Reportage paillourte : Empêcheurs de tourner en rond

paillourte

Marion et David vouent un culte aux habitats ronds. Leurs nombreux atouts sont confirmés par leur paillourte de 40m2 en bottes de paille porteuses et en terre. En Loire-Atlantique, ils y vivent avec leur fille et tant que la terre tournera rond, ils ne changeront pour rien au monde.

Plantée durant ce chantier à la place de l’actuel potager, la yourte que Marion et David ont autoconstruite en 1,5 mois et habitée pendant deux ans a été vendue. « On n’allait pas faire les bourgeois à avoir deux maisons, s’amusent-ils. On avait opté pour la yourte car on n’était pas prêt à acheter durablement, la notion de propriété était compliquée. Elle nous a permis d’expérimenter le chantier à deux et mettre un pied dans l’autonomie électrique, la cuisine solaire… Avec un enfant, nos envies ont évolué, on se projetait plus à se poser, s’investir dans un lieu de façon plus pérenne. Bref, devenir des gros bourgeois propriétaires terriens ! » Terminée « l’instabilité de la yourte, qui restait un peu bancale au niveau législatif, même si on avait l’autorisation orale du maire pour quatre ans ». Permis de construire en poche, le couple ne se fond pas pour autant dans le moule conventionnel. Leur maison sera une paillourte, petite maison ronde en bottes de paille porteuses et terre.

« On trouvait pertinent de rester dans du petit, car pourquoi consommer plein d’espace alors qu’on a pu constater qu’on vit très bien à trois dans moins de 40 m2 ? C’est aussi une cohérence écologique. Facile à chauffer, à entretenir… Vivre dans du petit est plus soutenable, on ne peut pas tous vivre dans 150 m2. » Conserver une forme ronde était aussi non négociable. « Un carré ou un rectangle a quelque chose d’oppressant, estime David. On n’aurait pas du tout le même sentiment dans une maison de 40 m2 carrée. »

Tout est bon dans le rond

Le rond est aussi « pertinent structurellement parlant, parce que les forces sont également réparties sur l’ensemble des murs, précise Marion. Dans un rectangle, les angles sont beaucoup plus sollicités. Cette forme paraissait plus accessible à nous, petits autoconstructeurs. Elle est plus tolérante sur les marges d’erreur. Certains de nos murs ne sont pas parfaitement d’aplomb, avec un carré la maison serait déjà tombée ! ».

Un atout renforcé par la charpente réciproque, qui présente une « souplesse structurelle. Une perche pourrait être à 1 m sous le niveau d’une autre, ça fonctionnerait encore. Sans ossature bois dans les murs, un bâtiment en paille porteuse consomme finalement souvent autant de bois qu’une maison à ossature bois, car les lisses basse et haute sont très renforcées pour répartir la forte charge d’une toiture.


Construire : Sur les pas de ceux qui ont réduit leur carbone

maison passive

Maison passive bas carbone

À Pornic (Loire-Atlantique), à 300 m de l’océan, cette maison passive conçue dans une optique bas carbone fait rimer confort et économie d’énergie. Un véritable cocon dont la compacité améliore la performance énergétique.

La vie en appartement dans le centre de Pornic, en Loire-Atlantique, était résolument trop étriquée pour Anne-Solène et Sylvain, son époux. Le désir de vivre proche de la nature avec le projet
de fonder une famille les mène à s’installer au Portmain, hameau de bord de mer proche de la plage éponyme, dans une zone classée en réserve conservatoire du littoral depuis 2011.

Mais la vie en décide autrement. Au rôle de mère de famille, Anne-Solène substitue d’autres engagements. Présidente de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap Pornic), engagée dans le collectif Nous Voulons des Coquelicots – appel pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse –, elle fait le choix d’une vie simple au rythme des saisons. La clé de voûte de cet équilibre durable ? La maison du couple, inscrite sur une parcelle d’environ 1 000 m2 où le « fait maison » prend tout son sens : produits ménagers au vinaigre blanc et savon noir, réduction des déchets, compostage et jardinage à quatre mains en mode permaculture, etc.

Conception précise et passive

Le choix constructif s’est porté sur une maison à ossature bois réalisée par l’architecte Philippe Brulé, le père d’Anne-Solène, spécialisé en bâtiment passif et bas carbone. « La réduction de notre impact environnemental, de manière globale (énergie, émission carbone), est une priorité absolue, d’autant que nous avons les connaissances pour y parvenir dans le respect des exigences budgétaires ! Ce qui m’a conduit tout naturellement à privilégier le bois en structure, confie l’architecte. C’est un matériau sain, naturel et renouvelable qui stocke le CO2 et qui nécessite peu d’énergie pour sa transformation. En témoigne la construction d’Anne-Solène et Sylvain, qui assure un stockage de carbone à hauteur de 10 t de CO2 via l’ossature et les différents isolants utilisés. Ce qui permet de compenser en grande partie le bilan carbone des fondations en béton, qui s’élève à 12 t d’équivalent CO2. »

