Territoire : Malaunay, la transition tous horizons

Malaunay

Si l’ancienne cité industrielle de Malaunay, en Seine-Maritime, s’est longtemps fondue dans l’agglomération rouennaise, elle fait désormais figure de phare au sein de la métropole, qui tente de s’inventer une politique de transition écologique.

« Tout a démarré en 2012, raconte Guillaume Coutey, maire de cette commune de plus de 6 000 habitants et directeur de cabinet d’un maire voisin. Malaunay était en difficulté financière. » Dotée d’une équipe technique municipale réduite, la commune doit aller chercher l’inspiration ailleurs. « On s’est attelé à la démarche Citergie, pourtant réservée aux grandes collectivités, poursuit l’élu. Ce cadre théorique nous a fait changer de regard sur nos projets et notre fonctionnement au profit d’une amélioration environnementale.

Dès 2012, nous avons voté notre première politique énergétique. » La commune se porte alors candidate à l’appel à projets Territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV). Lauréate, elle obtient en 2014 un soutien financier à la hauteur de ses ambitions, 500 000 € sur 870 000 € de budget total, que le Département, la Région Normandie, la Métropole et l’Union européenne soutiendront aussi.

Précarité énergétique

« Nous voulions faire de Malaunay une commune exemplaire, avant d’emmener les habitants dans cette aventure », précise Guillaume Coutey. La commune installe des panneaux photovoltaïques en autoconsommation sur les toits de l’église, puis d’un groupe scolaire, rénove thermiquement en les fusionnant une crèche municipale et une halte-garderie. Elle réoriente progressivement son éclairage public vers des LED, anticipe la suppression des traitements phytosanitaires et favorise le remplacement des sacs plastiques par des versions biosourcées dans les commerces de proximité.

C’est aussi à cette époque qu’est créé le Service municipal d’accompagnement à la maîtrise de l’énergie et de lutte contre la vulnérabilité énergétique (Same). Gratuit, il s’adresse à toute personne souhaitant faire des économies d’énergie. Jérôme Dumont, responsable du Centre communal d’action sociale, en est l’un des chargés de mission. Formé au diagnostic thermique, il aide en particulier les personnes en précarité. « Au cours d’une première visite, détaille-t-il, je repère avec elles les progrès possibles en termes de comportements, ainsi que les principaux défauts du bâtiment. Puis, nous imaginons les travaux et investissements envisageables et je porte à leur connaissance les aides publiques. Je suis souvent le premier interlocuteur pour le dossier Anah. Si des travaux sont engagés, j’accompagne les maîtres d’ouvrage jusqu’au bout, par exemple si des problèmes se posent avec les artisans. »

Depuis sa formation, le Same a accompagné près de 70 foyers. Les quartiers embarqués En 2016, une seconde convention TEPCV signée avec l’État renforce les moyens de la commune (1,5 million d’euros) pour sa transition énergétique.  […]