Assainissement : toilettes sèches



Gérons nos déjections

La diversité des toilettes sèches offre un panel adapté à tous les besoins et situations. Gestion “maison” de nos excréments en se dispensant d’eau, mais pas de confort. Ou comment métamorphoser des polluants en matières nourricières pour la terre.

Le geste est quotidien. Tirer la chasse reste une évidence pour beaucoup. Mais cet usage de l’eau, qui plus est potable, est source d’impacts à ne pas négliger. Un Français consomme en moyenne 132 l d’eau par jour. En effet, une chasse délivrant 3 à 8 l, la part des WC dans notre consommation n’est pas anodine. Envoyer nos fèces dans les égouts complique la tâche des stations d’épuration. Les eaux issues des toilettes (eaux vannes) sont chargées d’agents pathogènes qui se développent à souhait dans les milieux aqueux. Elles véhiculent aussi des polluants minéraux (azote, phosphore), organiques et de synthèse (médicaments, pesticides) qui risquent de finir dans nos cours d’eau.

En effet, ulutôt que de diluer ces matières polluantes dans l’ensemble de nos eaux usées (eaux vannes et eaux « grises » de vaisselle, douche…), les toilettes écologiques proposent de reprendre la main par une collecte et un traitement des excréments sur place. Les micro-organismes du sol les dégradent pour en faire un compost. Le déchet devient ressource !


Toilettes



Nous ne ferons pas de grande phrase pour vous expliquer ce que sont les toilettes, vous devez tous en avoir une idée assez précise. Ce qu’en revanche vous ne savez pas forcément, c’est que pas moins de 20 à 30% de la consommation d’eau d’un foyer sont utilisés pour tirer la chasse !

Le tout-à-l’égout est un système tellement répandu que beaucoup de personnes ne pensent même pas qu’ils pourraient faire autrement. Pourtant, cela éviterait d’utiliser de l’eau potable et de polluer les réseaux, puis les cours d’eaux, avec les pathogènes que contiennent nos excréments et qui prolifèrent à merveille en milieu aquatique.

Voici des solutions alternatives :

Les urinoirs secs

Aujourd’hui presque exclusivement réservés aux hommes, les urinoirs secs permettent d’économiser une grande quantité d’eau. Il en existe différents modèles : avec un liquide léger (huile) qui se place au dessus de l’urine pour éviter les odeurs, avec un flotteur encastré qui descend avec le poids puis remonte, ou enfin avec un siphon sec. Cette dernière technologie, constituée d’une membrane en latex et d’une gaine plate, est la plus répandue car elle nécessite moins d’entretien que les précédentes. Ils ont un certain coût, mais il est possible d’acheter un urinoir classique pour y installer un siphon sec.

Les toilettes sèches
Les toilettes à litière biomaîtrisée

Elles représentent 90% des toilettes sèches installées en France à ce jour. C’est une technologie très simple qui consiste à faire ses besoins dans un « seau » où l’on ajoute une litière constituée de sciure, de copeaux, de broyât de feuilles ou de cartons afin d’éviter les mauvaises odeurs. Pour une famille de 4 personnes, il faut vider ce seau (15-20 l) tous les 3 à 4 jours. Au bout de deux ans environ, vous pourrez utiliser votre compost dans votre jardin à condition de l’avoir au préalable mélangé avec de la matière azotée.

 

Les toilettes à séparation

Sous forme gravitaire ou dites « à la source », les toilettes à séparation permettent d’évacuer séparément urine et matières fécales. Le principal intérêt de cette technologie est d’avoir des vidanges plus espacées avec un seau moins lourd et une consommation de sciure moins importante.

 

Si le principe du seau vous déplaît, sachez qu’il existe des toilettes raccordables directement sur une chambre à compost qui peut même être équipée de bras mélangeurs et d’une ventilation : vous aurez le même confort et le peu de maintenance qu’avec des toilettes classiques. Certains modèles permettent une vidange tous les 10 ans seulement !

 

Les toilettes économes en eau

Vous ne voulez vraiment pas vous passer d’eau pour vos toilettes ? Dans ce cas, essayez d’en consommer moins. Les toilettes avec un unique bouton peuvent consommer entre 9 et 18 l à chaque chasse d’eau ! Celles à deux touches utilisent seulement 6 l et 3 l en utilisation légère (voire 4 et 2 l) et coûtent approximativement le même prix. Vous pouvez également relier vos toilettes à un réservoir d’eau de pluie (voir économies d’eau) afin d’utiliser de l’eau non potable et gratuite.

 

Questions à se poser

– Existe-t-il un modèle conforme à toutes mes exigences (taille, fréquence de vidange, confort, séparation ou pas…) ?

– Le surcoût des versions industrielles de ces toilettes ne sera-t-il pas compensé par les économies d’eau engendrées, une meilleure qualité de l’eau dans votre environnement proche, etc. ?

Points de vigilance

– Prévoyez un compost d’une taille suffisante : si vous devez attendre deux ans avant de pouvoir l’utiliser, il vous faut un espace de stockage minimum de 2 à 4 m3 par an pour une famille de 4 personnes.

– Pour éviter les odeurs, rien de mieux qu’une bonne ventilation. Évitez également la litière trop fine : l’idéal est de mélanger de la sciure avec des copeaux.

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Enquête matériau

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 Le chanvre a la fibre locale.

« Du champ au bâtiment » pourrait être le slogan des circuits courts fermiers appliqués aux écomatéraux. En marge de l’industrie, des agriculteurs d’organisent pour créer des filières locales de chanvre fermier.


L’écologie dans les toilettes

toilettes sèches

Nous y allons sans y penser, pour lire nos bandes dessinées préférées ou le magazine qui vient d’arriver. Et puis nous tirons négligemment la chasse d’eau. Cet acte si anodin n’est possible que grâce à une gigantesque infrastructure, gourmande en eau potable et responsable de pollutions. En vérité, nos excréments n’ont rien à faire dans l’eau. D’autres toilettes sont possibles (toilettes sèches), à l’échelle individuelle et collective. Partons à leur découverte…


Toilettes sèches : quand l’écologie s’invite au petit coin

toilettes sèches

De la chasse d’eau (potable) aux stations d’épuration surchargées, existe bien des endroits où nous pouvons intervenir de façon durable.

Même dans les toilettes, objet de nombreux tabous, des changements de comportements et de techniques s’imposent. Annoncé depuis belle lurette, voici le dossier consacré aux toilettes sèches rédigé par Christophe Elain, l’auteur d’Un petit coin pour soulager la planète, LE livre sur ce sujet, à l’occasion de sa sortie nationale.


Assainissement autonome, fonctionnement et différents systèmes



L’assainissement est une partie qui pose de plus en plus de questions dans le domaine de l’écohabitat. Comment réduire son impact sur
l’environnement ?

Si votre fosse toutes eaux est déjà en place, y-a-t-il un moyen de la rendre plus écologique ? Si vous allez construire et que cette fosse vous laisse sceptique (elle est très facile, alors autant la faire tout de suite, ndlr), vous vous dirigerez peut-être vers les lits plantés de roseaux ? Ou bien le lagunage ?

Mais la réglementation contraignante ne laisse que peu de place à ces systèmes alternatifs. Il y a des obligations de moyens, mais pas de résultats.

Des portes s’entrouvrent pourtant et les rares exemples concrets doivent faire figure de modèles pour atteindre l’objectif final : respecter l’eau jusqu’au bout du tuyau.