Construire : Sur les pas de ceux qui ont réduit leur carbone

maison passive

Maison passive bas carbone

À Pornic (Loire-Atlantique), à 300 m de l’océan, cette maison passive conçue dans une optique bas carbone fait rimer confort et économie d’énergie. Un véritable cocon dont la compacité améliore la performance énergétique.

La vie en appartement dans le centre de Pornic, en Loire-Atlantique, était résolument trop étriquée pour Anne-Solène et Sylvain, son époux. Le désir de vivre proche de la nature avec le projet
de fonder une famille les mène à s’installer au Portmain, hameau de bord de mer proche de la plage éponyme, dans une zone classée en réserve conservatoire du littoral depuis 2011.

Mais la vie en décide autrement. Au rôle de mère de famille, Anne-Solène substitue d’autres engagements. Présidente de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap Pornic), engagée dans le collectif Nous Voulons des Coquelicots – appel pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse –, elle fait le choix d’une vie simple au rythme des saisons. La clé de voûte de cet équilibre durable ? La maison du couple, inscrite sur une parcelle d’environ 1 000 m2 où le « fait maison » prend tout son sens : produits ménagers au vinaigre blanc et savon noir, réduction des déchets, compostage et jardinage à quatre mains en mode permaculture, etc.

Conception précise et passive

Le choix constructif s’est porté sur une maison à ossature bois réalisée par l’architecte Philippe Brulé, le père d’Anne-Solène, spécialisé en bâtiment passif et bas carbone. « La réduction de notre impact environnemental, de manière globale (énergie, émission carbone), est une priorité absolue, d’autant que nous avons les connaissances pour y parvenir dans le respect des exigences budgétaires ! Ce qui m’a conduit tout naturellement à privilégier le bois en structure, confie l’architecte. C’est un matériau sain, naturel et renouvelable qui stocke le CO2 et qui nécessite peu d’énergie pour sa transformation. En témoigne la construction d’Anne-Solène et Sylvain, qui assure un stockage de carbone à hauteur de 10 t de CO2 via l’ossature et les différents isolants utilisés. Ce qui permet de compenser en grande partie le bilan carbone des fondations en béton, qui s’élève à 12 t d’équivalent CO2. »

Conçue selon les règles du Passivhaus Institut (PHI), cette maison réalisée en 2010 s’inscrit dans une démarche de sobriété. Elle vise en premier lieu à réduire au strict minimum les besoins énergétiques en chauffage et rafraîchissement. « La réussite d’une maison passive repose sur un juste équilibre entre l’épaisseur de l’isolation, la surface des baies vitrées, la qualité de l’étanchéité à l’air, la performance de la ventilation double flux et, enfin, les matériaux intérieurs, toujours avec l’objectif de se passer de chauffage et de climatisation. » […]


Construire : Une mobilité immobile à l’air industriel

maison à l'air industriel

Mobilité immobile, une maison  à l’air industriel

Dans un quartier de Saint-Avé (Morbihan), Mélanie et Haroun ont su marier un amour pour l’habitat mobile et les squats de friches industrielles avec une maison en bois passive qui respire la douceur de vivre.

Haroun s’était promis de ne jamais vivre dans une maison. Nous le rencontrons pourtant avec Mélanie et leur bébé dans un bâtiment passif flambant neuf, dans un quartier résidentiel près de Vannes. Mais derrière ses apparences on ne peut plus sédentaires, cette maison à l’air industriel perchée recèle bien des aspirations vagabondes.

« J’ai quitté la Tunisie à 21 ans pour des études d’architecture en France, retrace Haroun Chehata, 40 ans. Le déracinement a provoqué quelque chose en moi : le nomadisme. Il était devenu très difficile de me poser à un endroit. »

Il vit en camion, en caravane, ouvre un restaurant mobile, continue de vivre en caravane quand il rencontre Mélanie Cadio il y a cinq ans. Le virage se dessine quand des amis leur parlent d’un terrain à vendre au bord de leurs 5 ha de maraîchage bio.

« C’était tout ou rien, soit la caravane, soit une maison écologique et passive avec ce qu’il faut de temps pour étudier le projet, trouver des entreprises locales… »

Une maison à l’air industriel et modulaire

Mélanie et Haroun ont tout de même injecté une dose de mobilité dans leur habitat fixe. Stratégie n° 1 : la modularité.

« Baya n’était pas née, mais je voulais lui prévoir une chambre, se souvient Mélanie, 34 ans. J’avais du mal à comprendre Haroun qui disait : ” Ça ne sert pas tout de suite, donc on verra plus tard. La maison bougera. ” »

Une structure bois est en cours de confection pour lui servir de chambre sur roulettes, à l’étage.