Conçue selon les règles du Passivhaus Institut (PHI), cette maison réalisée en 2010 s’inscrit dans une démarche de sobriété. Elle vise en premier lieu à réduire au strict minimum les besoins énergétiques en chauffage et rafraîchissement. « La réussite d’une maison passive repose sur un juste équilibre entre l’épaisseur de l’isolation, la surface des baies vitrées, la qualité de l’étanchéité à l’air, la performance de la ventilation double flux et, enfin, les matériaux intérieurs, toujours avec l’objectif de se passer de chauffage et de climatisation. » […]


Construire : Chaume et béton cellulaire un mariage insolite

Chaume et béton cellulaire

Cette maison plantée sur la presqu’île de Guérande a fait le choix de l’alliance entre des murs maçonnés en béton cellulaire et une toiture traditionnelle en roseau. Une union atypique qui a bousculé les habitudes des professionnels.

Pour choisir les matériaux de leur future maison, les propriétaires ont donné carte blanche à leur architecte. « On voulait avant tout une maison qui consomme peu d’énergie, très confortable et qui ne sera pas dépassée quand les bâtiments tendront obligatoirement vers le passif», expliquent Pascale et Julien Conquérant, vétérinaires. Béton cellulaire et chaume ont découlé de contraintes imposées, que le projet a su s’approprier pour en faire sa force. Mais les spécificités de ces matériaux dont les professionnels sont peu coutumiers ont requis adaptation et compromis.

Dans le parc naturel régional de Brière, ce terrain était soumis à des impératifs esthétiques, dont un toit de chaume. Les fabricants de fenêtres de toit n’ont pas prévu d’étanchéité pour cette couverture traditionnelle. « Après dix ans, le chaume se composte en surface et fond de 5 à 7 mm par an, détaille le chaumier Thierry Renard. On ne peut donc pas mettre une fenêtre au ras du roseau extérieur. » Il façonne des étanchéités souples pour tuiles afin de les intégrer dans l’épaisseur du chaume. « Au-dessus de la fenêtre, on crée une “moustache”. »

Climato-dépendant

Premier ennemi du chaume, l’eau déclenche le compostage. « Plus la pente est forte, moins l’humidité reste. En Brière, les pentes sont d’environ 50° et la longévité des toits de chaume, de 30 à 35 ans. En Normandie, avec 60° de pente, la durée de vie est plutôt de 50 ans. »

Reste à gérer les interfaces avec les autres corps de métier, non habitués à ce matériau. « L’étude thermique assimile 1 cm du chaume à de la couverture et les 39 autres à de l’isolation, complétée ici par de la laine de bois », indique Clotilde Dhennin, de Kaizen Architecture. Pour réduire les ponts thermiques, « j’ai demandé à ce qu’elle soit posée en deux couches croisées, une entre chevrons, l’autre entre pannes, ce qui obligeait le plaquiste à faire deux fois le travail. Habitué aux couvertures classiques ventilées, il pensait qu’on ne pouvait pas plaquer la laine contre le chaume. Je pensais au contraire qu’une lame d’air entre chaume et laine de bois risquait de provoquer de la condensation, abîmant l’un et l’autre ». Chantier bloqué ! Jusqu’à ce que Siga, fournisseur du frein-vapeur posé côté intérieur, confirme le contact entre laine de bois et chaume.

 


Territoire : la mfr Riaillé en Loire Atlantique

mfr Riaillé

Ils forment les écoartisans de demain

Artisans vieillissants, techniques et réglementations en constante évolution, pénurie de main d’œuvre qualifiée face à une demande croissante… Pour mieux cerner les besoins locaux en écoconstruction, la MFR Riallé (Maison familiale rurale du Val d’Erdre, à Riaillé (44)), crée en 2006 un comité de pilotage qui réunit artisans, élus et associations.

Démarche qui aboutit en 2009 à la mise sur pied d’une formation pour adultes. Ainsi, neuf ans après la première promotion, l’intérêt ne se dément pas. En effet, 84 candidats ont été reçus en entretien pour seulement onze places financées par la Région.


Maison d’archi

maison architecte lumière perspective

Une architecture de qualité, un travail sur la lumière, des perspectives en vues.

Le soleil du sud, la Loire au levant, un terrain en pente qui surplombe la vallée et le désir d’un habitat bioclimatique ont tout naturellement conduit l’architecte Gilles Cornevin et son épouse Claire à s’adapter à la topographie du lieu et à la rose des vents…


Maison d’Archi

maison architecte dune côte de Jade

Un brin d’écologie sur une dune de la côte de Jade.

Lassés de la vie parisienne, l’architecte Yann Quéré et son épouse Cristèle aspiraient à un cadre de vie plus naturel : retour écologique et coloré sur leur lieu d’origine.