Alternatives : Un four à pain dans mon quartier

four à pain de quartier

Une bonne odeur de pâte chaude circule au milieu des immeubles du Mas du Taureau. Ce soir d’été, une dizaine d’habitants s’est regroupée au Petit bois pour déguster des pizzas cuites dans leur four à pain de quartier. Cet ancien terrain vague fait office de parc au cœur de la cité emblématique de Vaulx-en-Velin (69). Un peu plus loin, un bidonville rappelle la précarité de ce quartier de la banlieue lyonnaise : taux de pauvreté de 32 % et taux de chômage qui frôle 40 % chez les jeunes. Le Mas du Taureau fait l’objet d’un vaste plan de rénovation urbaine depuis plusieurs années. Des tours rasées, plus de 2 000 logements réhabilités, une médiathèque en construction… Quel rôle jouent les habitants dans ce bouleversement ? « Avec le collectif d’architectes Pourquoi pas !?, nous avons souhaité impliquer les riverains dans un processus de co-construction. L’échelle d’une rénovation urbaine est longue. Pour éviter la résignation, nous souhaitions un projet court, avec une fonction sociale. Pas du mobilier, mais un véritable équipement », explique Quentin Vernette, alors chargé de mission « participation » à la Ville de Vaulx-en-Velin. Après avoir planté une roseraie et fabriqué une distillerie pour confectionner de l’eau de rose, les Vaudaix se sont lancés dans la construction d’un four à pain de quartier.

Un four en co-construction

En 2015, le collectif d’architectes Pourquoi pas !? élit domicile dans le quartier et crée une permanence quotidienne*, La Fabriqueterie. Elle fait le lien entre les acteurs du territoire et mène une réflexion sur les aménagements transitoires. « Il faut du temps pour interpréter et formaliser les besoins et les envies. Ce qui est important, c’est l’appropriation. Nous avons d’abord remarqué un espace délaissé, à côté des roses et du terrain de foot. Puis, nous nous sommes intéressés à la façon de vivre le quartier. Au-delà de la construction collective du four, la transmission d’un savoir ancestral – faire son pain – semblait importante pour le lien intergénérationnel et la convivialité. Comme avant, dans les villages, en France ou au Maghreb, le four est universel », explique Amandine Riou, architecte de formation et membre active de Pourquoi pas !?.

Les résidents choisissent d’ériger le four en pisé, une technique vernaculaire de construction en terre crue. Empreinte carbone minime, matériau naturel et local, la terre crue est également sélectionnée car elle est facile à retravailler. Un atout important face aux risques de dégradations, comme l’explique Amandine Riou. « Quelques mois avant, nous avions construit une table et des bancs, dessinés par les enfants. […]


Construire : un fournil pour foyer

un fournil pour foyer

Construite de bois et de paille, autour d’un four à pain professionnel

Au départ, il n’y avait là que des champs avec, à leur marge, un vieux corps de ferme. 75 hectares d’exploitation céréalière située à Loches, en Touraine. En 2008, Jean-Baptiste Jamin décide de rejoindre l’entreprise familiale, avec l’idée de convertir la ferme en bio, d’y fabriquer de la farine et du pain. Le bâtiment de tuffeau abrite bien un vieux four, mais celui-ci est trop petit. Alors, Jean-Baptiste entreprend d’en construire un plus grand et de bâtir lui-même sa maison autour.