Reportage : construction passive

construction passive

Habitat bien pensé moins chauffé

De l’architecture de la maison à ses équipements, en passant par sa structure et son isolation, il est possible de jouer sur bien des postes pour se rapprocher de l’autonomie en chauffage. En la matière, la construction passive est un vivier de bonnes idées.

Imaginé en Allemagne à la fin des années 1980, le modèle de la maison passive, prend de l’ampleur. En effet, en France, on estime à 3 000 le nombre de ces bâtiments.

Le concept repose sur trois objectifs : consommation d’énergie de chauffage inférieure à 15 kWh/m².an, étanchéité de l’air à 50 Pa inférieure à 0,6 vol/h, énergie totale inférieure à 120 kWh/ m².an. La méthode, pour y arriver, consiste à « maximiser les apports solaires et réduire au plus bas les déperditions thermiques », résume Jean-Claude Tremsal, président d’honneur de la FFCP. Les matériaux ayant gagné en accessibilité, il est plus aisé de construire passif aujourd’hui. Pour autant, pas facile pour un particulier. En effet, les critères sont plus atteignables sur de gros bâtiments et dans les régions à l’apport solaire important. En outre, le niveau de technicité est élevé. « Réaliser une maison passive en autoconstruction me semble difficile, poursuit l’expert. Pour l’enveloppe, on peut y arriver, mais le système de ventilation pose des difficultés même aux professionnels. »

 


Habitat groupé : Ecoravie, la fête de l’humain

habitat groupé participatif

Ecoravie, la fête de l’humain

L’habitat les techniques constructives, les jardins, les potagers, tout cela serait bien peu de choses si l’humain n’était pas au centre de la démarche. Telle est la philosophie d’Ecoravie, expérience d’habitat groupé réussie dans la Drôme.

La structure en pin douglas du premier habitat collectif d’Ecoravie resplendit sous les lumières matinales de cette journée ensoleillée de mai. Installée dans le beau séjour lumineux de son appartement, Claire se souvient :

« Au début, nous étions de doux rêveurs, nous voulions une petite maison individuelle pour chacun. Mais très vite, une conscience collective a pris le dessus et nous avons compris qu’il fallait s’orienter vers un habitat collectif. Il y avait ce grand terrain constructible au-dessus de la ville… »

Un habitat groupé participatif

L’aventure débute il y a sept ans. Constituées en un petit groupe de réflexion, les personnes intéressées par l’idée d’un habitat collectif affinent au fil des réunions et des rencontres les formes du projet. À l’issue de cette phase préparatoire, l’association Ecoravie est créée et deux terrains attenants au centre-ville sont achetés. Seul bémol, ils ne disposent d’aucun accès. Intervient alors une vente aux enchères qui permet à l’association d’acheter un terrain permettant justement d’accéder aux deux parcelles. Pour participer à cette vente, l’association doit momentanément se former en SCI, statut dont le côté spéculatif rebute le groupe, aussi est elle rapidement transformée en SAS coopérative, qui rend les habitants collectivement propriétaires des lieux et locataires de leur logement.

Sur le papier, le futur collectif prend forme, conforme aux règles d’urbanisme – un minimum de 18 logements sur les deux parcelles acquises. Les bases matérielles posées, le terrain acquis et le mode constructif défini, il faut encore investir collectivement les bâtiments, travailler « l’humain », les interactions et l’implication de chacun. Pour cela, les habitants s’appuient sur une charte générale aux énoncés simples, créée dès l’origine du projet : respect de la nature, de soi-même et des autres. […]


Une maison écologique élevée en plein chanvre

Maison écologique en chanvre en Vendée. crédit Gwendal Le Ménahèze

Marie était enseignante, Dominique agriculteur. À l’approche de la retraite, ils ont fait construire en Vendée une maison plus adaptée à leurs nouveaux besoins. Quasi passif, le bâtiment fait la part belle à une plante produite sur l’exploitation. Toit, sol et murs sont composés de chanvre!

Devant la baie vitrée qui donne sur un étang, une longue-vue témoigne de la passion de ce couple vendéen pour les oiseaux. Leur fille et leur fils avaient quitté le nid et la retraite approchait. Il était temps de troquer leur « très grande maison » de 250 m2 pour un projet « plus fonctionnel ». Mais toujours dans le même village de Vendée. La composition de la future maison ne provoque aucun débat. « On vit dans une coque de chanvre : il est dessous, dessus et dans les murs », sourit Marie. Cette plante est présente sous forme de béton de chaux et de chanvre projeté à la machine. Mais aussi d’isolants en vrac ou en panneaux.

Chanvre à tous les étages

Dominique réplique : « Je produis du chanvre depuis onze ans. Cette plante n’a pas besoin de produits phytosanitaires. En outre, elle nettoie le sol des mauvaises herbes. Et c’est un excellent précédent pour les céréales. La tige peut atteindre 1,5 à 3 ou 4 m de hauteur. On bat toute la plante en récoltant les graines pour faire de l’huile. Ou pour l’oisellerie, la pêche et de plus en plus l’alimentation humaine. Car le chènevis est très riche. » La tige est laissée au sol pour qu’elle rouisse. « On est habitué au foin et à la paille pour lesquels il ne faut surtout pas d’eau. Pour le chanvre, au contraire, il faut de l’eau et du soleil pour un rouissage parfait. Ainsi, cela permet que la fibre se décolle du bois qui est à l’intérieur de la tige », dont on tire la chènevotte.

