Enquête : les systèmes constructifs

systemes constructifs en bois

Le poteau-poutre, charpente trait pour trait

Parmis les systèmes constructifs de maisons bois, le poteau-poutre fait la part belle au travail du charpentier : assemblages traditionnels et bois massif pour e classique de la construction en bois qui offre bien des avantages à l’autoconstructeur.

Ossature bois, le bois pour tous

Les techniques ossature bois et Greb ont fait leurs preuves depuis une vingtaine d’années, notamment dans le monde de l’autoconstruction. Facilité de conception, rapidité de chantier et performances thermiques pour ces systèmes à la portée de tous.

Le colombage à l’épreuve du temps

Technique ancienne qui valorise le travail artisanal du bois, le colombage est surtout réservé à la rénovation de bâtiments anciens. Avec de la méthode, il est tout de même possible de l’intégrer dans un projet neuf.

Le panneau de bois, c’est du lourd

Dernier né des systèmes constructifs bois, le panneau lamellé-croisé (CLT) séduit par sa rapidité de mise en oeuvre et son potentiel architectural.

Bois massif empilé, pour le meilleur et pour le pire

Dans la catégorie bois massif empilé, la fuste est la technique de référence. A côté du madrier et de la brique de bois, le rondin apparâit plus artisanal, plus écologique et plus durable dans le temps.

 

 


Reportage autoconstruire : Matières brutes et douceur de vivre

maison isolée en paille de lavande

Une maison isolée en paille de lavande

Distillée pour ces huiles essentielles en région méditerranéenne, la lavande finit généralement compostée ou brûlée. A Gap, Christine et Rodolphe ont préféré la valoriser comme isolant de leurs parois en double ossature bois.

On peut être brute et douce à la fois. Chez Rodolphe et Christine, la douceur de vivre s’acquiert à grands renforts de matériaux bruts. Faute de trouver une maison saine à prix raisonnable pour les héberger avec leurs trois enfants, ils achètent un terrain à Gap (05) pour y autoconstruire leur logement, isolé en paille de lavande « pour éviter d’utiliser des isolants type laine de bois ou ouate de cellulose qui, même s’ils sont écologiques, ont une empreinte énergétique plus élevée », souligne Rodolphe. Ce même raisonnement les amène vers une structure en bois.

Côté compétences, Rodolphe a de bonnes cartes en mains : ingénieur en bâtiment avec un complément de formation en écoconstruction, formateur ponctuel en performance énergétique au Gabion, à Embrun, et fondateur d’un bureau d’études dans ce domaine, sportif et manuel dans la force de l’âge. Christine, enseignante de formation sans compétence dans le bâtiment, lui délègue tous pouvoirs.

Quatre mois de dessin avec le logiciel 3D Sketchup pour se projeter facilement, permettent de coucher le projet et obtenir le permis de construire.

 


Reportage ossature bois : Cultiver la sobriété

maison à ossature bois

Limiter la superficie pour réduire les coûts, la consommation d’énergie, le volume de matériaux, l’impact sur les sols… Dans la Creuse, Christine et Marin ont dû manier avec doigté l’art du compromis pour allier confort, économie et écologie dans leur maison à ossature bois.

Christine et Marin abandonnent leur idée de tiny house à l’arrivée de leur fils Émile. Ils tiennent cependant à conserver « l’esprit petit habitat avec un extérieur qui augmente la surface “habitable”. On peut l’investir une grande partie de l’année », retrace le couple, qui souhaite « rester sur un projet sobre et raisonnable pour économiser l’énergie, les matériaux, la quantité d’objets qu’on possède, l’empreinte qu’on laisse dans le sol… ».

Confortés par le dénivelé naturel du terrain qu’ils achètent à Guéret (Creuse), ils optent ainsi pour une maison sur pilotis.

« Le jour où on retire le bâtiment, on ne laisse aucune trace, apprécie Christine. Et ça rejoint notre fantasme de cabane dans les arbres».  Paysagiste, Marin complète : « Ça fait aussi écho à la maison japonaise, de plain-pied au coeur des arbres avec des coursives extérieures. »

L’impact est aussi réduit sur le porte-monnaie. « On ne voulait pas être pris à la gorge par une maison qui monopoliserait tout, défend Christine, professeur des écoles. Je passe à temps partiel et Marin l’envisage aussi, on s’est offert un congé parental ; on veut garder du temps pour vivre en-dehors du travail sans être acculé par des dettes. »

 


Reportage autonomie : L’autonomie en ligne de mire

autonomie en ligne de mire

Fervente adepte de l’habitat autonome, la famille Glaziou habite cette maisonnette du Tarn depuis dix ans. Travaux, chauffage, alimentation en eau et en électricité, cuisine, l’objectif de “faire soi-même” les suit partout.

