objectifs sur chacune des dimensions Energie et Carbone, ce qui semble plus simple et plus robuste ;
  • L’indicateur de confort d’été de la RT2012, la Tic, largement critiquée par la profession, serait remplacée par un indicateur en degré-heures (plutôt que la DIES), qui semble mieux refléter la réalité ;
  • La prise en compte des Autres usages immobiliers dans les consommations énergétiques : éclairage des parties communes et parkings, de la ventilation des parkings et les ascenseurs et escalators ;
  • L’ajout d’un indicateur Carbone biogénique stocké, évaluant la fonction « puits de carbone » de la construction biosourcée. Mais y aura-t-il un objectif ?

Et point positif général, indépendamment des arbitrages, la démarche E+C- a permis la montée en compétences et la mobilisation de la profession, en particulier autour de la problématique du bilan carbone qui est très novatrice. Globalement, cette expérimentation est une réussite pour cela et il serait dommage de ne pas valoriser pleinement le travail réalisé par tous les partenaires.

Mais ces points positifs ne suffisent pas à contrebalancer nos inquiétudes : pour nous acteurs du Bâtiment qui avons expliqué le label E+C- à nos maîtres d’ouvrages, qui l’avons parfois défendu auprès de nos confrères dubitatifs depuis le départ, qui avons investi du temps et de l’énergie pour y apporter nos contributions, la récolte est bien maigre !

Et les reculs majeurs décrits ci-dessous, s’ils se confirmaient, resteraient difficiles à accepter, tant nous avons la conviction qu’ils sont contraires aux intérêts de la Transition énergétique et environnementale.

Disparition du bilan BEPOS

Selon le document « Evolution de la méthode » cité précédemment, l’indicateur BEPOS ne sera plus évalué. Fini donc cet indicateur qui permettait de faire le bilan de l’ensemble des consommations tous usages et de leur production d’énergies renouvelables. Dans le label E+C-, c’est pourtant ce bilan BEPOS qui était au cœur de l’évaluation énergétique. Cette évaluation classe les bâtiments du niveau E1 peu exigeant jusqu’au niveau E4, correspondant à un bilan BEPOS nul ou négatif, c’est-à-dire un bâtiment produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme, conformément à la définition d’un « bâtiment à énergie positive », ou BEPOS.

Pourquoi est-ce grave ?

D’abord parce qu’avec cet abandon, s’il était confirmé, on ne pourra plus atteindre l’objectif de la loi Grenelle 1, dont l’article 4 fixait comme objectif que tous les bâtiments neufs soient à énergie positive dès 2020, transcrivant en cela la directive Européenne 2010/31 du 19 mai 2010 sur la performance énergétique des bâtiments (« Nearly zero energy Buildings »). Sans bilan BEPOS, comment compte-t-on définir un bâtiment à énergie positive ?

Aussi parce qu’en faisant totalement disparaître les Autres usages de l’énergie, ou Aue, qui sont toutes les consommations autres que les 5 usages réglementaires (le chauffage, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage, la climatisation et les auxiliaires), soit l’électroménager, la cuisson, la bureautique etc., on néglige tout simplement le plus important poste de consommation des bâtiments neufs. Il n’apparaît plus dans aucun indicateur ! Le bosquet des 5 usages réglementaires va continuer à cacher la forêt des véritables consommations énergétiques des bâtiments (voir schéma ci-dessous).

Exemple de répartition des consommations d’énergie primaire mesurées d’un bâtiment de logements collectifs performants : si on ne considère pas les Aue, on néglige les deux tiers de la consommation ! Source : Campagne de Mesure d’Enertech.
Exemple de répartition des consommations d’énergie primaire mesurées d’un bâtiment de logements collectifs performants : si on ne considère pas les Aue (autres usages de l’énergie), on néglige les deux tiers de la consommation ! Source : Campagne de Mesure d’Enertech.

Alors certes, l’indicateur BEPOS n’était pas parfait, mais les groupes d’expertises avaient proposé de nombreuses améliorations, dont notamment l’assouplissement de la définition des bâtiments à énergie positive pour être atteignable pour les bâtiments avec plusieurs étages. Nous aurions pu ainsi concrétiser l’engagement de la France d’aller vers 100% de bâtiments neufs à énergie positive en 2020, ambition qui semblait fédératrice à l’époque dans la bouche de nombreux acteurs du bâtiment (voir par exemple ce document de 2014 du Plan bâtiment durable).

