Enquête : Habitat participatif, la grande métamorphose



Habitat participatif, la grande métamorphose

Le territoire français compte plus de 500 projets d’habitat participatif à ce jour. Certes, les fondamentaux sont toujours là : concevoir son propre logement, créer des solidarités de voisinage, encourager l’entraide, réduire son empreinte écologique via l’écoconstruction et la mutualisation d’espaces, co-gérer les parties communes… De nouveaux acteurs ont fait leur entrée, bousculant quelque peu ce mouvement.

D’initiative citoyenne et militante dans les années 1970, l’habitat participatif – démarche qui consiste à se grouper pour concevoir à plusieurs des logements et des espaces mutualisés – ne cesse de se démocratiser depuis les années 2000, tant en zones rurales qu’urbaines. L’inscription d’un article qui lui est dédier dans la loi Alur (pour l’Accés au logement et un urbanisme rénové), adaptée le 24 mars 2014, y a contribué.

Le statut juridique qui manquait a été établi, offrant deux possibilités : la coopérative d’habitants et la société d’attribution et d’autopromotion. Certains diront que ce mode d’habiter sort d’une forme d’entre-soi, quand d’autres pointeront le risque de dérive, notamment en matière de participation et de conduite de projet… lors des rencontres nationales de l’habitat participatif de Nantes, en juillet dernier, la Coordin’action des associations qui animent le mouvement au niveau national a mis en perspective cette “métamorphose”.

Là où il fallait autrefois les convaincre, promoteurs et bailleurs sociaux, collectivités ou aménageurs manifestent aujourd’hui un intérêt croissant pour ce modèle innovant de logement. A ce jour, parmi les projets qui ont aboutit, 30% ont bénéficié d’un partenariat avec un organisme HLM et 28% avec une collectivité. Ces acteurs institutionnels ont clairement identifié la portée sociale, économique, voire politique de cette démarche qui interroge les faiblesses des modes de production classiques du logement. Pour Muriel Condolf-Ferec, conseillère municipale déléguée au logement à Rennes (Ille-et-Vilaine), “la collectivité a tout intérêt à soutenir ce type de projets d’habitat, qui répond aux politiques publiques engagées sur le le territoire.”


Habitat groupé : Eco’n’home à Tours

eco'n'home à tours

Le sobre jeu des six familles.

Dans l’écoquartier Monconseil, à Tours, l’habitat participatif Eco’n’home, alliant écologie et performance énergétique, rassemble six familles dans l’entraide et la solidarité. Une première en Touraine. À l’ombre du cerisier s’installent Marie-Madeleine et Dominique, puis Sarah, Charline… Sur la table, un gâteau maison aux coings, accompagné de thé vert, attire les habitants. Ici, l’heure du thé n’est pas un instant solitaire. « Quelle belle journée », lance Dominique d’un air satisfait. Le plaisir d’un dimanche automnal ensoleillé, propice aux derniers barbecues de l’année. La satisfaction, aussi, du travail accompli. Au programme ce jour-là, le métrage de la clôture et la salle commune. Aussi, Eric et Dominique ont camouflé les cuves de récupération d’eau de pluie avec des canisses.


Habitat groupé

z'ecobâtisseurs association famille

Les Z’écobatisseurs une association de familles pour le vivre ensemble.

C’est en 2006, suite à un débat consacré au développement durable, que la mairie de Louvigny (14) ouvre la voie à l’habitat participatif. A l’issue de la réunion, la commune et un premier groupe de personnes mobilisées lors de ce débat conviennent de réfléchir à un projet d’éco-habitat sur une parcelle de 5300 m2.