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Escapade : Les buis du Chardonnet

buis du Chardonnet

Chambres d’hôtes à énergie positive.

L’écoconstruction vous intrigue ? Les chambres d’hôtes des buis du Chardonnet en reflètent de nombreuses facettes. Puits canadien pour rafraîchir l’air en été avec ses 70 m de tuyaux enterrés à 2,5 m : présent. Chaudière à granulés de bois : présente. Ballons d’eau chaude thermodynamiques : présents. VMC double flux : présente. Toit végétalisé : présent sur la maison des propriétaires qui voisine le gîte. Bassins de phytoépuration : présents, mais « il a fallu batailler avec le Spanc pour qu’il finisse pas agréer le système, car il ne le connaissait pas », racontent les propriétaires. Mais aussi, implantation guidée par un géobiologue, quelques inspirations feng shui, structure du bâtiment, bardage et terrasses en douglas du Haut-Beaujolais, isolation en ouate de cellulose pour murs et toit, en liège pour le sol… Le bâtiment construit en 2009- 2010 respecte ainsi les critères du label Passif.


Cette maison bois a de l’énergie positive à (re)vendre

Maison en bois à énergie positive à Montreuil. crédit Michel Ogier

[VIDEO] Ancien informaticien, Erick a construit en bois sa maison passive à énergie positive. Le logement consomme moins d’énergie qu’il en produit!

Erick et sa compagne Sylvie cherchaient un terrain situé au sud de Paris. Mais ceux qu’on leur proposait avaient les pieds dans l’eau… Finalement, ils ont atterri sur les hauteurs de Montreuil, à l’est de la capitale. Sur une parcelle d’environ 200 m², joliment exposée au sud. Informaticien devenu charpentier, Erick a tout de suite imaginé une maison passive (et même à énergie positive). Car il avait été séduit par une formation suivie sur le sujet. Membre de la coopérative Alter-bâtir, il pouvait compter sur ses collègues pour le seconder durant ce projet ambitieux.

Quelques thermiciens lui ont également apporté leur aide en approuvant ou modifiant les plans qu’il leur soumettait. « Le gros œuvre nous a occupés pendant un an, retrace Erick. J’y étais à temps plein. Sylvie passait de temps à autre et des collègues étaient présents à tour de rôle. Nous étions toujours deux ou trois sur le chantier. » Le couple rentre dans la maison en mai 2015.

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Construction à énergie positive

construction a energie positive

Cette maison bois a de l’énergie à (re)vendre

Informaticien devenu charpentier, Erick a construit sa maison passive en bois, aidé de collègues artisans.

Erick et sa compagne Sylvie cherchaient un terrain situé au sud de Paris, mais ceux qu’on leur proposait avaient les pieds dans l’eau… Ils ont finalement atterri sur les hauteurs de Montreuil, sur une parcelle d’environ 200 m², joliment exposée au sud. Informaticien devenu charpentier, Erick a tout de suite imaginé une maison passive, séduit par la formation qu’il avait suivie sur le sujet. Membre de la coopérative Alter-bâtir (voir encadré p. 18), il savait déjà qu’il pouvait compter sur ses collègues pour le seconder tout au long de ce projet ambitieux. Quelques thermiciens rencontrés en formation lui ont également apporté leur aide, en approuvant ou modifiant les plans qu’il leur soumettait.


Ensemble

immeuble passif et coopératif

Un immeuble PASSIF et COOPÉRATIF.

Huit ans. Huit ans de travail ont été nécessaires au groupe d’autopromoteurs pour planter trois immeubles passifs au coeur de la vieille cité minière de Saint-Étienne. Retours sur une expérience collective hors du commun.


A la loupe

bien-être

Conjuguer le BIEN-ÊTRE au passif.

Le bien-être était au coeur de ce projet de construction passive. Feng shui, ouverture sur l’extérieur, régulation naturelle des températures… Sur la côte vendéenne, cette maison orientée plein sud accueille la lumière à baies ouvertes.


A la loupe

maison passive

La belle passive de la Loire.

Au coeur du Pilat rhodanien, une maison passive labellisée est née, la première du genre dans la région. Blottie derrière de grands murs de pierre, la belle en bois se fait discrète. Passive, elle est pourtant très active en matière d’économies d’énergie !


La Maison du 21e siècle : passive et positive

La Maison du 21e siècle

D’ici 2020, les bâtiments neufs ne devront presque plus consommer d’énergie, voire devront en produire. Cela suppose de bouleverser les habitudes et de se mettre à construire très performant, pour de bon. En neuf, mais aussi en rénovation, les bâtiments passifs sont ceux qui consomment le moins, ce qui facilite le passage à l’énergie positive. Mais pour qu’ils deviennent la norme, il faut dépasser un certain nombre de préjugés. Difficile, le passif ? Un dossier pour le démystifier.