Attaques sur le coefficient 2,58

Second point, lors de la réunion de concertation du 7/11/2019, il a été annoncé que les calculs qui seront réalisés entre fin 2019 et début 2020 pour fixer les seuils de la future RE2020 seront réalisés non pas avec le coefficient 2,58 d’énergie primaire de l’électricité, mais avec un coefficient 2,3.

Pourquoi cette valeur, contraire à la réalité physique du mix électrique français actuel ?

Lors d’une précédente réunion de concertation en avril 2019, l’Administration avait évoqué la prise en compte d’un coefficient de 2,1 suscitant un tollé dans la profession. L’argument avancé était qu’on anticipe ainsi l’amélioration future du coefficient d’énergie primaire, censé correspondre au futur mix électrique de 2035 si tous les objectifs de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), issue de la Loi de transition énergétique pour une croissance verte de 2015 (LTECV), tant en matière de consommation que de production, y compris celui de 50% de nucléaire et d’augmentation de la production d’électricité renouvelable, étaient atteints. A l’appui de sa position, la DGEC avait mis en avant le graphique ci-dessous :

Graphique issu de la note de cadrage de la DGEC en Avril 2019, justifiant le coefficient 2, 1
Graphique issu de la note de cadrage de la DGEC en Avril 2019, justifiant le coefficient 2, 1

Il est intéressant de noter sur ce graphique que la réalité physique est que le coefficient d’énergie primaire de l’électricité est bien supérieur à 2,58 depuis des dizaines d’années…

Parier sur sa baisse est typiquement une prophétie auto-non-réalisatrice. Si on fait cette hypothèse, on va de fait favoriser les modes de chauffage électrique les moins performants (les radiateurs électriques, au détriment des pompes à chaleur par exemple) et ainsi augmenter la demande d’électricité. Or une production aussi élevée ne pourra pas être couverte seulement avec des énergies renouvelables, mais fera aussi appel au développement ou aux imports des centrales thermiques classiques. Or les lois de la physique indiquent qu’au faible niveau de température qui est le leur, le rendement de ces centrales est d’environ 30%, ce qui fera tendre le coefficient d’énergie primaire vers plus de 3.

Faut-il le rappeler, le coefficient d’énergie primaire de l’électricité est une réalité physique, et non une valeur négociable. Pourquoi d’ailleurs proposer 2,1, puis 2,3 ? Est-ce un marchandage ? On rappelle que la Directive Européenne 2018/844 sur la performance énergétique des bâtiments fixe la méthode de détermination de ce coefficient que doivent utiliser les Etats Membres (paragraphe 2 de l’annexe 1). Un coefficient basé sur un pari impossible à tenir est contraire aux Directives Européennes, on peut donc légitimement s’interroger sur un tel choix qui pourrait s’avérer juridiquement fragile au niveau Européen.

Cessons donc de faire mentir la physique ! En accord avec les règles Européennes, nous devrions adopter la valeur actuelle du coefficient telle que définie par la courbe ci-dessus en 2019, soit 2,74, et le réviser dans 5 ans pour suivre les évolutions réellement constatées !

Ad minima le maintien du statuquo à 2,58 pourrait être une solution raisonnable qui éviterait de rouvrir ce débat explosif.

Une autre source d’inquiétude est l’annonce lors de la même réunion d’avril 2019 que l’impact carbone du chauffage électrique pourrait être également réduit de 210 gCO2/kW.h dans le label E+C- à 80 gCO2/kW.h, valeur proche de la moyenne annuelle des émissions carbone du mix énergétique français. Or la valeur de 210gCO2/kWh provient de la base Carbone de l’ADEME en 2013, et prend en compte le fait qu’en moyenne mensuelle hivernale le mix énergétique s’appuie sur un recours important aux énergies fossiles, à cause précisément du chauffage électrique. Nous ne comprenons pas ce qui justifierait physiquement d’abaisser ce coefficient dans la RE2020. Il est donc important de maintenir cette valeur hivernale dans la future réglementation, quitte à anticiper des évolutions du mix français à l’avenir, et adapter la valeur au fil du temps aux évolutions constatées objectivement.

