Avis d’expert·es : Étage ou plain-pied, que choisir pour ma maison ?

Étage ou plain-pied, que choisir

Surface et jardin ou gain d’argent et facilité de vie ?

D’un côté, la maison à étage permet de gagner surface et jardin. De l’autre, le plain-pied serait moins cher à construire et plus facile à vivre. Au-delà des arguments commerciaux, qu’en pensent les experts du bâtiment ?

Une fois le permis de construire déposé, on ne revient pas dessus », prévient Daniel Katola, autoconstructeur dans les Bouches-du-Rhône. Construite de plain-pied, sa première maison engloutit toute la surface constructible du terrain. Une mauvaise anticipation qui l’empêche d’agrandir son logement.

Il se lance aujourd’hui dans un nouveau projet, à étage cette fois. Ce qui l’a emporté : un terrain en pente bénéficiant d’une vue à 180° sur les montagnes environnantes. « Bien souvent, les gens ne s’adaptent pas à leur terrain, regrette le maître d’oeuvre Michel Tonneau. Souvent moins cher qu’un terrain plat, une parcelle en pente offre l’opportunité de différencier sa maison. Ajouter des étages pour l’intégrer dans le ainsi qu’aux familles qui perçoivent les escaliers comme un potentiel danger pour les jeunes enfants. Dans les faits, cependant, les constructions à étages restent prépondérantes. En cause, le foncier, rare et cher, des terrains toujours plus petits et des règles d’urbanisme souvent contraignantes. Dans ce contexte, la maison à étage qui occupe, à superficie égale, moins de surface au sol permet, même sur un terrain étroit, de s’octroyer des mètres carrés supplémentaires de verdure.


Construire : La sobriété énergétique au cœur du foyer

maison bioclimatique à faible consommation énergétique

Cette maison  bioclimatique à faible consommation énergétique, bâtie dans la Vienne, combine approche énergétique performante, conception bioclimatique, énergie renouvelable, production photovoltaïque et matériaux biosourcés.

Entre vivre dans une habitation ancienne énergivore ou dans une maison neuve bioclimatique, le match s’est joué sans états d’âme il y a neuf ans déjà. Hélène et Jacques Terracher délaissent alors leur vieille grange en pierre à Neuville-de-Poitou. Devenue trop grande une fois les enfants partis du nid familial, elle ne répond plus à leurs besoins. Guidés par leur instinct et leurs envies, ils se lancent dans un nouveau projet : la construction d’une maison bioclimatique à faible consommation énergétique, s’approchant au plus près des performances d’une maison passive.

Miser sur la qualité de vie

Hélène, présidente de l’Amap du Haut-Poitou, et Jacques, militant antinucléaire, ont découvert les grands principes de l’écohabitat au sein de l’Association pour la cohérence environnementale en Vienne (Aceve). Un mode de vie en accord avec leurs valeurs : concilier bien-être alimentaire et énergétique, urgence écologique et développement durable… Confié à l’architecte Jocelyn Fuseau, spécialiste du bioclimatisme passif et de l’écoconstruction, leur cahier des charges tient en deux mots : sobriété énergétique et qualité de vie.

Hélène et Jacques décrivent les grandes lignes de leur mode de vie et les exigences qui en découlent : un plan facile à vivre, de plain-pied, accessible aux personnes à mobilité réduite, car on ne sait jamais de quoi l’avenir sera fait, et la possibilité de loger famille ou amis dans une chambre réservée à cet effet. Le principe constructif est rapidement validé, une structure mixte en ossature bois revêtue d’un bardage en douglas non traité et en briques monomur au nord, recouvertes d’un enduit. La maison étant en secteur sauvegardé (zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager), l’Architecte des Bâtiments de France imposait un enduit sur ce mur visible de la route, en toiture, des tuiles canal S d’aspect ancien, et des volets battants.

Un terrain pentu

Après avoir pris le temps de chercher le terrain idéal à proximité de Poitiers, leur choix se porte sur une parcelle d’environ 4 500 m2 à flanc de coteau, proche du centre-bourg d’un village du pays mirebalais. « Le terrain nous permettait d’orienter la maison au sud avec un angle à 30° pour capter le soleil sudest afin de bénéficier le plus possible des apports solaires, en particulier l’hiver », explique l’architecte Jocelyn Fuseau. Seule contrainte : le dénivelé du terrain en pente. L’étude géotechnique, indispensable pour chaque nouveau projet, a mis en évidence une qualité de sol médiocre. « Sur ce terrain en pente – un remblais géologique calcaire –, il a fallu asseoir la construction sur des puits de béton de 80 cm de diamètre à 3 à 6 m de profondeur, reliés par des poutres appelées longrines », explique Jacques Terracher.

Après plus d’un an de chantier, cette maison de 20 m de long sur 6 m de large tient toutes ses promesses.