Escapade : Un écrin pour l’harmonie de groupe

bâtisse en pierre

À DIX MINUTES DE CORDES-SUR-CIEL, DANS LE TARN, le bien nommé gîte du Suquet (petit mont en occitan) permet d’apprécier la campagne alentour depuis

un lieu ouvert à la convivialité et à l’esprit de partage. Eve et Sébastien y accueillent depuis trois ans des groupes d’une quinzaine de personnes maximum dans une bâtisse en pierre calcaire de la fin du XIXe siècle, avec sa grange attenante, héritage de la rusticité humble de ces anciennes terres agricoles.

La rénovation de cet espace d’hospitalité a été menée principalement en autoconstruction et l’équilibre entre des matériaux sains et locaux, l’amélioration thermique et le patrimoine se ressent dans toutes les pièces de la maison. Dans le grand salon, les enduits intérieurs, à base de kaolin et paille, côtoient des murs en pierre jointoyée à la chaux. Au plafond, un enduit de terre rouge de Lexos, réalisé sur une trame de canisses, répond comme un miroir au sol en terre et chaux et confère à la pièce une douce chaleur pour de longues discussions hivernales. Pendant ces veillées, jeter quelques bûches dans le poêle bouilleur sera la seule consigne : ce dernier assure, avec des panneaux solaires, le chauffage et l’eau chaude de tout le gîte.

Quand le sommeil se fait sentir, un escalier conduit à l’étage où des chambres de deux à six personnes sont décorées selon des thèmes rêveurs et colorés, comme la chambre voyage et ses statuettes sénégalaises, ou la chambre mer et son écho, la chambre bleue, pour des nuits bercées par le calme des environs. « Au Suquet, souligne Eve, on peut vraiment écouter des concerts de silence. »

L’esprit au calme

Au matin, des pots de confiture de prune ou de poire cuisinées avec les fruits du verger annoncent une bonne journée.

Si le temps est chaud, la piscine hors sol habillée de bois, sécurisante pour les enfants, permet de se mettre au frais en contemplant la vallée. Cette dernière est exploitée par un Gaec estampillé AB. Pour mieux s’en imprégner, un détour par le chill-out s’impose : cet espace ouvert aux quatre vents, dans lequel on entre par une porte ronde symbolisant les cinq éléments, offre avec sa charpente réalisée par le charpentier d’art Yohan Leymarios, une solide protection pour méditer à l’air libre, tendre un hamac le temps d’une sieste, ou, à la mi-saison, profiter du jacuzzi chauffé par l’énergie solaire.

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Territoire : La pierre sèche draine des emplois

pierre sèche

Se former à la construction en pierre sèche

Le centre de formation bâtipole en Limouxin,dans l’Aude, s’adresse aux jeunes et adultes, salariés ou demandeurs d’emploi, dans les domaines du tertiaire, de la logistique, du bâtiment et de la conduite d’engins. Il existe depuis 1987, par la volonté d’Anne Mervoyer et Dirk Eberhard et grâce au soutien de Maryse Arditi, alors conseillère régionale. Il propose plusieurs formations tournées vers la construction écologique : un titre d’ouvrier professionnel en construction bois, un autre en écoconstruction et un en restauration du patrimoine.

Cette année, Batipole innove avec la pierre sèche. « La région a subi de lourdes inondations. Parmi les rares ouvrages qui ont résisté, on trouve de nombreuses constructions en pierre sèche.  Celles-ci ont un impact sur le plan paysager comme sur celui de la gestion du patrimoine.
La construction en pierre sèche a la particularité de drainer, d’où sa résistance à l’eau », analysent Denis Royet et Gilles Rivière, formateurs et coordinateurs du pôle bâtiment du centre de formation Batipole en Limouxin, qui a obtenu des financements de la Région Occitanie pour créer un contrat de qualification professionnelle ouvrier professionnel en pierre sèche, en raison de l’important patrimoine à restaurer. «Nous formons à la pierre sèche depuis des années à travers notre module ” restauration du patrimoine “, poursuivent-ils. Anne Cerf-You assure cette partie de la formation depuis le départ. Son professionnalisme nous a permis de répondre à l’appel d’offres de la région Occitanie lorsqu’une commande sur la thématique de la pierre sèche a été lancée. »