Si la volonté politique est de décarboner le chauffage (conformément à la Stratégie Nationale Bas Carbone notamment), en rendant plus difficile le recours aux générateurs gaz fossile les moins performants (non associés à du solaire thermique par exemple), alors les arbitrages proposés vont beaucoup trop loin ! Nul besoin de faire mentir la physique pour arriver à cet objectif.

En effet, la Pompe à chaleur performante, c’est à dire avec un coefficient de performance (COP) annuel supérieur à 3, est déjà gagnante sur tous les tableaux en prenant en compte les coefficients physiques actuels :

  • Pour l’énergie, si on ramène le COP annuel à un rendement en énergie primaire 3 / 2,74 = 109%, c’est déjà un rendement annuel en énergie primaire supérieur ou égal à toute chaudière gaz ;
  • Et sur le carbone, avec le coefficient physique de 210 gCO2/kW.h pour l’électricité pour le chauffage, la PAC émet 210 / 3 = 70 gCO2 par kW.h de chaleur produite, c’est déjà bien mieux qu’une chaudière gaz à environ 240 / 95% = 252 gCO2 par kW.h (pour une hypothèse de rendement annuel de 95%, sachant qu’une autre hypothèse ne changerait pas l’ordre de grandeur).

En clair, nul besoin ni d’un coefficient 2,3 ni d’un facteur GES de 80g, les valeurs réelles ou celles du label E+C- suffisent déjà à obtenir un effet incitatif puissant pour décarboner le chauffage, principalement avec un objectif ambitieux sur l’indicateur carbone Eges.

Voir à ces sujets du coefficient d’énergie primaire et de l’impact carbone de l’électricité, cette note de synthèse publiée en 2019.

Attaques sur les EnR électriques

Un vent de photovoltaïque-bashing souffle sur la RE2020…

Disparu le bilan BEPOS, la production d’énergie renouvelable ne pourrait être valorisée dans la RE2020 dans le Cep que pour sa part auto-consommée. N’exportez plus, cela ne sert à rien. Vos électrons n’ont pas d’intérêt, on n’en veut pas sur le réseau…

Cette approche ne valorisant que l’autoconsommation a également le défaut de favoriser les toutes petites installations, typiquement un capteur sur une maison individuelle pour optimiser l’atteinte du Cep sans avoir à penser globalement la performance. En effet, toute la production d’un seul capteur sera auto-consommée. A contrario, une installation photovoltaïque de 3 kWc ou plus sera mal valorisée car une part importante sera exportée sur le réseau et consommée par d’autres bâtiments.

De même, il est prévu que l’indicateur RER (recours aux énergies renouvelables) soit remplacé par un RCR (recours à la chaleur renouvelable). Bien sûr la chaleur renouvelable (solaire thermique, biomasse, géothermie, etc.) a toute sa place dans la performance des bâtiments et les filières ont besoin d’être soutenues. Mais pourquoi supprimer l’indicateur RER au lieu de juxtaposer les deux ?

Autre coup dur, plus technique : dans le bilan carbone la production renouvelable après période d’analyse n’est plus valorisée. La durée de vie d’un capteur photovoltaïque est supposée de 30 ans (en fait après 30 ans il continue de produire). Celle du bâtiment est supposée de 50 ans. Donc le calcul compte l’impact des capteurs à la construction, de nouveau au bout de 30 ans pour les remplacer, et on met à la benne les capteurs au bout de 50 ans sans valoriser les 10 ans (minimum) où ils vont en fait continuer à produire.

A l’inverse, soulignons que le mode de calcul de l’impact carbone des panneaux PV dans le calcul actuel est très favorable aux grandes installations. En effet, leur valeur d’impact est pondérée du taux d’autoconsommation (Tac pv) dans le calcul des indicateurs climatiques Eges et Eges pce (voir p 28 de la méthode E+C-). Tout ceci nous semble trop complexe et totalement illisible pour les maîtres d’ouvrage. Une remise à plat pour simplifier et éclaircir ces sujets semble nécessaire, avec une vigilance sur la juste évaluation de l’ensemble des impacts carbone.

