Travaux : Construire un habitat nomade

Construire un habitat nomade

Construire un habitat nomade en 15 étapes

Un habitat léger, réalisable en quelques semaines de A à Z, accessible, écoresponsable et démontable. C’est le pari qui a mené Yves Desarzens à la conception d’une maison nomade.

Si la première « maison nomade » est aujourd’hui dans un écovillage du Sud-Ardèche, le hameau des Buis, elle a pris forme dans le jardin d’Yves Desarzens, dans le Pays de Gex. Il s’agit de son quatrième montage- démontage. Elle est mise à disposition des Hameaux légers, une association accompagnant la création de lieux de vie collectifs. Un autre exemplaire se balade en Bretagne, assemblé par un particulier. Les contraintes liées à la rénovation de maisons anciennes, domaine dans lequel Yves a fait carrière, l’ont poussé à concevoir un habitat accessible, facile à mettre en oeuvre et qui utilise le moins de matières premières possible. Une recherche de simplicité qui a abouti en 2012 après un an de gestation.


Alternatives : Pow ! Blop ! Wizzdôme !

wizzdôme

On connaît le dôme, on connaît le zome, mais connaissez-vous le Wizzdôme ? Ne cherchez pas, il n’y a qu’un seul exemplaire en France de cet écrin méconnu de sagesse et d’énergie. Visite et explication technique à la croisée de la charpente, de la géométrie sacrée et des forces telluriques.

Étrange animal à carapace que ce Wizzdôme niché dans le Minervois au milieu d’une forêt de sapins pectinés. On le trouve au détour d’un des chemins du site d’hébergements insolites créé en 2019 à Mailhac (Aude) par Frédérique Cartier et Clément, son compagnon. En investissant ces 10 000 m2 de nature, l’objectif de la propriétaire franco- québecoise était clair : « J’ai voulu créer un lieu qui soit un accélérateur de transformation pour lutter contre ses propres blocages, pour se remettre en question et trouver ce qui nous fait vibrer. »

Au programme : du soin orienté vers l’énergie et le développement personnel, un lieu que des thérapeutes peuvent occuper pour y organiser des stages ou séances. Les tipis côtoient les dômes et les zomes. Mais c’est le Wizzdôme qui occupe la place centrale et aimante les regards. Un choix très original dont l’inspiration a été soufflée à Frédérique par plusieurs rencontres déterminantes. « Au début, je voulais un zome et j’ai contacté Yann Lipnick [précurseur de la construction zome, ndlr]. Mais Yann m’a renvoyée vers Albert, spécialiste du zome qui m’a fait découvrir le Wizzdôme et son incroyable potentiel énergétique. » Séduite, la constructrice se lance dans l’aventure.

L’insolite se mérite

Si le dôme géodésique est compliqué à concevoir et le zome, ardu à mettre en oeuvre, le Wizzdôme est encore plus technique que ces deux ascendants. Son nom est un jeu de mots avec  l’anglais wisdom, qui se traduit par « sagesse » mais peut aussi avoir le sens de sagacité, vivacité d’esprit, une qualité dont il faut faire preuve pour mener à bien sa construction. Un jeune charpentier, Adrien Van Robayes, de l’entreprise Structure nomade, spécialiste des constructions insolites, a relevé le défi et accompagné Frédérique dans son projet. « Pour démarrer la conception du Wizzdôme, il faut le voir comme un zome couché », explique l’artisan. Attention, concentration : prenez un zome et coupez-le en deux de haut en bas. Séparez les deux moitiés, faites-les pivoter dos à dos et couchez-les au sol. Raccordez ensuite les extrémités ; vous obtenez un Wizzdôme.

Autrement dit, les deux pointes opposées du Wizzdôme sont une étoile centrale de zome coupée en deux. Pour le modéliser, Adrien Van Robayes s’est aidé de pas moins de deux logiciels de conception 3D. […]


Enquête habitat léger : L’habitat léger sort du bois

Habitat léger

Écologique et économique, l’habitat léger sort de la marge et attire de plus en plus depuis 2010. La récente loi engagement et proximité barre pourtant le chemin. Pistes et stratégies pour obtenir ou “s’arranger” avec une autorisation en bonne et dûe forme.

Je vis en yourte dans cette forêt depuis douze ans. J’entends les feuilles glisser dessus. Je puise l’eau du ruisseau pour boire. Je coupe du bois pour me chauffer. Des panneaux solaires alimentent la lampe et la radio. J’ai prévenu la mairie à mon arrivée. Elle me tolère. Je suis intégrée, je me nourris des légumes du jardin de ma voisine en échange de travaux dans ses champs. Si on ne se laisse pas envahir par le monde, on est connecté ! », se réjouit Pimprenelle, 54 ans, habitante d’un bois du Tarn.

