Dossier : Isoler sa maison par l’extérieur

isolation extérieure

Pourquoi et comment isoler par l’extérieur ? Techniques, matériaux, financements, le point sur l’isolation thermique extérieure, de son petit nom ITE.

1. Pourquoi isoler par l’extérieur ?
2. Des murs-manteaux en paille
3. Chanvre, ouate, fibre de bois et liège pour isoler par l’extérieur
4. Sarking, la couette du toit
5. Coût et financement de l’ITE

1. Pourquoi isoler par l’extérieur ?

En enveloppant la maison, l’isolation thermique par l’extérieur traite les ponts thermiques, conserve l’inertie du bâti, préserve l’espace intérieur et permet les travaux en site occupé.

La question de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE) se pose très majoritairement quand on veut rénover une maison pour améliorer son confort et abaisser ses factures énergétiques sans changer les doublages existants, déplacer les radiateurs et les réseaux ou encore perdre de la surface habitable. Quand la couverture est à changer, c’est l’occasion à ne pas manquer pour réaliser l’isolation du toit par l’extérieur, sans toucher à l’aménagement des combles. Les façades ont besoin d’un bon ravalement ? Là encore, l’ITE permet de joindre l’utile à l’agréable.

« L’ITE de la toiture, j’en parle à mes clients qui veulent l’isoler, surtout quand ils vivent déjà sur place, pour faire un chantier qui respecte leur intérieur et qui leur permette de continuer à y vivre pendant les travaux, explique Julien Couillard, menuisier-charpentier à Cristot (14). Et quand les couvertures sont à remplacer, il n’y a même plus à réfléchir, c’est la solution, parce que les travaux induits par une isolation du toit par l’intérieur reviennent plus cher qu’en accédant par l’extérieur, par dessus les doublages existants qui restent en place. »

ITE 1-Ponts thermiques 0

L’ITE est une excellente solution de traitement des ponts thermiques et des entrées d’air dans la maison ou dans le complexe isolant, ces endroits dans les parois qui sont les passages du froid et du chaud entre l’intérieur et l’extérieur. Par exemple, la liaison entre une dalle de plancher en béton et un mur extérieur est un pont thermique important.

Sans isolation extérieure, c’est le froid aux pieds garanti à l’approche du mur, parfois sur 1 m. L’ITE couvrira le pont thermique, conservant ainsi le chaud l’hiver comme le frais l’été dans les murs. Mais si ce type de pont thermique est facilement traité par l’ITE des murs, il reste à traiter ceux des liaisons mur-toiture (en façades et en pignons), ceux des liaisons avec le sol (fondations, dalles sur terre-plein) et autour des menuiseries. Le plus performant est de raccorder une ITE des murs avec une ITE du toit pour envelopper complètement le bâtiment d’un manteau isolant. […]


Construire : La sobriété énergétique au cœur du foyer

maison bioclimatique à faible consommation énergétique

Cette maison  bioclimatique à faible consommation énergétique, bâtie dans la Vienne, combine approche énergétique performante, conception bioclimatique, énergie renouvelable, production photovoltaïque et matériaux biosourcés.

Entre vivre dans une habitation ancienne énergivore ou dans une maison neuve bioclimatique, le match s’est joué sans états d’âme il y a neuf ans déjà. Hélène et Jacques Terracher délaissent alors leur vieille grange en pierre à Neuville-de-Poitou. Devenue trop grande une fois les enfants partis du nid familial, elle ne répond plus à leurs besoins. Guidés par leur instinct et leurs envies, ils se lancent dans un nouveau projet : la construction d’une maison bioclimatique à faible consommation énergétique, s’approchant au plus près des performances d’une maison passive.

Miser sur la qualité de vie

Hélène, présidente de l’Amap du Haut-Poitou, et Jacques, militant antinucléaire, ont découvert les grands principes de l’écohabitat au sein de l’Association pour la cohérence environnementale en Vienne (Aceve). Un mode de vie en accord avec leurs valeurs : concilier bien-être alimentaire et énergétique, urgence écologique et développement durable… Confié à l’architecte Jocelyn Fuseau, spécialiste du bioclimatisme passif et de l’écoconstruction, leur cahier des charges tient en deux mots : sobriété énergétique et qualité de vie.

Hélène et Jacques décrivent les grandes lignes de leur mode de vie et les exigences qui en découlent : un plan facile à vivre, de plain-pied, accessible aux personnes à mobilité réduite, car on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait, et la possibilité de loger famille ou amis dans une chambre réservée à cet effet. Le principe constructif est rapidement validé, une structure mixte en ossature bois revêtue d’un bardage en douglas non traité et en briques monomur au nord, recouvertes d’un enduit. La maison étant en secteur sauvegardé (zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), l’Architecte des Bâtiments de France imposait un enduit sur ce mur visible de la route, en toiture, des tuiles canal S d’aspect ancien, et des volets battants.