Si on prend un peu de recul, tout le monde s’accorde plus ou moins pour dire qu’il faut développer les énergies renouvelables en France. Le photovoltaïque en fait partie, pourtant la France n’atteint même pas les objectifs globaux de production photovoltaïque annuels qu’elle s’est assignés. Il faut donc appuyer sur l’accélérateur, pas sur le frein ! Et si on veut développer cette filière, il faut se poser la question suivante : préfère-t-on les panneaux dans les champs ou sur le toit des bâtiments ? Quelle est donc la logique qui sous-tend ces choix contre-productifs ?

L’argument mis en avant pour justifier l’ensemble de ces mesures bridant la filière photovoltaïque est qu’il faut éviter d’avoir des passoires thermiques couvertes de capteurs photovoltaïques. Tout le monde est d’accord pour éviter cet écueil. Mais est-on également tous d’accord pour refuser les passoires thermiques chauffées au bois, afin de ne pas épuiser la ressource de bois renouvelable et locale ? Est-ce donc la bonne solution de brider les EnR électriques ? Non. La bonne solution consiste à mettre un critère de performance sur l’enveloppe, et il a déjà un nom : le Bbio ! C’est pourquoi plus que jamais il faut défendre l’acquis du Bbio, et en renforcer les objectifs, et surtout pas le supprimer comme il en a été question.

Il nous semble que ce n’est pas le rôle d’une réglementation d’arbitrer entre les filières par un choix d’objectifs au périmètre artificiellement restreint (comme le RCR). Les filières doivent être jugées sur un pied d’égalité, en se basant sur la réalité physique des impacts énergétiques et climatiques. Tout devrait nous amener, dans l’esprit de la LTECV et de la COP 21, à minimiser l’ensemble de nos consommations, quelle que soit la nature de l’énergie consommée, et à promouvoir l’ensemble des énergies renouvelables au lieu d’opposer les filières entre elles.

Un calcul carbone illisible

A ces arbitrages s’ajoutent une confusion toujours non résolue sur le résultat du calcul d’impact gaz à effet de serre (GES), dit bilan carbone. En effet, plusieurs études montrent que finalement, construire en béton ou bien construire en bois aurait le même impact du point de vue GES.
( Voir par exemple la présentation à Cities to Be en septembre dernier de Gabriel SAUTIER, Immobilière 3F, Nathalie TCHANG, Tribu Energie et Mickaël THIERY, DHUP : https://www.citiestobe.eu/wp-content/uploads/2019/09/A1_1209_Auditorium_A-PUBLIER.pdf )

Un résultat illisible pour les maîtres d’ouvrage, car contre-intuitif et tout simplement une contre-vérité ! En effet, ce résultat apparent dans le calcul s’explique par deux biais méthodologiques :

  • Le recours plus important aux données génériques dans la filière bois. En effet, les petits industriels de cette filière n’ont pas les moyens de financer les nombreuses fiches FDES nécessaires à décrire l’ensemble des composants de de la construction bois. On est donc forcé d’utiliser des données par défaut pour la construction bois, volontairement pénalisantes (pour inciter les industriels à réaliser les FDES). Sur le cas d’étude montrant un impact climatique similaire en bois et en béton, c’est en fait plus de 60% de données par défaut qui ont été utilisées, contre moins de 25% en filière béton (chiffres issus de la présentation citée en bas de page). Les nouvelles fiches collectives du FCBA sont à ce titre une bonne nouvelle qu’il convient de saluer, et qui devrait permettre de meilleurs résultats de calcul à l’avenir.
  • Autre problème : les laitiers de haut-fourneau, présentés comme « la » solution de la filière béton. Incorporer des laitiers de haut-fourneau issus de la sidérurgie dans le ciment permet en effet d’abaisser son contenu carbone. C’est le béton dit « bas carbone », une bonne nouvelle en soi ! Cependant, le laitier est considéré comme un déchet par la filière béton, donc son impact est compté comme nul. Alors que la filière acier compte le laitier de haut-fourneau comme un co-produit de l’acier, ce qui diminue le poids carbone de l’acier. Compté en négatif d’un côté, compté à 0 de l’autre, il y a là une erreur méthodologique en faveur de la filière béton armé !

