Habitat Participatif vivons heureux, vivons groupés !

Habitat Participatif

Partager un immeuble ou une maison, mutualiser un potager, une chambre d’amis et des panneaux solaires afin de mener une vie plus solidaire et écologique… En ces temps de crise sanitaire, écologique et sociale, l’habitat participatif prend tout son sens. Etat des lieux de cette autre façon d’appréhender le logement.

De solides fondations humaines

Un habitat participatif se construit d’abord sur l’humain. Il ne s’agit pas tant de bâtir des logements que de réussir à bien vivre ensemble.

« Quand je me suis cassé le bras, je ne pouvais plus cuisiner. Tout l’immeuble s’est spontanément relayé pendant trois semaines pour me préparer à manger. Depuis, je garde souvent les enfants de mes voisins. Pour moi qui ai 80 ans, c’est un rêve de vivre dans un tel environnement », raconte Claire Galland, ancienne psychothérapeute et résidente à Écoravie, une coopérative d’habitants basée à Dieulefit (Drôme).

Une architecture participative

La bâtiment a un rôle à jouer pour favoriser le vivre-ensemble. Surtout quand les futurs habitants participent à sa conception.

Aucun n’est droit ! Et c’est voulu. Les immenses poteaux de bois qui transpercent les coursives des deux immeubles sont plantés à la manière d’une forêt. Le bord du toit, déstructuré, semble onduler sous la chaleur de l’été montpelliérain. Entre les bâtiments, une bande d’enfants joue, profitant de l’ombre portée. Bienvenue à MasCobado, un habitat participatif urbain pensé pour le climat méditerranéen, mais aussi pour la convivialité. « Dans le Sud, on aime vivre dehors, mais attention à ne pas créer d’îlots de chaleur en bétonnant. Ici, le défi architectural était de concevoir un bâti bioclimatique, très ouvert sur l’extérieur, tout en préservant l’intimité des logements, explique Laurent Pelus, architecte chargé du projet. Le second défi consistait à associer les habitants. »

Les statuts de la liberté

Copropriété, société civile immobilière, coopérative d’habitants… Le choix du statut juridique dépend de notre rapport à la propriété et de nos capacités de financement. Il est autant pratique que politique.

Un habitat participatif est un lieu de vie, pas un montage juridique. C’est pourquoi le statut n’est qu’un outil au service du projet.

Quel avenir pour l’habitat participatif ?

Malgré sa capacité à répondre aux enjeux climatiques et sociaux, l’habitat participatif peine à faire entendre sa voix auprès des institutions et à trouver des financements.
Banques frileuses, communes rechignant à débloquer du foncier, loi Alur à laquelle il manque des décrets d’application pour jouer son rôle d’accélérateur… « Il est temps que ça change. L’habitat participatif apporte une vraie réponse à l’urgence climatique et sociale. Nous voulons être considérés pour ce que nous sommes : des acteurs du logement », assène Odile Guillemot, présidente d’Habitat participatif France, qui a publié une tribune en avril pour interpeler les pouvoirs publics sur la nécessité d’inscrire cette « autre façon d’habiter » dans l’offre de logements nationale.

 


Habitat groupé : Les Z’Écobâtisseurs inventent un « nouveau voisinage »

habitat groupé en écoconstruction et autopromotion

Six ans après s’être installé dans leurs logements, les habitants de ce hameau bioclimatique normand continuent d’affiner leurs modalités d’autogestion et de vie commune. Figurant parmi les premières initiatives françaises d’habitat groupé en écoconstruction et autopromotion (voir LME n°66), le hameau des Z’Écobâtisseurs se situe à Louvigny, dans le Calvados. Quelques prairies humides séparent Caen de ce village, devenu attractif pour qui cherche à jouir à la fois des avantages de la ville et de ceux de la campagne. Les treize logements, terminés au printemps 2012, constitutifs de ce groupe d’habitations construites dans une zone pavillonnaire hébergent aujourd’hui une trentaine de personnes de tous âges ; 21 adultes et 10 enfants.