Un terrain pentu

Après avoir pris le temps de chercher le terrain idéal à proximité de Poitiers, leur choix se porte sur une parcelle d’environ 4 500 m2 à flanc de coteau, proche du centre-bourg d’un village du pays mirebalais. « Le terrain nous permettait d’orienter la maison au sud avec un angle à 30° pour capter le soleil sudest afin de bénéficier le plus possible des apports solaires, en particulier l’hiver », explique l’architecte Jocelyn Fuseau. Seule contrainte : le dénivelé du terrain en pente. L’étude géotechnique, indispensable pour chaque nouveau projet, a mis en évidence une qualité de sol médiocre. « Sur ce terrain en pente – un remblais géologique calcaire –, il a fallu asseoir la construction sur des puits de béton de 80 cm de diamètre à 3 à 6 m de profondeur, reliés par des poutres appelées longrines », explique Jacques Terracher.

Après plus d’un an de chantier, cette maison de 20 m de long sur 6 m de large tient toutes ses promesses.


Avis d’experts : Le DPE en question(s)

dpe

Le DPE en question(s)

Passage obligé en cas de vente ou de location, le diagnostic de performance énergétique informe sur la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement. Contesté pour son manque de fiabilité, il évoluera au 1er Janvier 2021.

Bien connu de tout vendeur et bailleur depuis 2006, le diagnostic de performance énergétique (DPE) fournit une estimation de la consommation annuelle d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre d’un logement. Ce dernier se voit ainsi attribuer deux étiquettes correspondant à son classement de A à G pour le volet énergie et pour le volet climat. Outil de sensibilisation aux économies d’énergie, c’est aussi pour les acquéreurs et les locataires « une aide pour choisir leur futur logement et en négocier le prix », explique Nadia Kaminski. L’impact de la catégorie énergétique sur la valeur du bien est en effet sensible.

En 2017, pour les maisons construites après 2000, celles de classe A-B (≤ 90 kWh/m².an) se sont vendues avec en moyenne une plus-value de 9 % par rapport à un autre bien d’étiquette D, toutes choses égales par ailleurs ; celles de classe C, avec une plus-value de 5 %(1). Ce qui peut rendre pertinents certains travaux, à condition de bien faire ses comptes. L’Ademe chiffre le coût à 15 900 € en moyenne pour grimper d’une catégorie et à 25 900 € pour deux catégories(2).

« Mais dans le cas d’un bien des années 1980, classé E ou F, un peu isolé et équipé d’un chauffage électrique, installer un poêle à bois peut suffire, soit une dépense entre 3 000 et 5 000 € », estime Thierry Marchand.

Des méthodes de calcul contestées

Que contient le DPE ? Réalisé par un diagnostiqueur certifié, pour un coût moyen de 100 à 250 €, il comprend un descriptif du logement ainsi qu’une estimation de la quantité d’énergie qu’il consomme, calculée en fonction de la date de construction. Avant 1948, c’est la méthode des consommations réelles, à l’aide des factures des trois dernières années d’occupation, qui s’applique. […]


Innovation : Les bureaux Enertech et Izuba Energies

Les bureaux Enertech et Izuba Energies

Les immeubles de bureaux jouent collectif

Rêvés, conçus et construits par Enertech et Izuba Energies, qui en ont fait leurs sièges respectifs, dans la Drôme et dans l’Hérault, ces immeubles de bureaux aux performances exceptionnelles peuvent devenir des ensembles d’habitation, moyennant quelques modifications.

Ils proposent aussi des techniques d’écoconstruction transposables au logement. Niché dans un écrin de montagnes verdoyantes, le siège d’Enertech est un bâtiment de 620 m² de surface utile. Ainsi à terme, il accueillera des bureaux pour 35 salariés, avec la possibilité d’être un jour converti en six logements.


La rénovation énergétique a un plan !

infographie rénovation énergétique

Après les plans B et les systèmes D, voici le Plan rénovation énergétique.

Présenté par Nicolas Hulot, Ministre pour la Transition écologique, le 24 novembre 2017, le projet consiste à améliorer les performances thermiques du parc immobilier français d’ici 2050. Si de nombreuses pistes sont avancées, rien n’est encore joué. Les concertations perdureront jusqu’à fin janvier. Et chacun peut y participer ! Explications en infographie…

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Rénovation



Une rénovation écologique aux performances thermiques exceptionnelles.

Dans les monts du lyonnais souffle un vent d’idées alternatives qui a poussé Anne-Marie et Charles à rénover cette ferme, ni trop grande ni trop petite, avec une cour intérieure. Ils ont fait appel à l’architecte d’intérieur Pierrick Chevillotte. Passage en revue d’idées prometteuses et pleines de bon sens.