« Elle n’a pas besoin de chambre fermée pendant les premières années », reconnaît Mélanie.

Mais l’espace devait être conçu pour être techniquement transformable rapidement, sans gros travaux.


Construire : une maison en paille préfabriquée

maison paille préfabriquée

Une passive en paille préfabriquée

Ils ne se déplacent pour ainsi dire plus qu’à pied ou en vélo. Le projet de la famille Dallet a atteint son objectif : réduire le plus possible une empreinte écologique bien trop grevée à leur goût par des déplacements en voiture fréquents et le fonctionnement d’une maison énergivore sur l’ensemble de son cycle de vie. Jusque là, le couple vivait en effet dans une habitation individuelle excentrée et édifiée avec des matériaux conventionnels. Ils y sont restés 30 ans avant de se lancer dans leur nouveau projet. Ils décident alors de rechercher le terrain idéal il y a trois ans environ.

La quête a abouti à une parcelle proche du centre-ville d’Auray, orientée sud-sud ouest comme l’exige la construction passive. Pas trop grande, d’une superficie de 890 m2 et intime en dépit de la division du terrain initial en deux lots. Le couple proche de la retraite s’est ensuite abondamment documenté, de salons de l’habitat en lectures, sur les qualités des matériaux naturels, la construction passive, le bioclimatisme. Engagée, la démarche de ces militants du réseau Alternatiba(1) se veut globale, jusque dans les moindres détails. Ils ont même mandaté une étude géobiologique afin de repérer les zones de haute énergie qui perturberaient le sommeil.

 


Autoconstruction et label Passivhaus

autoconstruction et label Passivhaus

Autoconstruction et label Passivhaus. Ils dépensent 20 euros par an de chauffage !

Tout en bois, la maison d’Alexis Valentin, Cathy Iacuzzo et leur fille Jeanne arbore fièrement le label Passivhaus (maison passive). Un tour de force puisqu’elle a été autoconstruite à 90 % et surtout “auto-conçue”.

Passion du détail et recherche de simplicité, voilà qui caractérise Alexis Valentin, autoconstructeur en Aveyron. Après une première vie d’aide-soignant, puis de jardinier, il s’est passionné pour la construction et l’autonomie énergétique. Tout en élaborant son projet de maison passive, il se lance à 33 ans dans une reconversion ambitieuse : Bac en candidat libre, double CAP charpente et construction bois et, enfin, Brevet professionnel en charpente chez les Compagnons. Son actuelle maison est le résultat de dix ans de recherches, lectures et rencontres. Il suit notamment une formation de trois mois pour maîtriser le logiciel Autocad et passe une année (en 2008) à concevoir en 3D les plans de sa maison et les plans d’exécution. Un brin perfectionniste, il décide de viser le label Passivhaus.


Construction à énergie positive

construction a energie positive

Cette maison bois a de l’énergie à (re)vendre

Informaticien devenu charpentier, Erick a construit sa maison passive en bois, aidé de collègues artisans.

Erick et sa compagne Sylvie cherchaient un terrain situé au sud de Paris, mais ceux qu’on leur proposait avaient les pieds dans l’eau… Ils ont finalement atterri sur les hauteurs de Montreuil, sur une parcelle d’environ 200 m², joliment exposée au sud. Informaticien devenu charpentier, Erick a tout de suite imaginé une maison passive, séduit par la formation qu’il avait suivie sur le sujet. Membre de la coopérative Alter-bâtir (voir encadré p. 18), il savait déjà qu’il pouvait compter sur ses collègues pour le seconder tout au long de ce projet ambitieux. Quelques thermiciens rencontrés en formation lui ont également apporté leur aide, en approuvant ou modifiant les plans qu’il leur soumettait.


Maison bois

maison sans chauffage

Une maison sans chauffage qui intrigue : passivhaus.

Au cœur de la Haute-Saône, une maison sans chauffage central, sans système de chauffage, sans poêle à bois… C’est totalement inconcevable ! Pourtant Christine Spohn, originaire d’Alsace, s’est lancée dans la construction passive et ne regrette rien.


A la loupe : Une maison nommée “bimby”.

Maison passive bimby

Maison passive bimby

Construire une maison passive à dix minutes à pied du centre-ville de Quimper sur un terrain arboré, c’est possible ! Véronique et sa famille ont pu réaliser leur rêve en achetant une maison des années 50 qui tardait à se vendre. C’est le grand jardin à l’arrière qui les intéressait.

“?Build In My Back Yard?!?” (Construisez dans mon jardin?!). Une réponse nouvelle au trop classique “?Not in my back yard?” (Pas dans mon jardin). Ou l’art de conjuguer les intérêts individuels valorisant le patrimoine et les intérêts collectifs développant la ville sans rogner sur les terres fertiles.