Autoconstruire : Le temps de (se) construire

maison autoconstruite

Prendre son temps ne signifie pas flemmarder. Depuis 13 ans que vit cette maison, Caroline et Jean-Pascal ont construit, déconstruit, façonné, créé, cultivé, transmis, accueilli et poursuivent encore aujourd’hui leur formidable aventure.

Construire sa maison ? C’est dix ans de ma vie, mais c’est génial ! Et surtout, ça m’a fait grandir », s’exclame Jean-Pascal, enthousiaste mais un brin rêveur au souvenir du chemin parcouru. Plans, charpente, maçonnerie, isolation, menuiserie… Sa maison girondine est entièrement autoconstruite. Un long chemin fait d’apprentissages, de rencontres et, surtout, d’adaptation.

Tout commence il y a une quinzaine d’années. Ce vaillant quarantenaire acquiert alors ce petit bout de forêt constructible, à 300 m de l’église collégiale d’Uzeste (sud Gironde), et y implante son mobile home. Pendant un an, il mûrit son projet. Avec sa fille âgée de 12 ans, ils imaginent la maison de leurs rêves. Une autoconstruction, bien sûr. En bois, évidemment. Reste la question du temps. Jean-Pascal, alors chef de chantier dans les travaux publics, travaille quatre jours par semaine et ne peut se consacrer pleinement à son projet. Qu’importe. Il prendra le temps qu’il faudra et met au point, pour y parvenir, un tas de petites astuces.

S’offrir le luxe de prendre son temps

En premier lieu, s’assurer des conditions de vie agréables. En trois mois, il construit une petite extension en bois à son mobile home, équipée d’un poêle à bûches, pour accueillir ses enfants confortablement pendant la durée du chantier. « Une fois les plans finis, je me suis rendu compte que l’endroit où j’avais prévu de faire ma maison n’était pas le bon. Le bon endroit, c’était là où j’avais mis le mobile home ! », s’amuse Jean-Pascal. Il faut donc modifier les plans, mais aussi démonter et déplacer l’habitation temporaire.

Il s’agit ensuite d’abriter la construction – bois, outils, matériel – et s’offrir des conditions de travail idéales, libérées des intempéries. Sa solution originale : une structure bâchée, en bambou, présent en profusion sur le terrain. « C’était exactement ma maison, mais 15 cm plus grande. Je n’ai démonté cette structure qu’au bout de trois ans, le jour où j’ai mis le pare-pluie rigide pour insuffler la ouate de cellulose en toiture. » Perchée dans la pente L’emplacement n’a pas été dicté par la facilité, mais par les envies du constructeur. À cheval sur une déclivité menant à la rivière et la forêt de bambous en contrebas, cette grande maison en bois et sa terrasse reposent sur un ensemble de pilotis et un rez-de-chaussée de 25 m2 semi-enterré en béton armé. […]


Autoconstruire : Changer de vie, viser l’autonomie

changer de vie

Pour Philippe et Amélie, leur maison en paille et terre est plus qu’une première expérience réussie et une belle aventure de chantier participatif. C’est aussi la concrétisation d’un changement de vie vers plus d’autonomie.

Dans un petit village du Réolais, à 75 km de Bordeaux, la maison de Philippe et Amélie passe presque inaperçue depuis la petite route qui sinue entre les vignes et les champs. Un terrain en pente, « pas le plus séduisant mais irrigué par trois sources », foisonnant de ronces et d’arbustes variés, orienté sud. Ici, tout a été pensé selon les principes de la permaculture. Pour Philippe, « conscient que tout allait mal sur la planète sans savoir comment y remédier », le déclic a lieu en 2010, lors d’une courte formation à cette philosophie découverte via le mouvement Colibris de Pierre Rabhi. « En fin de stage, raconte-t-il, c’était une évidence : quitter mon travail  de salarié dans l’informatique depuis 20 ans, m’installer avec ma famille dans un lieu aménagé en permaculture, construire une maison en terre et paille et vivre le plus en autonomie possible. » Pour passer le cap financièrement, le couple vend sa voiture et sa maison à ossature bois, tout juste livrée par un constructeur ! Alors qu’Amélie conserve son travail de chargée de mission dans une association d’aide aux créateurs et repreneurs d’entreprises, Philippe se forme en enchaînant les chantiers participatifs. Un périple de deux ans et demi, riche en rencontres et inspiration. Il peaufine ainsi petit à petit leur propre projet de construction en paille et terre. La technique de la cellule sous tension (CST), accessible techniquement aux autoconstructeurs, est retenue. Autres souhaits du couple, l’ancrage de la maison grâce à des fondations cyclopéennes, faites de pierres et de chaux, et la création d’un hérisson ventilé au lieu d’un vide sanitaire.

Chantier participatif XXL

Pour trouver le terrain qui réponde à la longue liste de critères établie – parmi lesquels la présence d’argile (pour la construction) et la desserte d’une gare pour se rendre à Bordeaux en moins de 45 min –, il faut au couple pas moins de 18 mois. S’ensuivent cinq refus des banques avant d’obtenir le prêt de 35 000 € pour acheter la parcelle convoitée de 1,4 ha. « Le problème n’était pas notre solvabilité, mais la prise de risque puisqu’il n’y a pas d’hypothèque possible en autoconstruction, explique Philippe. Certaines banques exigeaient l’intervention de cinq corps d’état dans la construction ! » L’acte de vente enfin signé en juin 2014, le couple donne le coup d’envoi d’un vaste chantier participatif, qui durera près de deux ans et demi (avec une pause de cinq mois lors de l’emménagement). « C’était
logique pour moi de transmettre ce que j’avais reçu. On a accueilli au total 250 bénévoles, de tous âges et de tous horizons », se souvient l’autoconstructeur. Logées sur place dans des caravanes, un kerterre ou encore une yourte, jusqu’à 15 personnes simultanément prêtent main-forte à Philippe, qui, par sécurité, fait appel à des professionnels pour trois postes : les plans de la charpente et l’escalier, la plomberie et l’électricité.

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Escapade : le domaine Ecôtelia

Domaine ecotelia

Gîtes insolites entre vignes et forêt

Niché entre le vignoble du Sauternais et la dense forêt bazadaise depuis 2014, à une quarantaine de kilomètres de Bordeaux, le domaine Ecôtelia fait coup double : faire voyager ses clients aux quatre coins du monde tout en préservant l’environnement. Et cela dans les limites de ses 4 ha, aménagés au coeur d’un site de prairies et de forêts qui couvre quant à lui 10 ha. Ainsi, de la yourte mongole à la cabane de trappeur, en passant par la palombière perchée dans les arbres, la tente caïdale marocaine ou encore la tente safari, ses 23 hébergements de plein air, déclinés en 10 modèles différents, proposent de février à décembre un séjour dépaysant et écologiquement vertueux.