Dix années après sa construction, la maison de Sophie, Christophe et Zack n’a pas pris une ride. Au fil des printemps, elle a poursuivi sa croissance. Déjà habité, le premier module de 20 m2 a vu pousser sur son flanc une excroissance qui accueille la cuisine et salle à manger. Puis une autre pour les deux chambres. En pleine fleur de l’âge, le bâtiment a récemment fait peau neuve ; une carapace en bardeaux de bois habille les façades de la cuisine. Tout cela, né des mains de Christophe Glaziou. « Métalleux » de profession, il n’a jamais suivi de formation dans le bâtiment. Pourtant, l’objectif était clair : construction, chauffage, électricité, cuisine, eau, il voulait pouvoir tout gérer lui-même.

Fière comme une coque en paille

L’autonomie dans le viseur, il se retrousse les manches et opte pour un système constructif « simple et accessible à tout le monde : ossature bois, remplissage de paille en vrac tassée ». En sol, murs et toiture, les « caissons » sont garnis de 15 cm de cet isolant biosourcé cultivé et récolté par un voisin. Une épaisseur modeste en termes de performances thermiques, mais « je me suis appliqué à la mise en oeuvre pour que le matériau soit le plus continu possible, évitant les ponts thermiques, donc l’isolation forme une véritable coque en paille ».

Un espace facile à chauffer avec la cuisinière à bois qui a poussé au milieu de la maison il y a deux ans. Avant, la famille utilisait un classique poêle turbo en acier, « avec tous ses inconvénients : beaucoup de chaleur d’un seul coup, de stratification – très chaud au plafond et froid par terre –, de brassage d’air donc de poussière, grosse consommation de bois, combustion peu performante donc qui pollue, qui fume… Et il fallait l’alimenter quasi en continu ». Cette cuisinière poêle de masse moderne « a changé notre vie : une flambée de 1 ou 1,5 h par jour fait rayonner le poêle pendant 10 à 12 h. On compte 1 h d’inertie thermique pour 100 kg de briques ».

Chaleur : le bois fait sa loi

Fini la stratification : « dernièrement, j’ai mesuré 21,7°C au sol et 21,7°C au plafond. Le chauffage ne se fait plus par convection mais par rayonnement, c’est-à-dire qu’il ne chauffe pas l’air mais les masses. Les ondes infrarouges réchauffent les corps, meubles, murs, qui ensuite te renvoient la chaleur. Ce confort est incomparable, la chaleur est homogène, douce ». Une flambée est allumée en fin d’après-midi. Une fois le feu éteint, des clapets d’obstruction du conduit permettent de garder la chaleur plus longtemps dans le poêle. « Il fait encore bon quand on se lève le matin. » […]


Autoconstruire : L’écoquille, un bateau renversé qui n’a pas perdu le cap

l'écoquille

Un concept séduisant

Avec sa forme originale, ses matériaux légers et son coût optimisé, l’écoquille a tout pour séduire. La démarche n’est cependant pas toujours dénuée d’embûches. Retour sur une épopée de l’autoconstruction en Cévennes gardoises, avec Nicolas Ferrari, un capitaine qui n’a pas lâché la barre.

Posée sur pilotis, sous ses allures de bateau renversé, de chariot du far-west ou de roulotte tsigane douillettement installée dans un écrin de verdure, l’écoquille de Nicolas Ferrari domine le paysage. Et ici, il s’étale à perte de vue, bien que cette maison ne se trouve qu’à quelques encablures du centre-ville de la petite commune de Le Vigan, sous-préfecture du Gard. Pour le maître des lieux, le choix d’une architecture bois paraissait évident.

« J’ai complètement flashé sur le zome respectueux de l’environnement de mon ami d’enfance Patrick Ithier (reportage dans La Maison écologique n° 82, ndlr) lors de vacances à Bréau et comme la ville me lassait, mon projet de vie à la campagne a pris forme. J’envisageais de trouver un terrain aux alentours de Ganges pour y implanter une écoconstruction en bois», se souvient le propriétaire.

Éclairagiste dans le milieu du spectacle, cet intermittent réfléchissait à une reconversion pour travailler le bois. Manuel, il avait œuvré dans le milieu du décor et toujours bricolé chez lui. Un coup de cœur lui fait acquérir un terrain en terrasses sur les hauteurs de Le Vigan.

Adaptée aux contraintes du terrain

Son intérêt le porte alors sur l’ouvrage J’attends une maison de François Desombre, concepteur de l’Ecoquille, puis le hasard le met en présence d’un dépliant présentant la construction de l’Ecoquille dans une scierie des environs de Le Vigan.

« Le projet m’a séduit, en raison du concept de charpente avec des arches en matériau léger, de la réalisation possible sur tous les terrains. Cela coïncidait avec mon lieu en terrassiers à l’accessibilité limitée. »[…]


Habitat groupé : Ecoravie, la fête de l’humain

habitat groupé participatif

Ecoravie, la fête de l’humain

L’habitat les techniques constructives, les jardins, les potagers, tout cela serait bien peu de choses si l’humain n’était pas au centre de la démarche. Telle est la philosophie d’Ecoravie, expérience d’habitat groupé réussie dans la Drôme.