Un million de Français ont choisi l’habitat léger et réversible d’après les chiffres 2013 du ministère du Logement. La diversité des profils est vaste. Notre enquête révèle une majorité d’habitants très sensibles à l’écologie, voire survivalistes, éduqués, voire très éduqués, et socialement bien intégrés, avec emploi salarié ou activité indépendante. Les « petits habitats » eux-mêmes s’avèrent hétérogènes, de la yourte plutôt visible en campagne ou montagne à la tiny house urbaine ou péri-urbaine, en passant par la roulotte champêtre, le dôme et le zome architecturaux, la kerterre bretonne ou le tipi forestier.

On retrouve cette diversité dans les prix. Une kerterre peut s’autoconstruire gratuitement avec de la paille et de la terre, une yourte s’autoconstruit pour une somme modique ou s’achète autour de 3 000 € pour 20 m2. 15 000 à 25 000 € la roulotte de 18 m2 en bois, 13 000 € le dôme de 20 m2, 50 000 € la tiny de 20 m2. L’éventail fluctue suivant le constructeur, la taille, les matériaux, la part d’autoconstruction (accompagnée ou non), etc.

Une loi vidée de sa substance

L’État reconnaît ce mode de vie depuis la loi Alur du 24 mars 2014. Elle a notamment créé la notion de « résidence démontable » ainsi que la possibilité pour les collectivités d’instaurer dans leur Plan local d’urbanisme (PLU) – en zone agricole ou naturelle – des terrains dédiés, les Stecal, pour accueillir les habitats légers. En réalité, ces zones ne sont répertoriées nulle part.  D’après l’association ardéchoise Les Hameaux légers, seuls trois à dix PLU en sont pourvus dans l’Hexagone. Dans ces conditions, où s’installer ? Est-il obligatoire de n’être que toléré, discret, à la marge ? Plusieurs stratégies sont possibles. La première : déclarer son habitat léger, avec une demande de permis d’aménager pour une résidence démontable de plus de 40 m2, ou une déclaration préalable de travaux en-dessous de 40 m2. […]


Alternatives : Portfolio

Alternatives

La Kerterre

Nikita Gouëzel a réalisé un courtmétrage sur les Kerterres sorti en janvier 2019. “Pour moi et plus que moi a rencontré tellement de succès qu’on l’a prolongé par un long métrage, Kerterre, sorti le 31 janvier 2020“, se réjouit le cinéaste, qui a découvert les Kerterres il y a cinq ans lors d’un stage de construction d’un modèle pour un adolescent qui avait peu de moyens. […]

Le car scolaire aménagé

Pour 18 000 €, dont 5 000 € d’achat du véhicule réformé, Stéphanie, Arnaud et leurs quatre enfants vivent dans un ancien car, passé du transport en commun à l’habitat hors du commun. Matériaux naturels ou de récupération (palettes à l’honneur) l’ont mué en logement itinérant de 30 m2. Reportage et vidéo dans La Maison écologique n° 106. […]

La « valise à vivre » en bois brûlé

L’artisan Nicolas Laveau habite ce module en ossature bois de 21 m2 avec, ponctuellement, ses garçons de 8 et 11 ans. « Après une séparation, on se paupérise, le coût d’un logement devient lourd pour un salaire. Cela m’a rendu moins matérialiste, plus nomade, moins attaché aux choses, confie-t-il. […]

Hébergement solidaire

L’été dernier, la deuxième maisonnette du projet In My Backyard (Imby) a été installée sur un terrain de Montreuil. Elle héberge dans 18 m² Emir, réfugié politique turc qui suit un cursus de français à Sciences Po Paris pour reprendre ses études afin de travailler pour une organisation qui défend les droits de l’homme. […]

La Figue

Caroline a autoconstruit sa maison « Figue » à Poitiers en quatre semaines en chantier participatif, accompagné par l’association Habitats libres en Poitou. Elle chauffe sa maison et prépare ses repas avec une cuisinière à bois, de récupération comme tout ce qu’utilise cette ancienne infirmière reconvertie à la métallerie. […]

Le Paligloo

Ancien professionnel du BTP converti à l’écoconstruction, Denis Lefranc a inventé le Paligloo pour proposer un logement à bas coût et facile à construire par tout bricoleur, sans atelier professionnel. L’ossature sphérique est réalisée à partir d’hexagones formés avec du bois de palettes récupérées. […]

La Goutte d’Ô

L’entreprise Selvao a construit à Piegros-la- Clastre cette « Goutte d’Ô » de 6 m². En douglas et pin des Landes, elle est installée dans le Vercors (Drôme). […]

La yourte

Isadora, Aurélien et leurs enfants Lior et Ina, 2 et 4 ans, habitent depuis l’automne 2015 cette yourte de 8 m de diamètre avec mezzanine sur près de la moitié de la surface. Elle a pris forme pour 21 000 € à l’Atelier de la Frênaie, « en grande partie en autoconstruction accompagnée par l’équipe » de cette coopérative de Charente-Maritime, précise Isadora.  […]

Le conteneur maritime

L’entreprise audoise Contain Life construit des bâtiments à partir de conteneurs maritimes usagés, comme ce T2 de 28 m². + d’info sur ce mode constructif et ses risques pour la santé dans La Maison écologique n° 113. […]