Assainissement : toilettes sèches



Gérons nos déjections

La diversité des toilettes sèches offre un panel adapté à tous les besoins et situations. Gestion “maison” de nos excréments en se dispensant d’eau, mais pas de confort. Ou comment métamorphoser des polluants en matières nourricières pour la terre.

Le geste est quotidien. Tirer la chasse reste une évidence pour beaucoup. Mais cet usage de l’eau, qui plus est potable, est source d’impacts à ne pas négliger. Un Français consomme en moyenne 132 l d’eau par jour. En effet, une chasse délivrant 3 à 8 l, la part des WC dans notre consommation n’est pas anodine. Envoyer nos fèces dans les égouts complique la tâche des stations d’épuration. Les eaux issues des toilettes (eaux vannes) sont chargées d’agents pathogènes qui se développent à souhait dans les milieux aqueux. Elles véhiculent aussi des polluants minéraux (azote, phosphore), organiques et de synthèse (médicaments, pesticides) qui risquent de finir dans nos cours d’eau.

En effet, ulutôt que de diluer ces matières polluantes dans l’ensemble de nos eaux usées (eaux vannes et eaux « grises » de vaisselle, douche…), les toilettes écologiques proposent de reprendre la main par une collecte et un traitement des excréments sur place. Les micro-organismes du sol les dégradent pour en faire un compost. Le déchet devient ressource !


Économies d’eau



Limiter notre consommation d’eau, c’est également limiter l’énergie utilisée pour la capter, la rendre potable, la chauffer (ECS), l’épurer. De plus, il existe de nombreuses façons d’économiser de l’eau sans réduire son confort, faciles à mettre en œuvre et parfois même presque gratuites !

Voici un panel des principales solutions d’économies d’eau

 

Récupération d’eau de pluie

D’une simple cuve en plastique pour arroser son jardin à une autonomie complète, tout est possible concernant l’eau de pluie. Sachez qu’au moins 93% de nos besoins en eau pourraient être couverts par la pluie sans aucun risque : douche, lavage (sol, vaisselle, linge), toilettes… Seules l’eau de boisson et de cuisine nécessitent plus de précaution. Cependant, si vous désirez inclure ces deux usages, vous pouvez investir dans un bon système de filtration. La loi est très précise sur le fait qu’à aucun moment votre réseau d’eau de pluie ne doit être en contact avec le réseau d’eau potable.

 

Réutilisation des eaux grises

Les eaux grises sont les eaux déjà utilisées, mais suffisamment propres pour être réutilisées dans les toilettes ou la machine à laver après un traitement léger. On exclura les eaux des WC (eaux noires) et de cuisine (trop grasses et chargées).

 

Eau de puits

Si votre sous-sol contient de l’eau souterraine, vous pouvez construire un puits… à condition que les ressources disponibles soient suffisantes ! Un sourcier ou un professionnel du forage saura estimer la quantité d’eau présente dans votre sol. Attention, toutefois, pour un usage domestique, il vous faudra un bon système de filtration. Une pompe bien dimensionnée, associée à un réservoir, vous permettra d’acheminer l’eau jusqu’à votre habitation.

 

Des économies sans gros investissement

Il existe également des technologies très simples pour faire des économies d’eau conséquentes. Les embouts mousseurs (5 € l’unité), par exemple, permettent d’économiser entre 50 et 70% d’eau sur chaque robinet équipé, sans pour autant diminuer la pression. Choisissez une pomme de douche à faible débit, évitez les bains, vérifiez régulièrement si vous avez des fuites…

 

Questions à se poser

– Quel niveau d’autonomie viser ? Plus l’autonomie est grande, plus l’investissement est important, mais les économies financières réalisées et la limite d’impact sur l’environnement peuvent en valoir le coup…

Points de vigilance :

– Toutes les toitures ne sont pas compatibles avec la récupération d’eau de pluie. Pas de soucis pour les panneaux solaires, les ardoises ou les tuiles de terre cuite. Évitez cependant les bardeaux, les toitures végétalisées et les couvertures synthétiques.

– Que ce soit l’eau de pluie ou celle du puits, il est conseillé de vérifier environ une fois par an la qualité de votre eau avec un kit d’analyse spécifique (entre 30 et 50 €).

Sélection d’articles/dossiers pour Économies d’eau :

Dossier : eau de pluie, un don du ciel
Eau de puits : à la vôtre !
Dossier : écologie et économies dans les toilettes

Rechercher tous les articles parus contenant ce mot-clé.


Toilettes



Nous ne ferons pas de grande phrase pour vous expliquer ce que sont les toilettes, vous devez tous en avoir une idée assez précise. Ce qu’en revanche vous ne savez pas forcément, c’est que pas moins de 20 à 30% de la consommation d’eau d’un foyer sont utilisés pour tirer la chasse !

Le tout-à-l’égout est un système tellement répandu que beaucoup de personnes ne pensent même pas qu’ils pourraient faire autrement. Pourtant, cela éviterait d’utiliser de l’eau potable et de polluer les réseaux, puis les cours d’eaux, avec les pathogènes que contiennent nos excréments et qui prolifèrent à merveille en milieu aquatique.