Ces deux problèmes méthodologiques ont été signalés de longue date. On peut s’étonner qu’il ne semble pas prévu de les corriger avant de réaliser les calculs de calibrage de la RE2020.

Afin de compléter la base de référence sur les déclarations environnementales et sanitaires (base INIES), un AMI a été annoncé par la DHUP en novembre 2019. Ceci va bien sûr dans le bon sens, mais les résultats arriveront trop tard par rapport à la phase de calcul et de calage des objectifs qui débute cette fin d’année. En attendant, ne pourrait-on pas mettre à disposition des concepteurs des valeurs par défaut issues des bases de données d’ACV internationales et peu ou pas pénalisantes ?

Et au passage…

De façon non exhaustive et en résumé, encore d’autres déceptions :

  • Le scénario conventionnel restera toujours en décalage avec la réalité du terrain. On continuera globalement de sous-estimer structurellement les consommations de chauffage en continuant de croire que :
    • Les gens se chauffent à 19°C avec un ralenti de jour à 16°C,
    • Les logements sont inoccupés les jours de la semaine malgré la présence des retraités, des chômeurs, des travailleurs à domicile, etc.,
    • Les logements sont également inoccupés pendant les vacances de fin d’année (où sont donc passés les gens ?),
    • Personne n’ouvre ses fenêtres pour aérer,

On pourrait actualiser l’ensemble de ces indicateurs (tout en restant dans une logique conventionnelle, on est d’accord qu’en réalité il y a autant de cas particuliers que d’occupants), des propositions ont été faites en ce sens en Groupe d’Expertise.

  • A l’inverse la consommation d’eau chaude sanitaire (ECS) va continuer à être surestimée. Malgré le Guide du COSTIC de 2016 qui révèle une baisse des puisages, la quantité d’eau chaude utilisée au total ne sera pas modifiée.
  • Toujours dans le flou : y aura-t-il un objectif ambitieux sur le Bbio (voir précédemment) ?
  • Et toujours aucune exigence sur un sujet pourtant majeur de santé publique : la qualité de l’air intérieur. Ce thème n’a toujours pas été abordé. Voir à ce propos notamment l’article de Suzanne Déoux (Médiéco) dans le Manifeste d’EnerJmeeting 2017.

L’heure est au courage politique !

Nous gardons espoir cependant ! Les orientations proposées à ce stade ne sont sans doute pas définitives. Nous espérons par ce communiqué faire prendre conscience à la profession et aux décideurs de l’écart qui se creuse entre les ambitions annoncées, en conformité des lois votées par le Parlement et des engagements européens de la France, et la réalité de ce qui est proposé aujourd’hui.

Nos propositions prioritaires :

  • Adopter la valeur actuelle du facteur d’énergie primaire de 2,74 pour l’électricité, ou a minima rester sur le statuquo du 2,58 ;
  • Fixer un objectif (ambitieux !) de Bbio, au lieu des arbitrages pénalisant le photovoltaïque ;
  • Conserver le Bilan BEPOS incluant tous les Aue, en plus Cep ;
  • Calculer à la fois l’indicateur RER (toutes énergies renouvelables) et l’indicateur RCR (chaleur renouvelable),
  • Sur le volet Carbone : continuer de compléter la base INIES, pour remplacer les valeurs par défaut très (trop) pénalisantes,
  • Corriger le problème méthodologique des laitiers de haut-fourneau entre filières acier et béton.

Et à l’issue de la phase de calcul de calibration, fixer des valeurs cibles ambitieuses en énergie et en carbone !

Courage, pour information nous avons construit le nouveau siège d’Enertech à Pont de Barret (26) pour 1120 € HT/m² SHON coût travaux hors VRD, et il est… E4C2 !