Le hameau attire régulièrement des visiteurs curieux de découvrir l’architecture, l’urbanisme et le fonctionnement de ce lieu emblématique. Tout à la fois projet social et écologique, le hameau des Z’Écobâtisseurs peut s’aborder suivant plusieurs angles. Selon que l’on s’adresse à Pascal Gourdeau ou à Christian Delabie, tous deux fondateurs du projet, une dimension prend le pas sur l’autre. Si ce dernier, salarié de l’Ademe au début du projet en 2007, souhaitait créer un hameau ambitieux sur le plan écologique, le premier, figure des organisations régionales de l’économie sociale et solidaire, a proposé une forte dimension humaine : « L’essence de ce projet, ce n’est pas l’architecture, mais la tentative de créer une nouvelle forme de voisinage». Articulé autour d’un vaste jardin commun central (1 300 m²) , de chaque côté duquel se déploient deux alignements parallèles de maisons mitoyennes, le lieu témoigne d’emblée du souhait de vivre autrement ensemble.

Les alignements étant axés est-ouest afin de profiter des apports solaires, les habitations de la « barre » nord sont largement ouvertes vers ce jardin collectif. Ce qui a contrarié dans un premier temps François Bernard : « J’ai vraiment manqué d’intimité au début. Aujourd’hui, le “vivre ensemble” co-construit jour après jour a pris l’ascendant sur ce besoin.» De l’autre côté du jardin, Annie Bons, 70 ans, vit seule dans sa maison de 85 m² et se réjouit au contraire de cette proximité : «La vie en groupe, j’en profite pleinement ! Je me suis installée ici pour me rapprocher de Caen, mais aussi pour la dimension intergénérationnelle du projet. Les enfants qui jouent dans la cour, ça me plaît ! Et je trouve toujours un voisin pour le moindre coup de main. »

Assis à la table d’Annie, qui offre le café, Philippe Denis, autre « écobat de la barre sud », opine de la tête : « En été, le jardin c’est le pied. On s’y croise, on y joue, les apéros s’improvisent. »


Vue d’ailleurs : l’habitat groupé en Suisse

habitat groupé en Suisse

L’habitat groupé à la sauce Suisse.

A Lausanne, l’association Smala développe l’habitat groupé en Suisse. Elle a, en effet, crée une coopérative d’habitat, Bâtir groupé. Cette coopérative propose des maisons partagées à des gens qui n’auraient jamais fait ce choix de vie.

Ainsi, Vivre à Gare 5, la maison partagée de la Smala, c’est tout un programme ! On passe de la chambre Auroville à la chambre Longo Maï, il y a des poules à nourrir, une pelouse à tondre. Située à Grandvaux, à 8 minutes en train de Lausanne, cette colocation abrite aussi le bureau de l’association au rez-dechaussée. Créée en 1997, la Smala a valorisé son expérience en animation et gestion d’espaces culturels ou à vivre en se lançant dans l’habitat participatif. Elle a fondé sa coopérative d’utilité publique, Bâtir groupé, il y a dix ans pour construire des « écovillages ».


Le premier habitat coopératif pour seniors



Les personnes vieillissantes donnent un coup de jeune à l’habitat coopératif! Depuis sept ans, une joyeuse bande de retraités planche sur la création d’un lieu de vie pour prendre en main leur avenir et continuer durant leurs vieux jours leur engagement social, associatif, culturel et politique. En mai 2015, le graal du permis de construire est obtenu pour un bâtiment R+4 (cinq niveaux), isolé en paille, enduit en terre locale et composé de 16 logements et d’espaces mutualisés (buanderie, atelier, salle polyvalente). Situé à Vaulx-en-Velin (69), ce projet original est suivi par l’agence Arkétype.

Solidarités – Chamarel

Lire la suite