Voici des solutions alternatives :

Les urinoirs secs

Aujourd’hui presque exclusivement réservés aux hommes, les urinoirs secs permettent d’économiser une grande quantité d’eau. Il en existe différents modèles : avec un liquide léger (huile) qui se place au dessus de l’urine pour éviter les odeurs, avec un flotteur encastré qui descend avec le poids puis remonte, ou enfin avec un siphon sec. Cette dernière technologie, constituée d’une membrane en latex et d’une gaine plate, est la plus répandue car elle nécessite moins d’entretien que les précédentes. Ils ont un certain coût, mais il est possible d’acheter un urinoir classique pour y installer un siphon sec.

Les toilettes sèches
Les toilettes à litière biomaîtrisée

Elles représentent 90% des toilettes sèches installées en France à ce jour. C’est une technologie très simple qui consiste à faire ses besoins dans un « seau » où l’on ajoute une litière constituée de sciure, de copeaux, de broyât de feuilles ou de cartons afin d’éviter les mauvaises odeurs. Pour une famille de 4 personnes, il faut vider ce seau (15-20 l) tous les 3 à 4 jours. Au bout de deux ans environ, vous pourrez utiliser votre compost dans votre jardin à condition de l’avoir au préalable mélangé avec de la matière azotée.

 

Les toilettes à séparation

Sous forme gravitaire ou dites « à la source », les toilettes à séparation permettent d’évacuer séparément urine et matières fécales. Le principal intérêt de cette technologie est d’avoir des vidanges plus espacées avec un seau moins lourd et une consommation de sciure moins importante.

 

Si le principe du seau vous déplaît, sachez qu’il existe des toilettes raccordables directement sur une chambre à compost qui peut même être équipée de bras mélangeurs et d’une ventilation : vous aurez le même confort et le peu de maintenance qu’avec des toilettes classiques. Certains modèles permettent une vidange tous les 10 ans seulement !

 

Les toilettes économes en eau

Vous ne voulez vraiment pas vous passer d’eau pour vos toilettes ? Dans ce cas, essayez d’en consommer moins. Les toilettes avec un unique bouton peuvent consommer entre 9 et 18 l à chaque chasse d’eau ! Celles à deux touches utilisent seulement 6 l et 3 l en utilisation légère (voire 4 et 2 l) et coûtent approximativement le même prix. Vous pouvez également relier vos toilettes à un réservoir d’eau de pluie (voir économies d’eau) afin d’utiliser de l’eau non potable et gratuite.

 

Questions à se poser

– Existe-t-il un modèle conforme à toutes mes exigences (taille, fréquence de vidange, confort, séparation ou pas…) ?

– Le surcoût des versions industrielles de ces toilettes ne sera-t-il pas compensé par les économies d’eau engendrées, une meilleure qualité de l’eau dans votre environnement proche, etc. ?

Points de vigilance

– Prévoyez un compost d’une taille suffisante : si vous devez attendre deux ans avant de pouvoir l’utiliser, il vous faut un espace de stockage minimum de 2 à 4 m3 par an pour une famille de 4 personnes.

– Pour éviter les odeurs, rien de mieux qu’une bonne ventilation. Évitez également la litière trop fine : l’idéal est de mélanger de la sciure avec des copeaux.

Sélection d’articles/dossiers pour Toilettes :

Dossier : L’écologie dans les toilettes
Toilettes sèches à séparation, la solution ?
Divine urine, source fertile…

Rechercher tous les articles parus contenant ce mot-clé.


Rencontre en Allemagne

toilettes en circuit fermé

Hambourg invente les TOILETTES en circuit fermé !

L’Université technique de Hambourg a construit un prototype de toilettes qui ne rejette aucune eau noire à l’égout. L’eau est filtrée et réutilisée à l’infini. Un prototype d’épuration décentralisée qui fait figure de première mondiale.


Hambourg invente les toilettes en circuit fermé

Hambourg invente les toilettes en circuit fermé

Soulageons nos toilettes, soulageons la planète ! L’Université technique de Hambourg, en Allemagne, a construit un prototype de toilettes qui ne rejette aucune eau noire à l’égout. L’eau est filtrée et réutilisée à l’infini. Un prototype d’épuration décentralisée qui fait figure de première mondiale.

Voulons-nous récupérer les matières organiques pour nourrir les sols agricoles ou bien continuer à détruire les nutriments et à polluer les eaux ?

Retrouvez notre reportage dans ces petits coins pas comme les autres et découvrez les méandres de ce système innovant dans le magazine La Maison écologique n°93, disponible en kiosque jusqu’à fin juillet 2016 ou sur commande en cliquant ici.


Toilettes sèches : quand l’écologie s’invite au petit coin

toilettes sèches

De la chasse d’eau (potable) aux stations d’épuration surchargées, existe bien des endroits où nous pouvons intervenir de façon durable.

Même dans les toilettes, objet de nombreux tabous, des changements de comportements et de techniques s’imposent. Annoncé depuis belle lurette, voici le dossier consacré aux toilettes sèches rédigé par Christophe Elain, l’auteur d’Un petit coin pour soulager la planète, LE livre sur ce sujet, à l’occasion de sa sortie nationale.