Signataires : Thierry RIESER, BE Enertech ; BE AGI2D ; BE ALTO Ingénierie ; BE AMOES ; ARBORESCENCE ; Antoine ARDOUIN, BE EPCO Energies ; Association ASDER ; Cabinet ASTRE Transition ; Atelier des Vergers, Architectes ; Gilles AZZOPARDI, chef d’entreprise – design urbain ; Nicolas BEAUPIED, Directeur de projet de l’agence de conseil TRANSITIONS ; Philippe BERTRAND, Association APROMER ; Laurent BILLAUD, Directeur Bio B.E ; Jean-Paul BLUGEON ; Frédéric BŒUF, BE Surya Consultants, SEBA Experts, Cyclades ; Vincent BRESSY, Architecte, Agence WS-A ; Aurélien BROSSAUD, BE INDDIGO ; Olivier CASSAGNES, Technicien en thermique ; Clément CASTEL, BE ENERGELIO ; Christian CARDONNEL, Consultant ; BE C+POS ; CHABANNE INGENIERIE ; Bulle CHAULIAC, Paysagiste, Directrice générale d’URBALAB Toulouse ; Christian CHARIGNON, Tekhnê architectes & urbansites ; Sylvain CHATZ, BE ENERCOBAT ; Xavier CHOLIN, Ingénieur solaire thermique ; Association CLER réseau pour la transition énergétique ; Stéphane COCHET, A003architectes ; Sylvain COUDURIER, BE ENERCOBAT ; Samuel COURGEY, Arcanne ; Cédric CRETON, BE IMAEE ; Philippe DALLA-NORA, Gérant d’HABITAT BELLE PLANETE & SOLAR BELLE PLANETE ; Association Défi énergies 17 ; Mathieu DELEUZE, BE THERREA ; Denis DESSUS, Architecte ; Guillaume DEVILLERS, Ingénieur bâtiment durable ; Yves DOLIGEZ, Conseil Environnemental ; Dominique DUPONT, BE Sas SD ; Jean-Luc DUVILLIER, BE TERRE-ECO ; Encore Heureux architectes ; Association ENERPLAN ; BE ETAMINE SCOP ; Hubert FÈVRE, Consultant – Ingénieur conseil ; Luc FLOISSAC, Conseiller environnemental ; Bertrand FREZET, BE Caeli Conseil ; Laurent FUHS, Directeur Technique, BE EGIS ; Olivier GAUJARD ; Dominique GAUZIN-MULLER, Architecte ; François GELLE, Chargé d’affaires Génie Climatique ; Sylvain GODINOT, consultant indépendant en transition écologique ; Jeanne GOFFART, Ingénieure de Recherche ; Julie GOMEZ, Ingénieure bâtiment durable ; Natacha GONDRAN, Enseignante-chercheur en évaluation environnementale ; Jean Pierre GOUDARD, Agence Locale de la Transition Energétique du Rhône ; Association GREEN CROSS ; Alain GUIAVARCH, Ingénieur en bureau d’études ; Julien HENRY, Technicien de bureau d’étude ; Association HESPUL ; Yves JAUTARD, Architecte, et SOLARTE ; Guillaume JACQUET, Technicien en thermique ; Mathias LANGUILLAT, BE APESBAT ; François LIERMANN, Architecte, PANOPTIQUE ; Paul LIRET, Ingénieur thermicien ; Véronique MAGNIERE, Ingénieure bâtiment durable ; Vincent MARIEL, Consultant en environnement et stratégie carbone ; Guy MARTIN, ingénieur ; Max MAUREL, MAYA Construction Durable ; Benjamin MERMET, Prescripteur bois construction ; Dominique et Edouard MOLARD, Architectes, ARCHIPENTE ; Thomas NAVARRO, Technicien en thermique ; Nicolas NAUD, BE ELEMENTAIRE CONSEIL ; Pierre OBERLÉ, Ingénieur énergéticien ; Guillaume PARIZOT, Directeur Métier Construction Durabledu BE EODD ; Thomas PERRISSIN, Directeur général d’ÖkoFEN France ; Vincent PIERRE, BE Terranergie ; Eric PILLIER, Directeur général du BE RBS IDF ; Antoine PRATS, BE Phroneco ; Anne RIALHE, gérante d’AERE ; Julien RIVAT, Architecte ; Thierry ROCHE, Architecte-Urbaniste, AtelierThierryRoche & Associés ; Laurence RYCKWAERT, Architecte ; Bernard SESOLIS, BE ; Olivier SIDLER, fondateur du BE Enertech ; Marion Sié, BE ACV VERSo ; Karim TAHIR, gérant de Be.energetik ; Antonin TOUPILLIER, BE GIRUS GE ; BE TRIBU ; Philippe VAUFREY, BE eEgénie ; Marie-Hélène VIAL, responsable Stratégie et Développement

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Construire : La sobriété énergétique au cœur du foyer

maison bioclimatique à faible consommation énergétique

Cette maison  bioclimatique à faible consommation énergétique, bâtie dans la Vienne, combine approche énergétique performante, conception bioclimatique, énergie renouvelable, production photovoltaïque et matériaux biosourcés.

