Mobilier : La Menuiserie solidaire

la menuiserie solidaire

Quand la menuiserie participe à l’insertion des personnes en situation de handicap et des demandeurs d’emploi avec, cerise sur le gâteau, la valorisation de bois de récupération… Rencontre avec Laurent-Stéphane Tardy, à l’origine de la menuiserie solidaire.

Derrière La Menuiserie solidaire se cache une belle aventure humaine et sociale initiée par Laurent-Stéphane Tardy, dont la vie a basculé en 2006. À la suite d’un accident de deux-roues qui le laisse handicapé, c’est le déclic. « Si je ressortais vivant de l’hôpital, il fallait que je puisse être utile aux autres », se souvient Laurent-Stéphane, alors directeur des opérations dans un groupe international à Vélizy. Deux ans plus tard, en 2008, il créé La Menuiserie solidaire, une association d’aide aux personnes en situation de handicap et aux personnes en réinsertion sans emploi avec, pour dénominateur commun,  le goût de la menuiserie. Le projet : répondre à des enjeux à la fois sociaux, économiques et artisanaux en valorisant le bois recyclé à travers la fabrication de mobilier.

Du déchet à la matière

L’association emploie 18 personnes (dont 12 en situation de handicap et 2 à 6 en réinsertion) réparties sur deux sites. À Magnanville, dans les Yvelines, l’atelier menuiserie de l’Établissement et service d’aide par le travail (Esat) où œuvrent 12 personnes en situation de handicap travaille à la production de pièces en bois recyclé en fonction des commandes ; boîtes aux lettres, tables de pique-nique, carrés potagers, nichoirs à mésanges…

Les sources d’approvisionnement du bois sont multiples : planches et chevrons (sapin, pin, hêtre) issus de chantiers de démolition ou de construction et palettes industrielles (pin, sapin, chêne…) provenant des emballages d’un cuisiniste local. « Cela leur évite de payer la mise à la décharge. C’est un circuit vertueux sur la base d’une économie circulaire. Ce qui n’est pas utilisé par l’un est réutilisé par l’autre », poursuit Laurent-Stéphane. Au total, 20 m3 de bois sont recyclés chaque semaine.

« Rien ne se perd, tout se transforme »

Démontage manuel des planches (retrait des clous, vis et cerclages d’un usage passé), préparation (classement du bois par lots ou par séries), découpe et conditionnement… Le bois brut est aussi préparé à l’Esat pour être acheminé à l’atelier de menuiserie de Dreux en vue de son réemploi.

Dans l’atelier de menuiserie-production de 240 m2, au centre de Dreux (quartier Sainte-Ève), rien ne se perd, tout se transforme. Deux à six personnes en réinsertion, éloignées de l’emploi, sont formées par Laurent-Stéphane et le chef d’atelier Virgile afin de fabriquer les réalisations sur mesure à destination des particuliers, mais également des entreprises, des associations et des collectivités, comme d’improbables bancs d’église.