Autoconstruire : Un an pour écoconstruire à budget riquiqui

écoconstruire en un an

Deux ans de conception pour seulement un an de travaux

Ces deux aides-soignants du Maine-et-Loire ont menés à bien leur projet tout en respectant leur budget ultra-serré. Une prouesse relevée sans pression et avec passion.

Autoconstruction rime souvent avec tensions, exténuation, séparation. Mais pas dans le dictionnaire de Lydie et Jean- Charles Noguès. Les pièges ne manquaient pourtant pas pour ce couple d’aides-soignants qui a mené son chantier en autoconstruction quasi totale sur un an seulement, tout en gardant leurs emplois à plein temps et en élevant leurs trois premiers enfants. Sans aucun retard, ni dépassement d’un budget très serré, leur projet a plutôt rimé avec parfaite sérénité. Un exploit qui ne doit rien au hasard…

« On a emménagé en 2010 après un an de travaux, incluant la maison, l’atelier et les aménagements extérieurs, mais on a d’abord consacré deux ans à la préparation du projet, réfléchir à ce qui était faisable, peaufiner, dessiner les plans, estimer la durée de chaque phase et les quantités de matériaux, planifier, etc., précise Jean-Charles. Quand on a démarré les travaux, tout était programmé, on n’avait plus qu’à dérouler le planning. Et on n’attend pas d’avoir fini de poser un matériau pour réfléchir à ce qui se passera derrière ; on enclenche ce qui a été prévu à l’avance, les commandes pour que les matériaux suivants soient prêts… »

 


Travaux : Cloison courbe en torchis

Cloison torchis

Technique traditionnelle à base de terre crue et fibre végétale dans une ossature bois, le torchis est bénéfique pour l’hygrométrie et le confort dans un logement. Il apporte aussi une douceur naturelle à l’ambiance, renforcée ici par le choix d’une cloison arrondie. Le support peut être fait de branches fraîches de noisetier, de saule ou du bambou.

Il est important de réaliser des tests afin de déterminer le dosage du mortier pour limiter retrait et  fissuration au séchage selon la proportion d’argile, d’eau, de fibre, de sable, etc. Une terre contenant naturellement des sables et graviers de tailles variées évite de devoir la corriger en ajoutant du sable, ressource en péril. De même, « plus le mélange contient de fibres de types et de longueurs différents, plus le retrait est limité, prévient le formateur Vincent Corbard, qui a encadré la douzaine de stagiaires de la MFR de Riaillé (44) qui ont appliqué ce torchis. Et les différentes fibres réduisent le besoin en sable ».

La fibre écolo

Pour le corps d’enduit, « privilégiez des fibres courtes. On en met plus dans un même volume et elles offrent une plus grande surface de contact entre tous les éléments du mélange ». La fibre de chanvre ne rebique pas en surface lors du séchage comme le fait la paille de blé. Le foin convient, mais concurrence l’alimentation agricole. Le mélange doit toutefois contenir assez d’argile, qui apporte du « collant ». Projetez une truelle de mortier sur la paroi du bac de mélange et étalez-le ; il doit bien tenir. Les Japonais laissent fermenter le mortier durant trois mois, ce qui réduit grandement le retrait au séchage et facilite l’application.

1 La cloison de 2,45 m de haut mesure 100 + 80 cm. La lisse basse est fixée par cheville à frapper dans la dalle béton pré percée ; la lisse haute, vissée dans les solives à travers le plafond. Les lisses sont divisées en trois parties : deux droites de 60 cm et l’arrondi (40 + 20 cm) découpé à la scie sauteuse dans un chevron 200 x 45 mm. Vissez en biais les montants de part et d’autre des lisses droites, puis fixez-y les traverses en divisant la hauteur en trois.

2 Pointez ou vissez après pré-perçage des tasseaux 20 x 25 mm à mi-épaisseur des montants et un tasseau 40 x 25 mm entre deux montants. Ils serviront d’appui pour tresser le clayonnage horizontal. Pour l’arrondi, le clayonnage sera vertical ; positionnez alors à l’horizontale les pièces de sapin découpées dans une planche en respectant le dessin des traverses et lisses arrondies.

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Extension à colombage: des pans de bois comme autrefois

Extension écologique à colombage dans l'Orne - crédit Gwendal Le Ménahèze

[VIDEO] Dans la continuité du patrimoine local, cette extension à colombage ouvre grand ses portes à la récupération. Quand la construction s’abreuve des ruines alentours.

Annick et Marc découvrent cette bâtisse du bocage ornais un 1er mai. Plantée parmi de majestueux poiriers en fleurs plus que centenaires. « C’était une ferme de famille construite entre 1750 et 1850. Elle appartenait à ma grand-mère, qui la tenait de sa mère, qui la tenait de sa mère… », retrace Marc, pianiste de 61 ans. La ferme était exploitée jusqu’en 1992. Puis Marc et sa femme Annick la reprennent l’année suivante. Ensuite, ils y restaurent à l’ancienne l’habitation. Notamment grâce à la technique du colombage. « On voulait rester dans le même style qu’à l’origine et garder le cachet des bâtiments. Donc on a essayé de trouver des matériaux de récupération. » Pour un chantier dans les règles de l’art, le couple s’est fait accompagner par l’association Maisons paysannes de France.

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