Entre vivre dans une habitation ancienne énergivore ou dans une maison neuve bioclimatique, le match s’est joué sans états d’âme il y a neuf ans déjà. Hélène et Jacques Terracher délaissent alors leur vieille grange en pierre à Neuville-de-Poitou. Devenue trop grande une fois les enfants partis du nid familial, elle ne répond plus à leurs besoins. Guidés par leur instinct et leurs envies, ils se lancent dans un nouveau projet : la construction d’une maison bioclimatique à faible consommation énergétique, s’approchant au plus près des performances d’une maison passive.

Miser sur la qualité de vie

Hélène, présidente de l’Amap du Haut-Poitou, et Jacques, militant antinucléaire, ont découvert les grands principes de l’écohabitat au sein de l’Association pour la cohérence environnementale en Vienne (Aceve). Un mode de vie en accord avec leurs valeurs : concilier bien-être alimentaire et énergétique, urgence écologique et développement durable… Confié à l’architecte Jocelyn Fuseau, spécialiste du bioclimatisme passif et de l’écoconstruction, leur cahier des charges tient en deux mots : sobriété énergétique et qualité de vie.

Hélène et Jacques décrivent les grandes lignes de leur mode de vie et les exigences qui en découlent : un plan facile à vivre, de plain-pied, accessible aux personnes à mobilité réduite, car on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait, et la possibilité de loger famille ou amis dans une chambre réservée à cet effet. Le principe constructif est rapidement validé, une structure mixte en ossature bois revêtue d’un bardage en douglas non traité et en briques monomur au nord, recouvertes d’un enduit. La maison étant en secteur sauvegardé (zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), l’Architecte des Bâtiments de France imposait un enduit sur ce mur visible de la route, en toiture, des tuiles canal S d’aspect ancien, et des volets battants.

Un terrain pentu

Après avoir pris le temps de chercher le terrain idéal à proximité de Poitiers, leur choix se porte sur une parcelle d’environ 4 500 m2 à flanc de coteau, proche du centre-bourg d’un village du pays mirebalais. « Le terrain nous permettait d’orienter la maison au sud avec un angle à 30° pour capter le soleil sudest afin de bénéficier le plus possible des apports solaires, en particulier l’hiver », explique l’architecte Jocelyn Fuseau. Seule contrainte : le dénivelé du terrain en pente. L’étude géotechnique, indispensable pour chaque nouveau projet, a mis en évidence une qualité de sol médiocre. « Sur ce terrain en pente – un remblais géologique calcaire –, il a fallu asseoir la construction sur des puits de béton de 80 cm de diamètre à 3 à 6 m de profondeur, reliés par des poutres appelées longrines », explique Jacques Terracher.

Après plus d’un an de chantier, cette maison de 20 m de long sur 6 m de large tient toutes ses promesses.


Escapade : la Bergerie de Villarceaux

la bergerie de villarceaux

Hébergés tout en sobriété

Alors moulé dans le système productiviste, la Bergerie de Villarceaux, a entamé sa transition il y a une vingtaine d’années. Les 370 ha de terres agricoles ont été convertis à la polyculture et l’élevage bio. Des zones semi-naturelles abritent les insectes auxiliaires qui réduisent la pression des ravageurs sans recours aux pesticides. Plus de 20000 arbres ont été plantés pour reconstituer des haies bocagères et les 230 ha de forêt sont gérés durablement. Mais le vieux corps de ferme, inadapté à l’agriculture moderne, restait inutilisé.

Accueillant déjà des groupes, l’association Écosite de la Bergerie de Villarceaux démarre en 2008 la réhabilitation écologique de ces bâtiments.


Énergies renouvelables, quand les citoyens entrent dans la danse

Les Clés de la rénovation, émission de mars 2018 sur les énergies citoyennes renouvelables

«Énergies Renouvelables et moi et moi et toi…» Découvrez tout ce qu’il faut savoir sur les projets participatifs et locaux de production d’ énergies citoyennes renouvelables… et pourquoi pas vous impliquer dans une action près de chez vous!