La structure en pin douglas du premier habitat collectif d’Ecoravie resplendit sous les lumières matinales de cette journée ensoleillée de mai. Installée dans le beau séjour lumineux de son appartement, Claire se souvient :

« Au début, nous étions de doux rêveurs, nous voulions une petite maison individuelle pour chacun. Mais très vite, une conscience collective a pris le dessus et nous avons compris qu’il fallait s’orienter vers un habitat collectif. Il y avait ce grand terrain constructible au-dessus de la ville… »

Un habitat groupé participatif

L’aventure débute il y a sept ans. Constituées en un petit groupe de réflexion, les personnes intéressées par l’idée d’un habitat collectif affinent au fil des réunions et des rencontres les formes du projet. À l’issue de cette phase préparatoire, l’association Ecoravie est créée et deux terrains attenants au centre-ville sont achetés. Seul bémol, ils ne disposent d’aucun accès. Intervient alors une vente aux enchères qui permet à l’association d’acheter un terrain permettant justement d’accéder aux deux parcelles. Pour participer à cette vente, l’association doit momentanément se former en SCI, statut dont le côté spéculatif rebute le groupe, aussi est elle rapidement transformée en SAS coopérative, qui rend les habitants collectivement propriétaires des lieux et locataires de leur logement.

Sur le papier, le futur collectif prend forme, conforme aux règles d’urbanisme – un minimum de 18 logements sur les deux parcelles acquises. Les bases matérielles posées, le terrain acquis et le mode constructif défini, il faut encore investir collectivement les bâtiments, travailler « l’humain », les interactions et l’implication de chacun. Pour cela, les habitants s’appuient sur une charte générale aux énoncés simples, créée dès l’origine du projet : respect de la nature, de soi-même et des autres. […]


Construire : une maison test

maison test

Il a tout essayé pour mieux conseiller.

Passer de la théorie à la pratique, c’est ce qu’à fait le thermicien Samuel Champouillon en construisant sa propre maison. Double ossature bois, isolation paille, serre solaire, enduits… des tests grandeur nature.

Samuel Champouillon aurait pu faire des tas de savants calculs et construire pour sa famille une maison aux standards passifs. Mais ce thermicien pour le bureau d’études Qui Plus Est a préféré réaliser un bâtiment certes très économe en énergie, mais abordable financièrement et facilement reproductible par des artisans locaux. Avec l’idée de mettre à l’épreuve un maximum de
techniques et matériaux. « Je peux ainsi en parler à mes clients en connaissance de cause », justifie-t-il.

 


Construire : projet sharewood

projet sharewood

Une maison à partager

Vu de l’extérieur, c’est un seul et unique bâtiment. A l’intérieur, ce sont deux maisons bien distinctes, juste reliées par la charpente. Un projet à l’image des cohabitants, qui souhaitaient vivre ensemble sans se gêner, au coeur du massif des Bauges.

Ce matin, ils sont sept au fond du jardin. Au programme, la construction d’un poulailler pour abriter sept poules ; une par habitant. Marion vérifie les niveaux, Elsa manie la scie circulaire, Paul et Damien dressent les montants de bois. Assis dans l’herbe, Auguste, Lucien et Zélie regardent la “maison des poules” prendre forme. Scène de vie ordinaire dans cet habitat partagé savoyard où vivent deux couples et trois enfants.

 

 

 


Rénover : Ossature bois intérieure

maison gigogne

Comme une maison gigogne

À peine entré dans la maison de Gaëtan et d’Émilie, leur plus jeune fils, Yanis, a quelque chose à nous montrer. Au pas de course, on traverse avec lui une cuisine chaleureuse, un salon aux pierres apparentes et, alors qu’on s’arrête devant le système de récupération de chaleur du poêle à bois, le petit bonhomme nous attend déjà en haut de l’escalier.«Hé, ho, c’est par là ma chambre ! », s’impatiente notre guide avec un air malicieux. OK Yanis, on te suit ! À l’étage, un long couloir laisse entrevoir à l’autre bout un espace baigné de lumière. Yanis fait une pause : « Tu as vu le rocher ? »


autoconstruire et autonomie

autoconstruire et autonomie

Électricité, chaleur eau, jardin, voiture… Ils disent oui à l’autonomie.

Liberté (de vivre en harmonie avec la nature), solidarité (partage de savoirs), paix (si chacun peut répondre à ses besoins). Telle est la devise de Matthias, un autoconstructeur pas tout à fait comme les autres.

Regarde comme je suis riche ! », s’exclame l’heureux propriétaire en balayant du regard, les bras grands ouverts, les 2 000 m2 boisés et fleuris de son terrain. « La terre alimente l’eau du puits, le ciel déverse l’énergie solaire pour nous éclairer et nous chauffer, les arbres donnent le bois pour le poêle et la cuisine et le sol, des centaines de kilos de nourriture ; noix, prunes, pommes, kiwis, cassis, mûres… Sans oublier les poules. La nature donne tout ! », s’émerveille Matthias. En effet,  l’autonomie – énergétique et alimentaire – est une valeur essentielle pour lui. « En protégeant ce lieu de toute agression polluante, nous vivons ici une relation très douce avec la Création », confie-t-il.