Une dynamique de territoire

Un nouveau cursus rendu possible par la synergie des acteurs du territoire. Pour cette toute première session, stagiaires et formateurs ont rendez-vous sur le magnifique site de Notre-Dame-des-Oubliels. Cette abbaye classée se trouve dans un magnifique lieu où deux compétences se croisent : celle de la commune de Portel-des-Corbières et celle du Parc naturel régional (PNR) de la Narbonnaise en Méditerranée. « Le Parc accompagne un chantier de ce type pour la première fois, car la pierre sèche se trouve clairement inscrite sur sa charte. Nous proposons des initiations à la pierre sèche et nous accompagnons les communes dans la sauvegarde du patrimoine rural et dans l’entretien de la qualité des paysages.

Lorsque nous avons su que le Batipole montait une formation, nous leur avons proposé ce chantier d’application. De son côté, la commune fournit la matière première, les repas et un employé de mairie assure la manutention. Le Parc compte bien poursuivre cette coopération sur d’autres chantiers », précise Fanchon Richard, responsable des aménagements paysagers du PNR. […]


Rénover : Trucs et astuces d’un chantier d’initiés

Rénovation performante

Une rénovation performante

Cette rénovation était le quatrième chantier de Christine et Didier. Un recul qui leur a fourni une boîte à outils débordant d’ingéniosité et de bon sens. Ce qui leur a permis de changer cette vieille maison de Vic-en-bigorre (65) en un cocon adapté à leurs besoins, performant et confortable.

Après avoir mené les travaux de leurs trois précédentes maisons, Didier Garnung et Christine Laizay étaient rodés pour optimiser leur nouveau domicile, maison en pierre de 1936 à Vic-en-Bigorre, dans les Hautes-Pyrénées. Leur longue expérience et les acteurs professionnels et associatifs dont ils ont su s’entourer leur ont ouvert les portes d’une rénovation performante, pleine d’ingéniosité et de bon sens.

Pour le choix du terrain, « on avait cinq critères : être proche d’un centre-ville, disposer d’un garage, d’un point d’eau pour arroser le jardin, alimenter les toilettes, etc., qu’il y ait des arbres déjà grands », liste l’ancienne institutrice. « Quand on achète une maison à 60 ans et qu’il faut planter des arbres, il ne feront pas d’ombre avant qu’on ne puisse plus en profiter… », souligne le prof de technologie. Cinquième critère, auquel ils ont dû renoncer : le plain-pied, « même si du point de vue écologique, il est préférable d’avoir un cube comme celui-ci qu’un plain-pied étalé ».

Le premier projet prévoit d’abattre toutes les cloisons du rez-de-chaussée. « Mais on n’est plus tout jeunes, il était intéressant de garder la possibilité de ne vivre qu’en bas en y laissant une chambre et une salle de bains, soulignent-ils. Si on supprimait le couloir, où placer le canapé ? Dans l’entrée ? » Cela aurait aussi contraint à positionner la cheminée au milieu de la pièce, obligeant à « tout casser pour créer un nouveau conduit alors qu’il en existait deux ». Du point de vue énergétique, « l’ancienne cuisine transformée en buanderie sert de tampon thermique au nord ».

Des portes qui claquent

Le volet énergétique du chantier a été réfléchi avec l’Écocentre Pierre et Terre, dans le Gers, qui a accompagné le couple dans le diagnostic thermique du bâtiment et les préconisations d’amélioration. Les menuiseries extérieures ont été remplacées par du double vitrage sur mesure, fabriqué en chêne par un artisan local.  […]