Thomas Le Bris, fondateur de l’association CoopaWatt, et Michel Leclercq, président de l’association Énergie Partagée, vice-président de l’association Éoliennes en Pays de Vilaine, ont répondu aux questions des internautes concernant les énergies citoyennes renouvelables dans l’émission des Clés de la rénovation du mois de février 2018.

Minutage des questions
  • Quand on entend parler d’énergie renouvelable, on pense plutôt l’énergie du vent (l’éolien) ou l’énergie du soleil pour produire de l’électricité (photovoltaïque). Quelles sont les autres sources d’ énergies citoyennes renouvelables ? (4’50)
  • Que répondez-vous à ceux qui disent que la transition énergétique, c’est du greenwashing ? Est ce qu’il est possible de faire de grands projets solaires citoyens ou finalement on ne parle que de tout petits projets sans impact notable à l’échelle du territoire ? (6’40) En quoi participe exactement la participation des citoyens ? Simple investissement ou plus ? (10’15 ) Quels sont les différentes possibilités pour (s’)investir dans un projet d’énergies renouvelables participatif ou citoyen ? (15′)
  • Pourquoi développer des projets citoyens et quelles sont les plus-values d’un projet citoyen pour un territoire? Ne faut-il pas plutôt laisser cela à des professionnels de l’énergie, comme des groupes de BTP ou des grands fournisseurs d’énergie ? (22’20)

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Comparatif du coût des divers moyens de chauffage: notre étude inédite

Les moyens de chauffage passés au crible d'une étude exclusive de comparaison des coûts par Olivier Sidler (Enertech) et le magazine La Maison écologique

Une étude exclusive a été réalisée pour le magazine La Maison écologique. Son auteur n’est autre qu’Olivier Sidler, fondateur du bureau d’études Enertech et ex-formateur de l’Institut négaWatt. Elle compare les coûts globaux des moyens de chauffage (hors émetteurs). C’est-à-dire l’investissement initial, le coût de l’énergie ou du combustible, les frais d’entretien, les abonnements spécifiques.

Les énergies renouvelables sur le podium

Les coûts sont considérés hors crédit d’impôt et aides publiques. Pour les énergies renouvelables, l’investissement initial est donc en réalité moins élevé. Les graphiques obtenus grâce à cette étude inédite prennent l’hypothèse d’un investissement sur fonds propres. Le recours à l’emprunt changerait notablement les résultats, avec une dépense annuelle très faible les premières années.

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Post-fossile : les réseaux de chaleur

réseaux de chaleur

Le chaud joue aussi en réseau.

Les réseaux de chaleur urbains sont fondés sur des équipements de grande taille. Ils intègrent de plus en plus d’énergies renouvelables. Un moyen de chauffage efficace et économique.

Les réseaux de chaleur ont été créés en zone urbaine par les collectivités. Gérés en régie ou en délégation de service public, ils distribuent de l’eau chaude à plusieurs bâtiments à l’échelle d’un îlot d’immeubles ou de plusieurs quartiers.

La taille des équipements  permet de réaliser des économies d’échelle. A ses économies viennent s’ajouter les gains de l’utilisation d’énergies renouvelables. Les sources renouvelables sont la géothermie, la chaleur fatale récupérée des centres d’incinération d’ordures ménagères, la biomasse (bois, biogaz, etc.) et même le solaire thermique.

 

 


Le coin conseil : aides financières

aides financières

Ne pas faire flamber la facture.

Le bouquet d’aides financières peut venir alléger le coût d’achat de votre équipement fonctionnant aux énergies renouvelables.

En effet, l’achat d’un nouvel appareil de chauffage suppose un investissement relativement important. Diverses subventions, principalement publiques, existent pour vous inciter à franchir le pas. Voici un rapide tour d’horizon des aides de l’Etat, de l’Ademe et des Espaces info-énergie.

Si toutes les aides supposent de remplir une liste plus ou moins longue de conditions, il faut distinguer d’un côté celles intervenant après l’achat de l’équipement et, de l’autre, celles exigeant un accord préalable de la part de l’organisme distribuant l’aide.