Territoire : Il faut porter la transition écologique

transition écologique

Démarche expérimentale de mutation écologique

Pour Murielle Douté-Bouton, aujourd’hui maire de Plélan-le-grand (35), l’aventure écolo commence en 2008, comme adjointe à l’urbanisme et au développement durable. Entamée de façon expérimentale, la mutation de la commune n’a cessé de gagner du terrain.

Quel a été le point de départ de votre engagement pour une politique locale plus durable ?

L’équipe municipale élue en 2008 a rapidement décidé de coupler la révision du PLU avec l’Agenda 21, de manière à pouvoir aborder des thématiques comme la santé et l’environnement.

En début de mandature, le restaurant scolaire était en travaux. Pour la rénovation, j’ai proposé que la laine minérale soit remplacée par de la ouate de cellulose. Nous sommes tombés d’accord. Au niveau des élus, l’enjeu de l’Agenda 21 a permis de se créer une culture commune et de mieux comprendre pourquoi on faisait des propositions sur les matériaux biosourcés. Ensuite, nous avons entrepris de convaincre les entreprises titulaires des lots.

Nous sommes allés très loin dans les discussions : énergies grises, réchauffement climatique… Il y avait de fortes réticences. J’ai fini par couper court. C’est nous qui décidons ! Je suis persuadée que la commande publique a un rôle très important à jouer pour faire bouger les entreprises et, par ricochets, les maîtres d’oeuvres… Nous aurions voulu faire beaucoup plus, mais à l’époque, nous y allions progressivement.

 

En passer par l’exemplarité

Par la suite, vous êtes allés bien plus loin…

Pour l’école maternelle, le défi était de mener une rénovation-extension exemplaire, sans passer par une démarche HQE, trop lourde pour une petite collectivité. La commande était simple : matériaux sains, énergies renouvelables, maîtrise de l’énergie, réduction de l’impact environnemental. L’ossature bois de l’existant a été réisolée par l’extérieur en fibre de bois, puis l’extension a été construite avec une isolation répartie en fibre de bois et de la ouate de cellulose dans les plafonds. Le sol a été couvert de caoutchouc naturel pour limiter les émissions de
COV, une ventilation double flux et des menuiseries bois-alu ont été posées. Une chaudière à bois déchiqueté a été installée en 2014. Elle est alimentée en bois de bocage, fourni par un collectif d’agriculteurs d’Ille-et-Vilaine et elle chauffe les deux écoles publiques.

La même année, la piscine municipale a été dotée d’une pompe à chaleur air/eau et des chaudières à granulés ont été installées dans les services techniques rénovés et au cinéma communautaire. Ces choix ont permis de décrocher des aides. Je pense que le fait d’avoir démontré que nous pouvions faire un bâtiment plus écolo sans casser la tirelire a été très apprécié.
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